Passé, présent et avenir

par Hanaelle

8.

 

Lorsque je rentrais, ce soir là, l’ambiance était particulièrement tendue et je n’en compris pas la raison.

Rosalie était en colère, s’acharnant sur sa voiture. Elle ne s’arrêta pas ni ne dit un mot lorsque je passais devant elle pour rentrer dans la maison. Je me demandais ce qui avait bien pu encore la mettre dans cet état.

Je me rendis compte qu’Emmett et Edward étaient absents et je supposais qu’ils avaient avancé leur week-end de chasse.

Seuls Jasper et Alice semblaient heureux –mais dès qu’ils étaient l’un près de l’autre ils avaient cette expression, alors je n’y fis pas vraiment attention –

J’allais tenter de satisfaire ma curiosité auprès d’Alice, lorsqu’Esmée m’attira dans la chambre. Elle irradiait de joie.

 

-         Je suis perdu là…

-         Il a composé !! Il a joué à nouveau !

-         Edward ? Qu’a-t-il joué ?

-         Une adorable berceuse.

-         Et c’est cela qui a mit Rosalie dans cette colère noire ?

-         Je ne sais pas trop. C’est arrivé au début du morceau. Mais Edward n’a rien voulu dire. Il est parti avec Emmett aux Goat Rocks.

-         Dois-je aller voir Rose ?

-         Je pense qu’il vaudrait mieux la laisser se calmer. Et toi, comment s’est passé ta journée ?

-         Plutôt bien. J’ai proposé d’opérer Mélina gratuitement. Il me faut maintenant convaincre des collègues… Et je pense ensuite pouvoir avoir tout ce dont j’ai besoin.

 

Elle soupira et je compris qu’elle n’était toujours pas d’accord avec ma décision mais qu’elle ne s’y opposerait pas plus.

 

-         Tu es sacrément têtu hein ?

-         La vie vaut que l’on se batte pour elle, ne penses-tu pas ?

 

Pour toute réponse, elle s’approcha de moi et enfouit sa tête dans mon torse. Je m’imaginais les multiples pensées qui pleuvaient dans sa tête. Elle devait me prendre pour un dément à vouloir sauver à tout prix une petite fille humaine. J’étais surtout conscient qu’elle s’inquiétait pour moi et je ne pus m’empêcher de l’entourer de mes bras en souriant tendrement. J’allais embrasser ses cheveux, pour lui exprimer ma reconnaissance lorsque soudain elle releva la tête, souriante.

 

-         Ah ! J’ai oublié de te dire ! Peter et Charlotte viennent la semaine prochaine !

 

Un sourire illumina mon visage. Nous allions pouvoir avoir notre revanche au base-ball, si la météo était de notre côté. 

 

-         Jasper doit être content, leur dernière visite commençait à dater.

-         Oui, mais pas Edward.

-         Pourq

 

Je m’arrêtais dans mon élan. Je n’avais même pas à poser la question car je connaissais pertinemment la raison pour laquelle la venue des amis de Jasper n’enchantait pas Edward. Il pensait à Bella, encore et toujours. Et pourtant il savait très bien qu’ils chassaient à chaque fois, hors de notre territoire. Ils n’allaient quasiment jamais à Forks et si c’était le cas, ce n’était pas pour chasser. Je soupirais en retirant ma cravate pour me mettre à l’aise.

 

-         Je leur renouvellerais mes recommandations si cela peut le rassurer.

-         Oh, je pense que de toute façon, il ne s’éloignera pas de Bella. A propos, Alice prévoit du soleil pour tout le début de la semaine.

 

Je grimaçais. Je n’aimais pas que le soleil m’empêche d’aller travailler. Les humains pensaient que j’emmenais mes enfants faire des randonnées à chaque éclaircies – qui heureusement étaient rare à Forks – mais, même si nous chassions parfois, profitant de l’occasion pour pousser notre traque bien plus loin que d’habitude, en général nous passions les périodes de beaux temps, à lire, et à s’occuper de diverses manières.

Je me laissais tomber sur le lit d’une manière très humaine et Esmée vint s’allonger près de moi. Nous discutâmes toute la nuit quand je ne lui montrais pas combien je l’aimais.

 

***

 

Le soleil se leva le lendemain et éclaira la pièce instantanément. Alice, ne se trompait jamais sur la météo. Je songeais que si j’avais su, je serais parti avec Edward et Emmett. Cela m’aurait changé les idées.

Je laissais passer le weekend en lisant, jouant aux échecs avec Esmée ou Jasper et en me tenant au courant des informations humaines.

Le soir, lassé de rester à la maison, j’allais chasser. Seul. Il fallait que je bouge, que je fasse courir mes muscles pour oublier les centaines de pensées qui traversaient mon cerveau à chaque minute.

Tapis dans l’ombre d’un bosquet, je laissais l’instinct prendre le dessus sur la raison, en fixant une biche. Elle ne m’avait pas encore repéré grâce à la légère brise qui soufflait vers moi. En l’observant, je me remémorais celle qui m’avait sauvé.

 

Lorsque j’étais devenu vampire, j’avais essayé par tous les moyens de tuer le monstre que j’étais devenu.

Je m’étais obligé à rester éloigné des humains, tout en expérimentant les différentes manières de me détruire.

J’avais sauté maintes fois des falaises de Douvres sans succès. Même en m’empalant sur les rochers, ma peau ne s’égratignait même pas.

La noyade m’avait alors semblé une bonne façon d’y arriver. J’avais conscience de respirer puisque je reniflais de multiples odeurs qui m’attiraient et étaient comme de l’essence sur le feu de ma gorge. Je me rendis vite compte que ce n’était qu’un reflexe primaire car sous l’eau, l’oxygène ne me manquait jamais et j’abandonnais assez rapidement l’idée de trouver le repos ainsi.

Les armes blanches ne pouvaient entailler ma peau et les balles ricochaient. J’en conclus que j’allais devoir me battre jusqu’au bout contre le démon qui était à présent en moi.

M’éloignant de plus en plus de la civilisation humaine à mesure que montait ma soif, je me retrouvais au fin fond de la forêt de Sherwood, dans une grotte.

Pendant cette période, je ne sortais pas le jour, et très peu la nuit, préférant rester prostré pour lutter contre moi-même et mon envie de tuer.

Après plusieurs mois de jeun, ce n’était plus une simple envie de boire qui me tenaillait, mais des langues de feu qui brûlaient ma gorge à chaque inspiration.

Je priais pour mourir et surtout pour ne pas qu’un humain s’approche de mon refuge car les jours passants, j’arrivais de moins en moins à sentir la partie humaine –si elle existait encore – qui était cachée au fond de mon cœur.

 

Je ne me souviens plus vraiment combien de temps cela dura.

Mais une nuit, alors que j’étais recroquevillé dans mon antre, le monstre se réveilla soudain, et m’obligea à me lever.

Je n’avais plus la force de me battre…

Je sentis mes muscles se tendre sans que j’en eusse donné l’ordre, et l’air fouetta mon visage alors que je fusais dans la forêt. Le venin monta dans ma bouche d’une manière si violente que ma vision vira au rouge. Mon corps bougeait seul, comme si j’avais laissé mon âme dans la caverne.

Lorsque je fondis sur ma proie et plantais mes dents luisantes dans sa peau, j’eus le reflexe de fermer les yeux et de me maudire. Ainsi, j’étais devenu un meurtrier. J’avais échoué.

Le sang me redonna des forces. Je pouvais visualiser chaque gorgée qui traversait mon corps, abreuvant les muscles, les tendons et chaque cellule de mon être. Mais je voyais cela à travers le brouillard de ma culpabilité. J’avais annihilé une vie pour me nourrir.

Les flammes qui me consumaient depuis des mois s’apaisa enfin. Rongé par le remord j’osais enfin ouvrir mes paupières et en tombait de surprise. Ce n’était pas un humain que je venais de tuer ! C’était une biche !

J’hurlais de soulagement en tenant le cadavre livide entre mes bras. Je restais longtemps dans cette position, hébété de ce dénouement inattendu.

La soif était toujours là, mais moins virulente qu’auparavant et je pouvais à présent penser clairement.

Ainsi, le sang animal me permettrait de survivre. Tuer un animal pour boire son sang était-il si différent que le chasser pour se nourrir de sa viande ?

J’avais passé près de dix ans à chasser avec mon père ou mes amis. Je n’en avais jamais été affecté, trouvant cela parfaitement normal d’abattre une bête pour me sustenter. 

 

C’était comme ci le monstre et moi avions fait un compromis. Je l’alimentais mais il acceptait de se contenter d’animaux.

Je me relevais enfin pour m’enfoncer parmi les arbres, rejoindre les bêtes qui allaient apprendre à craindre un nouveau prédateur.

 

Je me souvenais de chaque sensation, de chaque gorgée comme ci cette chasse s’était déroulée la veille. Plus de trois siècles plus tard, je remerciais encore cette biche d’être passée près de mon refuge avant un humain.

 

Sortant de mes pensées, je me rendis compte que je venais de finir le cervidé. Je l’avais tué naturellement, sans y penser. Finalement, je n’avais pas parcouru beaucoup de chemin depuis cette première nuit. L’instinct arrivait encore à me surprendre, mais heureusement plus en ce qui concernait les humains.

Je me retournais vers l’Est et remarquais que le jour se levait. Il fallait que je rentre rapidement avant qu’un randonneur du Dimanche ne me repère, brillant de milles feux.

Je fis demi-tour et repartais vers la maison en évitant les chemins qui pourraient m’amener à rencontrer des humains.  

 

***

Dans la nuit de Dimanche à Lundi, mes deux fils rentrèrent, l’un passablement agacé tandis qu’Edward filait directement se changer pour ressortir. Il ne nous avait pas adressé un mot, se contentant de passer par le salon, pour partir par derrière et se mettre à courir dans les bois.

 

-         Il devient carrément cinglé, franchement !

-         Emmett…

-         Non, sincèrement. Il n’a parlé que d’elle ! C’est de loin le weekend le plus ennuyeux que j’aie eu à passer avec lui !

 

Je le pris par les épaules en souriant.

 

-         Réjouis toi, Peter et Charlotte arrivent. Tu vas pouvoir faire un petit combat avec Peter…

-         Mais Esmée nous l’interdit et…

-         Je m’occupe d’Esmée, d’accord ? Tu as bien besoin de te défouler.

 

Je lui fis un petit clin d’œil en biais. J’avais parlé bien trop vite et doucement pour qu’Esmée, à l’étage, nous entende.

 

-         Les voilà !

 

Alice virevolta à travers la pièce pour aller ouvrir la porte sur les amis de Jasper alors que Peter avait à peine le poing levé pour toquer.

Je laissais Emmett pour rejoindre Esmée qui venait de descendre et l’entourer de mes bras en avançant vers les invités.

 

-         Bienvenue Peter. Charlotte.

-         Bonsoir à tous.

 

Nous nous installâmes pour discuter. Ils ne posèrent pas de question sur l’absence d’Edward, et je leur en fus reconnaissant. Ils ne comprendraient pas s’ils savaient.

 

Le soleil brilla encore pendant trois jours durant lesquels Edward ne passait qu’en coup de vent. Il avait à peine souhaité la bienvenue à nos amis.

Emmett n’était plus le seul à douter de sa santé mentale. Les regards de Peter et Charlotte en disaient long sur leurs pensées.

Je passais ces quelques jours à lire tout ce que je pouvais sur la transplantation cardiaque. J’emmagasinais toutes les informations comme on range des dossiers. Tout était classé et prêt à l’emploi dans mon cerveau.

 

Le lendemain, je fus plus que ravi de voir les nuages surplomber à nouveau la ville et je me rendis à l’aube à l’hôpital.

Je m’obligeais à garder une allure humaine alors que je m’avançais vers l’ordinateur pour vérifier où en était la liste d’attente. Elle n’avait pas changé depuis la dernière fois.

Mes collègues me souhaitèrent un bon retour, me demandant comment avait été la randonnée. Je répondais distraitement, m’intéressant peu à leurs conversations inutiles.

Le nombre de patient me surpris, et je ne pus me libérer pour aller voir Mélina qu’au déjeuner. Je suivis mes collègues à la cafétéria où je pris un plateau avant de monter dans le service de cardiologie.

J’entrouvris la porte, vis qu’elle dormait. Je rentrais à pas feutré, posais le plateau près d’elle et me dirigeais vers la porte pour la laisser se reposer. Le tout avait pris moins de dix secondes et dans un silence absolu, coupé par un cri, alors que j’avais une main sur la poignée.

 

-         Papa Cullen !!!

 

Dieu, mais comment faisait-elle pour m’entendre ? Je me retournais, tout sourire et fus submergé d’émotion. Elle m’avait manqué !

 

-         Je t’ai apporté à manger, mais je ne voulais pas te déranger, petite.

-         Tu m’as manqué. Tu étais où ?

-         J’étais très occupé, je cherchais un moyen de te soigner, tu sais.

 

Il ne servait à rien de lui servir le même mensonge qu’aux autres. Elle ne comprendrait pas pourquoi j’avais préféré randonner plutôt que de venir la voir. Et puis, tout compte fait, ce que je venais de dire, était moins un mensonge que la version sortie en famille. En effet, j’avais passé ces cinq jours à me documenter.

 

-         On joue ?

 

Elle avait déjà sorti le jeu de carte.

 

-         Je voudrais que tu manges avant.

 

Elle fit la moue alors que je m’approchais pour l’ausculter.

 

-         Qui s’est occupé de toi quand j’étais absent ?

-         Une docteur avec des cheveux longs.

-         Ah, Catherine… Très bien. Tu as mal là ?

 

Je lui appuyais doucement sur la poitrine. Elle grimaça.

Son cœur résonnait dans la pièce et j’aurais juré qu’il battait bien mieux la dernière fois que je l’avais écouté. J’entendais comme un bruit d’eau dans sa poitrine. Ce n’était qu’un murmure, mais il faudrait l’opérer rapidement pour éviter une aggravation de l’ascite. Son cœur ne fournissait plus assez de pression, et l’eau s’échappait dans son abdomen. C’était un mauvais signe.

Je me rassis, perdu dans mes pensées. Encore une fois, je me sentais bien en sa présence. Pas de venin. Pas de pulsion. Pas d’envie meurtrière. Le paradis.

Elle était onzième sur la liste d’attente, mais la seule enfant. Il suffisait qu’un enfant meure pour qu’elle vive. Encore une fois, la culpabilité me rattrapa de vouloir souhaiter un tant soit peu le décès d’un enfant. Elle n’était pas importante pour la communauté humaine… Elle n’était importante pour personne en fait. Sauf pour moi.

 

Dire que je savais qu’il existait un autre moyen.

Cette idée, m’était venue lors de la découverte que son sang ne faisait effet sur aucun vampire –j’avais eu l’occasion de le tester sur un jeune que j’avais croisé à Seattle –

Elle me torturait même si je savais que c’était une idée insensée.  

 

J’en avais parlé à Esmée quelques jours auparavant. Je ne l’avais jamais vu me tenir tête aussi violemment.

Nous étions dans le canapé, regardant distraitement le journal en parlant de choses diverses quand j’avais ressenti le besoin de me confier à elle.

 

-         Je voulais te parler de quelque chose qui me tracasse depuis quelque temps.

-         Je t’écoute.

-         C’est à propos de Mélina…

-         Ah ! Comment va-t-elle ?

-         Bien, sous respirateur. L’attente est longue et nous ne sommes même pas sûr d’avoir un cœur ni du résultat de l’opération.

-         Et donc ?

-         Je sais que c’est tabou mais…

 

Elle se leva soudain et se posta devant moi, outrée.

 

-         N’y songe même pas !

-         Ecoute…

-         Carlisle, tu ne créeras pas d’enfant immortel !

-         Son don pourrait être…

 

Je m’attendais à une réaction violente. Pourtant, elle s’assit à nouveau sur le sofa, en me regardant avec un regard bouleversé. Je crus halluciner en la voyant trembler alors qu’elle effleurait mon visage.

 

-         Je t’en prie, je ne veux pas te perdre… Sais-tu ce qu’ils te feront s’ils l’apprennent ?

 

L’idée m’avait effleuré l’esprit, mais pas convaincu… Fallait-il encore qu’ils en soient avertis. C’était si loin l’Italie…

 

-         Je n’ai pas l’attention de le crier sur tous les toits.

-         Ecoute, Tanya ou Irina viennent parfois ici. Elles vont la voir ! Tu imagines leur réaction ? Et il n’y a pas qu’elles à venir nous rendre visite !

-         On la cachera.

-         Non, mais, tu délires totalement, Carlisle ! Une enfant immortelle ! Elle sera incontrôlable ! Elle voudra du sang sans cesse. Elle ne songera qu’à ça, et ce ne sera pas du sang de biche ! Elle ne se stabilisera jamais ! C’est la vie que tu veux lui offrir ?!

-         Son don pourrait être celui de calmer la soif… Notre soif. Et s’il fonctionnait aussi sur elle cela…

-         Cette humaine te rends fou !

 

Elle faisait des allers-retours dans la pièce, emportée par sa colère. Je me redressais, en proie au malaise de la voir dans cet état par ma faute. Je ne l’avais jamais vue aussi agitée et cela me tordis le ventre. J’avais été trop loin et j’en étais conscient.

Cette idée n’était certes pas mûrement réfléchie, mais elle avait le mérite d’être un moyen de la sauver… Et même si elle me tentait, cette solution me terrifiait totalement.

Aurais-je assez d’audace pour risquer ma vie et celle de ma famille en défiant les Volturi ? Je connaissais bien Aro, Caius et Marcus, et j’étais persuadé qu’ils ne feraient pas d’exception, même pour un vieil ami.

J’essayais de m’enlever cette idée de la tête en me levant pour arrêter les cents pas de ma femme.

 

-         Ecoute, tu as raison. Cette idée est ridicule. Je vais trouver autre chose.

-         J’espère bien, parce que je n’ai pas envie d’être angoissé chaque jour que Dieu fait de voir les Volturi arriver et détruire notre bonheur.

 

Je l’attirais à moi et nous tombâmes sur les coussins dans une étreinte passionnée.

 

-         Papa Cullen ?

 

Elle me sortit de mes réflexions et je levais les yeux vers elle. Elle me montra du doigt la pendule en grimaçant. C’était la fin de la pause.

 

-         Merci petite, tu es plus attentive que moi.

-         Tu reviens hein ?

-         Tout à l’heure, promis.

 

Je pris une profonde inspiration, profitant de ne pas avoir de retour de venin, avant de sortir dans le couloir. Les odeurs, et les sensations furent décuplés d’être resté près d’une heure avec elle.

Comme lorsque vous mettez la tête sous l’eau, privé de tout sens, et que tout à coup vous ressortez et vous vous rendez compte que le soleil est éblouissant, que la foule fait bien trop de bruit et que des enfants jouaient à quelques centimètres de vous et vous éclaboussaient sans que vous les ayez remarqué.

Dans l’ascenseur, je m’obligeais à me détendre et m’engouffrais dans le couloir des urgences en ayant repris un contrôle total.

 

Lorsque je rentrais de l’hôpital ce fut pour interrompre une discussion mouvementée. Discutaient-ils d’Edward ? S’était-il passé quelque chose pendant mon absence ?

 

-         En voilà des éclats de voix. La situation est si grave ?

-         Nous sommes en train de nous mettre d’accord sur ce qu’il faut faire ? me répondit Emmett.

-         J’ai dit qu’il fallait le laiss… A propos de quoi ?

-         Football ou base-ball ?

 

Paranoïaque ! Je me serais frappé.

 

-         Football, il n’y a pas d’orage, voyons. Décidais-je.

-         Ah ouais… Alors c’est parti !

 

Tout le monde se leva, et j’entendis Esmée descendre pour nous rejoindre. Elle me fis un rapide baiser de bienvenue avant de s’élancer dehors. Emmett hésita cependant.

 

-         Tu ne viens pas ? Demandais-je.

-         On devrait laisser une invitation à Edward. Il voudra peut être jouer, il adore ça.

 

J’en doutais, mais je ne dis rien.

Il laissa un mot dans le hall, que je lus rapidement avant de sortir :

 

Foot dans le champ des Rainier : Allez ! S'il-te-plait ?

 

En vérité, Emmett était particulièrement affecté par l’absence d’Edward. Ils avaient toujours été proches après des débuts un peu chaotiques lors de la première année d’Emmett.

Pour moi, ce n’était qu’une mauvaise passe à franchir. Il fallait lui laisser du temps.

Edward reviendrait, avec ou sans Bella.

 

 

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