07 - Contes et légendes

par cathy863

7 – Contes et Légendes

PdV Carlisle :

Cela fait presque deux ans maintenant qu’Eden et sa mère ont emménagés chez mon ami, étrangement Amélie a accepté de ne pas poser de question sur les habitudes de Nicolas, plus curieusement encore, Eden, elle n’en pose aucune. C’est pourtant une petite fille curieuse de tout ce qui l’entoure et qui pose sans cesse des questions, il m’est arrivé de les observer de loin, avec la permission de Nicolas bien sur. Et je me dois d’avouer que je l’envie, j’aime ma femme et ma famille, mais le voir regarder grandir celle qu’il considère maintenant comme son enfant, me fait un petit pincement au cœur. Ni moi, ni les miens ne connaitrons jamais cette sensation.

Je secoue la tête, remettant de l’ordre dans mes idées. Je dois mettre de coté cette petite pointe de jalousie et me réjouir devant le bonheur manifeste de mon ami. Eden a maintenant huit ans, elle suit une scolarité parfaitement normale, et à en croire Nicolas, c’est un vrai petit génie, ça me fait sourire. Ce soir, pour la première fois depuis son hospitalisation, je vais revoir la fillette, Nicolas a estimé qu’elle y était prête, ne réagissant plus à mon nom par la panique. Je me sens fébrile à l’idée de la revoir, si elle n’a pas le même impact sur moi, la force de leur lien me passionne toujours autant.

Les recherches que j’ai fais sur le sang de Nicolas ont ressorti un détail très particulier. Si à chaque prise de sang, le groupe sanguin et l’ADN était bien différent, venant de donneur différent. Un gène que je n’ai pu identifier est apparu à chaque test, bien sur si je m’étais contenté d’un simple test, je n’aurais rien vu, mais j’ai fais subir au sang que je lui ai prélevé tous les tests que je connaissais, plus quelques uns que j’ai du inventer. C’est ainsi que j’ai découvert ce gène si particulier que je n’avais jamais rencontré ailleurs. J’ai testé aussi quelques prélèvements normaux à l’hôpital pour voir si je retrouvé ce gène, mais rien n’est ressorti.

J’ai aussi fait beaucoup de recherche, me penchant sur de vieux documents poussiéreux. J’y ais retrouvé quelques contes et légendes intéressantes. Deux tout particulièrement, dont j’attends avec impatience de pouvoir en parler avec lui.

J’arrive enfin devant le château, c’est Amélie qui m’ouvre, elle m’accueille chaleureusement
« Docteur Cullen, je suis ravie de vous revoir. Nicolas m’a prévenu de votre visite »
Je la salue à mon tour tandis qu’elle prend mon manteau pour l’accrocher. D’une main, elle me montre le chemin du salon d’où proviennent les rires de Nicolas et de sa fille. Je reste un instant dans l’encadrement de la porte pendant qu’elle informe mon ami de mon arrivé, bien sur il le sait déjà. Lui et l’enfant se tourne vers moi, Nicolas se relève alors qu’Eden, effrayé mais plutôt calme se cache derrière lui.

« Entre Carlisle, viens t’installer avec nous »

La petite tire sur la jambe de pantalon du vampire

« Tu me protège hein ? »

Apparemment, il a du avoir une conversation avec elle à mon sujet car elle n’hurle pas. Nicolas la prend dans ses bras et la calle contre lui.

« Tu sais bien que oui, mon ange. Mais tu te souviens de ce que je t’ai dis, Carlisle est un gentil et c’est mon ami. Il a très envie de te connaitre, mais il ne te fera jamais de mal » Il tourne sa tête vers moi avec un sourire « N’est ce pas Carlisle ?»

« Non, Et si tu veux, je ne t’approche pas trop. Je reste juste là »

La petite se mordille les lèvres et finit par acquiescer. Amélie nous regarde tour à tour, ne comprenant visiblement pas pourquoi j’effraye autant sa fille, mais fidèle à sa décision de ne pas poser de question, elle ne dit rien. Je regarde toujours Eden en souriant, tout en prenant soin de ne pas faire de mouvements brusque.

« Alors, Nicolas m’a dit que tu avais de bonne note à l’école »

« Oui » Me répond t’elle timidement

« Juste oui, ma petite fille est la plus intelligente de son école »

Eden rougit

« C’est parce que tu m’aides à faire mes devoirs »

Elle est adorable, ses boucles brunes font un halo autour de son visage. Se détendant un peu, elle quitte les bras de son père sans pour autant oser m’approcher, elle se remet à jouer pendant que ses parents et moi discutons de tout et de rien.

La soirée se passe agréablement, Eden, restant sur ses gardes, me lançant des regards en coin et n’osant pas me parler directement, mais se comportant avec de plus en plus de naturel en ma présence. Il est finalement temps pour moi de prendre congé, Nicolas me raccompagne à la porte.

« Ça c’est plutôt bien passé » murmure t’il à ma seul attention

« Oui » lui répondis-je sur le même ton « Passe me voir plus tard, j’ai trouvé quelques informations qui pourraient t’intéresser »

Il hoche la tête souriant, en me saluant d’un ton normal. Je sais qu’il n’est pas aussi passionné que moi par sa nature et son lien avec Eden, ils les acceptent tout simplement.
De retour chez moi, je subis un véritable interrogatoire de la part de ma famille. Alice et Rosalie sont tout particulièrement intéressée et ont hâte de pouvoir rencontrer la fillette depuis que notre voyante maison a vu qu’Eden, après un temps d’adaptation, allait très bien s’entendre avec elles. Ils me pressent aussi de questions sur les recherches que j’ai fais sur Nicolas, mais je ne me laisse ni attendrir par les yeux de biche que me font mes filles, ni intimider par les grognements de mes garçons. Nous attendons donc tous Nicolas avec impatience.

Deux heures plus tard, Nicolas a à peine le temps d’arriver et de dire bonsoir que Jasper et Emmet l’attrape chacun par un bras et l’assoit dans un des fauteuils du salon

« Nicolas est prêt » fanfaronne Emmet.

Je lève les yeux au ciel devant le coté parfois puéril de mes fils, Nicolas, lui lève les mains, paumes vers le haut, l’air de dire : Je n’y suis pour rien. Je m’installe donc en face de lui, prenant avec moi les différents livres et vieux parchemins dont j’ai besoin.
Je commence d’abords par lui parler de mes recherches sur son sang et de mes hypothèses concernant ce gène.

« Donc tu penses qu’Eden doit avoir ce gène particulier et que par la même, elle est transformable ? Et que si c’est le cas, cela explique aussi notre lien ?» me demande t’il
« Je ne sais pas, c’est une possibilité. Il faudra attendre que je puisse lui faire une prise de sang et que je l’étudie »

Il semble songeur un instant, l’idée que son lien avec sa fille n’est du qu’à une banale anomalie génétique n’a pas l’air de l’enchanter. Je reprends

« Mais je ne suis sur de rien. Et même si elle a la même particularité, ça ne veut pas dire que votre lien vient de là. Je n’en suis qu’au tout début de mes recherches. »

« D’accord » admet il « Et tes autres recherches ? »

Je lui souris, ravi de ce que j’ai trouvé. Ma famille est pendu à mes lèvres, pour une fois totalement silencieuse.

« Oui, j’ai trouvé la première légende à la grande bibliothèque de Paris, sur un vieux parchemin qui parait daté d’au moins cinq mille an avant Jésus Chris »

« Allez Carlisle, arrête le suspense, raconte nous » râle Emmet

Nicolas et moi nous sourions, ma famille semble beaucoup plus intéressée que lui par ses origines

« Bien mais n’oubliez pas que c’est une légende, pas un récit historique. Il est impossible de connaitre le vrai du faux »

Emmet et Jasper grogne. Je me décide donc à en finir et à leur conter l’histoire

"En ces temps anciens, où les dieux partageaient la vie des mortels, dans un petit village côtier, vivaient trois frères. Les trois jeunes hommes étaient pécheurs et étaient très proches les uns des autres. Un soir, alors qu’ils étaient ensemble au bord de la mer, ils croisèrent Sokar, le dieu des morts. Le dieu se lamentait sur sa solitude et sur le fait que personne ne l’aimait car c’est lui qui venait chercher les âmes des défunts. L’ainé des trois frères, le plus courageux, s’approcha, touché par le chagrin qu’il ressentait chez la divinité.

« Je suis si seul » lui dit Sokar « Les gens me fuient de peur que je les emmène avec moi »

Les deux autres frères appelaient leur ainé, ils avaient peur pour lui. Mais l’ainé, lui s’inquiétait inexplicablement pour le dieu, il resta à ses cotés

« Je peux être ton ami, si tu le veux »

Le dieu le regarda, de l’espoir dans les yeux

« C’est vrai, tu resterais avec moi ? »

« Pourrais-je continuer à voir mes frères ?»

« Bien sur, si tu le désires »

L’homme hocha alors la tête, signifiant son accord à Sokar. Ce dernier le prit alors dans ses bras, dégagea ses cheveux de sa nuque et mordit la chair tendre du cou. L’humain eut un hoquet puis s’écroula. Le dieu se coupa alors et il abreuva l’homme avec le sang coulant de sa blessure. Le temps sembla s’être arrêté, les deux autres frères se figèrent d’horreur. Puis quand leur ainé se releva quelques minutes après, ils se précipitèrent sur lui, oubliant leurs peurs 

« Il va bien » leur dit Sokar « A partir d’aujourd’hui, il ne vieillira plus. Mais cela a un prix » continu t’il en regardant l’ancien humain « Tu ne pourras que te nourrir du sang des humains »

Le nouveau vampire fut horrifié

« Mais il ne te sera pas nécessaire de les tuer, tu n’es pas un monstre, juste différent »

Le vampire serra ses frères dans ses bras, les embrassa et partit avec Sokar. Les années passèrent, il vint souvent les voir. Mais alors qu’ils vieillissaient, lui gardait sa jeunesse. Il était heureux avec Sokar. Les deux frères se marièrent, eurent des enfants. Mais à chaque visite de leur ainé, le deuxième frère enviait sa jeunesse et sa beauté. A mesure que lui s’approchait de la mort, elle l’effrayait. Cela occasionna de nombreuses disputes avec le plus jeune qui lui disait d’accepter son destin.

Alors qu’une trentaine d’année s’était écoulé depuis la transformation, une autre dispute éclata, plus violente. Le deuxième frère, sous l’effet de la colère, battu son cadet à mort. Le vampire, pourtant très loin de là, ressentit la mort de son petit frère au plus profond de son être. Il se précipita chez ses frères pour savoir ce qui s’était passé, il trouva alors son frère penché sur le corps du plus jeune. Il comprit immédiatement ce qui s’était passé et attaqua le survivant violement, le mordant. Sokar intervint, éloignant le vampire de son cadet tandis que ce dernier se tordait de douleur. Il fit sortir le vampire et le maudit

« Pour avoir attaqué ton propre sang, tu seras désormais seul, deux étapes à franchir tu auras à fin de pouvoir survivre. Tu ne pourras transformer que quelques rares humains. A toi de comprendre lesquels. Mais si tu te trompes, ils mourront. Va maintenant, tu ne peux plus rester avec moi »

Le vampire, ressentant le poids de sa faute, accepta la sentence et partit errer de par le monde. Sokar retourna dans la chaumière et patienta pendant trois jours que la douleur quitte le dernier frère

« Quand à toi, pour avoir battu ton cadet et avoir rendu fou de douleur ton ainé, tu es condamné à devenir pire qu’un animal. La soif te dominera pendant toute ton existence, trouver le moyen de la dominer sera ta rédemption »

Sokar quitte le nouveau vampire sur ses paroles, le laissant en proie à la soif qui le dévore."

« Wow » Dit Emmet quand j’eus terminé mon récit

« Tu crois que c’est vrai, que c’est comme ça que nous avons été crée ? » Me demande Rosalie

Nicolas éclate de rire

« Crée par le dieu de la mort lui-même… Voyons, belle demoiselle »

Je souris, indulgent

« Je vous ais prévenu, c’est une légende. Mais certaines légendes ont un fond vrai, il suffit de nous voir tous ici pour comprendre que la partie réelle concerne l’existence de deux races de vampires différentes. Par contre, connaitre notre origine exacte me parait plus hasardeux »

Dans tout les cas, il semblerait que j’ai donné de la matière à réfléchir à tout le monde

« Et la deuxième légende ? » me questionne Delphine timidement.

Je suis content de la voir s’exprimer, il est rare qu’elle parle, se contentant le plus souvent de nous écouter.

« Pour la deuxième, au vu du lien de notre ami ici présent avec la petite Eden, je penche plus pour une histoire vraie, peut être un peu exagéré mais réelle dans sa globalité »

Nicolas m’accorde toute son attention tandis que mes enfants font à nouveau le silence pour m’écouter.

« J’ai trouvé l’histoire dans un livre sur les vampires, je l’ai… Disons emprunté au Vatican. Ça se passe en Angleterre au Vème ou VIème siècles »

"Dans un petit village de Cornouaille vivaient un petit garçon d’environ sept ans quand toute cette sale affaire arriva. Le garçonnet était très malheureux, sa mère était morte en lui donnant le jour et son père, s’il l’aimait beaucoup, n’avait jamais le temps de s’occuper de lui. L’enfant souvent livré à lui-même, se promenait souvent dans les plaines entourant son village. C’est ainsi qu’il rencontra un homme étrange qui devint très vite son ami. Il ne le voyait que le soir, mais ça ne le dérangeait pas. Il ne parla à personne de cet être bizarre qu’il rencontrait le plus souvent possible, c’était son secret, leur secret. L’homme était gentil et s’intéressait sincèrement à l’enfant. Il avait enfin l’attention dont il avait tant besoin."

J’interromps un instant mon récit, regardant intensément Nicolas. Le parallèle entre lui et Eden et l’homme et le petit garçon est flagrant. Le vampire s’est assis au bord de son fauteuil comme pour mieux tendre l’oreille à ce que je lui raconte, l’air fasciné.

« Avant de continuer… Nicolas, je préfère te prévenir que l’histoire ne se termine pas bien »

Il me fait signe de continuer. Je reprends donc

"Cinq ans s’écoulèrent sans que personne ne se doute de rien, le garçon rendant visite à l’homme le plus souvent possible. Puis les chasseurs de démons débarquèrent dans le petit village, suivant une rumeur indiquant l’existence d’un vampire dans les parages. Comme personne ne savait rien, ils furent furieux et décidèrent d’accuser une fille du village de sorcellerie, pour ne pas être venu pour rien. Le fiancé de la jeune fille se souvint alors de ce petit garçon qu’il voyait souvent partir seul le soir, il en informa les chasseurs contre la vie de sa fiancée. Les chasseurs suivirent l’enfant et découvrirent son secret. Mais il avait peur d’attaquer le vampire, ils capturèrent donc l’enfant et le torturèrent, sûr que cela ferait réagir le vampire. Effectivement, c’est un vampire fou de colère qui les attaqua, réduisant en charpie les trois quart des chasseurs. L’un d’eux attrapa donc l’enfant et menaça de le tuer si le vampire ne se rendait pas. Le vampire, poussant un hurlement déchirant se rendit. Le soir même il fut bruler vif. Le chasseur tenait l’enfant, un couteau sous la gorge, jusqu’à ce que le vampire ne soit plus qu’un petit tas de cendre. Quand il fut sûr que le vampire n’était plus, il trancha la gorge de l’enfant

« Tu aurais fini par devenir un de ses monstres » dit il au cadavre pendant qu’il essuya son couteau sur son pantalon »"

Le silence dans la pièce est total, tout le monde est choqué par tant de barbarie. Nicolas, semblant prêt à bondir, regarde autour de lui cherchant un de ses monstres pour le dépecer. Après un regard éloquent à Jasper, Emmet et Edward, je pose doucement ma main sur mon épaule.

« Nicolas, Nicolas, reviens, c’est arrivé il y a longtemps. Ils sont mort il y a des siècles »

Il semble se ressaisir. Bien sur je m’attendais à ce qu’il n’apprécie pas beaucoup ce qu’il entendait, mais pas à une réaction aussi violente de sa part

« Oui, pardonne-moi Carlisle » Il se lève « Je dois… Il faut…Je vais voir si Eden va bien. Excuse-moi »

Je le laisse partir puis je regarde Edward

« Tout au long de ton récit, il a pensé à elle. Et à la fin, dés que le chasseur a pris l’enfant en otage, il a voulu lui bondir dessus. C’était incroyable dans sa tête. Il ressentait le même instinct protecteur envers le garçon, enfin pas tout à fait, c’était moins fort que pour Eden, mais c’était là »

« Pourquoi »

Je m’interroge, mais Edward n’a pas plus de réponse que moi.

« Pendant que tu racontais » intervient Alice « J’ai eu la vision de se qui s’est passé. C’était affreux Carlisle, mais le vampire était dans un état encore pire que Nicolas quand il a voulu tuer le père d’Eden. Une vraie frénésie »

Je me dis que même si ces histoires nous ont apportés quelques réponses, apparemment les vampires comme Nicolas rencontrent à un moment ou à un autre un humain auquel ils sont inexorablement liés, elles ont aussi emmené d’autres questions. Je soupire, me demandant si un jour j’aurais les réponses que je cherche.