Un jour de printemps...

par Hanaelle

1.

 

Une nouvelle journée se levait sur Forks. Comme tous les jours, un brouillard épais accueillait l’aurore, alors que je finissais de nouer ma cravate.

J’ouvris la fenêtre et l’air froid entra comme un courant d’air. Cela ne me fit que l’effet d’une brise chaude sur ma peau éternellement glacée.

Je fermais les yeux, savourant les odeurs de cette première journée de printemps.

 

Face à cette forêt, je sentais, j’entendais et je percevais, combien elle débordait de vie.

Les multiples oiseaux, pépiaient joyeusement pour saluer le retour de l’astre solaire. Les troupeaux de cerf ou d’élan qui paissaient tranquillement dans des clairières situées bien trop loin pour un humain. J’entendais jusqu’aux fourmis qui grattaient nerveusement la terre pour reconstruire leur nid.

Je soupirais.

L’éternité était un éternel recommencement.

Je rouvris les yeux sentant une présence et me retournais lentement.

 

-         Bonjour Esmée…

-         Bonjour cher Carlisle. Comment s’est passé ta lecture nocturne ?

-         Très bien, je viens de finir pour la centième fois le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales.

-         Trente six tomes, en seulement trois jours. Tu bats ton record ! rit-elle

-         Il faut dire qu’il commence à rentrer…

 

Je l’attirais à moi. Je me demandais chaque matin, comment une femme pouvait être aussi parfaite.

 

-         Je dois y aller. On se voit ce soir ? Il y a un troupeau d’élan dans la vallée sud.

-         Avec joie !

 

Elle avait les yeux noirs profonds. Les miens étaient tout juste marron foncé.

 

-         Alors à ce soir, mon amour.

 

Je l’embrassais tendrement, la serrant fortement contre moi. Depuis le temps que je l’avais près de moi, je n’arrivais pas à m’ennuyer de sa présence. Bien sûr nous n’étions plus aussi fusionnels que Rosalie et Emmett ou bien Alice et Jasper, mais ma passion restait vivace comme au premier jour. Nous avions appris à vivre en société voilà tout.

 

Je sortis de notre chambre et descendit rapidement les escaliers. Les « enfants » étaient déjà partis pour le lycée, je n’eus donc qu’à traverser le salon avant d’atteindre le garage et ma voiture : Une Mercedes Classe CLS 320 CDI. J’ai toujours eu un goût prononcé pour les voitures rapides.

Je tournais la clé et sentis le moteur ronronner. Un petit sourire aux lèvres, j’enfonçais l’accélérateur et démarrais en trombe.

 

J’arrivais à l’hôpital de Forks, dix minutes avant le début de ma garde. La voiture du chef Swan était stationnée devant l’établissement. Je me garais et sortis lentement de ma voiture.

Je distribuais des bonjours matinaux tout en évitant de serrer les mains.

Nous n’aimons pas les contacts physiques avec les humains.

Sans compter la peur de leur réaction au touché d’une peau plus froide que la glace, je pourrais sentir la moindre pulsation, le moindre mouvement à l’intérieur de leur corps. Il était vrai que j’avais acquis tout au long des siècles une maîtrise de moi-même assez surprenante. Cependant, je restais vigilant et veillais à ne pas me tenter au-delà du strict nécessaire – c'est-à-dire, aux soins de mes patients-

Tout en gardant un masque de politesse j’écoutais les bruits et les conversations autour de moi. Je reconnus la voix du chef Swan et le cherchais des yeux.

 

-         Bonjour Joanne, je t’apporte un gamin blessé en jouant au plus fort avec son frère. Oh, ça ne doit pas être grand chose, mais je ne peux pas rester, je dois aller chercher ma fille à l’aéroport. Je viendrais le rechercher après. Je compte sur toi ?

-         Bien sûr chef Swan ! On le gardera à l’œil. En attendant, le docteur Cullen va l’examiner… Oh hé docteur Cullen !!!

 

Oui, oui, pas la peine de crier comme ça.

Je feignais la surprise et m’avançais vers eux. L’adolescent n’avait qu’une envie, que l’on le laisse partir afin, probablement, qu’il puisse régler son compter avec son frère.

 

-         Bonjour Charlie. Joanne.

-         Docteur Cullen. Voici un jeune homme, 16 ans, frappé par une batte de baseball.

-         Je les ai trouvés, se battant dehors. rajouta Charlie.

-         Ah les enfants de nos jours… Murmurais-je en m’approchant de l’adolescent.

-         Bon, merci docteur, je file, ma fille va m’attendre !

-         Allez-y, je m’en occupe.

Je pris doucement la tête entre mes doigts et commençais à inspecter la blessure. Le jeune se déroba.

-         Pfff ! Me touche pas ! J’ai rien c’est bon !

-         Quel est ton nom ?

-         Je peux m’en aller ?

-         Ton nom… Ensuite je t’examine et je verrais ce que je peux faire.

-         John. Mais, me touche pas !

-         Ne t’inquiète pas, John. Je n’ai jamais mordu personne.

 

Je souris à la blague. C’était vrai en plus.

Je repris donc ma consultation en le touchant le moins possible. Le cuir chevelu au niveau de la tempe gauche saignait abondamment et je refluais mécaniquement une montée de venin dans ma bouche. La sensation était si habituelle maintenant que je n’y pensais presque plus – sauf lors de certaines grandes hémorragies-

 

-         Bien, c’est superficiel. Je vais désinfecter ça rapidement tu veux bien ?

-         Mmmh

 

J’allais chercher des compresses, de la Bétadine, et une paire de ciseaux. Je commençais par dégager la plaie afin de mieux y voir, coupant discrètement quelques mèches de cheveux. Puis j’appliquais le nettoyant désinfectant – l’odeur me donna quelques instants de répit – avant de placer une compresse sèche et un bandage autour de la tête.

 

-         Voilà qui devrait tenir. Ne l’enlève pas avant ce soir d’accord ?

-         Je peux partir ?

-         Il me semble que le chef Swan souhaite que tu restes.

-         Sale menteur !!! Tu as promis !

-         Je n’ai rien promis. Je t’ai dit que je verrais ce que je pouvais faire. Et manifestement, je suis docteur, je t’ai donc soigné. Pour ton autre problème, je ne peux rien… Bonne journée !

 

Je me retournais vers mes autres clients alors qu’il m’injuriait copieusement. Je n’avais pas le temps pour faire dans le social aujourd’hui.

 

Je me rendis dans la salle de repos car je n’avais pas pris le temps d’enfiler une blouse. Je me préparais à aller remplir des papiers dans mon bureau quand une infirmière me héla.

 

-         Docteur Cullen ! On a besoin de vous en salle B4.

-         C’est pour quoi ?

-         Une bataille entre deux mômes.

 

Comme s’il ne suffisait pas que je n’en voie qu’un…

Dés que je rentrais dans la salle, je compris l’état de la tête de son frère. Le jeune avait une carrure de footballeur américain croisé avec un grizzly. Emmett aurait adoré combattre contre lui – s’il avait été vampire bien sûr-

 

-         Bonjour, je suis le docteur Cullen

-         Où est mon frère ?

-         Vous voulez finir de lui fracasser le crâne ?

-         Hé ! Je rêve ou tu me juges doc ?

-         Oh, je ne juge pas, je ne fais que supposer… Je peux ?

 

Il présentait une énorme bosse à l’arrière de la tête. Je posais ma main dessus afin de la refroidir.

 

-         C’est froid.

-         Oui. Cela s’appelle des glaçons.

-         Bon, ça ira ! C’est qu’une bosse non ?

-         Je préférerais que vous passiez une radio jeune homme.

 

J’étais si proche de lui, si concentré à réfléchir aux soins, que je ne vis pas le coup venir – Il est vrai aussi que je n’aurais jamais pensé me faire attaquer dans un hôpital… -

Il m’empoigna par le cou et je me laissais reculer brutalement contre le mur. Le temps que je résiste à l’impulsion de lui sauter dessus, j’étais déjà dos au béton. Heureusement, le col de ma chemise camouflait la froideur de ma peau.

Je souris.

 

-         Hé ! ça te fait rire si je te tabasse ?

-         Assez oui… Mais je ne ferais pas ça si j’étais toi.

 

Je souris d’autant plus. Ah, s’il savait…

Il resserra sa prise et je faillis éclater de rire. Allait-il comprendre que ça ne servait à rien car je ne respirais pas ?

Je mis lentement ma main sur son poignet.

 

-         Arrête ça, veux-tu ?

-         Faut que je passe mes nerfs tout de suite ! Je ne veux pas de radio, je veux mon bâtard de frère !

 

Je soupirais et refermais mes doigts, juste pour ne pas lui casser le poignet. Il grimaça.

 

-         Tu fais quoi là ? Tu crois me faire mal ?

 

Oh, je savais qu’il avait mal. Je le trouvais courageux finalement. Je ne connaissais pas beaucoup d’humain qui ne crierait pas s’ils étaient à deux doigts de se faire fracturer le poignet.

Manifestement il était plus surpris en l’occurrence. Je soupçonnais qu’il n’était pas habitué à rencontrer de la résistance.

 

-         J’évite que tu aies des problèmes. Lâche-moi et cela restera entre nous.

 

Une petite pression supplémentaire sur son articulation pour lui signifier que je pourrais réduire son poignet en bouillie dans la seconde, acheva de le convaincre.

 

-         Bien. Allons-nous faire cette radio à présent ?  Lançais-je joyeusement.

 

Je savais qu’il ne dirait rien. Je voyais à son air contrit qu’il n’avait jamais été vaincu. Sa fierté me rendrait bien service.

 

La journée fut ensuite relativement calme exceptée en début d’après midi lorsque j’eus des nouvelles de mon « agresseur » par une collègue de Charlie.

 

-         Docteur Cullen, je pourrais vous parler une minute ?

 

J’acquiesçais silencieusement en me demandant ce qu’elle me voulait. Non pas que j’avais oublié l’accident de la matinée, mais c’était le cadet de mes soucis.

 

-         Tom Wilson dit que vous l’avez agressé ce matin.

 

J’éclatais de rire, aussitôt réprimé. C’était la meilleure. J’avais surestimé sa fierté. J’ai aussi tendance à trop faire confiance aux gens. Mon éternel grand défaut.

 

-         Disons que je me suis défendu.

-         Quoi, il vous a attaqué ?

-         Je me doutais bien qu’il aurait omis de vous dire cela.

-         Vous n’avez rien ? Vous n’en avez pas parlé ?

-         Il a déjà des problèmes par-dessus la tête. Je ne voulais pas en rajouter. Et puis, en effet, je suis indemne.

-         Donc ces marques sur son bras…

-         … On été faites par moi et j’en suis désolé. Il essayait de m’étrangler et…

-         Vous avez une de ces forces ! Vous avez vu les bleus ?

-         J’aime à m’entraîner avec mon fils, Emmett.

 

Je lui décochais mon sourire le plus charmeur. J’avais du travail, et ne pouvais pas m’éterniser. Elle papillonna des yeux, éblouie et termina l’entretien en me saluant de la tête, rouge comme une pivoine. Elle marcha ensuite d’un pas rageur vers le dénommé Tom.

 

Quand à moi, je retournais à mon bureau finir des dossiers en cours.

Mais quelques minutes plus tard, je décidais de partir. Toute cette agitation m’avait mis dans un état émotionnel instable et je sentais avoir besoin d’une bonne chasse pour me défouler.

 

Je rentrais rapidement chez moi, et fut accueilli par Esmée, radieuse comme toujours.

Je lui fis un rapide baiser, puis montais aussitôt dans ma chambre.

 

-         Je me change et j’arrive.

-         Je t’attends !

 

Une fois prêt, je sautais de la fenêtre et l’appelais de dehors.

 

-         Non, c’est moi qui t’attends !!

-         Carlisle…

 

Elle éclata de rire en me rejoignant, et nous nous mîmes à courir si vite que les arbres devinrent flous. Ils filaient à une vitesse ahurissante alors que nous nous enfoncions dans la forêt.

Sans même humer l’air, je sentis un troupeau de cerf, un autre d’élan et…

-         Cerf, élan ou ours ?

-         Ours ? me répondit Esmée étonnée. Elle renifla.

-         Apparemment, il y a un affamé qui se promène près de Forks.

-         Alors, ours, définitivement…

 

Je changeais de cap pour me rapprocher de la ville, prenant Esmée par la main.

D’habitude, j’évitais de chasser si près de la présence humaine. Lorsque nous chassons, nous sommes particulièrement attirés par le sang humain. De plus, un promeneur pourrait nous voir, et cela nous ne pouvons nous le permettre.

Cependant, la perspective de chasser un ours sans avoir à faire plusieurs kilomètres était trop alléchante ce soir. De plus il était étrange et dangereux qu’un ours s’approche autant des habitations. Autant éviter des accidents…

Je le repérais alors qu’il était à un kilomètre de moi. Un grand mâle, ours brun qui se frottait le dos à un arbre, puis se mit à renifler par terre. Il devait être sorti d’hibernation depuis quelques jours. Cependant, il avait déjà mangé assez pour être appétissant.

Je m’accroupis pour me mettre en position de chasse.

 

-         Tu me suis ?

-         Quoi, tu ne penses pas y arriver seul ?

 

Je souris et m’élançais, réduisant la distance qui nous séparait en quelques secondes. L’ours me sentant, se dressa sur ses pattes arrière. J’aurais juré voir la surprise dans ses yeux lorsqu’il découvrit que l’odeur de prédateur ne correspondait pas avec la vision qu’il avait de moi.

Comme je l’observais, il retomba sur ses pattes espérant probablement que je m’en irais.

Je sentis l’excitation de la chasse me gagner. Je grognais, et inhalais les odeurs autour de moi. Je percevais les odeurs des humains qui devaient se trouver à un ou deux kilomètres de là. Ils sentaient tellement bon, que j’eus à lutter pour ne pas foncer vers leurs habitations. L’odeur d’Esmée derrière moi m’aida à me concentrer sur celle, beaucoup moins alléchante de l’ours. Il dégageait une odeur de terre mêlée a de l’écorce, du sapin, et l’odeur animale typique de cette créature. Sur la grille des odeurs appétissante elle était loin derrière la fragrance humaine.

Cependant, je me concentrais de toutes mes forces sur lui… J’aimais chasser, mais je détestais cette perte de contrôle dans laquelle je pouvais m’oublier.  

J’avançais rapidement de quelques pas. Il prit peur et se releva en poussant un hurlement à m’arracher les tympans.

Je ne lui laissais pas le temps de se mettre entièrement debout que j’étais déjà sur lui, plantant mes dents dans son artère jugulaire.

Il tomba sous le choc et je sentis un très léger courant d’air lorsqu’Esmée me rejoignit.

Je recueillais le sang chaud, le laissant couler le long de ma gorge enflammée par la soif. Il coula en moi, ravivant mes sens, inondant mes muscles, ma peau et me redonnant des forces. Ce liquide de vie sans lequel, je ne serais plus de ce monde. Ce liquide qui dégoûte tant les humains mais qui m’était aussi indispensable que l’air qu’ils respiraient.

 

Alors que je buvais, je repensais à mes premières fois en tant que médecin.

Cela avait été si dur de rester stoïque devant le patient qui perdait son sang devant moi… Et moi qui ne souhaitait qu’une chose, l’en vider totalement pour goûter à cet élixir… Le sang des humains n’ont pas tous le même parfum… Mais ils sont tous une tentation extrêmement puissante. Je ne saurais dire ce qui m’a retenu. Mais je n’ai plus osé soigner un patient qui saignait pendant plusieurs semaines.     

Je fus tiré de ma rêverie car je n’aspirais plus rien. Je rouvris les yeux et bondis. Esmée me suivait, elle aussi les avait sentis. Nous tombâmes sur un troupeau d’élan juste à la sortie d’un chemin. J’écoutais et regardais autour de moi pour vérifier qu’aucun humain ne soit dans les parages, puis nous nous mîmes à décimer le troupeau.

Une fois terminé, nous nous relevâmes aussi propre que si nous nous étions simplement promenés en forêt.

J’observais Esmée. Ses yeux avait repris une couleur d’ambre qui rehaussait le roux de ses longs cheveux. Elle était si belle. Je l’attirais à moi et l’embrassais fougueusement. Je sentais le désir monter en moi et fus surpris qu’elle me repousse.

 

-         Des humains approchent…

 

Ah oui ? En effet…

 

-         Tu me trouble, je baisse mes défenses.

 

Nous nous mîmes à courir pour rentrer tout en prenant soin de contourner les humains. Nous arrivâmes très vite à la maison où les enfants étaient déjà rentrés.

 

-         Bonsoir !

 

« Mes enfants » étaient tous là, occupés à diverses activités.

Alice était en pleine séance d’essayage avec Rosalie. Elles pouvaient passer des heures et même toute la nuit à faire des combinaisons de vêtements qu’elles répertoriaient ensuite sur un carnet.

Jasper et Emmett jouaient aux échecs, mais je ne doutais pas que d’ici la fin de la soirée, cette partie ne se termine en pugilat. 

Edward lisait un livre de science, allongé dans le canapé.

 

-         Parti chasser ?

-         Oui Edward. On a prit un ours, tout près de l’entrée de Forks. Et un troupeau d’élan.

-         Non ! Ah j’aurais dû aller chasser ! Je le savais ! hurla Emmett. Alice, tu aurais pu prévenir !

-         Dis donc, je ne vois pas les animaux moi !

 

Je pouffais et m’assit près d’Edward.

 

-         Tu as eu une dure journée ?

Je me suis fait attaquer

-         Par un humain ?

 

Je sentais à sa voix qu’il était vraiment surpris. Je l’étais encore moi-même.

 

J’ai vu le coup venir, mais si j’avais contré lors de son attaque, je l’aurais pulvérisé je crois. J’ai préféré laisser couler avant de le menacer de lui fracasser le poignet.

-         Tu es trop gentil.

Ils sont tellement faibles.

Au fait, une nouvelle va arriver à Forks

-         Ils ne pensent qu’à ça à l’école.

Ça ne m’étonne pas. Une nouvelle tête va permettre de raviver les potins adolescents.

-         C’est agaçant. On croirait le messie.

De tout de façon, ça ne change rien pour nous.

-         Non, c’est sûr…

 

Il soupira. Edward était à mon grand désarroi désespérément seul. En presque un siècle de vie, il n’avait su trouver la paix qu’Esmée m’avait apportée. De nous voir tous en couple et d’entendre nos pensées n’arrangeait rien.

 

-         Bon, je monte. Je vous souhaite une bonne nuit.

-         A toi aussi.

 

Il sourit. Il savait ce que j’allais faire. Voilà un des gros défauts du pouvoir de lire dans les pensées. Mais j’étais habitué…

Je rejoignis Esmée dans la chambre et me jetais sur elle.

 

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