01 - Prologue

par cathy863

1 – Prologue

An 1158 :

Je m’éveille doucement, mon sommeil diurne m’apporte une fois de plus des sens surdéveloppé. Les utilisant, je ne perçois aucun son dans le château, Antoine doit être sorti pour chasser, il aime le crépuscule, ce moment si particulier ou le soleil se couche mais apparait encore à l’horizon, le moment où il nous fait le moins de mal. Je finis par me lever laissant les draps froissés derrière moi, je me dirige vers les meurtrissures percées dans les murs ouvrant d’un coup sec les lourdes tentures noires qui les masquent.

Je reste un moment à observer l’immense parc qui entoure notre maison et la forêt l’attenant, écoutant le bruit des animaux que je perçois malgré les murs en pierre brute de ma demeure. La nuit est noire quand je me décide enfin à sortir de ma chambre. Descendant les escaliers de bois bruts, je me rends dans le petit salon. Je ne crains pas le froid, mais comme j’aime entendre le crépitement du feu, j’en allume un. Prenant avec délicatesse un grand livre fait à la main par des moines, je m’installe prés de l’âtre. Je ne remercierais jamais assez Antoine de m’avoir appris à lire, grâce à lui je peux explorer le monde qui m’entoure, je peux découvrir la philosophie, l’histoire… Tant de chose passionnante.

Alors que j’ouvre le grand volume, un parchemin glisse à terre. Croyant avoir abimé l’ouvrage, je peste contre moi-même en me penchant pour le ramasser. Il va surement falloir retourner à l’abbaye pour le faire réparer. Lisant les premiers mots inscrits dessus, je me fige, glacé.

Nicolas, mon ami.

J’espère qu’un jour tu pourras me pardonner de t’avoir transformé, de t’avoir condamné à cette vie maudite. Qu’un jour tu pourras m’absoudre de t’avoir imposé cette vie par égoïsme, la solitude me pesait tant. Quand je t’ai croisé sur la route de la conquête de Jérusalem, quand j’ai senti la mort venir sur toi après la bataille contre les infidèles, je n’ai pu m’empêcher de te transformer. Egoïstement j’ai pensé que je serais moins seul en ta compagnie. J’ai faillis. Pardonne-moi un jour si tu le peux, je ne supporte plus cette solitude, pardonne-moi de t’abandonner alors que je t’ai crée.

Antoine

Antoine, mon ami, mon mentor, mon sire. Je froisse la feuille dans ma main avec tellement de colère qu’elle se réduit en poussière. Je sais qu’il ne sert à rien de courir dehors pour le retrouver, je sais qu’il n’est plus. Réduit en cendre d’une manière quelconque, Antoine n’était pas fait pour être un vampire, trop sensible. Qu’il est survécu plus de mille ans est déjà un miracle en soi.

Et me voilà, moi, Nicolas Herbert Boniface Constant De La Garderois, troisième fils du vicomte Delacroix, ancien chevalier parti au croisade pour chasser les infidèles de Jérusalem, me voilà donc le dernier représentant de ma race.