Chapitre 1

par Melten


CHAPITRE UN


Je me souviens d'une lumière aveuglante qui fut suivie d'une douleur intense dans tout mon corps. Voilà mes seuls souvenirs avant de me retrouver dans cette salle, non dans cette chambre, blanche et sans décoration, il y a une odeur que je connais bien, une odeur spécifique à celui des hôpitaux.

Je me dirige vers une femme assise de dos à côté d'un lit, qui est d’ailleurs un des seuls meubles de la pièce. Bien que cette femme soit de dos, elle me semble familière avec ses courts cheveux noirs et bouclés. J’entends des sanglots, elle pleure. Je m’approche doucement, tous en lui demandant ce qui se passe, je pose ma main sur son épaule pour la réconforter, mais une sensation de vide m'effleura, celle-ci avait traversé son épaule. Je ne comprends pas ce qui se passe, j'essaye de lui parler, mais elle ne me répond pas, elle ne me voit pas, mon attention se jette sur le jeune homme qu'elle regardait, qui était allongé sur le lit depuis tout ce temps. Bien que son visage soit recouverte de quelques blessures, je le reconnais, c'est moi ! Je ne comprends pas, je suis en plein rêve ? Je regarde autour de moi comme pour trouver une quelconque réponse.


Un homme en blouse blanche entra dans la chambre


Madame Jeon? Son fils ? Voilà pourquoi elle me semblait si familière, elle me donnait un sentiment de sécurité, mais malgré cela je ne me souvenais pas totalement d'elle pour autant.

Le médecin continua en s’approchant du patient, qui n'est d'autre que moi.


Hyunsik, d'un hochement de tête repris là où il s’en était arrêté


Tous s'expliquent, la lumière qui m'a ébloui, la douleur, je m'étais fait renverser par un automobiliste. Mes souvenirs commencent à revenir petit à petit dans mon esprit, mon crâne me fait affreusement mal. Ma mère, je la reconnais ! Ma vue se floute, mais essaye avec difficulté d'écouter la suite de leur conversation.


La femme, non ma mère, me regarde en passant sa main dans mes cheveux bruns, puis partit en même temps que le médecin en déposant un baiser sur mon front en chuchotant qu'elle reviendrait bientôt.

Je me penche au déçu du lit, là où je me trouve, enfin là où se trouve mon corps. J'essaye de m'allonger sur celui-ci en espérant que je me réveillerais. Je ne sais pas peut-être que le lien entre mon esprit et mon corps est rompu ou je ne sais quoi.


* * *


Une semaine est passé, ma mère est venue tous les jours prendre de mes nouvelles, lorsqu'elle n'était pas là, soit j’essayais pertinemment de réveiller mon corps avec des astuces aussi absurdes les unes que les autres ou alors je me baladais dans les couloirs de l’hôpital, personne ne me voie, personne ne m'entend, je ne peux rien toucher, le temps ne passe pas. Je me demande même si tous ceci et bien réel, pourquoi n'irais-je pas en dehors de ce bâtiment ? Peut-être que j'ai peur tous simplement, peur que mon corps soit totalement séparé ton mon esprit, ou de mon âme je ne sais même pas ce que je suis en ce moment même. Y a t-il d'autre personne comme moi ? Est-ce au moins possible ?


Aujourd'hui, assis sur une chaise à écouter les conversations d'un peu tout le monde, que ce soit dans les salles d'attentes ou dans les bureaux privés, je connais la vie d'à peu près toute les infirmières, entre certaines qui trompent leur petit copain avec leur supérieur et celles qui volent des stylos et blocs notes, rien de bien intéressant.

Je lance des regards autour de moi pour désigner la prochaine personne que j'allais suivre pour m'occuper, mon regard s’arrête sur un jeune homme assis en face moi, on dirait qu'il me regarde, ce n'est pas possible, car je suis « invisible ». Je m'approche de lui, et me place à quelques centimètres de son visage. Il grossit les yeux et tourne la tête.



Il ne me répond pas et fait genre de ne pas me voir, me serais-je trompé ? Je replace mon visage face au sien et commence à faire des grimaces les plus étranges les unes que les autres, s'il peut réellement me voir il sera obligé de rigoler.



Il m'a parlé ? Pour de vrai ? Vous n'imaginez même pas à quel point ça me soulage et me fait plaisir de parler à quelqu'un au bout d'une semaine.



Mais ça n’empêche pas que je le vois sourire, donc ça ne le dérange pas plus que ça de me parler. J'allais lui poser encore quelques questions, mais une infirmière vient nous interrompre.



Il se leva et suivit l'infirmière. Il travaille ici ? Non, C'est un patient ? Je vais le suivre pour en savoir un peu plus.


Mon corps reste fixe, je ne peux plus bouger, paniqué, la sueur coule sur mon front. Je sens quelque chose me tirer dans le vide, une douleur me traversa le corps. Il fait sombre et ne peut plus rien faire. En rouvrant les yeux, j'aperçois un plafond, en voulant bouger pour essayer de comprendre ce qui se passait, je remarque tous de suite que je peux sentir les choses, le drap crépu du lit où je suis allongé. Je ne ressens plus cet effet de vide, mon esprit n'a reformé qu'un avec mon corps, un seul être, enfin réveillé !