Autour de la table...

par Hanaelle

5.

 

Nous suivîmes les enfants directement dans la salle à manger. Je sentais la tension qui émanait de Rosalie et Jasper. La réunion d’aujourd’hui allait être tendue. Je soupirais d’avance. Les disputes n’apportaient jamais rien de bon.

 

Je m’assis comme d’habitude à l'extrémité est de la pièce. Esmée se plaça près de moi et je pris sa main. Elle était toujours mon soutien dans les moments difficiles.

Elle était anxieuse. Je pense qu’elle avait peur qu’Edward parte à nouveau. Ses yeux suivirent son fils des yeux alors qu’il venait s’installer à ma droite. Elle m’entoura de son bras pour pouvoir toucher Edward. Elle ne regardait que lui.

J’observais mes enfants se mettre à leur place. Emmett semblait s’amuser de la situation. Comme je l’avais prévu, Rosalie était furieuse, et Jasper avait le regard teinté de violence. D’ailleurs, ils ne s’assirent pas avec nous, préférant s’isoler tout deux contre le mur. Alice observait le futur et marchait à l’instinct. Elle semblait très soucieuse, allant jusqu’à se frotter les tempes comme pour enlever un mal de tête.

 

Le silence se fit pesant. J’allais commencer lorsqu’Edward prit la parole.  

 
- Je suis vraiment désolé. Dit-il, regardant tout d'abord Rosalie, puis Jasper et enfin Emmett. Je n'avais pas l'intention de vous faire courir le moindre risque. C'était irréfléchi, et je prends l'entière responsabilité de ce qui a été fait.
- Quesque tu veux dire par « je prends l'entière responsabilité » ? Répliqua Rosalie en le toisant de haut. Tu as l'intention d'arranger les choses ?
- Pas dans le sens où tu l'entends. Répondit Edward, d’une voix égale et calme. Je consens à partir sur-le-champ si ça peut aider.

J’imaginais combien se devait être difficile pour lui de garder son calme. J’osais à peine deviner ce que Rosalie et Jasper avait en tête. La main d’Esmée se raidit sur mes doigts.

- Non. Murmura Esmée. Non, Edward.
- C'est juste l'histoire de quelques années. Murmura t-il.
- Mais Esmée a raison. Dit Emmett. Tu ne peux aller nulle part maintenant. Ca serait le contraire d'aider. Nous avons besoin de savoir ce que les gens pensent, plus que jamais.
- Alice interceptera tout évènement majeur.

Je n’étais pas d’accord. Alice prévoyait le futur selon les décisions que prenaient les personnes qu’elle surveillait. De plus, ayant vu Bella dans la journée, je me doutais qu’elle n’était pas de ces humaines qui oubliaient facilement. Elle était de celles qui voulaient la vérité… Et seul Edward pourrait la surveiller assez étroitement pour qu’elle ne parle pas.

- Je pense qu'Emmett a raison, Edward. Cette fille parlera plus facilement si tu n'es plus dans les parages. Soit nous partons tous, soit nous restons tous.
- Elle ne dira rien. Insista-t-il.

Rosalie semblait sur le point de fracasser la première chose qui passerait devant elle. Je la regardais sévèrement pour lui intimer de se calmer. Je me demandais pourquoi Edward avait autant confiance en Bella. Qu’est-ce qui lui faisait croire qu’elle ne parlerait pas. D’autant que…


- Tu ne peux pas lire dans ses pensées.
- Je le sais. Alice, soutient moi ! Soupira Edward.

Alice lui lança un regard avant de répondre.

- Je ne peux pas voir ce qu'il va venir si on se contente de faire comme si rien ne s'était passé.

La remarque était directement lancée pour Rosalie et Jasper. Ils ne comptaient pas en rester là.
Rosalie s’emporta violement sur la table de bois.

- Nous ne pouvons nous permettre de donner la moindre chance à cette humaine de parler. Carlisle tu dois savoir ça. Même si nous décidons de disparaître, laisser des rumeurs derrières nous n'est pas bon. Nous vivons déjà si différemment du reste de notre race – tu sais qu'il y a ceux qui n'attendent qu'une excuse pour nous montrer du doigt. Nous devons être plus prudent que quiconque d'autre !
- Nous avons déjà laissé des rumeurs derrière nous. Rappela Edward
- Juste des rumeurs et des soupçons, Edward. Pas des témoins oculaires et des preuves !
- Des preuves ! S’énerva t-il.  

Jasper acquiesça, le regard glacial pendant que mon cerveau réfléchissait à toute vitesse. Bien sûr il y avait une part de vérité dans ce que disait Rose…Mais mon habitude à faire confiance revenait au galop.  Edward m’avait assuré que personne ne l’avait vu à par Bella.

- Rose...
- Laisse-moi finir Carlisle. On n'a pas besoin de faire dans le grand spectacle. Cette fille s'est cognée la tête aujourd'hui. Alors peut-être que son traumatisme était plus grave qu'on le croyait. Tous les mortels vont se coucher en prenant le risque de ne jamais se réveiller. Les autres attendent de nous que nous nettoyions ça nous même. Techniquement, c'est le boulot d'Edward, mais c'est manifestement au dessus de ses forces. Tu sais que je suis capable de me contrôler. Je ne laisserai aucun indice derrière moi.
- Oui, gronda Edward, Rosalie nous connaissons tous parfaitement tes talents d'assassin.

Elle feula dans sa direction, furieuse. Mais elle n’était pas la seule à l’être. Je commençais à être agacé que l’on parle d’une vie humaine comme d’une chose sans valeur. Bella Swan n’avait encore rien dit qu’elle méritait déjà un châtiment ? C’était loin de ma philosophie de vie…


- Edward, s'il te plait. Sifflais-je pour faire revenir le calme. La tension entre les deux était palpable et je ne voulais pas m’interposer dans un combat.

Je me tournais vers Rosalie en la regardant droit dans les yeux pour bien lui faire comprendre ma décision.

 

-         Rosalie, j'ai donné mon accord pour ce qu'il s'est passé à Rochester parce que j'avais le sentiment que tu méritais de te faire justice. L'homme que tu as tué t’avait infligé un traitement monstrueux. Ce n'est pas la même situation. La fille Swan est innocente.

 

Il y avait une différence entre un violeur et une lycéenne qui venait d’être sauvée en ayant vu des choses qu’elle n’aurait pas dû voir.

 
- Ce n'est pas personnel, Carlisle. Dit Rosalie entre ses dents. C'est pour notre protection à tous.

Tout cela partait d’un bon sentiment, je le savais bien. Ce que je n’acceptais pas c’était les moyens employés. Tuer un être humain ne résoudrait jamais aucun problème, quel qu’il soit. Et même pour protéger toute ma famille, je n’étais pas prêt à faire un tel compromis. La fuite valait bien mieux qu’un meurtre. J’hochais la tête, d’accord avec moi-même. Rosalie crut la partie gagnée.   

- Je sais que tu as de bonnes intentions Rosalie, mais...j'aimerais vraiment que notre famille fonde sa protection sur des principes. Les...accidents occasionnels et les défaillances de notre maitrise de soi sont une regrettable partie de ce que nous sommes.
Néanmoins, assassiner un enfant innocent de sang froid me paraît une toute autre chose. Je pense que le risque qu'elle représente, qu'elle fasse part de ses soupçons à un tiers ou non, n'est rien à côté d'un risque encore plus grand. Si nous commençons à faire des concessions pour notre propre protection, nous risquons bien pire que le qu'en-dira-t-on. Nous risquons de perdre de vue ce que nous sommes, qui nous sommes, notre essence.

Mon attention était entièrement sur Rosalie. J’aurais aimé entrer dans sa tête pour lui faire comprendre mon sentiment. Elle ne réfléchissait pas aux conséquences de son acte, ne voyant que le bien relatif qui en ressortirait. Elle ne se rendait pas compte que le meurtre de Bella signifierait notre départ. Je vis son visage se tordre en une moue boudeuse et pleine de reproche.


- C'est juste une preuve de responsabilité
- Non, corrigeais-je calmement, c'est une preuve d'insensibilité. Chaque vie est précieuse.

 

Je faisais tout pour garder mon calme car je savais que si l’on se mettait à crier, il n’en ressortirait rien de bon. Je fus soulagé lorsque Rosalie capitula en soupirant bruyamment.

Emmett finit de la calmer en lui touchant l’épaule et en lui murmurant :

- Tout ira bien Rose.
- La question est donc continuais-je, devons-nous partir ou pas ?
- Non. Gémit Rosalie. On vient à peine de s'installer. Je ne veux pas encore recommencer la Terminale.
- Evidemment, vous n'êtes pas obligé de changer d'âge.
- Pourquoi partir si vite ?

J’haussais les épaules. Je n’avais pas envie de partir non plus. Mais c’était la meilleure solution pour nous protéger dans l’éventualité d’une Bella bavarde.

- J'aime cet endroit ! S'écria Rosalie. Avec si peu de soleil, on peut presque vivre normalement !
- Et bien, rien ne nous force à prendre une décision aujourd'hui. Nous pouvons attendre de voir si c'est vraiment nécessaire. Edward semble certain que la fille Swan tiendra sa langue.

Rosalie émit un rire septique mais je sus que je l’avais gagné à ma cause. Cependant, je captais une onde de désaccord juste à côté de Rosalie.

Jasper, bien que calme n’était toujours pas d’accord avec moi. Je connaissais la raison de cette hésitation. Il avait peur de prendre des risques. Son passé mouvementé, lui avait maintes fois démontré qu’il fallait rester dans le plus grand secret. Eliminer tout risque de se faire démasquer. Je me rendis compte qu’Edward aussi l’observait lorsqu’il lui parla :

- Jasper.

Jasper avait un visage de marbre lorsqu’il le regarda.


- Elle ne payera pas pour mes erreurs. Je ne le permettrais pas.
- Elle en a bénéficié largement, de cette erreur, non ? Elle aurait dû mourir ce matin, Edward. Je ne ferais rien d'autre que remettre les choses à leurs places.

Edward se tendit, articulant plus lentement :

- Je ne le permettrais pas.

Jasper fut étonné par la réaction d’Edward. Nous avions senti qu’il n’allait pas le laisser agir sans s’en mêler. J’étais abasourdi qu’Edward prenne le risque de se battre contre son frère pour une humaine.


- Je ne laisserais par Alice courir le moindre danger, dit Jasper en secouant la tête. Même un tout petit danger. Tu ne ressens pour personne ce que je ressens pour elle, Edward, et tu n'as pas eu à endurer ce que j'ai enduré, que tu ai vu mes souvenirs ou pas. Tu ne comprends pas.
- Je ne te contredirais pas la dessus, Jasper. Mais crois-moi, je ne te laisserais pas toucher à un seul des cheveux d'Isabella Swan.

Je me raidis prêt à m’interposer en les observant se dévisager. Je prévoyais déjà lequel des deux je plaquerais contre le mur, tandis que je tiendrais l’autre à distance. Alice m’arrêta dans mes pensées alarmistes.

- Jazz.

Il mit quelques secondes avant de tourner les yeux vers elle.

- Ne me dis pas que tu peux te défendre seule, Alice. Je le sais. Cependant j'ai bien l'intention de...
- Ce n'était pas ce que je voulais te dire. L'interrompit Alice. Je voulais te demander une faveur.

Soudain Edward lâcha un râle. Nous tournâmes tous la tête vers lui pour comprendre sa réaction. Ses yeux étaient fixés sur Alice, ne pouvant s’en détacher. Qu’est ce qui pouvait être si choquant dans les pensées de sa sœur pour qu’il réagisse ainsi ?

- Je sais que tu m'aimes. Merci. Mais j'apprécierais sincèrement que tu n'essaies pas de tuer Bella. Premièrement, parce qu'Edward est sérieux et que je ne veux pas que vous vous battiez. Deuxièmement, elle est mon amie. Du moins, elle va le devenir.

Je faillis réagir comme Edward tant j’étais abasourdi. Et moi qui avais osé penser qu’une nouvelle venue à Forks, ne changerait pas nos habitudes… Quelle erreur ! Je ne pouvais pas voir la vision d’Alice, mais je l’imaginais sans peine. Non ce serait trop dangereux… Jasper n’était pas assez habitué. Il n’était pas végétarien depuis assez longtemps… Ce serait trop dur…

- Mais...Alice...haleta Jasper.

- Je vais finir par l'aimer, Jazz. Et je crois que je t'en voudrais vraiment beaucoup si tu empêchais ça.

 

Un ange passa alors qu’Alice regardait intensément le futur. Elle profitait de l’hésitation de son compagnon pour apercevoir un futur nouveau.  

      - Ah soupira-t-elle Tu vois ? Bella ne va rien dire du tout. Il n'y a vraiment aucun souci à se faire.

-         Alice ! cria soudain Edward. Qu'est-ce que...est-ce que... ?

-         - Je t'ai dis que des changements étaient en train de survenir. Je...je ne sais pas Edward.

 

Nous étions bien loin de leur conversation mentale. Et pourtant, nous étions tous concentrés pour essayer de comprendre le peu d’information qui nous était donné. Dans ces moments là, le mieux était d’attendre qu’un des deux veuille bien nous aviser de ce qu’il se passait, nous pauvre vampire sans don.   

- Qu'est-ce qu'il y a Alice ? Qu'est-ce que tu caches ? Cracha Edward.

 

J'entendis Emmett grogner. Il était toujours frustré lorsqu’il ne pouvait suivre correctement une conversation.

- Est-ce que c'est à propos de la fille ? Demanda Edward. Est-ce que c'est à propos de Bella ?

Puis sans que rien de visible ce fut passé, il se leva soudain avec fureur et hurla :


 - NON !
- Edward !

 

Un millième de secondes après, je le tenais fermement, debout près de lui. Edward était comme fou. Parti avec les pensées d’Alice dans un futur plus ou moins lointain. Je frémis en me demandant ce qu’il voyait pour le perturber autant.

- Ca se précise. Chuchota Alice. Tu es plus décidé à chaque minute. Il n'y a que deux chemins qui s'ouvrent à toi. C'est soit l'un soit l'autre Edward.
 - Non. Répéta-t-il faiblement.

 

Je le sentis flancher et se retenir à la table. Bon dieu ! Mais qu’est ce qui était si horrible ?

 

-         Est-ce que quelqu'un pourrait avoir l'obligeance de nous expliquer ce qu'il se passe ? Se plaignit Emmett.
- Je dois partir. Murmura Edward en ignorant Emmett ainsi que tout ceux qui avait pensé la même question sans avoir osé la formuler.
- Edward, on en a déjà parlé. Répondit Emmett lourdement. C'est le meilleur moyen de faire parler la fille. Et en plus, si tu te casse, on ne saura jamais avec certitude si elle a parlé ou pas. Il faut que tu reste un point c'est tout.
- Je ne te vois aller nulle par, Edward. Dit Alice. D'ailleurs je ne pense pas que tu en sois capable.

 

Mes soupçons se confirmaient. La raison pour laquelle Edward restait parmi nous malgré le risque que cela comportait…

- Ce n'est pas ce que je perçois. La contredit-il.

 

Dans ces moments là, j’avais vraiment l’impression –et je pense que je n’étais pas le seul – de faire partie des meubles…

 

-         Pourquoi est-ce que tu me fais ça ? Gémit-il, en cachant son visage entre ses doigts.

 

J’étais en train de me décider à partir. Après tout, je saurais bien assez tôt ce qu’il s’était dit…

- Comment ça tu l'aime aussi ? Haleta soudain Edward, ramenant mon attention sur le peu qu’il se disait.

Alice soupira. Je compris qu’elle ne souhaitait lui répondre qu’en privé. Mais j’avais bien saisi le propos. J’étais assez fier de moi en fait. J’avais bien compris ce qu’il se tramait entre ces deux là.

 

- Non. Soupira t-il, luttant contre ce que je supposais être les visions d’Alice. Rien ne m'y oblige. Je partirai. Je changerai le futur.
- Tu peux toujours essayer. Dit-elle d'un ton septique.
- Bon vous m'expliquez là ?! Mugit Emmett
- Ecoute un peu, lui siffla Rosalie. Alice l'a vu s'éprendre d'une humaine ! Oh, Edward, un grand classique !

Elle fit semblant de s'étouffer. Je soupirais devant tant d’inhumanité. L’amour était un gouffre dans lequel on ne pouvait s’empêcher de tomber. Ce n’était pas sa faute…

- Quoi ? S'étrangla Emmett, venant de comprendre, avant d'exploser d'un rire qui ricocha en écho dans toute la pièce. C'est vraiment ce qui va arriver ? -nouveau rire- C'est pas vrai Edward, t'as vraiment besoin de repos.
 
- S'éprendre d'une humaine. Répéta Esmée, abasourdie. De la fille qu'il a sauvée aujourd'hui ? Tomber amoureux d'elle ?

 

Esmée semblait surprise mais ravie. Elle attendait cela depuis si longtemps. Edward avait toujours été seul… Et elle en était très affectée surtout depuis qu’Alice et Jasper nous avaient rejoins. Il n’était pas particulièrement morose ou déprimé mais nous sentions parfois ses regards insistants lorsque nous avions des démonstrations d’affections. C’était une libération pour elle, qu’Edward aie trouvé celle qu’il cherchait depuis si longtemps. Je lui serrais la main. J’avais voulu lui annoncer avant qu’ils n’arrivent, mais j’avais été pris de court.


- Alice, dis-nous ce que tu as vu exactement. Demanda Jasper.

Elle se tourna face à Edward alors que l’attention de la famille montait d’un cran. On se serait cru devant un mauvais feuilleton où l’on apprend les derniers potins amoureux.

- Tout dépend s'il est assez fort ou pas. Soit il la tue lui-même ce qui m'irriterait au plus au point, Edward, sans compter la peine que ça te ferait à toi.

 

Elle se tourna à nouveau vers Jasper. Nous étions tous pendu à ses lèvres.

 

-         Soit elle deviendra l'un des nôtres un jour.


Esmée me serra les doigts si fort que je crus qu’elle allait me les briser –non pas que cela m’aurait fait mal, mais c’était un peu désagréable – Elle étouffa un cri de surprise.

- Je ne laisserais pas cela arriver ! Rugit Edward. Jamais !

Mais Alice semblait ne pas entendre.

- Tout dépend de sa force. Répéta-t-elle. Il est peut-être assez fort pour ne pas la tuer – mais ça va être juste. Ca va lui demander une maitrise de soi exemplaire. Elle médita un instant avant de continuer : Peut-être même qu'il lui faudra se montrer encore plus fort que Carlisle. Peut-être qu'il est assez fort...En fait la seule chose dont il n'est pas capable c'est la quitter. Une vraie cause perdue !

Plus fort que moi. Mmm. Certainement. Aurais-je été capable de m’arrêter si Edward, Esmée, Emmett ou Rosalie avaient été aussi attirant pour moi que Bella l’était pour mon fils ? Cela avait déjà été si dur…

Un silence affreux c’était abattu sur la salle. Personne ne respirait. Nous étions tous fixé sur l’expression horrifiée d’Edward.

Je réfléchissais aux conséquences. On se serait cru dans Roméo et Juliette. L’amour interdit. Je réprimais un sourire à cette pensée. C’était une impasse. Car Edward ne pouvait pas se permettre une relation stable sans qu’elle sache sa vraie nature. Or, si les Volturi l’apprenaient… Non, nous ne pouvions pas entrer en conflit avec eux… Donc la seule solution serait de la transmuter. Mais vu son regard rempli d'effroi, ce n’était pas ce qu’avait prévu Edward. Je soupirais.

- Et bien, voilà qui...complique les choses.
- J'allais le dire. Confirma Emmett

J’avais du mal à réfléchir.  Même si j’avais des doutes depuis le matin, la vérité amenait son lot de tourments. Mais pour le moment…

- Je suppose que le plan reste le même, de toute manière. Nous restons, et observons. Evidemment, personne ne...fera de mal à la fille.

Je lançais un regard sur Jasper et Rosalie, les défiant de me contredire.

- Je suis d'accord. Dit Jasper calmement. Si Alice ne voit que deux solutions....
- NON ! Gémit dans un grognement Edward. Non...

 

Il se leva soudain et sortit de la pièce, ignorant la tentative d’Esmée de le garder près de nous. Un silence pesant s’installa. Rosalie avait un petit sourire au bord des lèvres. Je me redressais pour aller regarder dehors. Edward était hors de vue.

 

-         Le premier qui touche à cette fille aura à faire à moi, est-ce bien clair ?

 

Je me retournais soudain furieux. L’émoi d’Edward m’avait vraiment troublé. Que l’on puisse se moquer de lui, m’énervait au plus haut point. M’étais-je moqué lorsque Rosalie avait ramené Emmett à moitié mort ? Avais-je tourné en ridicule Jasper et sa difficulté à être végétarien car il ne restait parmi nous que pour Alice.  Nous avions tous nos caprices, nos envies et nos pulsions. Aujourd’hui c’était au tour d’Edward de se montrer irraisonnable… Soit. 

Je grimpais dans les étages pour m’éloigner des mauvaises ondes. Ils se calmeraient. Je comprenais leur peur, nous étions si bien ici. Mais je les trouvais trop alarmistes. Il ne s’était encore rien produit de grave après tout !

 

Esmée vint me rejoindre quelques minutes plus tard. Elle m’entoura de ses bras, et ma tension disparut subitement. Qu’aurais-je fait dans elle ?

Je me retournais et cachais mon visage dans son cou.

 

-         Rosalie s’excuse. Elle a paniqué.

-         Fe f..

-         Ne parle pas dans mon cou, je ne comprends rien.

 

Je relevais légèrement la tête en soupirant.

 

-         Je sais.

 

Je m’enfonçais à nouveau dans son cou, en respirant fortement pour m’emplir de son odeur rassurante. Tout allait bien se passer, alors pourquoi étais-je si bouleversé ?

J’avais toujours été prévoyant. J’essayais inlassablement de penser à toutes les éventualités avant de prendre une décision. Par conséquent, je m’encombrais souvent l’esprit avec des problèmes qui n’auraient jamais lieu. Mon souci actuel, par rapport à Edward, était les Volturi. S’ils apprenaient qu’une humaine était au courant de…

 

-         Carlisle arrête.

-         Quoi ?

-         Arrête de réfléchir. Je parie que tu es en train de t’interroger sur la réaction de Bella si elle apprend ce que nous sommes.

 

Faux. J’étais encore plus loin que cela.

 

-         Détends-toi. Laisse-les vivre.

-         Et si…

 

Elle souleva ma tête et mit tendrement un doigt sur mes lèvres.

 

-         Tu te tais et tu m’embrasses !

 

Je m’exécutais.  Qu’étais-je pour m’opposer à la volonté d’Esmée quand elle me regardait ainsi…

 

© Hanaelle. Reproduction interdite.