Chapitre 9.

par JangMiRan

Il était presque onze heures du soir alors que les quatre jeunes hommes continuaient de travailler sur la phobie de l’ainé. Il avait du mal à supporter les contacts long mais les petits étaient supportables. Mais il était actuellement avec des amis alors, comment cela se passerait-il une fois que ce serait avec une personne externe ? Mais pour le moment, il ne voulait pas y penser. Il valait mieux qu’il continue d’avancer pas à pas au lieu de précipiter les choses et de réduire ses efforts en poussière. Ce n’était définitivement pas le moment de revenir en arrière. Cependant, un événement qui se produisit dans la journée bouscula un peu tout ça.

Ils étaient tous à la cafétéria quand le problème survint. Une fille trébucha proche de la table qu’occupait toute la bande et, des sept personnes présentes, il avait fallut qu’elle se rattrape en attrapant les épaules de YunGi. La réaction de celui-ci avait était particulière. La fille avait eu le temps de se redresser avant qu’il ne se recroqueville sur sa chaise en échappant un cri étranglé. Des larmes commençaient déjà à perler sur ses joues alors qu’il regrettait d’avoir oublié son iPod dans sa chambre.

-          JungKook ?

-          Dans sa chambre.

-          Merde. TaeHyung ?

-          J’vais essayer Jim’…

Les autres jeunes de la cantine avaient les yeux rivés sur eux et cela n’arrangeait pas l’état de YunGi. Mais d’autant plus, c’était le regard inquiet de ses amis sur lui qu’il avait du mal à supporter. Il avait l’impression de ne pas être à leur hauteur. JungKook demanda aux autres de retourner à leurs affaires alors que TaeHyung s’approcha lentement de YunGi.

-          YunGi… C’est moi, TaeHyung. Est-ce que tu m’entends ?

Bougeant légèrement la tête, il lui fit comprendre que oui.

-          Tu n’oublies pas que c’est moi. Tu respires et tu te calmes. Concentre-toi uniquement su ma voix. Sur ma voix et rien d’autre. C’est moi YunGi. Rien que moi.

Et devant le regard ahuris des autres et celui fière des deux plus jeunes, YunGi se laissa aller contre TaeHyung quand celui-ci le prit dans ses bras. Un énorme progrès venait d’être fait pour le nouveau venu de Daegu. En à peine quelques jours, il avait supporté quelques contacts et supportait dans une telle situation un contact avec l’un de ses plus proches amis. Ce dernier glissa d’ailleurs une main dans les cheveux roux clairs de son ami pour le calmer un peu plus.

-          Ça va aller YunGi… Je suis là… On est tous là…

Une petite tête penaude sortie alors de ses bras et une petite voix murmura :

-          Merci Tae…

-          Je t’en pris YunGi. Regardes, c’est formidable, tu me laisses te faire un câlin. Alors calmes toi et tout ira bien.

Et petit à petit, la respiration de YunGi se calma alors que TaeHyung se détacha doucement de son ami. Et JungKook se mit à applaudir.

-          Waou ! Mais c’est fantastique YunGi ! T’es génial ! C’est super ! T’as géré !

-          J’viens de me taper une crise quand même…

-          Mais c’est qu’un détail. T’imagine le temps que Tae t’a tenu là ? Au moins dix minutes !

-          Vr-Vraiment ?...

-          Oui ! C’est impressionnant !

-          Et tu n’es pas jaloux qu’il lui faille Tae pour se calmer ?

Un grand silence pris place autour de la table. HoSeok venait de faire une boulette. Et il ne s’en rendait compte que trop tard. Pourquoi donc JungKook devrait-il être jaloux de YunGi vis-à-vis de TaeHyung ? Le roux clair cherchait à comprendre alors que TaeHyung se mit à rire.

-          Désolé de te tromper Kookie chéri !

Et JungKook se mit à rire. Et tout le monde se dérida avec la fausse crise de couple que jouèrent les deux compères. Mais que venait-il de se passer à l’instant ? YunGi n’avait pas rêvé, l’atmosphère s’était bien rafraichit. Qu’est ce que ses amis lui caché donc ? Mais il ne posa pour autant pas de question. Après tout, il ne les connaissait que depuis une semaine. Il n’allait pas leur réclamer des explications alors que lui-même leur caché un énorme secret. Cependant, ce qu’il ne voyait pas c’était le regard de HoSeok qui ne l’avait pas quitté depuis l’instant où cette pauvre fille avait posé un doigt sur YunGi. Pourquoi donc éprouvait-il ce petit pincement en repensant aux bras de TaeHyung autour du jeune homme ? Il l’ignorait mais il ressentait comme un besoin d’en apprendre plus sur son nouvel ami. Mais la voix de Maman Jin le sortie de ses pensées.

-          YunGi, c’est à cause des brimades que tu as reçu que tu possèdes cette phobie ?

En réponse, un hochement de tête.

-          Tu veux bien nous en dire la raison ?

La frayeur se dessina sur le visage de YunGi avant qu’il ne secoue frénétiquement la tête de gauche à droite.

-          Je ne vais pas te forcer à parler mais… Rien ne justifie que tu sois considéré comme un monstre. Je ne sais pas ce que tu as fait mais… A moins que tu sois un psychopathe tueur sanguinaire, je ne vois pas la raison de te rabaisser. Tu es beau, intelligent et amusant. En était-ce la raison ? La jalousie vis-à-vis de toi ?

-          On… On n’était pas jaloux de moi…

La voix de YunGi était faible et il avait peur de se trahir. Mais, il savait que NamJun allait finir par mettre le doigt dessus. Il le voyait à la façon dont il le sondait du regard. Détournant finalement le regard, il se leva et murmura :

-          Je dois aller faire mes valises pour changer de chambre. Je… A plus tard.

Et en partant, il entendit HoSeok dire « Mais qu’est ce qu’il nous cache ? ». La vérité. Sa différence. Qui il était. Tout. Il ne pouvait se résoudre à leur avouer la réalité. Mais, mettant ce sujet de côté, il rejoignit sa chambre actuelle tout en se demandant quelle serait la suivante. Tomberait-il sur l’un de ses amis ? Sur HoSeok ? Sur un inconnu ? LE doute commençait à l’emplir et finalement, il aurait largement préférer rester dans cette chambre avec JungKook. Mais, il avait l’impression de l’embêter à ainsi envahir un espace qui n’était pourtant pas à lui à la base. Alors, il entreprit de tout rangement sa partie de la chambre dans les cartons et sa valise, posant tout sur le lit avant de quitter la chambre directement le bureau du directeur. La panique faisait légèrement trembler ses mains et il entreprit donc de les ranger dans ses poches de sweat. Après tout, étant Dimanche, il avait ainsi pu s’habiller à sa guise. Pouvait-il conserver l’espoir d’être avec quelqu’un qu’il connaissait pour la semaine à venir ? L’espoir que ses amis ne découvrent pas la vérité ? Ou qu’au contraire, ils la découvrent mais ne change pas pour autant ? C’était probablement surtout sur cela qu’il comptait. Parce que, ce qu’il voulait, c’était pouvoir vivre une vie tranquillement sans avoir besoin de se cacher à lui-même ce qu’il était pour mieux le cacher aux yeux du monde.

Se retrouvant devant le bureau du directeur, il prit une grande inspiration avant de toquer à la porte. Puis la voix du directeur lui indiqua l’autorisation d’entrer. Poussant la porte, YunGi se faufila discrètement dans la pièce.

-          Bonjour Monsieur, je venais savoir où vous m’envoyez pour la semaine à venir. Mes affaires sont prêtes. Il ne me reste que votre choix.

-          Bonjour YunGi. Alors, voyons ça.

Le directeur lui adressa un sourire avant de pianoter sur son ordinateur.

-          Cette semaine, tu seras donc dans la chambre… Oh. Tu es dans la 55B. Tu es au même étage donc, ce ne sera pas bien compliqué. Quant à l’identité de ton colocataire, je vais te la laisser la découvrir toi-même. Bonne après-midi YunGi.

-          Merci Monsieur. A vous aussi.

La 55B ? Qui pouvait donc se trouvait dans cette chambre pour que le directeur lui laisse ainsi la surprise. Repassant alors par sa chambre, il attrapa sa valise ainsi que son sac de cours. Il lui faudrait un deuxième voyage mais il ne s’en formalisa pas. Se retrouvant quelques minutes plus tard devant sa nouvelle chambre, il hésitant quelques instants avant de laisser son poing s’abattre sur la paroi de bois en quelques coups réguliers. Tout son espoir était actuellement concentré en une seule chose : la personne dans cette chambre devait être un ami. Il le fallait. Puis la porte s’ouvrit.