Love Sweety Heart

par Mecanic heart




J'ouvre les yeux. Ils me paraissent si lourds. La fatigue m'écrase d'une langueur sans commune mesure, m'entraînant dans des songes merveilleux, aussi sucrés et doux que la main posée sur mon ventre. Ce n'est pas la mienne. Elle est plus grande, fine, je vois les veines s'entrelaçant délicatement sur la peau pâle. Le corps qui lui est attaché lui est semblable. Magnifique. Éclatant d'une lumière qui blesserait mes yeux bien trop ténébreux, si je ne les fermais pas quand il m'embrasse.
Il dort, je crois. Nous sommes tous deux blottis l'un contre l'autre, perdus dans l'immensité de ses draps blancs.
Je l'observe. Non, je le contemple. Incapable de détourner le regard de ce jeune homme si singulier qu'est mon petit ami. Son torse nu, finement musclé, se soulève en même temps qu'un souffle léger s'échappe de ses lèvres divines, si tendres, si fortes, je ne résiste jamais à leurs sourires tentateurs.
Sa bouche forme un petit pli à la commissure et une ombre paisible plane sur son front. J'espère qu'il rêve d'un bon moment. D'un instant où nous ne serions que tous les deux, pareil à celui qui se dessine à présent.
Je l'aime. Je ne peux plus le nier désormais. Je serais à lui pour toujours et il m'appartiendra à jamais. Seul notre amour compte. Si doux, tellement fragile, précaire, on peinerait à croire que ce fil de soie blanc puisse résister aux foudres de ce monde dénué de cœur. Et pourtant...
Malgré l'inlassable tumulte dans lequel la musique nous a plongé, je continue de penser que notre rencontre en valait le coup.
J'ai tenté de mettre des mots et des notes sur ce que mon cœur me criait, brûlant sous l'assaut des flammes de la passion. Un air d'une beauté sans pareil naquit de cette lumière douloureuse.
I need you.
C'était d'une évidence désarmante. Je ne peux plus me passer de lui. Je passe une main dans ses cheveux de soie, me ramenant à la réalité.
-Hmmm..
Oups ! Je viens de le réveiller. Je m'en veux d'avoir troublé un sommeil aussi innocent.
-V ! Sa petite voix aigüe, la façon dont il prononce mon nom. Avec une tendresse infinie.
-Tout va bien Kookie, t'excite pas. Je lui murmure.
-T'es levé depuis longtemps ?
-Depuis que les gars sont partis, dix minutes à peu près.
-On est tous seuls alors ? Sa voix est frémissante, tant attractive.
-Oui.
Un sourire éblouissant s'étire paresseusement sur ses lèvres.
-Cool.

Après quelques secondes de silence Kookie reprend la parole :
-J'ai faim !
-Moi aussi.
-V ! tu nous fais des pancakes ?
Il est si mignon quand il prend cette voix. Il sait parfaitement que je suis incapable de lui dire non.
-Si tu veux. Viens alors, on va dans la cuisine.
La cuisine et la salle à manger sont impeccablement rangées. C'est rare. On voit que les autres membres du groupe sont de sortie, ils n'ont pas eu le temps de foutre le bordel.
Pendant que Kookie sort le sucre, le sirop et tout autre met délicieux, je prépare rapidement les ingrédients et enfile un tablier.
-Ooh qu'il est mignon, susurre mon amour, à croquer. Rajoute-t-il, me fixant depuis la table à manger.
-Ben alors, qu'est ce que t'attends ? Lui dis-je
J'adore le provoquer. Il a tendance à rougir, ce qui le rend encore plus adorable.
- Vraiment ? Tu vas voir. Répond-t-il avec une expression malicieuse.
Je ne lui réponds pas et tourne le dos pour ajouter les œufs, au lait au sucre et à la farine préalablement versés. Je remue le tout avec énergie et une fois que j'ai fini je me tourne vers Kookie avec un sourire ravi.
-Fini ! Euh Kookie ?...T'es où ?
En effet mon petit ami n'est plus à sa place, il n'est plus là du tout en fait. Mais où est-ce qu'il a bien pu passé cet idiot ?
-Rhaaa ! Je hurle lorsque je sens un truc froid s'étaler sur ma joue. Je me retourne vivement et me retrouve face à cet imbécile de Kookie, à vingt centimètre de moi, un immense sourire sur la tronche. Il a le doigt levé, plein de la pâte à pancake dans lequel il vient visiblement de le tremper avant de me le foutre sur la joue. J'essaie de me calmer. Il m'a vraiment fait flipper sur ce coup.
-Putain Kookie, t'abuses. J'ai failli faire une crise cardiaque. J'en rajoute un peu certes, mais c'est pour la forme.
-Pardon j'ai pas pu m'en empêcher. Réplique-t-il.
-Regarde t'as gâché de la pâte pour rien. Je dis.
Il rit un peu et s'approche de plus en plus jusqu'à me bloquer contre le plan de travail, ses bras des deux côtés de mes hanches. Son visage se rapproche de plus en plus du mien, je ne peux me détacher de ses yeux ensorcelants, je les laisse me perdre dans leur noirceur insondable. Il me parle doucement, avec la voix grave magnifique qu'il prend quand il chante.
-Ne t'inquiète pas je vais arranger ça.
Il sort sa petite langue rose et la passe sur ma joue avec une passion retenue, faisant disparaître la moindre trace de la future pâtisserie. C'est chaud et humide. J'adore ce contact. Nos corps sont désormais collés et il approche sa bouche de mon oreille qu'il mordille tendrement avant de s'attaquer à ma gorge.
-Kookie.
-Hmm ça ne te plaît pas ?
-Si. Continue s'il te plaît.