Chapitre 11 - A la vie, à la mort

par Bereth

Chapitre 11 : A la vie, à la mort

 

Legolas venait d'achever le dernier Uruk, et réalisa que Susan était partie depuis longtemps. Lorsqu’elle avait vu Frodon, elle s’était précipitée vers le nord. C’est donc par là qu’il se rendit. Il appela quelque fois la jeune femme mais n’obtint aucune réponse. Alors qu’il commençait réellement à s’inquiéter, il entendit un hennissement où, sans comprendre véritablement pourquoi, Legolas distinguait de la détresse. Il déboucha sur une sombre clairière et il s’immobilisa brutalement.

Le spectacle qu’il y vit, aucun être vivant n’aurait dû avoir à le supporter. Il y avait du sang, des corps, des membres, des têtes, et encore du sang. Il sentit la nausée le gagner. Les cadavres mutilés des monstres noirs gisaient, les yeux vitreux et leurs immondes bouches ouvertes.

Puis il vit. Il la vit. Au sol, allongée sur le dos, deux flèches plantées dans sa chair, sa poitrine se soulevant difficilement, Susan était en train de mourir. Puis il vit son cheval, Hirador, allongé à ses côtés, semblant souffrir autant qu'elle. Il s'accroupit auprès de la jeune femme, et la fit ouvrir les yeux.

-Susan ! Susan ! Dit-il. Calmez vous, là, respirez.

-Frodon, souffla-t-elle en crachant du sang. Frodon ... Il ... Il est parti ... Je l'ai laissé partir ...

-Vous avez bien fait, répondit-il en installant la tête de la reine sur ses genoux.

-Legolas ... Appela-t-elle faiblement. Dans la poche ... Sur ma selle ... La poche gauche ... Il ... Il y a un flacon ... Ramenez le ...

L'elfe se leva, posa délicatement la tête de la mourante sur le sol, et se précipita vers le cheval. 

Legolas remarqua que le cheval ne s'éloignait pas en le voyant approcher, ce qui était étrange. Les chevaux en règle générale étaient méfiants envers les étrangers, surtout les chevaux de guerre. Mais pas celui-ci. Autre point étrange, la souffrance se lisait clairement dans ses yeux, mais aucune blessure n'était apparente sur son pelage suant. Il avait un regard intelligent, et tellement humain.

Mais ne pouvant s'attarder d'avantage sur Hirador, l'elfe sortit de la poche indiquée par Susan un petit flacon recouvert d'un étui de cuir. Il revint vers la jeune femme qui respirait avec beaucoup de difficulté. Ses cheveux, retenus dans une queue de cheval serrée trempaient dans une flaque de sang qui formait une auréole autour de son visage livide. Ses yeux avaient perdu leur éclat de vie, Legolas voyait bien qu’elle luttait de toutes ses forces pour ne pas quitter ce monde.

-Legolas, appela-t-elle lorsqu'elle remarqua que l'elfe regardait son état sans agir. Retirez ... les ... flèches ... 

L'elfe exécuta une nouvelle fois ses ordres. Il tira sur les flèches qui étaient enfoncée assez profondément dans l'abdomen de la reine. A chacune d’elle, le visage de la jeune femme se tordait de douleur, mais elle ne criait pas. Même s’il ne lui avouerait jamais, l’elfe admirait Susan pour le courage dont elle faisait preuve en cet instant.

-Maintenant, dit-elle avec difficulté, Maintenant ... La fiole ... Versez une ... Une goutte ... 

Alors Legolas leva son bras pour atteindre la bouche de Susan, mais il fut arrêté par cette dernière qui posa sa main dessus.

-Juste ... Une ... Goutte ... 

Voyant qu'il fallait faire vite, il approcha le flacon de ses lèvres et, avec la délicatesse due à sa race, il versa une goutte de liquide. Une seule. Puis il attendit.

La poitrine de Susan s'éleva longuement puis s'affaissa. Mais ce mouvement ne réitéra pas. La jeune reine ne respirait plus. Ses yeux étaient clos, ses membres détendus et sa poitrine demeurait désespérément immobile. La reine de Narnia venait de rendre son dernier soupir.

Ne pouvant supporter d'avantage ce macabre spectacle, il ferma les yeux. Il demeura quelque secondes ainsi, se demandant comment allait-il annoncer la nouvelle aux autres. La jeune femme était appréciée de tous, et tous cherchaient, sans qu’ils ne s’en rendent réellement compte,  à la protéger. Elle était pour tous comme une petite sœur, un être fragile qui nécessitait la plus grande attention. Sa perte était pour tous un lourd fardeau. Mais la guerre n’épargnait personne.

- Non, souffla vainement Legolas. Nous avons besoin de vous ...

-Non, entendit-il alors. C'est moi, qui ai toujours eu besoin de vous ... 

Il ouvrit brutalement les yeux et vit Susan, morte quelques instants plus tôt, qui le regardait en souriant, une étrange lueur malicieuse dans les yeux.

-C'est … C’est … C’est impossible ... Parvint à articuler difficilement l’elfe. 

Il regarda le flanc droit de la jeune femme et n'y vit aucune trace des flèches qui s'y étaient plantées. Seul deux trous dans la robe de la guerrière témoignaient de ses anciennes plaies.

-Qu’est-ce que ceci ? Demanda l'elfe en désignant du menton la fiole posée sur le sol, comme s'il s'agissait de Sauron lui-même.

-Essence de la fleur de feu, répondit-elle simplement. Une goutte de cette potion peut guérir toutes les blessures. 

Sans prononcer un mot, il se leva, et lui tendit sa main pour l'inviter à le suivre. Il avait peur qu’elle soit trop faible mais une fois debout, Susan récupéra son épée comme si de rien n’était. Mais brusquement, elle attrapa Legolas par le bras.

-Personne ne doit savoir ce qu'il c'est passé ici, annonça-t-elle sans plus aucune sympathie. Et personne ne doit savoir pour la fiole.

-Pourquoi ne voulez-vous pas que les autres soient au courant ? L’interrogea l’elfe suspicieux.

-Je ne le souhaite pas, c’est tout, répondit-elle évasivement. 

En réalité, elle ne voulait pas que les autres pensent qu’elle avait un quelconque avantage par rapport à eux. Evidemment que si une situation nécessitait l’essence, elle l’utiliserait. Mais pour l’instant, seule elle en avait eu besoin. De plus, elle ne voulait pas rendre à sa sœur une fiole vide. Certes, Lucy ne lui en voudrait pas, mais les cadeaux offerts par le Père Noël étaient précieux, et ils y tenaient tous beaucoup.

-Il faudrait y aller, Dit Legolas, sortant la jeune femme de ses pensées. 

La reine Narnienne se mit alors en selle et à son tour, tendit la main à Legolas.

-Nous irons plus vite à cheval, déclara-t-elle. Le temps presse, les autres sont sûrement déjà à notre recherche.

- Laissez-moi tenir les rênes, dit-il.

-Je n’aime pas que l’on me donne des ordres, lâcha-t-elle froidement. 

Mais voyant que la négociation ne mènerait à rien et qu’il fallait quitter cet endroit au plus vite, elle recula pour le laisser monter.

« Tu ne vas pas faire ca ! S'insurgea de suite Hirador scandalisé. »

« Ne discute pas, ordonna Susan. Nous manquons de temps. La distance sera courte. Obéis à ses ordres, même si ce n’est pas agréable. »

Legolas monta en selle et prit les rênes. Hirador racla le sol et fouetta l’air avec sa queue, visiblement mécontent.

« -Hirador ! S’énerva la jeune femme. Cesse de faire l’enfant ! Suis ce qu’il te dit ! Plus vite on serra arrivé, plus vite il quittera ton dos ! »

Alors le cheval n’eut d’autre choix que d’obtempérer et ils partirent. Susan se tenait fermement au torse -musclé, il fallait l'admettre- de l'elfe qui regardait autour de lui avec beaucoup d’attention. Il est vrai que la situation inverse aurait été des plus grotesques !

Ils ne virent aucune trace de combats alentours, seuls des corps d'Uruk éparpillés de ci, de là sur le sol boisé témoignaient de la présence de la Compagnie dans les environs. Ils ne savaient pas depuis combien de temps ils galopaient, mais tout à coup, au bas d'une pente, apparue une forme. Trop petit pour être un homme, trop grand pour être un hobbit. C'était un nain. En réalité il s'agissait de Gimli, qui tenait sa hache baissée et ramené contre sa poitrine. Mauvais présage. Très mauvais présage.

Hirador ralentit, sous l'ordre mental de Susan et l'incompréhension de Legolas qui commençait à avoir de sérieux doutes sur sa monture. Ils arrivèrent au pas aux côtés de Gimli qui se tenait à présent la tête basse, ce qui n’était pas dans ses habitudes de nain, fier et digne en toutes circonstances. L'elfe descendit du cheval puis aida la jeune femme à faire de même.

La première chose qu'ils remarquèrent était l'abscence des hobbits. De TOUS les hobbits de la Communauté de l’Anneau. Et puis ils virent Boromir, allongé sur le dos, trois flèches dans l'abdomen, qui venait de rendre son dernier soupir dans les bras d'Aragorn, qui se tenait au dessus de lui et entrepenait avec douleur de fermer les yeux du seigneur Gondorien. Cette situation rappela à Legolas la situation qu’il avait connue quelques instants plus tôt.

-Utilisez votre potion, souffla discrètement l’elfe à l'oreille de Susan.

-L’essence de la fleur de feu permet de soigner, répondit-elle de la même facon, nullement de ramener à la vie. Il est trop tard pour Boromir, je ne peux plus rien pour lui. 

L'elfe baissa les yeux mais ne répondit pas. Susan regarda le corps inerte de Boromir. Et contre toute attente, elle ne ressentit rien. Absolument rien. Certes ce n'était pas l'homme qu'elle préférait de la Compagnie. De plus il s'était comporté de façon insultante envers elle à de nombreuses reprises. Mais c'était tout de même un ami. Un ami qu'elle avait fait le serment de protéger. Pourtant, elle ne ressentait rien. Pourtant, lorsqu’une guerre éclatait à Narnia et qu’il fallait partir en campagne, la moindre disparition l’attristait. Elle se souvenait même d’avoir pleuré un valeureux centaure qui avait donné sa vie pour sauver la sienne. La vérité, c'est qu'elle était lasse de pleurer. Pleurer des soldats, des généraux, des connaissances, des amis ... Alors elle ne pleurait plus. Après tout, tout le monde part un jour ...

*~*~*~*~*~*~*~*~*

Les membres restant de la Communauté avaient transporté le corps de leur ami vers la berge. Aragorn voulait le déposer dans une barque et laisser l'eau lui offrir de magnifiques funérailles, ainsi était la coutume au Gondor, lorsque le défunt ne pouvait  recevoir de meilleures obsèques. Mais Legolas affirma qu'il fallait le laisser reposer dans la forêt pour que Dame Nature reprenne ses droits, car c’est ainsi que l’on faisait chez les elfes. Et puisque Gimli était également de cet avis, cette solution fut acceptée. Et seul son cor fut lancé à Neptune. Aragorn avait énormément insisté pour que cela fût fait. Une légende disait que le cor d’une personne décédée trouvait toujours le moyen d’annoncer la mort de son propriétaire à ses proches.

Précautionneusement, ils allongèrent Boromir sur un lit de feuilles, l'épée sur la poitrine, comme les rois de jadis. Ainsi, il paraissait serein. Puis ils le recouvrirent d'une barque et prièrent de longues minutes devant sa tombe improvisée.

« Je peux le faire, dit alors Hirador à Susan. »

« Il y a trop de risques, répondit-elle. »

« Il le mérite, argumenta-t-il. C'était un valeureux guerrier. »

« Cela signifierait révéler notre secret à tous, l’avertit Susan »

« Tu ne penses pas qu’il est temps de leur faire confiance ? Demanda Hirador »

« Sont-ils fiables ? Rétorqua-t-elle »

« La confiance engendre la confiance, dit-il. On l’obtient quand on l’accorde. »

« Je n’ai pas envie de faire ce plaisir à Legolas, répondit-elle. Il cherche notre secret depuis trop longtemps. »

« Fait le pour Boromir »

-Attendez ! S’exclama Susan alors que les membres de la Communauté commençaient à se séparer.

Ils se retournèrent, encore sous le choc de la douleur et la regardèrent de leurs yeux tristes. Aucun d’eux n’avait pleuré, mais chacun souffrait à sa façon.

-Il ne l'aimait pas vraiment, continua-t-elle, mais il peut au moins faire cela, pour Boromir. 

Elle lanca un regard à Hirador qui s'approcha de la barque. Au contact de ses naseaux, le bois chatoya comme une rosée dorée. Des éclats de lumière argentée dansèrent sur l’embarcation. Ebahis, tous regardaient des corolles de diamants étincelants s’épanouir sur la surface de la tombe. Des reflets scintillants de dessinaient tout autour, tels des éclairs de couleurs vives, tandis que le bois se métamorphosait. Satisfait, Hirador souffla et se recula pour examiner son œuvre.

Ce qui n’était auparavant qu’une sépulture de bonne fortune s’était transformé en un mausolée éblouissant, uniquement constitué de diamant. Le visage de Boromir, intact, était parfaitement visible. Aragorn, les yeux écarquillés contemplait son ami, qui semblait simplement endormi.

-Qu’avez-vous fait ? Demanda-t-il à Susan avec une crainte respectueuse.

-C’est le seul cadeau que je pouvais lui offrir, répondit-elle. A présent, le temps n’aura plus d’emprise sur lui. Il peut reposer en paix pour l’éternité. 

Aragorn hocha la tête pour montrer qu’il avait compris, mais il n’en menait pas large. Gimli la regardait avec un mélange d’admiration et de peur, alors que Legolas affichait un immense sourire victorieux. Mais la jeune femme l’ignora et fit une prière pour Boromir avant de remonter vers la berge.

Elle fut vite rejointe par ses trois compagnons qui, malgré d'éloquents regards ne firent aucune remarque. Legolas affichait un petit air triomphant, ce qui agaçait fortement Susan.

«Je crois qu'on est grillés, rit Hirador.»

« Ce n'est pas drôle ! Le reprimanda Susan. Imagine que les Ra'zaks nous suivent jusqu'ici !»

« Ils ne sont surement pas au courant de notre existence ! Rétorqua le cheval, Pourquoi les crains-tu ainsi ?»

« Tu connais les légendes tout comme moi Hirador, dit-elle. Il vaut mieux ne pas prendre de risque.»

-Vous nous devez des explications, lui dit Aragorn, interrompant la conversation mentale de Susan et Hirador. A nous tous. 

-Plus tard mes amis, répondit-elle en les regardant, vous avez ma parole que je vous expliquerai plus tard.

-Oui ! Insista Gimli. Vous ne devez rien nous cacher ! »

Le comportement du nain agaça Susan qui commença à ranger ses quelques affaires. Elle avait droit à avoir une vie privée ! Sans savoir réellement pourquoi, le fait que ses compagnons sachent désormais son secret l’énervait au plus haut point. Et puis les regards appuyés et moqueurs de Legolas déplaisait fortement à la reine qui devait faire d’énormes effort pour ne pas lui expliquer très clairement sa façon de penser.

-Par où est parti le groupe d’Uruks qui a enlevé Merry et Pippin? Questionna Aragorn en bouclant ses sacs.

-Je ne sais plus exactement, mais demandons à Susan, jasa Legolas, un sourire narquois planté sur son visage.

-Pourquoi à moi Seigneur Legolas ? Répondit-elle avec mépris.

- Vous n’êtes pas supposée avoir la connaissance universelle ? Demanda-t-il d’un air faussement surpris, qui énerva encore plus la reine.

- Je suis une femme, répliqua méchamment Susan, pas Dieu.

-Avec vous on ne sait jamais, insista l’elfe en la voyant se mettre en colère,  ce qui l’amusait grandement. Il éprouvait une sorte de satisfaction détachée à la vue du visage blafard et pointu, déformé par la rage. »

Mais ce qu’il ignorait en revanche, c’est que Susan était dans une colère noire. Et que, en règle générale, il valait mieux ne pas être au même endroit qu’elle lorsqu’elle se trouvait dans cet état. Elle fulminait littéralement de rage et, sans réfléchir une seule seconde, elle s’approcha de lui à grande enjambées et plaça le poignard que lui avait offert Lucy à la gorge de son compagnon.

-Vous êtes folle ! S’exclama Legolas

- Peut-être ! Explosa Susan, ses yeux lançant des éclairs. Mais je suis vivante et en position de force ! 

Aragorn regarda ses deux amis, choqué. Jamais il n’aurait pu imaginer que les choses s’envenimeraient à ce point. Il fallait absolument qu’il intervienne avant que Legolas rejoigne Boromir.

-Cessez cette folie ! Cria Aragorn. 

Il voulut poser une main amicale sur l’épaule de Susan, mais celle-ci se retourna vivement et le foudroya du regard.

-Touchez-moi et votre main ne touchera plus jamais rien, lâcha-t-elle méchamment.  

Mais sa colère n’impressionnait pas l’homme qui la considéra avec attention.

-Vous savez contrôler votre peur... Répondit-il calmement. Maintenant libérez votre colère. Seule votre haine peut vous détruire.

Susan le regarda comme s’il s’était transformé en orc. Elle ne s’attendait pas à cette phrase. Mais alors pas du tout ! Elle était choquée par la vérité et l’inutilité de ce que son ami venait de dire. Aragorn en profitant pour lui ôter le couteau des mains.

-Cette femme est folle ! S’écria Legolas en faisant de grands gestes.

-Elle est choquée et épuisée, Legolas, répondit Aragorn. Arrêtez de faire l’enfant.

- Elle a tenté de me tuer ! Argumenta l’elfe.

- Si j’avais voulu le faire je l’aurais fait ... Répliqua alors Susan d’une voix glaciale. C’est l’intention qui compte, non ? 

Les nerfs de chacun étaient tendus à l’extrême, et Aragorn et Gimli rirent face aux paroles de la jeune femme mais Legolas la dévisageait, ce qui n’échappa pas à Susan qui le toisa.

-Arrêtez tous les deux ! S’exclama Gimli. Nous avons une longue route !

-Nous diviser ne servirait à rien, renchérit Aragorn. Legolas … Susan … »

L’héritier d’Isildur soupira. Il avait l’impression de se retrouver face à deux enfants qui ne voulaient pas faire la paix ! Leur dispute était futile ! Ils étaient tous à bout de force, physiquement et moralement. Se monter les uns contre les autres était inutile.

-Je m’excuse de m’être emportée ainsi, dit alors Susan sans grande volonté.

-Et je m’excuse d’avoir été désobligeant, ajouta Legolas tout bas.

-Restons soudés, annonça Aragorn avec conviction. Et allons de l’avant.

-Nous n’irons pas très loin sans Gandalf, objecta Gimli piteusement.

- Gandalf sera toujours présent tant qu'il y aura quelqu'un pour lui rester fidèle, dit Susan philosophiquement. 

Les trois autres hochèrent la tête. Ils voulaient y croire. Ils avaient besoin d’y croire. Voyant qu’ils n’avaient plus rien à faire ici, Legolas prit l’initiative du départ.

-Dépêchez-vous, dit-il en poussant une barque à l’eau, Frodon et Sam vont atteindre la rive orientale !

Susan et Aragorn se regardèrent alors. Depuis le moment où Frodon et Sam les avaient quittés, aucun d’entre eux n’avaient même envisagé de courir derrière eux.

-Vous n’avez pas l’intention de les suivre ? demanda alors Legolas même si la réponse était évidente.

-Le destin de Frodon n’est plus entre nos mains, déclara Susan.

-Alors tout aura été fait en vain, gémit Gimli. La communauté a failli.

-Pas si nous restons loyaux les uns envers les autres, dit alors Aragorn plein de conviction. Nous n’abandonnerons pas Merry et Pippin à une mort atroce. Pas tant qu’il nous restera des forces. Débarrassons-nous de tous ce qui n’est pas nécessaire. Voyageons léger. Allons chasser de l’orc.

-Oui ! S’exclama Gimli.

-Sommes-nous unis ? Demanda alors Aragorn, ses yeux brillant d’une étincelle nouvelle. »

Susan le regarda, toute colère passée. Seule résidait la volonté d’aller de l’avant et de sauver ses amis. Ainsi elle lui répondit :

-A la vie, à la mort.