02 - Double rencontre

par cathy863

2 – Double rencontre

De nos jours :

PdV Nicolas :

Me voilà de retour en France, en Bretagne, pays de mon enfance, de mon humanité, après avoir fait plusieurs fois le tour du monde. J’ai vécu partout, dans le nouveau monde, au pays du soleil levant... Mais rien ne vaut la belle France que je retrouve avec plaisir. J’ai racheté le château où Antoine et moi vivions après ma transformation.

Ce petit château, à peine 22 pièces, a beaucoup été modifié depuis la dernière fois que j’y avais habité. Les fortifications avait disparu, de grandes fenêtres ont remplacé les meurtrières. Une immense baie vitrée à été installé, laissant pénétrer la lumière du jour. Il faudra que j’achète de lourds rideaux pour pouvoir échapper au soleil quand il se montrera. Par contre, il y a toujours le pigeonnier mais il a été réaménagé en salon. Tant mieux, j’aime beaucoup la vue sur les falaises et sur la mer que l’on a de là haut. Le petit parc et la forêt sont toujours là.

J’avance doucement vers ce qui sera donc ma demeure pour les dix/quinze ans à venir, le court laps de temps avant que les humains ne commencent à se poser des questions sur mon éternelle jeunesse. Je pénètre dans l’entrée, heureux de rentrer chez moi. L’intérieur a été totalement refait aussi, à ma demande, j’ai bien précisé par téléphone à la décoratrice ce que je voulais et payant rubis sur l’ongle, j’attends que mes souhaits soient parfaitement réalisé. Apparemment, c’est le cas. L’entrée donnant sur le grand escalier central reflète exactement le style ancien en bois que je désirais, un petit guéridon à coté de la porte attend clé, journaux ou autres. Je me dirige vers la pièce que j’utiliserais surement le plus, le grand salon. Là, la décoratrice s’est surpassée, sur tout le mur du fond, une immense bibliothèque n’attend plus que j’y range mes livres. Devant un bureau en chêne massif est installé avec une petite lampe de travail rappelant les anciens chandeliers. Au centre de la pièce se trouve deux confortables canapé de cuir et deux fauteuils du même style, le tout est séparé par une table basse. L’immense cheminée est toujours là, tellement grande qu’on pourrait y faire rôtir un cochon entier. Et c’est en face que la cheminée que ce trouve la baie vitrée, de lourde tenture d’une couleur chocolat qui se marrie avec la couleur des canapés est déjà installé. Parfait. Arrivé de nuit, je me place devant la grande fenêtre et admire un moment le clair de lune.

M’arrachant à ma contemplation, je visite rapidement le reste de la maison avant de me diriger vers ma chambre. Là aussi, le style ancien est de rigueur. Un immense lit à baldaquin muni de rideau bleu sombre trône contre le mur, au centre de la pièce. Il n’y a rien d’autres dans la pièce à part une petite fenêtre muni de lourds rideaux eux aussi bleu sombre. J’ouvre la fenêtre, inspirant l’air marin, des volets renforcés ont été installés. Bien, ça ne laissera pas passé la lumière. A la droite du lit, il y a une porte, l’ouvrant je découvre que la chambre attenante a été transformée en dressing room, aussi grand et bien aménagé que beaucoup de magasin. Impeccable, pour moi qui adore la haute couture, c’est vraiment parfait. La porte au fond du dressing mène à la salle de bain. Toute en marbre italien, elle contient une large baignoire pouvant accueillir trois ou quatre personnes, équipée d’un jacuzzi et une grande douche à plusieurs jets. Il y a aussi deux lavabos et un grand miroir, qui ne me servira pas, vu que je ne me reflète pas dedans.
Mon horloge interne me prévient que le jour ne va pas tarder à se lever, retournant dans la chambre, je ferme les volets et les rideaux. Je m’allonge sur le lit et me laisse aller à la torpeur qui me gagne.

Après ma journée de sommeil, je me réveille en pleine forme. Il m’est déjà arrivé de me passer de mon sommeil diurne, c’est une horreur, tout mes sens s’affaiblissent, ma force s’amenuise, une atrocité. Là ce n’est pas le cas, mon odorat, ouï, toucher… sont à leur summum. Les utilisant, je sens des relents d’humain dans la maison. Prudemment, je descends pour m’apercevoir que les déménageurs ont entreposés mes cartons dans l’entrée. Parfait. Je remonte immédiatement prendre une douche, j’adore la sensation de l’eau brulante sur ma peau glacée. Une fois lavé et habillé, je monte dans le pigeonnier, aménager pour être aussi douiller qu’un cocoon, pour admirer la vue, le temps est couvert, cachant la lune. Le vent qui souffle fait de grandes vagues qui s’écrasent avec fracas sur les rochers. J’aime ce son.

Une rafale de vent porte une odeur à mes narines. Je me sens intrigué, cette odeur est à la fois inédite et familière, on dirait l’odeur du sang, mais pas vraiment. Un sentiment d’urgence se saisit de moi, impérieux. Dévalant les escaliers à une vitesse inhumaine, je laisse l’effluve me guider vers les falaises. M’en approchant, je capte des gémissements, j’accélère au point d’en devenir invisible. Arrivé au bord des falaises, j’entends une fois de plus des gémissements qui, dans les grondements du vent, auraient été inaudible pour un humain. Je me penche et aperçoit trois cents mètres plus bas la mer qui se fracasse sur les rochers, et à mi-chemin, une petite forme humaine à demi inconsciente. L’enfant ne doit pas avoir plus de trois ou quatre ans, son corps est recouvert de sang, de son propre sang qui suinte de plusieurs blessures, une de ses jambes forme un angle bizarre avec le reste de son corps, un bout d’os ressort de sa cuisse. Sans même que je m’en rende compte, un hurlement de rage sort de ma bouche. Avant que je ne l’ai réellement décidé, je suis déjà en train de descendre dans le ravin. Je m’approche d’elle, doucement, me demandant comment la sortir de là sans la faire souffrir encore plus, reniflant, je ne sens aucune lésion interne, ouf. Alors que je me penche sur elle, la petite fille ouvre les yeux. Deux grands et fins yeux vert emplis de souffrance me fixent, m’implorent, mon cœur mort depuis prés de mille an fait un bond dans ma poitrine. Je lui caresse la joue, essuyant une larme.

« Ne t’inquiète pas, je vais te sortir de là. Je… »

Ma gorge se noue, elle ne peut pas mourir, je ne le permettrais pas.

« Je vais te prendre dans mes bras, ça risque de te faire mal. Mais ça ne durera pas longtemps, je te le promets »

La douleur semble l’empêcher de me répondre. Je glisse mes bras sous son petit corps si fragile le plus doucement possible. Je serre les dents quand elle grimace et qu’une nouvelle plainte lui échappe. Quelle courageuse petite créature, je ressens sa souffrance comme si elle était la mienne. Je ne comprends pas comment cela est possible, mais remettant mes questions à plus tard, je calle la petite contre moi, l’emmitouflant dans mon pull puis je fais un bond qui me propulse directement en haut de la falaise.

En face de moi, en V et en position d’attaque, se tienne cinq de ceux que j’appelle des sous vampires. Je grogne et me maudit, mon attention était tellement centré sur l’enfant que j’ai fais l’impasse sur tout le reste. En tête, il y a un homme blond, les cheveux gominés, à sa droite un rouquin avec les cheveux en bataille, à sa gauche une masse de muscle brun. Derrière se tienne deux femmes, une grande blonde et une toute petite brune. Je serre l’enfant un peu plus contre moi, faisant attention tout de même à ne pas la blesser plus. Je ne la laisserais pas tomber entre leurs griffes. Cinq sous vampires (le rouquin grogne), malgré ma force, ça ne serait déjà pas facile, mais je dois en plus protéger la petite fille. Jamais je n’y arriverais. Pendant que je réfléchis à mes options, je ne les quitte pas des yeux et je vois le rouquin quitter sa position d’attaque et me regarder fixement. Je commence à me dire que la seule solution pour éviter qu’ils ne la vident de son sang est de la tuer moi-même. A ce moment là, le rouquin s’écrit

« Non, ne faites pas cela » Il se tourne vers le blond gominé « Il croit qu’on veut tuer l’enfant, il tente de la protéger de nous »

Comment ce sous vampire (nouveau grognement de sa part) peut il savoir ça ? Je vois le meneur du groupe quitter à son tour sa position d’attaque et s’adresser au rouquin

« Tu en es sur ? »

Le rouquin acquiesce. S’ils croient que je vais me laisser prendre à leur petit jeu, le meneur interrompt mes réflexions

« Nous ne lui voulons aucun mal, elle est blessée, je peux l’aider, je suis médecin »

Un médecin, un vampire de sa race, ai-je l’air aussi naïf que ça ? Ce ne sont que des animaux incapables de se contrôler devant l’odeur du sang. Le rouquin grogne à nouveau, il ne semble pas m’apprécier, je m’en moque, c’est réciproque. Il se tourne à nouveau vers leur chef.

« Il ne te croit pas »

Le gominé soupire et me tourne le dos pour s’adresser à ses acolytes.

« Partez, il me laissera peut être l’aider si je suis seul »

La blonde ne semble pas d’accord

« Et s’il t’attaque ? Hein, non on reste »

« Rosalie s’il te plait » Il se tourne vers le rouquin « Tu es sur qu’il s’inquiète du sort de l’enfant ? » Le rouquin hoche la tête  « Bien, tu vois Rosalie, je suis le seul qui peut l’aider. Partez et appelez une ambulance, qu’ils nous attendent sur la route »

Je profite de leur conversation pour tenter de me sauver avec la petite, mais le brun grogne, montrant qu’il me surveille. Les quatres sous vampires (nouveau grognement) finissent par obéir et partir. Le gominé se tourne alors vers moi et s’approche les mains écartés.

« Tu peux m’attaquer si tu veux, je suis seul… Mais je suis vraiment médecin et je peux vraiment l’aider. Elle a perdu trop de sang, même à vitesse vampirique, tu ne pourras pas l’emmener à l’hôpital à temps. Il faut d’abord arrêter l’hémorragie »

Je le regarde s’approcher, les autres se sont vraiment éloigné, même avec mon odorat surdéveloppé, je ne les sens plus dans les parages. J’hésite, la vie de l’enfant m’est devenue extrêmement chère, je ne me l’explique pas, mais c’est ainsi. Je finis par la déposer délicatement dans l’herbe sans quitter le blond des yeux. Je m’adresse à lui, menaçant.

« Si tu la tue, tu seras mort avant même d’avoir compris ce qui t’arrive »

Le blond hoche la tête et s’accroupie prés de la petite fille. Il semble savoir ce qu’il fait.


PdV Carlisle :

Une petite fille a disparu. Le chef de la police, me sachant médecin, est venu nous demander de participer à la battue pour retrouver l’enfant. Bien sur nous avons accepté et nous sommes séparés en deux groupes, Edward, Alice, Rosalie et Emmet sont venus avec moi vers les falaises tandis qu’Esmée, Bella, Jasper et Delphine sont partis vers la forêt.

Immédiatement, nous avons repéré l’odeur du sang, étrangement, aucun d’entre nous n’était particulièrement attiré par cet arôme. Alors que nous nous approchions, une autre odeur étrange est venu nous chatouiller les narines, l’effluve venait immanquablement d’un autre vampire, mais tellement différente de la notre qu’elle nous laissait perplexe.

Puis il a bondit devant nous, serrant l’enfant contre lui. Automatiquement, nous nous sommes mis en position d’attaque, prêt à défendre la petite fille. Je ne pu m’empêcher de le détailler. Il était grand, plus d’un mètre quatre vingt dix. Ses habits, bien qu’abimé par le tranchant de la pierre, venait vraisemblablement d’un grand couturier. Son visage fin, noble, était aussi pale que les nôtres. Mais la grande différence venait de ses yeux, des yeux bleu profond. Aucun de nous n’a gardé la couleur de ses yeux, les nôtres sont soit rouges, soit dorés selon notre régime alimentaire. Pourtant les siens sont bleu et semblent nous lancer des éclairs, il est pourtant de notre race, même si son odeur est à la fois semblable et différente. Rien que le bond qu’il a fait nous le prouve. Cet individu me laisse perplexe, en d’autre circonstance, j’aurais aimé pouvoir discuter avec lui, faire le point sur nos ressemblances et sur nos différences. Mais malheureusement, ça ne semble pas possible, il s’est lui aussi mis en position d’attaque, semblant vouloir à tout prix garder sa proie.

Alors que nous nous apprêtons à l’attaquer, j’entends Edward crier. Ce qu’il me dit ensuite me sidère. Si ce vampire veut lui aussi sauver l’enfant, il faut absolument que je le convaincs de me laisser l’aider. Ce n’est pas facile, mais il finit par me laisser l’approcher. Aussitôt que je suis prêt de la fillette, elle s’est évanouie, j’oublie cet homme étrange pour me concentrer sur ses blessures. Je les panse du mieux que je peux avec les moyens du bord.

« J’ai besoin de tissu pour lui faire des bandages »

L’air inquiet, le vampire arrache immédiatement sa chemise en plusieurs morceaux qu’il me tend. Il semble terrorisé à l’idée que la petite ne meurt.

« Ça vous ira ? »

J’hoche la tête et continue de soigner l’enfant.

« J’ai fais tout ce que je pouvais ici, il faut maintenant l’emmener à l’hôpital le plus vite possible, mes enfants ont du prévenir les secours, ils devraient nous attendre sur la route »

Je vais pour prendre l’enfant mais le vampire me repousse et la prend dans ses bras. Les précautions qu’il prend pour s’occuper d’elle m’étonne de plus en plus. Je me demande quels liens peuvent exister entre lui et la petite fille. Nous partons rapidement dés qu’il a callé la fillette confortablement contre lui. L’ambulance est bien là, le vampire la dépose avec douceur sur le brancard, lui caressant la joue.

« On va s’occuper de toi, tu verras, tout ira bien »

L’un des ambulanciers tente de le faire redescendre de l’ambulance, il n’a pour toute réponse qu’un regard noir. Connaissant l’infirmier avec lequel j’ai déjà travaillé, j’interviens avant que ça ne dégénère.

« C’est son oncle, il va rester avec elle »

Je monte à mon tour et avec le matériel présent, entreprend de désinfecter ses plaies. La voix chevrotante, le vampire s’adresse à moi. L’angoisse se lit dans son regard
« Elle va s’en sortir ? »

Je ne sais pas trop quoi lui répondre, l’état de l’enfant est critique mais le lien entre elle et lui semble tellement puissant que j’ai un peu peur de sa réaction si je le lui dis. Je finis par me décider pour la vérité.

« Son état est critique, elle a perdue beaucoup de sang, sa jambe et son bras sont cassés à plusieurs endroit. Elle est en hypothermie et son cœur bat trop faiblement. Malheureusement je ne peux rien garantir »

Je le vois baiser la tête, comme sonné par mes révélations. Il finit par s’assoir sur le lit de l’enfant et lui prend légèrement la main.

« Bats toi mon ange, bats toi. Il y a une belle vie qui t’attends, il faut que tu te battes »

Dans ma tête, un million de question se bouscule, sur lui, sur l’enfant, sur le fait qu’il lui accorde tant d’importance. Mais je sens que je n’aurais aucune réponse tant qu’elle sera entre la vie et la mort. Le reste du voyage vers l’hôpital se poursuit dans un silence entrecoupé des encouragements qu’il lui prodigue.