une deuxième journée catastrophique

par lelaï

Le lendemain au réveil, je me découvrais en sous-vêtements en mode étoile de mer sur le dos, la couverture en tas au bout du lit. Je me relevais péniblement sur un coude et regardai autours de moi la tête lourde et en tentant de garder les yeux ouverts. Cela faisait maintenant plusieurs années que je dormais dans le même dortoir avec à peu près les mêmes visages. Au début personne ne se connaissait puis en quelques semaines des groupes d'affinités c'étaient créés et même si je ne faisais partie d'aucun d'eux, je n'étais pas du genre à gêner ou prendre trop de place donc on n'avait jamais cherché à me virer du dortoir où je m'étais installée au départ.

J'en étais assez fière en fait, de me dire qu'au moins on ne me détestait pas. Maigre consolation je sais. Et puis je m'étais habitué à ma chambrée, j'aurai été triste d'en changer. Et mine de rien elles devaient être sacrément sympas et avoir un minimum de savoir-vivre pour ne pas avoir dénoncé depuis tout ce temps mon horrible secret : les dix peluches qui ont élues domicile sur mon lit en première année et qui n'en sont jamais partis...Oui, pour ça, je leur dit merci.

Bref, ma chambrée toute entière semblait en pleine effervescence autours de mon lit, à s'envoyer des vêtements dans tous les sens (pour rien vu qu'elles vont porter une robe de sorcier dessus toute la journée de toute façon mais ne disons rien), et je supposai qu'on devait approcher les sept heure du matin.

Je me levais tout doucement, étirant mes bras de chaque côté de mon corps et assouplissant mon coup en arrière.


- ..T'as pas eu froid à dormir comme ça sans couverture toute la nuit ?


Je me tournai vers la voix et là, gros moment de solitude.


-..Hum...

-..Anna...

-Salut Anna…Ne t'inquiète pas, si j'avais froid je me serai réveillée...


J'étais limite triste pour elle qu'elle essaie encore de m'adresser la parole alors qu'elle devait déjà savoir que ça n'aboutirai jamais à rien avec moi. Et voilà : culpabilité.

Bon on se secoue, on se lève, et direction salle de bain.


En me rendant vers le réfectoire je croisai Hermione et Ron, deux Grifondors plutôt connus du fait de leur lien avec la coqueluche de la maison, Harry. Hermione me fit un léger sourire, preuve qu'il nous restait une légère amitié de ces quelques exposés que nous avions eu à faire ensemble en histoire de la magie. Je lui rendais son sourire mais ne m’arrêtai pas avant d'être assise devant une assiette de bacon et d’œuf brouillés. Je me servi trois verres de jus d'orange à la suite, et je me levai pour partir à mon premier cours de la journée.

Pendant ma douche, j'avais pris une décision : cette année, lorsque je soupçonnerai une énième brimade, je ne tournerai pas même une once d'intérêt vers la personne en question.

Autours des quatre longues tables, la majeure partie des élèves étaient encore en train de manger, les plus vieux le nez plongé dans un bol de café, sûrement en train de se dire « plus qu'un an et l'école c'est fini.. ».

En longeant les tables vers la sortie de la salle, je vis des Serpentards me désigner de la tête avec des sourires annonciateurs de conneries en tout genre mais fidèle à ma décision, je détournais superbement la tête, la gardant haute, comme si je ne les voyais pas. Waouh, fière de moi.


Je sorti mon emploi du temps, potion, bon on peut mieux faire mais au moins je ne risque pas de m'y endormir. Surtout si mes chers amis de ma maison préférée décident de me mener la vie dure.

Ah tient je suis la première. Dans ce cas autant choisir la place la plus discrète possible.

Je posai mes affaires à côté d'un chaudron dans un coin de la pièce et m'assis sur une chaise collée au mur sur lequel je posai ma tête, puis je fermai les yeux.


-Mademoiselle Martin ! Où vous croyez-vous ?


Je me réveillai en sursaut, me levant en catastrophe et ce faisant, je me cognai la tête contre le menton de Rogue. Ouille. Génial.

Je vacillai dangereusement sur le côté mais en tant que professeur, même s'il devait mourir d'envie de me laisser tomber, il me rattrapa et me remit debout en grommelant.


-Quelle plaie ces Grifondors... Ça va, vous avez bien dormi, ça va faire bientôt dix minutes que le cours a commencé je pensais que vous vous réveilleriez mais non, évidemment c'est sans compter sur la fainéantise de votre maison !

Ah...Pourquoi je me suis endormie moi....Et pourquoi personne ne m'a réveillé à la fin !

-Je suis désolé mons..

-J'enlève dix point à Grifondor.


J'entendis des voix s'élever, mécontentes pour certaines, jubilantes pour d'autres, sûrement des Serpentards.


-Vous viendrez vous mettre devant au moins je vous verrais dormir.

-Bien monsieur.


Je me dirigeai donc vers le devant de la classe, traînant mon sac derrière moi comme un fardeau. Arrivée à mi-chemin, je passai devant Malefoy et sa bande et un mec me tapa l'épaule :

-Bravo la miss ! Tu nous facilites la tâche toi !

Malefoy à côté me fixait les sourcils froncés, comme si je l'ennuyais personnellement.

Encore une fois, je me fis violence pour ne pas sembler apeurée ou faire autre chose de stupide, et je continuai ma route, passant mon regard sur eux comme si je ne les voyais pas vraiment.


Le reste de la journée passa assez rapidement, sans trop me faire remarquer et après les cours, je me changeais rapidement en enfilant un débardeur et un short pour profiter du soleil (après tout encore quelques semaines et le froid allait arriver).

Je pris avec moi les quelques devoirs qu'on nous avait donné dans la journée et m'installais sous un arbre à côté du lac. Après avoir terminé une bonne partie d'un sujet sur une potion à rendre la semaine d'après, je décidais de rester un peu. Apparemment je n'étais pas la seule à vouloir profiter du soleil car en l'espace d'une petite heure plusieurs groupes avaient envahi l'espace autours de moi, notamment les filles de ma chambre et mon groupe préféré de Serpentard…

Parmi eux je remarquais Julian, un garçon assez bizarre qui semblait bien avec tout le monde et qui semblais m'apprécier aussi.

Ne me demandez pas pourquoi, il devait apprécier qu'on le regarde comme s'il était fou. En tout cas, il venait de se placer juste entre ma chambrée et moi.


-Salut toi, comment va ta rentrée ?

Aller, on profite que ce soit un gars sympas pour travailler sur le « dialogue », un peu de courage comme dirai ma mère.

-..Hey, bah ça va, tentai-je avec une expression désolé.

Bah oui je ne peux pas m'en empêcher, je me sens tout le temps désolé...Et puis ils m'énervent à me regarder en pensant que je les vois pas autours là !

-Je me demandai : tu as mal dormi cette nuit ? Parce que pour t'endormir comme ça au premier cours de l'année, t'as fais fort quoi !

Vu son sourire immense et comment il semblait se retenir de rire, je supposai que ça avait du bien se moquer dans mon dos.

J'étais à deux doigts de me défendre, autant que faire se peut en tout cas mais juste au moment où j'allais ouvrir la bouche une fille de ma chambre intervint. Et honnêtement j'aurais préféré qu’elle s'abstienne. Là, je vais plus jamais vouloir retourner en société.

Voilà ce qui s’est passé.


« - Ou la non ne t'inquiète pas pour elle, elle a très bien dormis !

-Mais…avais-je tenté d'en placer une.

-ah ? Pourquoi ça ?

-Oh bah tu sais on est parti se coucher plutôt tôt et elle était déjà à moitié à poil étendue en travers de son lit à baver… »

Voila. Très agréable à entendre. Sauf que ce n'est pas fini. Non, voir les trente personnes autours se marrer en me regardant de haut en bas ne lui a pas suffi.

« -Ahaha, on a pris l’habitude maintenant ça ne dérange pas ne t’inquiète pas ! me lança-t-elle.

-Mais...

-La starlette sans ses vêtements…Oh non je ne veux pas y penser ! ricanna un serpentard.

-Je vous jure ça va faire plusieurs années qu'on dort dans le même dortoir qu'elle, et elle n’a toujours pas remarqué qu'elle était la seule à se balader presque sans rien dans la chambre…

-Oui c'est vrai que je m'étais faite la réflexion aussi».


Voila. A ce moment-là, j'étais en train de m'échapper comme je pouvais, voulant fuir les rires, et surtout, surtout, le regard moqueur de cette saleté de Malefoy que je venais à peine de remarquer.

En tout cas, pour que cette fille décide soudainement de me faire un coup pareil, y'a qu'une explication : elle en pince pour Julian et elle se fait des films parce qu’il m’a adressé la parole.

Sauf que je n'en ai rien à faire de ses histoires de cœur, je viens de me prendre la honte de ma vie.

Nan mais sérieux, je ne suis pas la seule à me fiche de ce que les autres (surtout les filles) pensent de mon corps si ? Pourquoi je n'aurai pas le droit de me balader en sous-vêtement dans ma chambre ?


Ok, génial bah maintenant je vais dormir avec trois couches de vêtements merci.

Rahh, et puis c'était quoi ce regard de merde là saleté de Malefoy! Genre à me fixer de bas en haut comme si il essayait d'imaginer ! Beurk je me sens salie là !

De toute façon c'est mort je ne vais pas dormir.