Angoisse

par Hanaelle

14.

 

Je devais être là pour le soutenir. Pas pour le juger.

Cette pensée me revenait souvent en mémoire depuis. Surtout, cette nuit là, lorsque nous chassâmes et où il m’annonça ce que je craignais.

Nous nous étions enfoncé dans la forêt, loin de tout. Ses regards me laissaient comprendre qu’il voulait me parler. Je l’interrogeais silencieusement pendant un moment, tout en contrôlant mes pensées pour ne pas le brusquer, avant d’abandonner devant son silence et le laisser juger du moment opportun.

Nous débusquâmes un troupeau d’élan, sans un mot, profitant juste de la présence de l’autre. La chasse était simple, naturelle. Et il n'était pourtant pas spontané pour un vampire de chasser à plusieurs. L'instinct de territorialité était si fort... Et pourtant, être avec lui était aussi simple que respirer. Cela me rappelait des bons moments, ces premières années où l'un était indispensable à l'autre et vice versa. Depuis cette époque, depuis si longtemps, nous n’avions plus besoin de nous parler pour nous comprendre. Il n'avait même pas besoin de lire dans mes pensées pour savoir ce que je ressentais. Et moi, même sans son don, je pouvais presque lire en lui comme dans un livre ouvert. Et pourtant, aujourd'hui, même si je voyais qu'il réfléchissait, même si je savais que ça aurait un rapport avec Bella, je ne pouvais deviner ce qu'il voulait me dire. 

Mais alors que nous dissimulions les cadavres de quatre bêtes dans les fourrés, il prit enfin la parole d’une voix hésitante.

 

«  Carlisle… Il faut…"

 

Il soupira et remit les feuilles bien devant la bête avant de se tourner vers moi. Pour ma part, je me concentrais à bien enfouir mon élan, pour ne pas laisser mes pensées le troubler.

 

"... que je lui montre ce que je suis. Ce que nous pouvons faire. Ce qu'elle risque... »

 

Sérieusement ? Lui montrer sa vraie nature ? Seul ? Hum.. Il en était capable. S'il avait dû craquer, il l'aurait déjà fait. Preuve avait été faite par Emmett. De nouveau, je m'appliquais à retenir mes pensées, laissant juste mes lèvres murmurer:

 

« Edward… »

«  Elle sait de toute manière. Il faut qu’elle comprenne… J’ai prévu de passer le Samedi prochain avec elle. Nous devions aller à Seattle mais Alice prévoit du soleil, alors… J’ai pensé à une promenade en forêt. Il faut qu’elle comprenne combien je suis dangereux.

« Edward… »

«  Et puis, je vais lui dire de prévenir Charlie. Je pense que je devrais pouvoir tenir. Je sais que je le peux… »

« Edward… »

«  Tu sais, je…. »

 

Je levais la main en souriant faiblement, mes yeux ancrés dans les siens. Il était rare qu’il ne lise même pas mon esprit et s’enflamme ainsi.

 

«  Je ne vais pas essayer de t’en empêcher, fils… Je te fais confiance. Si tu as décidé de ne pas lui faire de mal, tu ne lui en feras pas. Mais sois prudent tout de même. Veux-tu que je reste dans les parages ? »

«  Je pense l’emmener à la clairière. »

« Samedi, s’il y a du soleil, je serais à la maison…  N’hésite pas  à m’appeler si tu as besoin…»

« Merci »

 

Nous étions sur le chemin du retour. Le soleil se couchait lentement même si nous ne pouvions pas le voir à cause de la couche de nuage. Ils se teintaient dans les tons rosés, l’air se rafraîchissait et faisait remonter des odeurs de terre humide et de lichens. Nous courrions sans nous presser, parlant de Bella. Il avait peur de la réaction de ses frères et sœurs quand il leur dirait son projet. C’est pour cela qu’il était venu m’en parler en premier.

 

« Tu vas leur annoncer ce soir ? »

« Nous sommes déjà Jeudi… »

 

J’acquiesçais en silence et mon esprit se mit à essayer d’anticiper leur réaction.

Esmée serait ravie. Tout ce qui pouvait rendre Edward heureux la comblait de bonheur et je m’étonnais qu’elle ne m’ait pas encore parlé de l’inviter à la maison, à présent que la jeune humaine connaissait notre nature. Je supposais qu’elle ne voulait ni brusquer Edward, ni Bella mais au fond d’elle, elle devait bouillonner.

Rosalie, allait être la plus difficile à convaincre. Ou du moins, à lui faire comprendre. Elle avait si peur que l’on soit découvert… Elle craignait tellement le regard des autres. Si cela se passait mal et que nous devions déménager, elle deviendrait invivable. Je me souvenais encore de son comportement lorsque Edward avait annoncé que Bella connaissait notre secret.

Jasper serait très certainement le plus méfiant après Rosalie. Il détestait l’idée qu’une humaine s’approche trop près de chez nous. Il était celui qui avait le plus de difficulté avec le régime que nous nous imposions. C’était cependant un pur principe de précaution et je ne pouvais pas lui en vouloir.

Emmett prendrait ça comme un défi amusant. Et Alice… Alice la considérait déjà comme une amie alors qu’elle ne lui avait jamais parlé.

Je souris doucement en mettant une main sur l’épaule de mon fils.

 

« Ça va aller… Pour ce soir du moins. »

 

Nous rentrâmes dans la douce chaleur de la maison.  Edward alla aussitôt s’asseoir à la table alors que je montais prévenir Esmée d’une réunion. Nous redescendîmes main dans la main et nous installâmes en dernier. Edward prit aussitôt la parole.

 

« Bon, je voulais juste vous mettre au courant. »

« Encore quelque chose avec ton humaine ? »

« Rosalie… » sifflais-je.

« Oui, Rosalie. Ça concerne Bella. Je vais passer une journée avec elle. » 

« Seul ? »

« Oui seul. »

« Inconscient… »

« Je voulais juste vous prévenir pour que… Vous évitiez de chasser si possible. Nous allons dans la forêt. »

« Qui parie qu’il l’a tue ? »

« Emmett, ce n’est pas un jeu… »

« Allez maman ! Pour une fois que y’a un peu de suspens… »

« Je parie qu’elle meurt. »

 

Mon regard se figea sur Jasper. Il avait dit cela d’une voix froide. Presque comme s’il s’en fichait. Je fronçais les sourcils. Ce n'était franchement pas quelque chose que j'appréciais chez l'un des nôtres.

 

«  Moi aussi. »

 

Le regard intéressé d’Emmett passa de sa femme à Alice.

 

«  Moi je lui fais confiance. Tout ira bien. »

 

Tous les regards se tournèrent vers nous. Je fronçais les sourcils. Je ne voulais pas entrer dans leur jeu. Parier sur la vie humaine était ridicule.

Je me tournais vers Esmée. Elle semblait aussi déçue que moi. Je ne voulais pas faire de pronostic. Je voulais croire que tout irait bien. C’était Edward… Il l’aimait. Je voulais tellement y croire.

 

« Pense à aller convenablement chasser Vendredi. Quitte à rater des cours. »

«  Je viendrais avec toi, si tu veux ! »

« Merci Alice. »

 

Je me levais, Esmée me suivant car j’avais gardé sa main dans la mienne.

 

«  Emmett, tu peux arrêter de me regarder comme cela, je ne parierais pas ! »

 

Je levais les yeux au ciel en me retournant, entraînant Esmée vers l’étage.

 

**

 

Comme souvent quand on ne veut pas qu’un moment arrive, le temps fila si vite que je ne vis pas le Vendredi passer.

 

J'avais commencé ma garde par le tour de mes patients, comme d'habitude. Personne ne me reparla de ma petite escapade à Port Angeles à mon plus grand contentement.

Aller dans la chambre de Mélina me paraissait la grande épreuve de cette journée et je ne faisais que retarder l'inévitable. Car je devrais bien aller l'ausculter....Et je n'arrêtais pas de me répéter que j'avais chassé la veille, que ce n'était même pas ma chanteuse... Qu'après tout, elle n'était qu'une petite fille comme tant d'autres. Mais une autre partie de moi me disait que j'avais vu de cette petite fille un magnifique coeur battant. J'en avais humé la saveur... Et lorsqu'un vampire choisit une proie, il devient très difficile de le détourner de cette idée.

Bien heureusement pour moi, je n'en étais pas à ma première bataille.

 

C'est donc vers 14h54 que je me présentais devant sa chambre, m'arrêtant à l'entrée avec prudence. Elle était seule aujourd'hui, le jeune garçon devait être soit sorti, soit dans une chambre individuelle à présent. J'inspirais par à coup, me détendant au fur et à mesure. Je découvrais avec enchantement qu’elle n’avait pas gardé le fumet que j’avais senti lors de l’opération. Elle avait une odeur à présent, mais bien moins tentante que ce à quoi je m’attendais. Je n’en espérais pas tant…

Mon corps se détendit, et m'entraîna de lui même vers elle, sans animosité aucune. Elle me sentit arriver, et ouvrit ses yeux, deux petites fenêtres sur l'océan. J'attirais une chaise à moi en lui souriant, avant de m'asseoir et de murmurer.

 

" Hey, ma grande..."

" J'ai cru que tu viendrais plus..."

"Je suis désolé Mélina... J'ai été très occupé, et tu devais te reposer..."

 

Je baissais les yeux sur ses résultats sanguins du matin, puis mon attention alla sur les bruits cardiaques. Pour tout cela, je restais silencieux près d'une minute.

 

" Tu vas aller bien tu sais. Ton coeur... Il n'est plus malade... "

"Je vais aller où maintenant ?"

 

Elle leva les yeux sur moi. Des yeux implorants, et malgré moi, je passais ma main dans ses cheveux en me penchant sur elle. Que n'aurais-je pas donné pour avoir une fille aussi adorable qu'elle ? Si seulement j'avais été humain pour lui apporter la vie qu'elle méritait...

 

" Ma grande... Tu vas rester ici encore un moment, mais après, je suppose que Mme Jefferson viendra te chercher..."

" Je veux pas ! Elle sent la naphtaline !"

 

Je me mis à rire doucement, écrivant le résultat de mes observations sur sa fiche.

 

" Où as tu entendu ce mot là toi ?"

" C'est miss Calurby qui dit que ça sent la naphtaline partout dans la maison... L'odeur elle veut plus partir et moi j'aime pas l'odeur..."

 

Je relevais les yeux vers elle, soucieux. La naphtaline était un bon insecticide, notamment contre les mites. Mais c'était aussi un produit toxique qui causait des anémies hémolytique et parfois même des cancers. Sans oublier, des crises de tachycardie chez les personnes fragiles... Je comprenais mieux maintenant pourquoi son état s'était soudain dégradé. Je soupirais, contenant avec peine l'exaspération qui monta en moi. Bien entendu, personne n'avait précisé qu'un traitement contre les mites avait été fait... Et bien entendu personne n'était capable de lire une simple étiquette.

Tendrement, je souris à la petite, posant mon doigt sur le bout de son nez.

 

" Alors on va dire à ses deux dames de faire en sorte que cela ne sente plus d'accord ? Je vais aller leur dire tout de suite, je repasserais avant la fin de ma garde. Tu te reposes en m'attendant ?"

" D'accord..."

 

Mon coeur fondit devant la faible réponse pleine de déception face à mon départ. Mon sourire s'agrandit pour cacher mon trouble, et je la bordais.

Je redevins sérieux dès que je sortis de la chambre. Je me dirigeais vers l'accueil, demandais les coordonnées de l'orphelinat, et allais aussitôt m'enfermer dans mon bureau.

 

Une sonnerie...

Deux sonneries...

Trois sonneries...

 

" Allo ?"

"Bonjour, c'est le docteur Cullen à l'appareil, pourrais-je m'entretenir avec Mme Jefferson ?"

" Euh... Oui, je vous la passe"

"Merci bien"

 

Quelques bruits à travers le téléphone plus tard, la voix éraillée de la directrice parvint à mes oreilles.

 

" Ah, docteur Cullen, avez vous des nouvelles de Mélina ?"

" Je vous appelle à ce propos. Dites moi, avez-vous traité votre orphelinat à l'anti mite?"

" Oui, il y a plusieurs semaines..."

" Les enfants étaient partis ?"

"Et bien nous sommes sortis pour la journée..."

" Savez-vous que la naphtaline présent dans ces produits est cancérigène mais plus encore qu'il peut déclencher des crises cardiaques ? Saviez-vous qu'un traitement nécessite que personne n'habite les lieux pendant 48 heures ?"

" Et où voulez-vous que l'on mette les enfants ?"

" Hum... En effet il vaut mieux les intoxiquer et pratiquer une chirurgie cardiaque sur une petite fille de six ans parce que son coeur fragile n'a pas supporté... "

 

Un long silence suivit ma déclaration. Je les entendais chuchoter, sans vraiment comprendre. Je comptais le nombre de mes respirations pour faire passer le temps... 36... 37...  Du bruit dans le combiné rapatria mon attention.

 

" Qu'est ce qu'on peut faire ?"

" Il serait bien d'emmener chaque enfant chez le médecin pour un contrôle et vraiment, les éloigner 48 heures si vous traitez de nouveau. D'accord ?"

" Vous..."

 

Je soupirais... Discrètement.

 

" Je passerais... Dans la soirée ça vous ira ? Plus tôt ce sera fait, mieux ce sera. "

" Entendu"

" Parfait. Bonne fin de journée."

 

Je raccrochais et repartis dans le tourbillon des patients aux urgences. La fin de la journée passa à une vitesse fulgurante... La soirée, aussi. Les enfants allaient tous à merveilles, même si je dus faire des tests sanguins à chacun par précaution. En partant de l'hôpital, j'avais vérifié le planning, je n’étais pas de garde ce week-end.

 

Et le voilà… Ce Samedi était là. Le soleil était déjà haut dans le ciel, brillant de milles feux et Edward était parti depuis deux heures. Moi ? Je commençais déjà à m’inquiéter.

J’hésitais sérieusement à aller faire un tour en forêt pour essayer de le trouver et voir si ça se passait bien. Le problème était que Edward entendrait sûrement mes pensées et l’interpréterait comme un manque de confiance. Mais je m’inquiétais juste. Et si j'angoissais pour Bella, ma pire crainte était par rapport à la réaction d’Edward s’il n’était pas assez fort pour se retenir. Il ne reviendrait probablement pas. Nous ne le reverrions jamais. Et cela… Je ne le voulais pas.

 

Je regardais la pendule pour la énième fois. Je me demandais où ils étaient, ce qu’ils faisaient… Si son cœur battait encore…

 

«  Carlisle… Cesse, tu me donnes le tournis »

 

Je n’avais pas remarqué que je faisais les cents pas dans la chambre. Je me tournais vers Esmée, détendue sur le lit, un livre dans les mains.

 

«  Comment tu fais ? Tu n’es pas inquiète ? »

«  Oh si, au moins autant que toi. Mais on ne peut pas être deux à tourner en rond, la moquette n’y survivrait pas. »

 

Elle sourit doucement, tapotant la place à côté d’elle en me regardant amoureusement. 

 

«  Viens là… »

 

Comme toujours avec ce regard, je ne me fis pas prier et m’installais tout contre elle avant de la prendre tendrement dans mes bras.

 

« J’ai confiance en lui Carlisle. Il va y arriver. Il l’aime »

«  Je sais mais… »

«  Tu aurais pu me faire le moindre mal ? »

«  Non mais… Ton sang ne... »

 

Elle se redressa légèrement pour se pencher vers moi et me faire taire en m'embrassant furtivement avant de murmurer, le visage à quelques centimètres du mien.

 

" Je sais que non..."

 

Avec un doux sourire, elle caressa ma joue. Je fermais les yeux, sentant ses doigts réveiller chaque parcelle de ma peau. Mes lèvres s'étirèrent légèrement sur mon visage. 

 

« Trésor, il va y arriver. Veux-tu que l’on aille se promener ? Se changer les idées ? »

«  Il fait beau… »

« Et on sent les personnes à des kilomètres… Personne ne nous verra. »

«  Et s’il a besoin de moi… »

«  Les portables sont là pour ça tu sais. »

 

Je plissais les yeux malicieusement avant de me mordre la lèvre.

 

« Tu ne me laisses pas le choix en fait, n’est ce pas ? »

 

Elle sourit, se redressa aussitôt, et disparut dans la salle de bain où je l’entendis passer un pantalon, plus propice pour une balade que la jupe droite qu’elle portait il y a encore quelques secondes. Lorsqu’elle revint, elle prit mes mains et me redressa de force, même si je ne mis aucune difficulté.

 

«  Viens donc ! Changer d’air ne nous fera aucun mal. On ne va pas s’éloigner. »

 

Nous descendîmes main dans la main. Au salon, Emmett et Jasper faisaient une partie de jeu vidéo qui se terminerait probablement au moins par la destruction d'une manette et les filles s’extasiaient sur quelque chose sur l’ordinateur. Je ne parvins pas à voir ce que c’était, Esmée m’entraînant impérieusement dehors.

Nous nous retrouvâmes dans le jardin baigné de lumière. Je ne pus m’empêcher de regarder autour de moi en un réflexe propre à la prudence qui avait toujours été mienne. Mais bien entendu il n’y avait personne.

Avant de partir dans la forêt je pris quelques secondes pour attirer contre moi ma lumineuse femme. Le soleil rendait nos mains jointes presque fusionnées sous les diamants qui ressortaient de nos peaux. Mes yeux parcoururent le jardin nu. Je m’étais souvent imaginé que nous pourrions y mettre des fleurs.

Le printemps en sublimerait les couleurs. J’imaginais sans peine, le bleu puissant des iris à bulbes qui contrasteraient magnifiquement avec les couleurs plus chaudes des lupins ou des pinceaux indiens. Nous disposerions une magnifique roseraie, dont les couleurs iraient en dégradé du blanc jusqu’au rouge en passant par le jaune, le rose et l’orange.

Mais nous étions tous trop occupé pour prendre soin d’un tel jardin… Et surtout, nous déménagions trop souvent. Esmée avait déjà essayé cependant... Mais il semblait qu'avoir la main verte n'était pas si facile...

De nouveau, je souris légèrement en me mettant à marcher. Esmée, bien sûr, n’avait pas perdu une seule seconde de ma contemplation silencieuse.

 

« Tu penses à quoi ? »

« Je me disais que ce jardin... Mériterait des fleurs aussi belle que toi. »

 

Elle fit la moue une seconde avant de céder sous le compliment et de m'octroyer un magnifique sourire. Soudain, elle prit ma main pour m’entraîner dans la forêt. Nous avions déjà eu cette conversation.... Et elle était frustrée de ne pouvoir parvenir à faire pousser quelque chose convenablement.

L’après midi consista à nous promener main dans la main dans les bois. Nous passâmes plutôt proche de la clairière, celle où, je le savais, Edward aimait venir se réfugier. Je n'imaginais pas d'autre endroit que celui là... Et je fis demi tour dès que le vent m’apporta la flagrance d’Edward et surtout de Bella. Je ne savais pas si mon fils avait pu entendre nos pensées, mais j’espérais qu’il prendrait cela comme un principe de précaution si tel était le cas.

 

Le soleil descendit lentement sur l’horizon et nous rentrâmes. Je ne m’attendais pas à voir Edward rentrer à la maison avant plusieurs heures encore, aussi j’allais me détendre sur le lit avec guerre et paix de Tolstoï. La balade, et surtout le fait qu'elle soit encore vivante lorsque nous étions passés, m'avait rasséréné.

Je ne vis pas la nuit tomber, ni même la lune monter haut dans le ciel. Quand soudain, aux alentours de trois heures du matin, Edward rentra...

 

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