PARTIE 1

par ParkNesRin

PARTIE 1 :

 

 

 

 

Il pleut…

 

C’est une nuit remplie de tristesse…

Dans un cimetière de Seoul… Un enterrement…

Au milieu de tous ses hommes et femmes habillés en noir… Un jeune homme… Un brun… Il pleurait toutes les larmes de son corps…

[…] : J… J… Jun… Hong… ne… m’abandonne pas…

Il continuait de pleurer… À genoux, sur le sol humide.

Le cercueil, où reposait un très jeune homme décédé, commençait peu à peu à s’enfoncer dans la terre.

[…] : J.. JunHongHaaJunHong… Hic…

Une femme, sa tante plus précisément, se baissa, tentant de réconforter le jeune homme en pleurs. Mais rien ne parvenait à le réconforter…

Il pleuvait beaucoup, pour un jour d’été.

 

 

Moon JongUp, 18 ans, venait de perdre ce qu’il avait de plus chère au monde : son petit frère, âgé de 16 ans seulement. Il allait bientôt avoir 17 ans, en octobre.

 

« 13 Aout 2013, décès de Choi JunHong, 16 ans.

Cause du décès : accident de voiture mortel. »

 

Le pauvre jeune homme n’avait rien vu venir : comme tout les garçons de son âge, il s’apprêtait à se rendre au lycée, à bord de son skateboard préféré, un cadeau de son demi-frère. Au carrefour, une voiture, ayant grillé le feu rouge sans le faire exprès, percuta le jeune blond qui s’effondra sur le sol 5 mètres plus loin environ.

C’est, une fois arrivée à l’hôpital, que le jeune garçon mourut…

Biiiiiiiiiiip ! Une longue ligne droite… Les médecins utilisèrent le défibrillateur à trois reprises… Or, c’était déjà trop tard : JunHong est décédé.

 

Il était la seule famille de JongUp. Ils étaient demi-frère. Lorsqu’il eut 1 an, le père de JongUp, à l’issue d’une dispute conjugale, fugua et laissa sa mère, seule. Celle-ci rencontra un autre homme célibataire d’une trentaine d’année, par la suite, et donna alors naissance à JunHong. Son nom de famille passa de « Moon » à « Choi ». Mais, le 2e père de JongUp, tout comme le premier, fini par abandonner la mère à l’issue d’une nouvelle dispute, quand JongUp eut 7 ans. Par déception amoureuse à deux reprises, sa mère se donna la mort.

JongUp détestait son demi-frère, mais suite à la mort de sa mère, il s’était juré de le protéger coute que coute. Ils furent élevés par leur unique tante.

À l’âge de 14 ans, la tante partit en voyage d’affaire mais n’abandonna pas pour autant ses deux neveux : elle leur envoyait de l’argent régulièrement.

Mais JongUp et JunHong souffraient de solitude. Mais à présent, c’est pire : JongUp est tout seul, il a perdu une partie de lui-même, il n’avait plus gout à la vie.

Il ne savait pas ce qu’il allait advenir de lui : il avait même tenté de se suicider, pour rejoindre son frère.

 

 

 

 

 

[...] : (toquant à la porte) Ouvrez cette porte ! Écoutez moi ! Vous n’êtes pas intéressé à la seconde vie ? Ouvrez !!!

 

Un homme assez mystérieux toquait à la porte de la maison du plus grand scientifique de Seoul : M.Hwang.

[…] : Monsieur !!! Ouvrez cette porte !

M.Hwang : Çà suffit ! Cela fait plusieurs semaines que vous m’harcelez avec cette histoire ! Partez d’ici où j’appelle la police !

[…] : Appelez la si vous voulez ! Mais j’ai besoin de votre aide, Monsieur !

M.Hwang : Je refuse de confier mon expérience à un escroc comme vous ! PARTEZ D’ICI !!!

[…] : (arrêta de toquer) … Très bien ! Si c’est ce que vous voulez ! Je vous le dis : dans 3 semaines, je redonnerais vie à un individu déjà mort ! Je tiens mon pari.

M.Hwang : Très bien. À dans 3 semaines alors ! J’ai hâte d’admirer votre échec !

 

 

Ce jeune homme s’appelait Bang, Bang Yong Guk.

C’était un jeune homme âgé d’une vingtaine d’année, 24 ans pour être précis.

Sans emploie, célibataire, extrêmement négligé, il accordait  toute sa vie aux robots.

Son apparence était assez péjoratif et pas digne de confiance : c’était une personne disgracieuse, qui ne s’occupait pas de lui, vêtu comme un paysan, mal rasé, dégageant une odeur nauséabonde de transpiration, des cheveux non coiffés et de vieilles pantoufles brunes en guise de chaussures.

Il vivait dans une petite cave, un vrai taudis. Cette soi-disant « demeure » était remplie de robots, de pantins en bois, avec des sachets de nouilles instantanés qui trainaient un peu partout.

Il ne mangeait pratiquement jamais, sortait peu fréquemment et se lavait très peu : il ne se préoccupait guère de son hygiène et de sa vie sociale. Non, la seule chose qui comptait dans sa vie, c’était les robots.

 

Sa théorie : « Il est possible de redonner une seconde vie aux personnes décédées. »

Son plus grand rêve, c’était çà ! Redonnez la vie à une personne décédée, sous forme de cyborg, afin de lui redonner une seconde vie ! Dans le but d’atteindre son rêve, il travaillait jour et nuit sur son projet. Il demandait souvent de l’aide aux scientifiques, comme M.Hwang, qui refusèrent toujours son idée et le qualifiaient « d’escroc » ou de « malade mental ».

Oui, aux yeux de tous, chaque individus n’a qu’une seule vie. Une seconde vie ? Quelle bonne blague !!! Pensaient tout les habitants.

Bang était très connu dans la grande ville de Séoul… Connu dans un très mauvais sens : il était connu comme étant le plus gros imbécile de la planète. Bang se battait pourtant ; il se battait pour faire convaincre à tout le monde que la seconde vie n’est pas une chose fictive, mais bien une chose réelle !

 

Il recevait souvent des réponses comme :

- AHAHAHA ! Tu sais, l’Asile n’est pas loin. Tu as juste à tourner à droite, puis continuer tout droit !

- Au secours ! Un fugitif de l’Asile !

- Quelle bonne blague !

- Mon Dieu, cet homme ! Qu’est ce qu’il pue ! C’est invivable !

- Tu es un déchet social ! Ouste !

- Seconde vie ? Quelle bonne blague ! Tu pourrais gagner de l’argent pour mieux t’habiller en devenant comédien !

- Cet homme est à perte. J’ai perdu espoir… On ne peut plus rien faire pour lui.

- Si j’étais toi, je me serais déjà donné la mort depuis longtemps !

- Tu t’es pris pour Dieu ? Va à l’église, çà te fera du bien.

- Alors ? Ca avance avec tes petits jouets ?

 

Heureusement pour lui, Bang avait l’habitude de ces injures qu’on lui lançait, en moyenne, une bonne trentaine de fois par jour. Cela ne le blessa plus… Non, cela l’encourageait encore plus ! Il veut montrer au monde entier que tout est possible !

 

 

 

 

Le soir, dans sa minuscule maison, il continua ses expériences.

Bang : Aishh… Alors… Cette pièce là… Celle-ci ici… Après euh… Merde mes plans, où sont-ils ? AH là ! (…) Normalement ca devrait être bon !

Il regarda le résultat de son expérience : un simple buste d’homme. Il ajusta les câbles : l’homme-robot ne bougea pas, les yeux grands ouverts. Il appuya sur sa batterie...

…. Encore un pur échec.

Le robot ne bougeait pas. Il réessaya.

 

Trois heures plus tard, vers 2h du matin, après une énième nuit blanche, il admira le résultat.

Robot : Bonjour… Bonjour… Bonjour… Bonjour… Bonjour…

Le robot ne cessa de répéter ces mots. Bang voulut le tester : il enfonça un couteau dans son buste. Du sang fabriqué coula…

Robot : Bonjour… Bonjour… Bonjour… Bonjour… Bonjour…

Encore un échec… Il ne ressentait rien… N’avait pas de sentiment… Et savait seulement dire « Bonjour » d’une voix très monotone.

Et voilà : encore un robot à déposer dans sa « collection » de robot sratés.

Et comme tout les robots, il lui donna un nom et s’en occupait comme s’il était vivant.

Bang : Toi, tu t’appelleras Ju. Enchanté Ju, moi c’est Bang !

Robot : Bonjour… Bonjour…

Bang : T’aimes les ramens ? Tu sais… Ces nouilles dans la soupe… Tu en veux ?

Robot : Bonjour… Bonjour…

Bang soupira.

Le buste-robot le fixa, regarda à droite, puis à gauche, et le refixa.

 

Il avait une collection de robots « ratés » : il y avait, le tout premier, Puta, un petit pantin en bois qui pouvait ouvrir les yeux et les fermer au gré de ses envies. Or, par accident, Bang le fit tomber… Il ne marchait plus. Bang avait pleuré… Oui, pleuré… Pour un robot. Il considérait chaque robot comme ses amis. Il y eut par la suite la petite poupée Iu. Puis le mini robot X. Il y en a eu une infinité. Le dernier de la famille, c’était donc lui, Ju, le buste homme-robot.

 

 

 

 

 

 

Une semaine s’était écoulée depuis la création du robot Ju.

…. Et depuis la mort du jeune JunHong.

 

JongUp ne se rendit pas au lycée. Il était plongé dans un énorme chagrin. Il ne bougeait plus de chez lui.

Bang, lui, accumula les expériences.

 

Un soir, il trouva un chat mort, au bord du trottoir. Il a sans doute du être victime d’une voiture. Il le mit dans un petit sachet et l’emmena chez lui.

Il tenta alors de lui redonner la vie, en le modifiant, tel un cyborg.

Bang : Allez… Allez… Vie… Vie ! Vie !!!

Il finit… Le chat ne donna aucun signe de vie.

Bang mit sa tête entre ses deux mains : il voulut hurler. Pourquoi cela ne marchait-il pas ? Que manquait-il ???

« Tu n’es pas un Dieu !!! » Bang se souvint des paroles d’une dame qu’il avait vue un peu plus tôt dans la journée ; elle lui avait prononcé ses mots.

Un Dieu ? Redonner une seconde vie est donc chose impossible ?

Bang allait devenir fou : il fallait qu’il sorte.

 

Il se promena près d’un cimetière de la ville, regardant tristement les tombes, éclairées par la Lune. Il s’approcha de l’une d’elles.

Bang : (à la tombe) Désolé, j’aurais tellement voulu vous redonner une seconde chance de vivre… Une seconde vie…

Il s’éloigna et continuait de marcher… Il aperçut soudain la silhouette d’un jeune homme, penchait sur une tombe.

 

[…] : JunHong… Hic… Hic…

 

Bang assistait à cette scène émouvante.

Oui, ce jeune homme n’était autre que JongUp, qui pleurait la mort de son frère JunHong. Peu après, il se leva, posant une fleur d’orchidée blanche sur la tombe.

JongUp : (essuyant ses larmes) Tu te rappelles ? Quand on était chez Min, tu m’avais dit que tu aimais le parfum de cette fleur, alors je t’en ai ramené. Elle est encore fraiche, profite de son parfum. Je reviendrais demain pour t’en ramener encore…

Il partit…

 

Bang s’approcha de la tombe. Il s’accroupit et lut l’inscription sur la tombe.

Bang : (lut) « 13 Aout 2013, décès de Choi JunHong, 16 ans. Cause du décès : accident de voiture mortel. »… 16 ans… Tu es mort il y a précisément 8 jours, nous sommes le 21 Aout. Il fait frais aujourd’hui… Tu es mort si jeune. C’est bien là-haut ? Ce garçon qui vient de passer, c’est ton frère ? Regarde ! (souriant) Il t’a ramené une jolie fleur ! Çà sent bon…

 

Il baissa la tête, tristement.

 

Bang : Je suppose que tu es au Paradis, tu dois être un bon garçon, pur. Tu ne méritais pas de mourir dans de telles conditions… Un accident ? Regarde ! Regarde… Cet homme… Il est si triste… Tu devrais revenir pour le réconforter. Çà te dirait une seconde vie ? Pouvoir sourire comme avant… Pouvoir pleurer comme avant… Pouvoir passer de bons moments comme avant… Hein ? (long moment de silence) Je vais peut être faire une connerie mais… Je voudrais tenter quelque chose. J’espère que tu me pardonneras. Je reviens ! Ne t’inquiète pas, je serais là dans dix minutes !!!

 

 

Il partit en courant, en direction de sa maison. Il revint, une pelle à la main.

Bang : (creusant) Je vais te sortir de là !

Il commença à creuser, déterrer le cercueil où reposait le jeune JunHong.

La pierre tombale s’écrasa sur le sol, la fleur fut éclaboussée de boue et perdit sa blancheur.

Il essaya d’ouvrir le cercueil : il le frappa, ramena une hache et un marteau pour le détruire. Enfin, l’ouverture céda. Il sortit le jeune homme du cercueil.

Il était très pale, ses cheveux blonds étaient collés sur sa tempe, ses lèvres étaient bleutées, son corps était roide et froid, toujours aussi blanc. Ses yeux fermés étaient destinés à ne plus jamais s’ouvrir.

Son corps n’avait pas encore subit la décomposition, mais celle-ci ne tardait pas à avoir lieu.

Il prit le corps inerte de JunHong, ainsi que la fleur d’orchidée blanche, et le transporta jusque dans son « laboratoire ».

Bang : Je vais te sauver t’en fais pas !

 

Bang n’avait aucune idée s’il faisait une grosse bêtise ou non. Une chose était sure : il est prêt à tout pour redonner une seconde vie au pauvre jeune homme décédé.

JunHong va t-il revivre ? Bang va t-il réussir son pari ? Ou alors, il aurait fait une très grosse gaffe en déterrant le jeune homme ?

 

 

 

 

 

Le lendemain matin, un couple passa près du cimetière, venu se recueillir auprès de leur petite fille décédé depuis un an bientôt.

Homme : Chéri, allons nous-en, il est tard.

Femme : Oui…

Homme : ATTEND !

Femme : Quoi ? Tu m’as fait peur !!!

Homme : Qu’est ce que c’est que çà ???

Femme : Quoi ? (se retournant) AAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!!!!!!!!!!!

Le couple aperçut, avec stupeur, une pierre tombale renversée, un grand trou, ainsi qu’un cercueil ouvert.

Femme : Qui donc aurait volé un mort ??? Chéri, appelle la police !

 

 

Cette affaire fit la Une des journaux et des journaux télévisés.

« Le scandale du mort volé » est connu dans le monde entier : jamais une chose pareille ne s’était produite !!!

 

 

Dans son laboratoire, Bang effectua son expérience dans le plus grand secret.

Bang : Bien mon grand, à nous deux ! Je te le promets… Je te le jure : dans deux semaines, tu vivras !!!