03 - La belle au bois dormant

par cathy863

3 – La belle au bois dormant

PdV Nicolas :

Une semaine, une semaine que cette petite princesse dort, ses magnifiques yeux verts cachés derrière ses paupières. Ses cheveux noir comme la nuit s’étalent sur l’oreiller blanc, sa peau rendu pale, presque translucide par la maladie repose dans cette chambre d’hôpital impersonnelle.

Coma dû à une septicémie, tel à été le verdict du médecin. Je sens ma mort qui approche à chaque jour qui passe sans qu’elle ne s’éveille. Tout les matins, je lutte contre la torpeur qui tente de s’emparer de moi, je ne veux la quitter, ne serait ce qu’une minute. Mais lutter devient de plus en plus difficile, le manque de sang m’affaiblit aussi. Je n’ai pas été chassé depuis mon retour en France. Une semaine, moi qui chasse au minimum tout les deux jours, je ne sais pas comment de temps je tiendrais encore. Mais je ne veux, je ne peux la quitter dans cet état.

L’entrée de sa mère, Amélie, me distrait de mes sordides besoins. Comme tous les jours, elle me salue, et comme d’habitude, je ne lui réponds pas, elle ne s’en formalise pas. Je me souviens de leur arrivé, elle paniquée, son mari, ennuyé, le lendemain de l’accident de sa fille.

Flash back

Alors que je tiens la main de l’enfant dans la mienne, une femme au bord de l’hystérie pénètre dans la chambre et se précipite vers ma princesse.

« Eden, oh Eden, mon bébé »

Eden, tel est donc le prénom de mon petit ange, cela lui va tellement bien. La mère pleure tandis que son mari reste sur le pas de la porte, me regardant l’air mauvais. Je me lève, prés à l’affrontement.

« Et vous, vous êtes qui ? »

Je m’aperçois à ce moment que le docteur vampire est là lui aussi, c’est d’ailleurs lui qui répond à ma place.

« C’est l’homme qui a retrouvé votre fille et qu’il la sauvé. Sans lui, nous ne l’aurions jamais retrouvé à temps, il… »

Il hésite, ne sachant pas trop comment expliquer ma présence prés d’Eden, ni mon engouement pour la petite fille. Nous ne nous sommes quasiment pas parlé depuis l’admission d’Eden.

« Il prend très à cœur la santé d’Eden. » Il se tourne vers moi « Ce sont les parents d’Eden, Marc et Amélie »

Son père râle, ma présence le dérange visiblement, mais sa mère me saute dessus avant que je n’ai eu le temps de le voir venir. Une journée sans sommeil a déjà des effets sur mes capacités.

« Oh merci, merci » Elle essuie ses larmes « Demandez moi ce que vous voulez, vous avez sauvé mon bébé »

Je retire ses bras d’autour de mon cou, je ne dis rien et reprend ma place près d’Eden. La femme ne semble pas m’en vouloir et s’installe en face de moi, de l’autre coté de sa fille. Je profite du silence pour les observer discrètement.

Le père n’est pas très grand, je dirais un mètre soixante dix, pas plus. Ses cheveux sont aussi noirs que ceux de sa fille, mais c’est yeux sont marrons. Il est bedonnant et une calvitie naissance apparait sur le haut de son crane, ses traits sont disgracieux. Il est clair qu’à part la couleur de sa chevelure, sa fille ne lui ressemble pas du tout. Sa mère est plus jolie, sans pour autant être belle. Elle est blonde avec des grands yeux verts, elle aussi. Un peu plus grande que son mari, elle est plutôt élancée et sportive. Ses traits sont fins, là aussi comme ceux de sa fille.

Au bout de quelques minutes, je sens que l’homme trépigne d’ennuie. Je me retiens de lui sauter à la gorge pour le peu d’intérêt qu’il semble porter à Eden. Il finit par partir, Amélie le suit dans le couloir. Je les entends se disputer.

« Tu ne peux pas partir »

« Pourquoi pas, qu’est ce que tu veux que j’y fasse, je ne suis pas médecin »

« Mais c’est ta fille aussi… Tu… tu ne peux pas t’en moquer »

« Je n’y peux rien, point. Je ne vois pas l’intérêt de rester »

Amélie finit par revenir dans la chambre, m’adressant un petit sourire d’excuse, et à reprendre sa place. Seul les bips des machines viennent parfois rompre le silence qu’il règne dans la pièce.

Fin du Flash back

Revenant au présent, Je regarde sa mère. Au début, je lui en ais voulu d’avoir laissé sa fille et je l’ais rendu responsable de son accident. Mais au fil des jours, je m’aperçois que son amour pour sa fille est sincère et puissant. Son père n’est pas revenu la voir et seul le fait de ne pas vouloir laisser Eden m’a empêché d’aller le saigner.

PdV Amélie :

Sa présence ne me dérange pas, je ne la comprends pas mais je l’accepte. Il y a tant d’amour et de peur quand il regarde ma fille que je ne me sens pas le droit de le séparer d’elle. Marc n’est pas d’accord, le contraire aurait été étonnant. Il voulait faire expulser Nicolas par la force, mais je n’ai pas cédé. Cet homme a risqué sa vie pour ma fille, il est visiblement mort d’inquiétude pour elle. Il est là quand j’arrive le matin et quand je repars le soir. Les infermières m’ont dis qu’il ne la quittait pas de la nuit. Ça me rassure de savoir qu’elle n’est pas seul les ténèbres tombent.

Parfois je lui parle, c’est comme ça que j’ai fini par connaitre son nom. Mais la plupart du temps il ne semble pas m’écouter, sauf si je parle d’Eden, là il semble boire mes paroles. Il est étrange, mais je ne sens que ma fille ne sera jamais autant en sécurité que quand il est là. C’est bizarre, je sais, mais c’est pourtant ce que je ressens.

Aujourd’hui, il est encore plus pale que d’habitude. J’ai l’impression que l’état d’Eden le rend malade. J’aimerais l’aider, à plusieurs reprises, je lui ais ramené à manger, des petits plats fait maison. Très poli, il m’a remercié, mais n’y a pas touché. Je le sens de plus en plus faible. J’ai peur que si Eden ne se réveille pas, on les perde tout les deux. Je me sens impuissante face au Coma de ma fille et à l’état de Nicolas. J’aimerais pourtant pouvoir faire quelques choses. Alors, moi, pourtant athée, je me suis mise à prier tout les soirs pour mon enfant.

PdV Carlisle :

Assis à mon bureau, à l’hôpital, je revois une fois de plus le dossier médical de la petite Eden. Son état est stable, mais je sais que plus le temps passe, plus il sera difficile pour elle de sortir de son Coma. Je m’inquiète pour elle, mais aussi pour Nicolas. Je l’ai entendu quand il a dit son nom à Amélie. Il semble s’affaiblir, mais je ne comprends pas pourquoi. Il n’a pas mangé ce que lui a apporté la mère de la petite fille, ce qui me fait dire qu’il doit avoir le même régime alimentaire que moi et ce malgré le bleu de ses yeux. Mais normalement, une semaine de diète ne devrait pas l’affaiblir à ce point. Plus étonnant encore, alors qu’il est visiblement en manque et qu’il est entouré d’odeur humaine, il ne semble éprouver aucune frénésie meurtrière.

Cet homme est une énigme pour moi, mais je me doute que mes questions se heurteront à un mur tant que la fillette sera dans cet état. Et pourtant, ce n’est pas les questions qui me manquent. Me levant, je décide d’aller voir l’enfant, je pourrais en même temps vérifier l’état de son protecteur.

Entrant dans la chambre, je les trouve dans la même position que les autres jours, l’un en face de l’autre autour d’Eden. Ils relèvent la tête à mon arrivé, espérant une bonne nouvelle de ma part. Comme d’habitude, seul Amélie s’adresse à moi.

« Bonjour docteur »

« Bonjour, je viens voir l’état de ma patience »

« Voulez vous que l’on sorte pour que vous l’examiniez »

Le regard de Nicolas me renseigne exactement sur ce qu’il me fera si je ne fais que tenter de l’éloigner d’elle. Je lui souris, rassurant et réponds à Amélie.

« Non, ce n’est pas nécessaire »

Après avoir ausculté l’enfant, je me tourne à nouveau vers Amélie.

« Je demanderais à une infirmière de passer pour changer ses pansements »

« Il n’y a aucune amélioration ? »

J’entends l’espoir que sa mère à mis dans sa phrase et je n’ai malheureusement pas de réponse satisfaisante à lui fournir. Je lui souris et retourne à mon bureau, laissant le silence reprendre ses droits dans la chambre.

La nuit tombe, de loin j’entends Amélie qui embrasse sa fille et souhaite une bonne nuit à Nicolas avant de rentrer chez elle pour retrouver son mari. Je n’apprécie pas ce dernier, il ne semble pas du tout s’intéresser au sort de sa fille. J’attends que le changement de service soit passé et que les infirmières de nuit se soient installées à leur poste pour me glisser discrètement dans le frigidaire où l’on garde le sang. J’hésite un peu, culpabilisant de prendre du sang dont je sais que nous risquons de manquer. Mais je me dis que même si Nicolas s’est parfaitement maitrisé jusqu’à maintenant, un vampire devenu fou et sanguinaire au sein de l’hôpital serait encore pire. Mettant mes doutes de coté, je m’empare de trois pochettes de sang que je glisse dans ma blouse.

Mon larcin en poche, je me dirige immédiatement vers la chambre d’Eden. Nicolas est toujours là, fidèle à son poste. Il relève la tête à mon entrée. Je ne me perds pas en fioriture et sort le sang.

« Vous n’avez pas l’air bien, je me suis dis que vous aviez peut être faim »

Une lueur de reconnaissant brille un instant dans son regard, puis il saisit les pochettes en chuchotant un « merci » Ne voulant pas être indiscret, je quitte la pièce aussitôt.

PdV Nicolas :

Je regarde les pochettes que j’ai en main. Une fois de plus, le vampire docteur est parvenu à m’étonner. Ne voulant pas que ma princesse me voit en train de boire du sang, au cas où elle se réveillerait, je tourne le dos au lit et plante mes dents dans les poches, avalant goulument le sang qu’ils contiennent. Beurk, le sang est froid, mais c’est mieux que rien. Sans retrouver ma pleine puissance, je sens mes forces qui reviennent au fur et à mesure que le liquide coule dans ma gorge.

Une fois terminé, je reprends ma place à ses cotés, reprenant sa main dans la mienne.

PdV Eden :

J’ai mal, j’ai peur. J’sais pas où j’suis. Maman, je veux ma maman. Je commence à pleurer puis entends sa voix

« Ne pleure pas, je suis là »

J’arrête de pleurer immédiatement et je le regarde. C’est mon ange, celui qui est venu quand j’avais si mal, celui qui m’a protégé quand les monstres sont arrivés.

PdV Nicolas :

J’ai l’impression que le soleil ne brille que pour moi dans ses grands yeux verts qui se sont enfin ouvert. Que le paradis existe et qu’il est là, devant moi. Eden, c’est elle mon paradis. J’ai l’impression que mon cœur mort va éclater tant le bonheur de la voir éveiller est immense. Je serre sa main et lui caresse les cheveux.

« Ça va aller maintenant, tout va aller mieux, je te le promets »

Elle me sourit, ou plutôt tente de me sourire, mais ce simple effort semble la faire souffrir.

« Non, non, ne bouge pas, princesse, je vais appeler le docteur »

J’appuie sur le bouton d’appel avec force et à plusieurs reprises. Une infirmière arrive immédiatement, surement étonné d’être appelé dans la chambre d’une comateuse.

« Oh, la petite chérie est revenue parmi nous. Je vais prévenir le docteur Cullen immédiatement, je crois qu’il n’est pas encore parti »

Ce n’est un secret pour personne dans cet établissement que le docteur Cullen porte une attention particulière à cette enfant. Peu de temps après, il entre dans la chambre. La réaction d’Eden est surprenante, elle se met à se débattre violemment, menaçant de débrancher les appareils auxquelles elle est reliée, et à hurler. Carlisle et moi échangeons un regard d’incompréhension. Je tente de calmer la petite.

« Eden, calme toi, ma puce, tu vas te faire du mal, arrête »

Le seul changement de comportement que cela provoque est que la fillette se rapproche de moi, tirant dangereusement sur la corde qui maintient sa jambe cassée en l’air, pour se mettre sous ma protection. Je ne comprends pas, je ressens sa panique, commençant à la partager. De son bras valide, Eden pointe le doigt sur Carlisle, elle pleure

« Monstre, j’ai peur, monstre »

Instinctivement, je me positionne face à Carlisle plaçant le lit et Eden derrière moi. Il tend ses mains en avant.

« Nicolas, je ne lui veux aucun mal, tu le sais »

Ces mots pénètrent doucement mon cerveau embrumé par la peur d’Eden

« Sors, vite sors »

Il part sans comprendre. Dés qu’il a disparu, Eden se calme. Je passe mon bras doucement sur ses épaules, la berçant délicatement.

« C’est fini, là, c’est fini… Tu n’as rien à craindre »

Ses pleurs se calment et elle finit par s’endormir. J’ai un moment de panique quand je vois ses yeux se refermer mais sa respiration régulière me rassure, elle dort simplement. Sachant que le docteur m’entend, je lui murmure pour ne pas réveiller ma princesse.

« Tant qu’elle aura peur, vous ne pénétrez pas dans cette chambre »

Mon ouïe défaillante ne permet pas d’entendre une réponse, mais je sais que lui m’a parfaitement compris.

PdV Carlisle :

Adossé à la porte, je tente de comprendre ce qui s’est passé dans cette chambre. Souvent, les humains se méfient de nous mais jamais je n’avais vu chez personne une telle panique à notre simple vue, notre nature fait plutôt l’effet inverse et nous permet d’attirer nos proies. J’entends l’avertissement de Nicolas. Il a raison, c’est sans doute mieux pour le moment.

Je n’assimile vraiment pas ce qui est arrivé. Non seulement l’enfant était terrorisé par moi, mais il semble qu’en plus elle a réussit à transmettre ce sentiment à Nicolas. Et Eden s’est précipité sur lui, alors qu’il est lui aussi un vampire, différent certes, mais un vampire tout de même. Qu’est ce qui a bien pu l’effrayer en moi et la rassurer en lui ? Décidément je n’ai pour l’instant aucune réponse mais au contraire bien plus de question.
Reléguant tout ça à plus tard, je décide de rentrer chez moi. En parler avec Esmée me fera peut être voir les choses plus clairement.