Chapitre 2 : Café

par agashi

Les jours passèrent de plus en plus vite. Et le mois s’écoula à son tour. Cela faisait un peu peur de voir combien le temps passait vite quand nous étions ensemble. La présence de ma meilleure amie était toujours réconfortante mais Taehyung commençait à devenir de plus en plus important à mes yeux. Il était bizarre, mais c’était une qualité chez lui. Il était complètement fou, et me faisait rire presque tous les jours, sans le faire exprès. Je commençai peu à peu à le chercher des yeux à la pause, à attendre de le voir, à me retourner en classe. Je voulais avidement voir son visage s’éclairer de cette même expression joyeuse que je lui connaissais bien. Je commençai à l’apprécier en somme.



Ce samedi était nuageux mais les nuages de mes pensées s’étaient peu à peu volatilisés. J’hésitai entre une jupe et un pantalon, j’optai pour une jupe noire et sobre. Je regardai alors mes hanches en déglutissant. J’avais pris du poids non ? Je pouvais sortir comme ça ? Je me détournai une fois encore de mon image avant de refermer la porte de mon appartement derrière moi. J’oubliai mon portable sur la table à manger et mon sac dans ma chambre. J’aperçus Taehyung, les mains dans les poches, les yeux presque clos. Je touchai soudainement son dos et il sursauta. Je me moquai alors de lui avant de demander où était la jolie brune qui devait nous accompagner.



:- Elle ne peut pas venir.

-Oh.

- Donc ce n’est que nous deux aujourd’hui. Pour une fois.



Il disait cela avec un ton enjoué mais je savais que ça l’embêtait d’être seul avec moi, évidemment que ça devait l’embêter. Je n’étais qu’une amie de toute façon. Il proposa de me payer à boire mais je refusai avant de me rendre compte que je n’avais pas d’argent sur moi. Il insista et je finis par céder. Nous nous installâmes dans un petit café comme il y en avait tant et discutâmes de tout et de rien. J’étais heureuse d’être avec lui. Il me parla de ses rêves, de ses films préférés, de ce qu’il voulait faire, de ce qu’il n’aimait pas manger et je l’écoutai comme s’il me confiait des trésors inestimables. Je n’osai pas répondre à ses questions mais me laissais peu à peu évoquer quelques détails de ma vie. Son verre dans la main, il fit signe à la serveuse de venir pour commander à manger.



:- Que puis-je pour vous monsieur ?



Le visage de Taehyung s’éclaira brusquement.



Je tournai mon regard vers elle et j’en eu un pincement au cœur. Elle était tellement jolie. Ses cheveux ondulés tombaient amoureusement sur son visage fin, elle possédait des lèvres en forme de cœur qui ne demandaient qu’à être embrassées et ses yeux étaient empreints d’une douceur envoutante. Je baissai la tête, je me sentais mal. Je voulais partir. Il la regardait en souriant et ce sourire ne m’était pas destiné. Il répondit quelque chose mais je n’entendis pas. Elle s’attarda à notre table, visiblement sous le charme elle aussi. Je me sentais en trop. J’étais en trop.

:- Hey, tu es bien silencieuse tout d’un coup, ça va ?



Je croisai ses yeux inquiets et sentis mes joues rougir. Je détestais rougir à cause de lui. Je détestais perdre le contrôle. Je ne me sentais tellement pas à la hauteur.



:- Merci pour tout, c’était cool aujourd’hui. Mais je me sens un peu malade. Je pense que je vais y aller.



Je me levai, enfilant ma veste. Il ne dit rien, il semblait juste surpris, ou déçu. Je rêvai, comme toujours, il devait être heureux. La serveuse revint avec un muffin au chocolat et m’adressa un sourire en demandant.



:- Votre copine part déjà ?



Taehyung répondit vivement.



:- N-non ce n’est pas ma copine. Juste… une amie.



J’écarquillais les yeux avant de sourire, un faux et immonde sourire qui trompait mon entourage.



:- On se voit au lycée.



Elle s’éloigna et disparu dans la foule. Je la suivi des yeux même si elle n’était déjà plus là. Le silence retomba dans le café, la serveuse repartit, je n’avais pas envie de parler avec elle.



Puis je m’éclipsai loin d’eux, pour ne pas entendre leur rire. Et je me haïssais d’être moi, de n’être que moi. La pluie tomba avant que je n’atteigne mon appartement, je ne me sentais que plus pathétique. Il faisait froid. J’étais trempée. Et mes larmes se confondirent avec la tristesse du ciel, et mes mains firent tomber mes clés, et je ne savais plus pourquoi j’avais été si heureuse, et mes démons revinrent car même si cet évènement avait été minuscule, je me sentais seule à nouveau. Je balançai mes chaussures dans l’entrée et plongeai sur mon canapé. La télévision me tint fidèlement compagnie toute la soirée. Je tombai de sommeil, recroquevillée contre moi-même, le bras pendant dans le vide.