Chapitre 2.

par JangMiRan

La lumière vint titiller ses yeux par les volets légèrement abimés. YunGi papillonna doucement des paupières pour laisser ses yeux s’habituer à la lumière ambiante. Il passant ses mains dessus avant de jeter un regard sur son réveil digital qui annonçait neuf heures trente sept. Il n’était ni trop tôt ni trop tard et cela lui convenait parfaitement. En retournant se coucher après son repas nocturne, il avait prit la résolution de faire des efforts et comptait bien commencer dès aujourd’hui. Pour cela, il devrait débuter pas un rafraichissement au niveau de sa coupe de cheveux, ce qui ne serait pas un luxe. Il se fit donc une note mentale d’aller s’acheter une teinture, voulant changer pour devenir un nouveau YunGi. Un YunGi plus fort qui pourrait survivre dans cet internat si loin de chez lui.

Il se redressa puis repoussa la couverture de ses jambes et posa ses pieds sur le sol tout aussi froid que cette nuit. Un frisson le gagna mais il se leva tout de même et se dirigea vers sa salle de bain personnelle où il prit une bonne douche avant de se vêtir chaudement pour affronter le froid de Novembre. Un sweat-shirt et un jean furent donc de mise avant qu’il ne rejoigne sa cuisine en silence. A son entrée, sa mère en lâcha sa petite cuillère avant qu’un immense sourire ne prenne place sur son sourire. Elle se leva et s’approcha de lui en prononça tendrement :

-          Je suis tellement contente de te revoir YunGi.

Le jeune homme esquissa un faible sourire alors que son père rajouta, en abaissant son journal pour mieux le voir :

-          Je suis fier de toi mon fils. J’ai confiance en toi.

A ces mots, les yeux de YunGi s’embuèrent légèrement, le soutien de ses parents le touchant plus qu’il ne le pensait. En cet instant, il aurait aimé faire un pas en avant et enlacer sa mère. Mais même si il comptait faire des efforts, le contact avec une autre personne n’était pas encore possible et il lui faudrait du temps avant de s’y habituer à nouveau.  Cependant, ses efforts ne se cantonnaient pas à sortir de sa chambre. Il prit une grande inspiration puis murmura difficilement, sa voix rendu rauque par ce long moment sans parler :

-          Je .. Je suis désolé du souci que j’ai put vous causer pendant cette période. Je .. Je compte faire des efforts pour redevenir le YunGi que vous connaissiez. Puis, je vais aller dans l’internat où je suis inscrit. Mais s’il vous plait, ne me tenez pas rigueur de ses derniers mois ..

Sur ces derniers mots, il s’inclina à 90° bien qu’il soit face à ses parents. Il s’en voulait vraiment mais apparemment, ses parents n’étaient pas du même avis. Sa mère s’empressa de lui demanda de se relever.

-          YunGi .. Ce n’est certainement pas à toi de t’excuser ! C’est plutôt à nous de le faire pour ne rien avoir vu de tes problèmes. Si quelqu’un doit être pardonné, c’est bien ton père et moi. Mais nullement toi. Mais toi bien ça dans la tête que tu n’es responsable de rien et que l’on comprend parfaitement ta réaction des deux derniers mois. Ne t’en veux pas mon chéri, tu n’es pas le fautif.

Face à de telles paroles, le jeune homme ne put que baisser la tête en se mordillant la lèvre. Il voyait bien dans le regard de sa mère qu’elle résistait à la tentation de le prendre dans ses bras mais, il ne pouvait vraiment pas la laisser faire. D’un autre côté, les mots de sa mère l’avait rassuré dans le fait qu’il n’avait pas à s’en vouloir pour de telles choses. Il n’avait jamais demandé de subir tant de violence et d’intolérance à son égard. Dans un ultime effort, il posa sa main sur la joue de sa mère, réprimant un mouvement de recul, puis la retira doucement.

-          Je ne vous en veux pas Maman. Je ne pourrais jamais vous en vouloir.

Sa mère lui répondit par un sourire puis, ils s’installèrent à la table de leur cuisine et partagèrent un repas en famille. L’atmosphère semblait plus légère même si les problèmes de l’enfant de la famille pesaient toujours sur ses frêles épaules. Le repas se déroula dans une relative bonne humeur puis YunGi annonça son désir de se teindre les cheveux et parti donc au supermarché. Beaucoup d’efforts s’opéraient suite à ses deux derniers mois mais, il devait avouer que finalement, l’air extérieur lui faisait du bien.

Evitant le plus de personnes possible, il parvint finalement au supermarché pas loin de chez lui et rejoignit le rayon des couleurs. Observant les différents teintes et différentes marques, il finit par arrêter son choix sur une teinture rousse. Il passa rapidement à une caisse puis rejoignit tout aussi rapidement sa maison avec un entrain qu’il n’avait pas ressenti depuis plus d’un an. En cet instant, il avait l’impression de revivre et il se dit que, finalement, partir dans une autre ville lui ferait le plus grand bien. Une fois sa maison atteinte, il parti s’enfermer dans sa salle de bain pour changer ses cheveux. Il les coupa d’abord aux ciseaux, pour un rendu plutôt pas mal, et s’occupa de changer leur couleur. Environ une heure et demie plus tard, il retourna au salon pour montrer à ses parents la nouvelle coupe qu’il arborait. Au cri de joie de sa mère et à ses « tu es magnifique mon bébé » ainsi qu’au clin d’œil de son père, il comprit que son changement était réussi. Finalement, au lieu de boucler sa valise ce jour-ci –il le ferait le lendemain, il passa la journée avec ses parents à discuter et regarder la télé comme il le faisait chaque Dimanche quand il était au primaire. Ce moment lui fit le plus grand bien et le soir venu, il rejoignit les bras de Morphée dans une certaine sérénité.

Cette nuit-là fut étrangement particulière pour lui. Aucun cauchemar ne le réveilla en sursaut au milieu de la nuit mais, il subit un étrange rêve où il sentait la présence apaisante d’une personne à ses côtés. Celle-ci n’avait pas de visage réellement mais il savait qu’elle était importante pour lui. Il savait également que ce n’était pas sa mère mais plutôt une sorte de petit-ami. Le lendemain, à son réveil, un étrange sentiment emplissait son être. Une sorte de tristesse, de mélancolie et d’un bonheur passé. La seule sensation clair qu’il éprouvait était une envie de fondre en larmes pour il ne savait quelle raison. C’était plutôt perturbant pour lui et, dés son réveil, il lança de la musique sur la chaine hi-fi de sa chambre et commença à faire sa valise. C’était son dernier jour à Daegu, il devait donc la commencer et la finir aujourd’hui. Est-ce que cette ville lui manquerait ? Il hésitait. Il y avait vécu toutes ses années mais aujourd’hui, cette ville lui rappelait plus une sorte de gouffre. Il espérait pouvoir y revenir un jour beaucoup plus léger et pouvoir faire un bon nettoyage dans ses souvenirs.

Il passa donc cette dernière journée à remplir sa valise avec les choses importantes pour lui ainsi que des vêtements et des objets de nécessité. Puis, sur le coup des dix-sept heures quarante-cinq, il partit tout de même faire un dernier tout dans la ville. Oh, bien sur qu’il y reviendrait mais pas avant un moment. L’internat était ouvert le week-end, donc si tout se déroulait bien à Séoul, il comptait y rester en fin de semaine aussi.

Passer à nouveau dans ses rues avait un sens différent pour lui maintenant qu’il ne se sentait plus oppressé. Il faisait nuit tôt en ce moment et le soleil avait entamé sa descente sur la ville. Les lampadaires étaient allumés et un léger vent froid recouvrait la ville. Emmitouflé dans une écharpe, il arpentait les rues sans réel but, juste pour le plaisir de flâner, se sentant libre comme l’air. Deux heures plus tard, alors qu’il comptait rentrer tranquillement chez lui en traversant le parc sa sérénité le quitta. Face à lui, à quelques mètres, se trouvait ses bourreaux. Ceux qui avaient fait de sa vie un enfer étaient entrain de rigoler un peu plus loin. L’angoisse le gagna lentement alors qu’il continua d’avancer la tête baissée. Il espérait vraiment qu’ils ne le reconnaitraient pas et, une fois la dernière personne dépassé, il lâcha un soupire de soulagement. Seulement, celui-ci était un peu prématuré car l’instant d’après il entendit l’un d’eux dire :

-          Eh les gars, ce ne serait pas YunGi ?

A ces mots, les yeux du nommé s’écarquillèrent et sans même réfléchir, il se mit à courir en direction de chez lui. Il n’avait aucune idée de s’il était suivit mais il s’en fichait et ne s’arrêta qu’une fois devant la porte d’entrée de sa maison. Il reprit lentement sa respiration et passa le pas de sa porte avec un air qu’il voulait détendu. Seulement, les cheveux ébouriffés par a course ne trompa pas sa mère qui s’inquiète immédiatement. Il éclaircit donc rapidement la situation puis l’aida à préparer le repas. Ce dernier repas en famille se fit aussi joyeusement que celui de la veille mais le départ du jeune homme laissait tout de même un goût amer à sa mère qui ne voulait pas être séparé de son fils. Après celui-ci, il regarda la télévision avec ses parents puis alla se coucher. L’appréhension du lendemain était là mais d’un autre côté, il était excité de découvrir ce nouvel univers. Et puis après tout, son étincelle d’espoir était toujours en lui.