04 - Visite chez les Cullen

par cathy863

4 – Visite chez les Cullen

PdV Nicolas :

Après être sorti de son coma, Eden est encore restée à l’hôpital pendant deux semaines. Puis ses parents l’ont ramené chez elle, la pauvre enfant devra encore subir des séances de rééducation pour son bras et sa jambe et elle boitera probablement légèrement pour le reste de sa vie. Mais elle va mieux, elle est espiègle, volontaire et têtue. Elle regorge de vie et semble curieuse de tout, un vrai bout en train. Je me souviens en souriant que sa mère et moi étions obligé de la freiner pour qu’elle ne se fatigue pas trop. Pendant son séjour, j’ai repris un rythme de vie plus régulier, allant la voir tout les soirs et manquant parfois une journée de sommeil pour la passer avec elle.

Dés qu’elle a pu être transférée dans un service moins contraignant, j’ai transformé sa chambre en véritable magasin de jouer, il n’y avait plus un recoin de disponible. Amélie a trouvé que c’était trop, mais un sourire enjôleur de ma part, une moue adorable d’Eden et elle n’a pas pu nous résister. Là ou elle a tiqué un peu plus, c’est quand j’ai fais une grosse donation à l’hôpital pour pouvoir repeindre sa chambre dans des couleurs plus gaie que ce blanc froid et impersonnelle.

Si j’avais pensé une seule seconde que mon intérêt pour elle passerait avec sa guérison, j’en aurais été pour mes frais car c’est exactement l’inverse qui s’est produit. J’aime l’écouter parler de tout et de rien, de son chat, de ses copines de maternelles…de sa petite voix enfantine. Et quand elle rit ! Je me damnerais rien que pour l’entendre rire. Ce son cristallin vaut pour moi toutes les musiques du monde, jamais Chopin, Mozart ou qui que ce soit n’auraient pu reproduire cela. J’adore aussi la regarder dormir, elle est si belle, un ange descendue sur terre pour me sauver de ma solitude. Quoiqu’elle demande, quoiqu’elle veuille, elle l’aura, je lui donnerais quitte à me ruiner, à dépenser tout ce que j’ai amassé au cours des siècles. Jamais elle ne manquera de rien, je prendrais soin d’elle, toujours.

Ce soir, j’ai promis à Carlisle de passer le voir, je sais qu’il a des milliers de questions à me poser, j’en ai tout autant pour lui, d’ailleurs. Comment un vampire de sa race a-t-il fait pour maitriser ses pulsions au point de pouvoir devenir médecin ? Au cours de mon existence, j’en ai rencontré quelques uns, ils ne m’ont pas laissé de très bons souvenirs. Trop bestial à mon gout. Faudra que je lui demande aussi s’il sait pourquoi Eden réagit de cette manière en sa présence, il la terrorise à tel point qu’il a du confier son dossier à un autre médecin. Tout ce que j’ai pu dire ou faire n’a jamais réussit à la rassurer. Une chose de plus que je ne comprends pas concernant Eden, mais ça n’a pas d’importance, un jour j’aurais peut être des réponses, peut être pas. La seule chose qui compte à mes yeux, c’est qu’elle existe et qu’elle m’aime. Car elle m’aime, elle me l’a dit plusieurs fois. Oncle Nicolas, voilà ce que je suis devenu, sa famille.

C’est souriant comme un bienheureux que j’approche de chez le médecin. Il semble m’avoir entendu arriver car il m’attend sur le pas de la porte. La maison fait une sorte de L et un grand garage se situe à coté.

« Bonjour Nicolas »

Le fait qu’il soit un sous vampire ne me dérange plus, le soin et l’attention qu’il a porté à ma fillette font qu’il a gagné mon respect et qui sait peut être mon amitié.

« Bonjour Carlisle »

« Viens, entre, je vais te présenter à ma famille »

« Il y en a d’autres comme toi ? » lui répondis-je, étonné.

Il sourit, indulgent devant ma surprise.

« Nous sommes neuf, tu en as déjà vu quelques uns le jour de l’accident »

Je pénètre avec lui dans la maison, celui ou celle qui l’a décoré a beaucoup de gout. L’entrée donne immédiatement dans une grande pièce qui semble faire tout le rez de chaussé de la maison. Sur la droite se trouve une cuisine tout équipé séparé du salon par un bar américain. Au centre de cette cuisine, il y a une grande table prévue pour accueillir une quinzaine de convive. Devant l’entrée, après avoir descendu trois petites marches se trouve le salon, munie de canapés de cuir blanc et d’un écran géant. Dans le coin formant le bas du L de la demeure, après avoir remonté les trois petites marches, il y a un grand piano à queue noir. Mon regard capte tout cela en une fraction de seconde pendant que Carlisle me propose de rejoindre sa famille installé sur les canapés. Je m’assois dans un fauteuil moelleux, tous les regards sont tournés vers moi. Ça me mets mal à l’aise, je n’ai pas l’habitude d’attirer autant d’attention. Carlisle me présente sa famille.

« Voici ma femme Esmée » Une jolie rousse, elle me sourit.

« Puis mes fils » Il me les désigne un par un

« Edward » Le rouquin grogneur, il se rembrunit sans que je ne comprenne pourquoi.

« Jasper, il commence des études pour devenir médecin » Un blondinet mal coiffé, le sourire d’Edward revient.

« Et Emmet » Je le reconnais, c’est la masse de muscle. Il pourrait paraitre inquiétant sans ce regard bon enfant

« Et mes filles » Mon regard se tourne vers quatre beautés

« Rosalie, la femme d’Emmet » Houlà… Elle est splendide, il a de la veine le gamin

« Alice, la femme de Jasper » La petite brune a le même éclat espiègle que ma Eden dans les yeux, je sens que je vais l’apprécier

« Bella, la femme d’Edward » Jolie, l’air un peu timide.

« Et Delphine, notre dernière recrue » Elle semble un peu moins à l’aise que les autres. Je lui souris pour la rassurer.

« Voilà, tu as fais connaissance avec toute ma famille »

PdV Edward :

Carlisle l’a fait rentrer immédiatement, je l’observe et écoute ses pensées pendant qu’il regarde notre intérieur. Alice et Rosalie vont être heureuses de savoir qu’il apprécie ce qu’il voit. Puis mon père nous présente un par un. Je m’amuse beaucoup de ses réactions. Je me retrouve avec l’étiquette grogneur, génial, je me demande s’il ne grognerait pas lui aussi si on le considérait comme une sous race, à peine mieux qu’un animal. Tiens, Jasper va être content de savoir qu’il est mal coiffé, avec Emmet, on va pouvoir le charrier un peu. En tout cas, il a rapidement cerné Emmet. Ho ho, on dirait que le vampire craque pour notre belle blonde, oh je sens que mon baraqué de frère va en voir de toute les couleurs quand je raconterais ça à Jasper, surtout pour l’étiquette : gamin. Apparemment Alice et sa Eden vont bien s’entendre, enfin si on arrive à l’approcher un jour vu ce que Carlisle nous a raconté. Jolie, jolie, mais il ne doit pas avoir la même vision surnaturelle que nous pour ne la trouver que jolie, elle est magnifique ma douce. Je la regarde, me perdant une fois de plus en elle que je n’entends pas ce qu’il pense de Delphine, zut.

PdV Nicolas :

Carlisle s’installe à coté de sa femme, prenant sa main dans la sienne. L’amour entre eux est visible, je l’envie un peu, j’ai connue beaucoup de femme en presque mille an, mais je n’en ai jamais aimé aucune. Une nuit pas plus. Edward s’exclame

« Tu arrives à … avec des humaines. Mais comment tu fais ? »

Je le regarde, interloqué, est ce que j’aurais parlé à voix haute, je suis pourtant sur que je n’ai fais que penser. Carlisle sourit.

« Edward lit dans les pensées »

Mon expression faciale doit être comique parce que plusieurs d’entre eux éclatent de rire. Carlisle, ayant apparemment décidé qu’il ne devait pas y avoir de secret entre nous, continu

« Alice peut voir le futur, bien sûr c’est fluctuant selon les décisions que prennent les gens, mais c’est souvent fiable. Jasper, lui peut ressentir les émotions des gens et agir sur ces mêmes émotions. Quand à Bella, Elle peut bloquer les pouvoirs mentaux d’autres vampires, les empêcher de l’atteindre »

Je n’en reviens pas, c’est vrai que je ne suis pas un spécialiste de leur race, mais je n’avais jamais entendu parler de ça. Bon, c’est sur que les discutions que j’ai pu avoir avec certains des leurs n’ont pas été très loin. Une fois de plus, Edward me sort de mes pensées

« Tu avais déjà rencontré certains des nôtres ? »

Je le regarde, c’est assez déstabilisant, je n’apprécie que moyennement ces intrusions dans ma tête. Il hausse les épaules

« Désolé, je ne le contrôle pas »

Ben voyons, super. Carlisle prend la conversation en main, avant qu’elle ne dégénère en un long monologue d’Edward répondant à mes pensées.

« Je pense que nous avons chacun un certain nombre de questions. Si tu le permets, j’aimerais commencer, tu as l’avantage sur moi d’avoir déjà rencontré d’autres vampires comme nous. »

« Je t’en prie, fais. Je te répondrais de mon mieux » répondis-je.

Je reste un instant silencieux, cherchant où commencer et surtout quoi dire. Carlisle a été franc avec moi, il aurait pu me cacher les pouvoirs spéciaux de ses congénères et je connais déjà leur rare faiblesse pour m’en être servi contre ceux que j’ai rencontrés. Mais puis-je pour autant dévoiler mes propres faiblesses. Je le regarde droit dans les yeux et finis par décider que oui, je peux tout lui dire. Je décide donc de commencer par le début, ma vie d’humain.

« Je suis né environ à la fin du XIème siècle. Je ne peux pas vous dire quand exactement, je ne savais ni lire, ni écrire, ni compter à l’époque. Etant le troisième fils de famille, j’étais destiné à rentrer dans les ordres, mais ça ne me convenait pas. Dés que j’ai pu, j’ai quitté la maison rejoindre les pèlerins qui se rendaient en terre sainte. En bataillant je me suis fais remarquer et suis devenu chevalier. J’ai continué à guerroyer à Jérusalem. Je devais avoir environ une trentaine d’année quand je suis tombé sur un champs de bataille »

Mon regard se perd, se remémorant ce qui a complètement bouleversé son existence.

« Alors que je sentais la vie me quitter, un homme étrange s’est penché sur moi. Aujourd’hui ça me semble ridicule, mais sur le moment, j’ai cru que c’était un ange. Puis j’ai senti qu’il me mordait, une douleur ridicule par rapport à celle que m’infligeait ma blessure. Puis il m’a parlé. « Si tu veux vivre, bois ». J’ai bu, le gout acre me déplaisait mais j’ai bu, je n’ai su que plus tard que c’était son sang »

Je m’arrête une fois de plus, leur laissant le temps d’assimiler ce que je venais de leur raconter.

« Tu es devenu vampire avec un échange de sang entre toi et ton créateur ? »

« Oui, c’est ainsi que ça se passe. Je sais aussi que tout les humains ne peuvent pas être transformé, mais malheureusement je n’en sais pas beaucoup plus »

« Pourquoi n’en sais tu pas plus sur la transformation et pourquoi certains humains seulement ? » me demande Carlisle

« Mon sire, Antoine, était un vampire très… mélancolique. Il ne supportait plus la solitude que notre condition apporte, le fait de ne pas avoir de femme, de famille. Il ne pouvait plus non plus supporter le fait de se nourrir sur des humains. Il a finit par se suicider »

A ces mots, je sens que plusieurs membres d’entre eux se tendent. Je me fais la réflexion qu’eux tuant leurs victimes, ils sont mal placé pour me jeter la pierre. Edward me fusille du regard mais ne dit rien. Carlisle continue de me poser des questions

« Hum, ce que tu nous dis est étonnant, déroutant et amène beaucoup d’autres interrogations. Comment pouvez vous vous suicider et… » Il semble chercher ses mots « … Et comment tu te nourris »

Je prends une grande inspiration pas vraiment nécessaire mais qui me permet de mettre mes idées en ordre et je continue mon récit.

« Alors se suicider n’est pas très difficile, un feu, un blessure profonde, le manque de nourriture, une trop longue exposition au soleil… Les moyens ne manquent pas. »

Plus j’avance dans mon exposé de ce que je suis, plus l’étonnement se lit sur leur visage. Cette fois ci c’est Alice qui prend la parole avant que je n’ai eu le temps de répondre à la deuxième question de Carlisle.

« Tu peux donc mourir facilement. Quasiment rien ne peut nous tuer, à part le feu »

Leur patriarche pose la main sur son bras

« Je pense qu’on devrait le laisser continuer, si on l’interromps sans arrêt, on n’y arrivera jamais. Gardons nos questions pour la fin »

Toute la famille hoche la tête et se tourne à nouveau vers moi dans un même mouvement.

« Raconte-nous comme si nous étions des humains ne connaissant strictement rien aux vampires »

Je me demande par où commencer pendant un moment, le silence règne alors qu’ils me laissent rassembler mes esprits 

« D’accord. Donc en tant que vampire, mon corps ne produit plus de sang, pour survivre, j’ai donc besoin d’en prend ailleurs, sur ceux qui en ont » Voyant leurs différentes expressions, je m’agace « Eh je n’ai jamais tué personne, je prends le sang qui m’est nécessaire et laisse mes proies dans un doux état d’euphorie, persuadées d’avoir passé le meilleur moment de leur vie »

« N’as-tu jamais pensé à te nourrir d’animaux ? » Demande Carlisle

« Non, si tu veux, je pourrais tenter l’expérience, mais je doute que ça marche »

Jasper ouvre la bouche pour parler mais un regard de sa moitié le fait taire.

« Pour ce qui est de ma ‘mortalité’, Le sang que je vole ne peut pas coaguler. Je suis comme un hémophile, une blessure trop grave peut me tuer. Je supporte le soleil, mais plus j’y reste plus il me brule, finissant pas me consumer. Quand à la famine, elle ne me tue pas vraiment mais me fait sombrer dans une sorte de torpeur, un peu comme un coma humain »

Emmet ne peut s’empêcher de s’exclamer

« Eh bien, je préfère être comme je suis. Tu es trop fragile mon gars »

Je ris à sa remarque

« Ne t’inquiète pas pour moi. Mes forces sont à la hauteur de mes faiblesses. Et plus je vieillis plus elle augmente. Mes sens sont mille fois plus acéré qu’ils ne l’étaient quand j’étais humain, je suis plus rapide, plus fort… Plus hypnotique. Que dirais tu d’une petite démonstration Emmet ? »

« Un peu que je veux » fanfaronne t’il

Carlisle dit qu’il faudrait peut être finir notre discussion mais je le rassure lui rétorquant que ça ne durera pas longtemps. Nous sortons donc tous dans le jardin. Je vais faire attention à ne pas le blesser, au final, je crois que je l’aime bien. Nous nous mettons en position, alors qu’il bondit sur moi, je l’intercepte d’un revers avec mon bras droit qui l’envoie plus de quatre cents mètres plus loin. Sonné il finit par se relever et par revenir en se tenant la tête d’une mai
n.
« Woua… ça c’est de la force »

Il me regarde en souriant, il ne semble pas me tenir rigueur de la leçon. Nous retournons tous au salon. L’opération n’a duré que deux minutes.

PdV Emmet :

Un défi, génial. Edward m’a dit ce que ce vampire pensait de nous, l’idée de lui donner une petite leçon ne me déplait pas. Je vais essayer de ne pas trop l’abimer, c’est quand même un ami de Carlisle, enfin presque. Nous nous positionnons face à face dans le jardin. Après nous être tourné autour, je vois une ouverture dans sa position de défense. Je jaillis, plus rapide qu’un éclair, plus puissant qu’un ours.

Sans trop comprendre ce qui c’est passé, je me retrouve projeté à une vitesse effarante bien loin de la zone de combat. Sonné, je me relève. Moi qui pensais qu’il frimait, j’en suis pour mes frais. Il est sacrement puissant. Faudra que je veille à ne jamais le mettre en colère. Je lui souris, pas rancunier.

PdV Nicolas :

A nouveau assis la conversation reprend

« Tu parlais d’hypnotise » me demande Bella

Je lui souris, me disant que là encore, je vais surement donner à Edward une raison de grogner. Ce dernier me regarde, cherchant à savoir ce que j’ai dans la tête, mais je me garde bien d’y penser pour lui conserver la surprise.

« Là encore, je pense qu’une démonstration sera plus explicite » Comme elle me signifie son accord, je la fixe droit dans les yeux lui souriant d’une manière de plus en plus enjôleuse « Il fait chaud dans cette pièce, très chaud. Tu as de plus en plus chaud, tu n’en peux plus à cause de la chaleur, tu devrais enlever ton gilet, ça te rafraichirait un peu »

Sous le charme, Bella ôte son gilet sans lâcher mes yeux.

« Il fait encore très chaud, trop. En enlevant… »

Je n’ai pas le temps de finir qu’Edward tire sa femme par le bras et la passe derrière lui pour la soustraire à mon regard alors qu’elle-même rechigne à le laisser faire.

« C’est bon, on a compris » grogne t’il

Ses frères et sœurs rient, se moquant de lui gentiment. Je relâche alors Bella de mon emprise et je lui souris normalement.

« Ça c’est pratique » sort Emmet, hilare.

Carlisle sourit, tentant de ne pas trop se moquer de son fils. Puis habilement, il ramène la conversation à son sujet d’origine

« Tout ça est incroyable. Ta force est déjà impressionnante, mais le pouvoir hypnotique est… très pratique. Tu as d’autres tours de ce style ? D’autres particularités ? Et pourquoi ignores tu qui tu peux transformer ou pas ? »

« Oui, je dors la journée. Ce sommeil diurne permet au sang que j’ai bu de circuler mieux dans mon organisme et d’avoir mes capacités au maximum. Je peux me passer de mon sommeil, mais ça m’affaiblit. Comme à l’hôpital. Voilà, je pense que j’ai fait le tour, ce n’est pas évident de se raconter comme ça, surtout que j’ai plus l’habitude de cacher ma nature que de la détailler. En ce qui concerne mes lacunes, Antoine s’est suicidé avant de pouvoir m’en dire plus. Il pensait que ma transformation comblerait sa solitude, malheureusement ça n’a pas été suffisant »

« Pourquoi ne pas avoir demandé à un autre vampire ? » interroge Delphine

« Parce qu’il n’y en a pas. Antoine disait qu’il était le dernier de sa race, à sa mort c’est moi qui le suis devenu. La première fois que j’ai rencontré l’un des vôtres, je me suis dis qu’il s’était trompé, l’odeur était différente mais bien vampirique. J’ai vite déchanté »

« Pourquoi ? » me demande Alice

Je la regarde, je n’ai pas envie de les vexer ou de les blesser. Je commence à apprécier cette famille et cette ambiance entre eux. Carlisle m’encourage d’un sourire bienveillant.

« La première fois, c’était au XVIIème siècle, j’ai passé deux jours en sa compagnie. Nous ne parlions pas beaucoup mais il était aussi intrigué par moi que moi par lui. Seulement, nous étions tout les deux sur nos gardes, refusant de se confier à un inconnu. Normal, je n’ai donc pas appris grand-chose de vous. J’ai quand même remarqué qu’il brillait au soleil, ça m’a un peu choqué sur le coup. Les choses se sont gâtées quand je l’ai vu se nourrir, il ne voulait pas s’arrêter, vidant complètement sa proie. Je ne pouvais pas le laisser faire, je l’ai éloigné mais il a voulu m’attaquer alors j’ai du le tuer. Après j’ai remarqué que l’humain souffrait énormément, je l’ai emmené chez moi. Ça a duré trois jours puis je me suis aperçu qu’il était devenu vampire lui aussi. J’ai malheureusement du le tuer aussi, il était incontrôlable et ne voulait que tuer des humains. Je ne pouvais pas le permettre. Après cela, j’ai eu l’occasion à trois reprises d’en rencontrer, ça c’est fini de la même manière à chaque fois »

« C’est pour ça que tu nous considère comme des animaux ? » dit Edward

« Oui » Je me racle la gorge « Je suis désolé, mais pour moi vos méthodes sont bestial et ne dénote aucune humanité »

« A cause de ça, sur la falaise, tu pensais que nous étions attiré par le sang d’Eden ? » me demande Carlisle

Je hoche la tête. Le souvenir de l’évènement et la peur que j’avais éprouvé pour elle me revient en mémoire.

« Quel lien partages-tu avec l’enfant ? Jamais je n’avais vu ça. Quand elle a eu peur de moi, à l’hôpital, j’ai bien cru que tu allais me sauter dessus. Et pourquoi a-t-elle si peur de moi ? » Continu t’il

« Oui, j’ai bien faillis. Je ressentais sa peur comme si c’était la mienne. Et comme tu étais l’origine de cette peur, l’instinct de protection que j’ai envers elle m’a fait… perdre les pédales. J’ignore quel est notre lien, mais je sais qu’Eden est la chose la plus importante de toute mon existence et que quiconque tentera de la blesser mourra avant d’avoir pu faire quoi que ce soit »

A la simple idée que quelqu’un puisse lui faire du mal, mon ton s’est durci et ils me regardent tous. Je respire profondément pour retrouver mon calme.

« Désolé. Pour sa peur, je ne sais pas, quand je lui demande, elle me dit que tu es un monstre, c’est tout. Et comme ça lui fait peur, je n’insiste pas. En fait, je pensais te demander si toi tu savais » dis je en regardant Carlisle « Mais apparemment tu ne sais pas non plus. Tant pis, ça n’a pas tellement d’importance au fond. Je crois que c’est votre tour. Carlisle comment fais tu pour être médecin »

PdV Carlisle :

J’écoute Nicolas attentivement, ce vampire est passionnant pas sa nature même, incroyable. Bien plus proche du mythe des vampires raconté par les humains mais avec quelques différences… Incroyable, je ne trouve pas d’autres mots. La façon dont il a envoyé Emmet volé dans les airs, dont il a hypnotisé Bella. Effectivement, il a beaucoup plus de faiblesse que nous, mais plus de force aussi. Il est dommage qu’il ne connaisse pas la raison de son lien avec la petite fille, ni pourquoi je l’effraie tant. Ça m’intrigue, mais je finirais par avoir la réponse un jour ou l’autre. Je ferais quelques recherches si Nicolas m’y autorise bien sur, après tout, c’est lui que ça concerne.

C’est à moi maintenant de faire le récit de ma vie et de la composition de notre famille, je m’y prête de bonne grâce et lui raconte ma vie d’humain et ma transformation

« Il était hors de question pour moi de tuer des humains, même pour survivre. Je me suis donc éloigné le plus possible des hommes. La faim me déchirait, j’ai fini par craquer et j’ai sauté sur la première proie que j’ai trouvée, une biche. C’est comme ça que je me suis rendu compte que je pouvais survivre sans commettre de meurtre. Puis j’ai transformé Edward, Esmée, Rosalie et Emmet, Ils étaient mourant, c’était ça ou la mort pour eux. Je leur ai appris à respecter la vie autant que je la respecte. Ensuite, Alice, Jasper nous ont rejoints et ont adopté notre mode de vie. Edward a rencontré Bella il y a quelques années, ils sont tombés amoureux et Bella a demandé à être transformée pour rester auprès de lui. Quand à Delphine… » Les souvenirs que ça remue sont difficiles, je me force à continuer. « Elle nous a rejoint, il y a peu de temps, elle a été transformé par un monstre qui n’est plus de ce monde »

« On lui a réglé son compte à ce… » Dit Emmet

Je le coupe avant qu’il ne devienne vulgaire.

« Pouvoir être médecin m’a pris des siècles, mais c’est ce que je voulais faire, aider les autres. Une manière de refuser d’être un monstre »

« Nous ne sommes pas tous capable d’une telle retenu que Carlisle » dit Rosalie dans un souci d’honnête. « Jasper est bien parti pour » Elle baisse la tête, honteuse « Mais pour la majorité d’entre nous, il nous arrive encore de… »

Elle ne peut finir sa phrase, dégoûtée d’elle-même. Ma pauvre fille si fragile derrière son aspect froid. Nicolas semble le comprendre et je le vois poser sa main sur la sienne et la rassurer d’une voix suave

« Vous essayez et vous y arrivez la plupart du tard. C’est plus que vos semblables et c’est très courageux de votre part à tous »

Je vois ma fille lui sourire. Je ne sais pas si ceux sont les mots ou l’hypnotise de Nicolas, mais cela semble avoir fait son effet. Je remercie Nicolas du regard.

PdV Nicolas :

Impressionnant, son histoire est formidable. Mon respect pour cet homme et pour sa famille remonte encore d’un cran. Peu d’homme et encore moins de vampire sont capables d’aller contre leur nature profonde. Quand Rosalie s’exprime, je sens une pointe de douleur dans sa voix. Prenant une voix sensuelle, je tente de la rassurer. Pour moi, rien que de faire l’effort qu’elle fournit est déjà un miracle, on ne peut demander à personne d’être parfait tout le temps. Bien sur, une erreur de leur part implique la mort d’un innocent, mais au moins ils essayent, tous. Mais je me dis que jamais je n’emmènerais Eden ici, je ne voudrais pas qu’elle les tente trop. Une fois de plus, Edward a du lire dans mes pensées car il me répond

« Oh tu peux l’emmener sans problème, je ne sais pas pourquoi, mais son sang n’est pas du tout attirant pour nous »

Je le regarde sans comprendre puis me tourne vers Carlisle

« Il dit vrai. Sur la falaise, nous avons senti son sang, mais aucun de nous n’a été attiré. C’est même plutôt le contraire, une odeur trop acre… Je ne sais pas trop comment le décrire mais c’était plutôt repoussant pour nous tous »

J’oscille entre deux réactions. Celle de m’offusquer qu’on puisse trouver ma princesse repoussante et le soulagement de savoir qu’aucun vampire, eux ou d’autres, ne s’intéressera à elle.

Nous continuons à discuter, mais les sujets se font plus légers et je passe une bonne nuit en leur compagnie. Mais l’aube approchant, je finis par rentrer au château. Heureux comme je l’ai rarement été. Aujourd’hui, j’ai Eden, avec elle une famille et j’ai des amis, ce qui ne m’était pas arrivé depuis ma vie de mortel. J’apprécie beaucoup la famille Cullen, j’ai encore un peu de mal avec le grogneur, il est sympathique, mais je n’aime que moyennement qu’il est accès à mes pensées en même temps que moi.

PdV Carlisle :

Il va bientôt être l’heure pour moi de regagner l’hôpital et pendant que mes enfants se préparent pour leur journée de cours, je les écoute discuter de la nuit. Chacun d’eux semble apprécier Nicolas, il les intrigue tout comme moi mais ils l’aiment bien. Ça me fait plaisir car sa nature me fascine et qu’ils l’acceptent facilitera les futures rencontres que nous aurons.