OS 3

par Valouw

Tranches de vie : Apprécie tes vacances !



Ah qu'elle aimait cette ambiance ! C'est d'ailleurs pour ça qu'elle avait choisie de loger dans cette ville. Sur cette minuscule île, cette ville était celle de toutes les bonnes soirées, où les beaux gosses avaient élus domicile et où la plus grande occupation était de bronzer sur les plages de sable fin avec l'océan d'un bleu intense à perte de vue. Et pour couronner le tout, elle logeait dans l'hôtel le plus luxueux de l'île, dans une chambre magnifique d'où elle pouvait admirer la mer, et les couchers de soleil, et sa meilleure amie, Léna Dirham, lui tenait compagnie dans la chambre d'à côté pour ces vacances improvisées. Saint-Gilles, c'était maintenant sa ville. Nul doute que dès qu'elle aurait besoin de respirer, elle viendrait automatiquement ici. Les sorciers y étaient rares, l'île de la Réunion était accueillante, et elle arrivait facilement à nouer des amitiés, moldues ou non qu'importe, la pureté du sang n'était pas son problème. Et puis, les charmants métisses étaient à croquer, même si elle préférait les surfeurs blonds un peu décolorée, presque châtains, avec une peau couleur caramel, des épaules larges.. Miam !

Roxanne Weasley était loin de l'Angleterre et elle appréciait à mort.

Fini les séances de dédicaces à tout va. Fini les objectifs mitrailleurs de Skeeter fille, oui apparemment cette dernière avait hérité de la plume machiavélique de la mère -comment celle-ci avait pu se faire engrosser restait un mystère complet- et tout comme elle, était absorbée par les potins et n'hésitait pas à calomnier quelqu'un d'un peu connu. En effet, Roxanne était devenue écrivain, passionnée par la psychologie de tout un chacun, essayant de comprendre la complexité de l'individu, et si la magie faisait partie de tout le monde, et si elle déterminait le caractère, la personnalité, comment réagissaient plusieurs individus à une même situation. Bref ses romans étaient portés sur un peu de tout, et c'est cela qui plaisait aux lecteurs sorciers. Avec un de ses livres, on ne s'ennuyait jamais, et puis elle donnait un peu de jeunesse à la littérature sorcière. C'est sûr, qu'à 25 ans, un diplôme de Poudlard en poche, et trois ans d'études en littérature en Angleterre, puis deux ans de littérature en France, et deux bouquins hyper connus à son actif, ça forge une réputation.

Bon d'accord, la seule chose qui lui manquait était sa famille, bien qu'elle devait le reconnaître, elle avait besoin de prendre un peu l'air comme elle l'avait fait en partant étudier en France. Et encore, en France, elle était logée chez son cousin, Louis Weasley qu'elle adorait plus que tous ses autres cousins et cousines. Donc, elle n'avait pas été totalement coupée de sa famille.

-Nax, tu peux me mettre de la crème solaire s'il te plaît ? Lui demanda une voix féminine près d'elle.

Nax était son petit nom, accordé à Poudlard dès la première année par Léna Dirham, elle surnommée Naé, une jolie brune aux yeux d'un vert très foncé, presque noirs à l'occasion, et accessoirement meilleure amie de Roxanne Weasley, et Briseuse de Sorts fraîchement diplômée. La jeune femme était égocentrique et capricieuse, personnalité forgée depuis qu'elle était gamine par une vie de luxe procurée par sa famille très connue dans le monde des Sorciers. Mais la Weasley et la Dirham s'adoraient et passaient quasiment tout leur temps libre ensemble.

-Tu n'as pas envie d'utiliser ton charme pour attirer un de ces mecs là-bas pour qu'il vienne te passer de la crème solaire, soupira Nax, en passant une de ses mains en visière.

-Ils n'arrêtent pas de te regarder, répliqua d'une voix vexée Léna.

-Je parie que non, souffla Roxanne en se mettant debout d'un pied agile. De toute façon, il est cinq heures et demi, le soleil se couche dans une heure, et moi je veux qu'on aille se préparer pour sortir !

-Tu veux pas manger d'abord ? S'horrifia Léna.

L'estomac de Léna passait avant la fête, et pourtant celle-ci restait mince comme un fil de fer au grand désespoir de Roxanne, qui elle devait suivre des régimes draconiens, son adolescence lui avait laissé trop de marques, elle qui avait toujours été un peu corpulente. Par quelques régimes, et beaucoup, beaucoup de sport, Roxanne avait réussi à développer une silhouette élancée, bien dans sa peau, et sa peau mate n'enveloppait plus de la graisse, mais des muscles, fins et lisses. Ses yeux d'un vert très clair pétillaient à longueur de journée, d'une lueur malicieuse, et grâce à ces attributs hérités de sa mère, comme des fesses imposantes, et un visage un peu typé, Roxanne passait inaperçue sur l'île, et certains même lui parlaient en créole jusqu'à ce qu'ils comprennent qu'elle n'y comprenait un traitre mot.

-Bien sûr que si. On se commande une pizza dans ma chambre, on se prépare, et on va faire la fête Naé !

Léna mit tragiquement une main sur son cœur, et chuchota : « J'ai cru mourir ! », ce qui fit rire aux éclats son amie, et attira une nouvelle fois l'attention du groupe d'hommes bien bâtis à leur gauche en train de jouer sur un terrain de beach-volley.

-Ils sont vraiment trop bien foutus, sauf qu'ils sont trop loin pour apercevoir quelque chose de leur visage, déplora Léna en ajustant ses lunettes de soleil sur ses yeux.

-C'est autre chose que Poudlard, hein, se moqua Roxanne.

-Totalement, on en est bien loin maintenant, renchérit Léna avant de se lever elle aussi et de s'étirer comme un chat.

Un sifflement appréciateur se fit entendre dans la direction des amateurs de beach-volley, et Léna, ainsi que Roxanne, leur firent de grands saluts, un sourire malicieux aux lèvres, en riant. Après tout, elles étaient en vacances, elles pouvaient jouer aux folles à vingt-cinq ans sonnés, il n'y avait aucun problème.

Et c'est sûr qu'en bikini, on attire les regards. Alors pourquoi ne pas en profiter gentiment ?



*



-Tu vas porter ça ? S'étonna Léna, en enfournant délicatement dans sa bouche, déjà recouverte d'un rouge à lèvres rouge vif, un morceau de pizza aux lardons qu'elle avait commandé.

Les deux amies étaient toutes les deux dans la chambre de Roxanne, Léna déjà habillée d'une robe baby-doll couleur crème qui lui arrivait un peu au-dessus des genoux, et aux manches ballons découvrant un maximum de ses épaules fines. La jolie brune mettait ainsi en valeur ses jambes élancées et sa grande taille, dont elle ne souffrait aucunement, et même qu'elle avait chaussé à ses pieds des jolies sandales à talons, de couleur brune. Elle avait lâchés ses cheveux bruns, qui tombaient totalement lisses sur ses épaules. Bien entendu, elle leur avait lancé un sort de Lissage. Pas bête la Léna. Son amie noiraude avait enfilé une robe bustier courte de couleur bleu nuit, qui allait merveilleusement bien avec sa peau mate, et des escarpins noirs. Roxanne était plus petite que son amie, mais mesurait quand même un bon mètre soixante-huit et les talons ajoutaient quelques centimètres de plus à sa taille, et ses cheveux bouclaient tout autour de sa tête en des parfaites boucles crépues.

-Oui, pourquoi ? Questionna Roxanne, inquiète, en tournant sur elle-même.

-Je crois que tu ne t'es jamais habillée aussi...sexy, lâcha Léna en souriant.

En effet, la noiraude avait toujours été complexée par ses rondeurs d'adolescente, se réfugiant dans la rêverie et dans l'écriture, et celles-ci s'étant transformées en courbe voluptueuses vers la fin de sa septième année, Roxanne n'avait jamais osé être beaucoup plus féminine qu'avant. Juste un peu plus. Mais là c'était le bouquet ! Elle portait un bikini toute la journée, et le soir elle portait une robe bustier minuscule, ne couvrant juste ce qui fallait. C'était un miracle !

-On est en vacances, se justifia Roxanne, en rougissant -bien que ce ne fut pas vraiment visible-, et puis personne ne me connaît à part toi.

-Pas besoin de te justifier Nax, tu es une femme, et tu commences bien à le réaliser ! Se réjouit Léna, en se frottant les mains. On va faire des malheurs, surtout toi.

Roxanne ne prit pas la peine de répondre, et tira la langue, puérile, à sa meilleure amie de toujours. C'était vrai qu'elle commençait à se relâcher, mais c'était tellement jouissif de savoir qu'on pouvait à présent plaire.



*



Sans aucune vérification de leur carte d'identité moldue, fascinés par les deux jeunes femmes, les videurs les laissèrent entrer dans la soirée de La Villa qui promettait ce samedi soir, et aussitôt, elles se sourirent et furent happées par le monde de la nuit de Saint-Gilles. Les regards des hommes luisaient de désir, et les femmes beaucoup moins belles qu'elles eurent des regards d'envie et de jalousie, surtout quand l'homme qui les accompagnait, préférait regarder Roxanne et Léna passer à côté d'eux. Cela les faisait rire, bien que Roxanne se sente un peu mal à l'aise, vu que depuis très récemment, elle commençait à attirer des regards de convoitise, mais heureusement Léna le prenait bien et détendait la noiraude.

Et dès que les deux sorcières eurent commencé à se dandiner sur la piste comme de vraies adolescentes à leur première sortie en boîte, inconscientes des émois qu'elles provoquaient, profitant de chaque moment de la musique qui pulsait à leurs oreilles, envoûtantes, les poussant toujours à danser, danser et danser, un jeune homme d'environ vingt-cinq ans, peut-être plus, vint se coller à Léna, posant délicatement ses mains sur sa taille, et bougeant en rythme avec elle. Roxanne avait un regard désapprobateur mais qui s'enfuit bien vite, car enfin elle venait de réaliser pleinement qu'il était temps de s'amuser, de profiter de ses années à la vingtaine, et ne rien regretter à la trentaine.

Carpe diem.



*



-Nax, franchement, t'abuuuuuuuses.

-Tout ce qui est à toi est à moi Naé, répliqua d'une voix alcoolisée Roxanne. C'est ça l'amitié !

Les deux jeunes femmes étaient entourées de la bande d'amateurs de beach-volley de l'après-midi, qu'elles avaient revu par hasard dans la soirée, et qui les avaient abordées. Évidemment. Et cette exclamation provenait des filles, en effet Roxanne venait de chiper à Léna son verre de Vodka Redbull, sous les rires des beaux jeunes hommes qui les entouraient, dont les visages étaient déjà flous. La Weasley savait qu'un beau métisse embrassait Léna sous ses yeux à l'instant, mais aucune vision du visage, l'alcool moldu faisait déjà trop son effet, et elle , elle était en train de se faire tenir la taille et embrasser le cou par un blond bien foutu, mais là aussi, tout était flou. Ces jeunes hommes lui paraissaient familiers, mais incapable de réfléchir correctement. La Tequila, le Whisky, le Rhum -local, immonde- et les Shooter en tout genre lui montaient à la tête.

Des lèvres se posèrent sur les siennes, et elle se laissa aller. Décadence quand tu nous tiens.



*



C'était comme des tambours qui cognaient dans sa tête, elle avait la bouche pâteuse, et des courbatures se faisaient sentir sur l'ensemble de son corps, qui apparemment avait beaucoup « bougé ». Automatiquement, Roxanne comprit qu'elle avait une formidable gueule de bois, et qu'elle en ressentait les effets dès qu'elle émergeait un peu de son état comateux. En prime, elle sentit qu'elle était blottie contre quelque chose de très confortable, mais en même temps pas mou du tout.

Attendez. Quelque chose de très confortable et pas mou du tout ?

Ouvrant lentement et difficilement ses yeux, la luminosité étant trop forte et son mal de tête se faisant de plus en plus présent, Roxanne eut le regard qui tomba sur un torse d'une couleur très légèrement basanée, due au soleil assurément. C'était déjà ça de bien si elle avait passé la nuit avec celui-là. Maintenant, voyons le visage..

Des cheveux fins d'un blond foncé totalement ébouriffés et avec des mèches d'une taille inégale étaient visibles du point de vue de Roxanne, qui avait la bras du blond autour d'elle, et leurs jambes évidement emmêlées dans les draps. Un coup d'œil rapide au décor lui indiqua qu'ils se trouvaient dans une chambre aux tons marines, sûrement pas d'un hôtel, vu la disposition de la pièce, et le bordel qui y régnait, mais dans une maison, ou un appartement, vu que la chambre avait accès à une petite terrasse par une baie vitrée, et la vue, de ce qu'elle voyait, était magnifique.

Essayant tant bien que mal de se dégager de cet éventuel beau gosse, Roxanne par ses tentatives maladroites s'agrippa le pied dans le drap dans une position bizarre, et en tirant pour se dégager, fit bizarrement tirer quelque chose, et elle se retrouva par terre en deux-trois mouvements plutôt violemment. Belle chute, cela va sans dire. Belle chute dans laquelle elle se rendit compte qu'elle ne portait rien sur elle. Évidemment.

-Oh shit, murmura la noiraude dans sa langue natale.

-Tu l'as dit, grogna une voix rauque au-dessus d'elle, dans le lit.

L'éventuel beau gosse s'était réveillé, et Roxanne en rougit. Heureusement pour elle, une partie du drap était venue dans sa chute, et elle pouvait se couvrir un peu, malgré le fait qu'il l'avait déjà vue nue, bien entendu. Un silence se fit, et elle perçut un mouvement dans le lit, et quand elle vit le visage du blond avec qui elle avait passé la nuit, elle faillit s'évanouir. Ça ne pouvait pas décemment être lui.

-Bonjour toi, commença le blond avec un sourire charmeur.

C'en était trop. Roxanne s'évanouit.



*



-Je savais que je faisais cet effet aux femmes mais bon, se plaignait une voix masculine.

-Il n'empêche que là, espèce d'imbécile, elle est évanouie.

-Léna, c'est ça ? Pousse-toi s'il te plaît, j'vais lui foutre une baffe.

-Je rêve ? Espèce de brute !

-Aucune baffe, je suis réveillée, murmura Roxanne en se relevant doucement, une main sur sa tête. La gueule de bois était toujours aussi omniprésente, et elle n'avait pas eu encore l'occasion de prendre quelque chose contre ça. Relevant la tête vers son amie, elle aperçut le blond de sa nuit, ce n'était décidément pas un mauvais rêve, et un métisse se tenait en arrière, avec un sourire malicieux sur les lèvres. Lui aussi, elle le connaissait, et contrairement à l'autre imbécile, il l'avait apparemment reconnue. Caem Zabini. D'un léger mouvement de tête, elle le salua, et il lui rendit la pareille. Puis, elle se tourna vers Léna et lui fit un faible sourire avant que celle-ci ne fonce sur elle pour lui faire un énorme câlin, sous les yeux rieurs de Caem, et de l'autre imbécile.

-Tu m'as fait une peur bleue ! Cet imbécile a débarqué dans la chambre..heu bref, il te portait dans ses bras, évanouie, un peu affolé. Un peu beaucoup, d'ailleurs, expliqua Léna. Qu'est ce qui t'a provoqué ce trop plein d'émotions, Nax ?!

Elle non plus ne l'avait pas reconnu, ou ne l'avait pas bien regardé trop occupée comme elle devait avoir été par Caem, car il ne faisait aucun doute dans l'esprit embrumé de Roxanne que le métisse qui avait abordé Léna la veille était Caem Zabini, une ancienne connaissance de Poudlard, un ancien Serdaigle, un métisse avec des origines diverses, grand ami de Scorpius Malefoy, meilleur ami d'un de ses cousins, Albus Severus Potter. C'était dans une des nombreuses fêtes que faisaient les adolescents Weasley-Potter qu'elle l'avait connu et avait échangé quelques mots avec lui. Sans plus. Et depuis, ils s'étaient toujours salués poliment lorsqu'ils se croisaient.

Perdue dans les boucles brunes de sa meilleure amie -que voulez vous , le sort de Lissage ne dure pas éternellement-, Roxanne murmura à son oreille de regarder le blond plus attentivement, ce qu'elle fit de suite avant d'écarquiller ses grands yeux d'un vert sapin de surprise. Elle l'avait elle aussi, au final, reconnu, et se retint de ne pas hurler son prénom.

-Je suis désolé, s'excusa le blond, ne sachant visiblement pas de quoi il devait s'excuser.

-Ce n'est pas grave, répondit Roxanne. En tout cas, merci pour euh..la soirée, même si mes souvenirs sont un peu flous.

Non, ils n'étaient pas flous, sa mémoire lui jouait un vilain tour et son esprit ne faisait que lui repasser les scènes qui s'étaient déroulées dans son lit. Encore un coup dans le cœur. Apparemment lui aussi s'en souvenait vu l'ombre qui avait traversé ses beaux yeux bleus couleur orage, et le petit sourire satisfait qui retroussait sur le coin droit ses lèvres fines lui prouvait cette constatation avant qu'il ne laisse échapper un rire.

Constatant qu'elle était enveloppée dans un grand drap blanc, Roxanne soupira. Cette journée ne pouvait pas plus mal commencer, elle revoyait le jeune homme sur qui elle craquait à Poudlard, et qui bien entendu n'avait jamais remarqué vraiment une fille avec l'embonpoint qu'elle avait, elle réalisait qu'elle avait couché avec lui, puis elle s'évanouissait sous le coup de l'émotion, se rendait compte à son réveil que Caem avait couché, lui, avec sa meilleure amie, et que l'autre idiot ne voyait même pas qui elle était.

-Vous êtes des sorcières, n'est-ce pas ? Demanda soudainement Caem, en posant une main sur la taille de Léna, qui rougit de surprise.

Il y eut un terrible blanc, et Léna se mit à pouffer nerveusement. Hé oui, c'était courant chez elle, dès qu'elle était un peu nerveuse, elle se mettait à rire. Doucement mais sûrement.

-Qu'est ce que tu vas imaginer..Vous en êtes ?!

-De Londres, répondit Caem.

Déjà, Roxanne se demandait comment cela se faisait-il que Léna n'avait pas reconnu Caem. Franchement, il était aussi passe-partout que ça ? Non, c'était impossible, il n'avait pas changé d'un poil, bon d'accord il avait un peu grandi, mais très peu, et son visage s'était affiné comme celui de l'autre imbécile. Sinon il avait toujours ses cheveux d'un châtain foncé, sa peau mate, ses grands yeux noirs, son physique d'athlète et son gros nez. Oui, pardonnez Roxanne, mais tout ce qui n'était pas fin était gros. Souvenir de son adolescence mouvementée, perdue dans la graisse. Et puis, c'est vrai qu'il était dans l'année au-dessus d'elles avec l'autre imbécile, mais comme dit plus haut, on ne pouvait pas rater Caem Zabini, surtout quand celui-ci avait été Poursuiveur dans l'équipe de Quidditch de Serdaigle. Mais apparemment, Léna ne s'en souvenait plus, ou alors ne voulait pas s'en souvenir.

Une sonnette d'alarme retentissant dans son esprit, imaginant la réaction de l'autre imbécile si il apprenait qu'il avait couché avec la petite grosse de ses années Poudlardiennes, Roxanne se hâta sans un mot dans la chambre dont elle venait et qu'elle avait reconnu par sa couleur chaude, espérant que ses vêtements y étaient, et qu'elle pourrait enfin enfiler quelque chose d'autre que cet immense drap. Dans le salon -enfin ce qu'elle supposa être le salon-, elle entendit sa meilleure amie discuter avec les deux garçons. Sûrement, elle essayait de soutirer des informations aux garçons, et là, elle reconnaîtrait -enfin- Caem. Et puis c'était normal qu'elle le reconnaisse, non ? Lui et l'autre imbécile avait toujours été collés, quand l'autre n'était pas avec son jumeau. Un bien gentil garçon ce Lysander, bien qu'abusé par Dominique et son charme. C'était pas que Roxanne n'aimait pas Dominique, mais cette dernière, gênée par l'embonpoint de sa cousine, plus jeune, l'ignorait dès qu'elle le pouvait, obsédée par son besoin de perfection.

Refusant de penser à ça, Roxanne, après avoir fouillé la chambre et balancé les draps, trouva ses sous-vêtements et sa robe, qu'elle se dépêcha d'enfiler, et regarda avec dégoût les escarpins noirs. Elle n'aimait pas trop porter des talons, malgré le plaisir qu'elle avait à augmenter sa taille, et préférait mille fois sentir ses orteils dans des ballerines, des tennis, ou des savates. A la limite, des chaussures compensées. S'observant vite fait dans une minuscule glace qui traînait sur un des murs de la chambre, elle arrangea un peu sa coiffure, déjà désastreuse, des boucles s'en échappant partout et se sentit prête à repartir dans le salon, et à filer incognito avec Naé.

-Nax, voici Caem et..Lorcan, fit Léna d'une voix boudeuse, quand elle revint dans le salon.

-Enchanté Nax, continua Lorcan, d'un sourire éblouissant. Son cœur bien sûr manqua un battement et Roxanne eut peur qu'il s'arrête de fonctionner un instant. Quand elle voyait ce sourire qui lui était adressé, elle avait une envie folle de sautiller partout.

-Lorcan, le salua-t-elle d'une voix froide qu'elle avait utilisé pour lui faire comprendre : « On a baisé ensemble, c'est cool, maintenant je veux me casser. », ce que le concerné ne comprit pas, égocentrique comme il était, toujours à croire que toutes les femmes recherchaient sa compagnie -ce qui n'était pas faux mais là n'est pas la question-.

-Ils sont de Poudlard, ajouta Léna sous le regard rieur de Caem, qui y était forcément pour quelque chose.

-Mmh, super.

-C'est drôle que nous ne soyons jamais vus, lança Lorcan à la suite de l'exclamation peu vigoureuse de Roxanne.

Un autre coup dans le cœur. C'est fou, on en était à combien déjà ? Troisième ? Quatrième ?

-Mouais.

-Le hasard fait bien les choses, non ?

-Mmh.

Heureusement, Léna se précipita à la rescousse de son amie, en s'incrustant et précisant qu'elle n'était pas vraiment du matin, et qu'elles allaient rentrer, elles avaient un besoin de se rafraîchir dans leur chambre dans leur hôtel et qu'ils pourraient se retrouver sur la plage l'après-midi même, ou encore un autre jour, leur donnant le numéro de leur chambre et le nom de l'hôtel auquel elles étaient logées. Mais sa diversion n'eut pas totalement l'effet escompté. Lorcan Scamander, puisqu'il s'agissait de lui, n'était pas complètement idiot, et soupçonnait le ton empressé de Léna cacher quelque chose. Lentement, il détailla petit à petit le visage de Roxanne, qui baissa les yeux de gêne, et ses yeux d'un bleu orageux s'écarquillèrent doucement. Mais avant qu'il ne puisse ajouter quoique ce soit, Léna tira Roxanne par son bras et les deux amies partirent d'un pas particulièrement pressé, et plutôt maladroit, suivies du regards par les deux anciens Serdaigles.

-Je la connais, Caem, murmura Lorcan au bout d'un moment.

-Je sais, je sais, répondit le métisse d'une voix lasse avant de se détourner pour aller prendre une douche. Il en avait bien besoin.



*



Ça y était, elle craquait. Léna avait opté pour la conduire immédiatement à l'hôtel, dans la suite de son amie avant qu'une crise ne commence. Et en effet, d'une voix hystérique, Roxanne Lou Weasley hurlait à Léna : « Non mais..C'était Lorcan ! Bordel, c'était Scamander, j'ai couché avec cet abruti de Scamander, et il ne m'a même pas reconnu ! Il m'a pas reconnu ! Merde , c'est pas possible ! J'étais en vacances, en va-can-ces. J'avais pas besoin de lui ! Je dis pas que c'était pas bien, non c'était bien, même plus que bien -rire hystérique- mais non, merde pourquoi Lorcan quoi ?!»

-Tu es en manque de nicotine, Nax.

D'une voix tranquille, Léna Dirham avait répondu à sa meilleure amie qu'elle avait un besoin urgent de nicotine, d'une clope quoi. C'est fou comme elle la connaissait si bien, et tendant sa main vers la table de nuit en bois foncé verni, elle attrapa la boîte de cigarette Marlboro Menthol. Roxanne n'aimait effectivement que les cigarettes mentholées, et elle ne faisait pas ça par snobisme ou besoin d'être classe, non elle venait d'une famille trop simple pour ça, mais elle aimait le léger goût de menthe qui envahissait sa bouche lorsqu'elle tirait une bouffée, et puis ça réduisait considérablement son taux de stress, qui était là pas mal élevé.

Son histoire avec Lorcan, si on pouvait qualifier ça d'histoire, était digne de toute adolescente boutonneuse et grosse. Il était le capitaine de Quidditch de l'équipe de Serdaigle, il était blond, scandaleusement beau, plus intelligent que la moyenne, et il les faisait toutes craquer. Mais Roxanne, dans sa période romanesque romantique, ne s'était pas arrêté à ces détails superficiels. Non non, Lorcan était beaucoup plus de ça, de son point de vue. Il était loyal, sa famille importait plus que tout -et tout le monde l'avait bien vu avec l'histoire de Lysander et Dominique-, il avait le sens de l'humour, et même si il était un peu brute, et n'hésitait pas à rentrer dans les conflits, son orgueil étant aussi très développé, il savait aussi se montrer très compréhensif. Et quand on le voyait, on pouvait lui coller l'étiquette de l'homme viril, quasi-parfait. Oui quasi, parce que môsieur avait aussi de gros défauts. Il était très égocentrique, et possessif. Et pouvait être un vrai abruti, comme on l'avait vu plus tôt. Bien entendu, il ne connaissait pas vraiment Roxanne Weasley, et la connaissait plutôt sous le qualificatif « Sœur-de-Fred-Weasley » ou encore « Cousine-d'un-tel », évidemment. Et puis, la petite grosse à la peau mate, dans les couloirs elle passe plutôt inaperçue. Pas que sa couleur de peau la gêne, mais avec le physique qu'elle avait, tout la gênait chez elle, sauf ses yeux. Rien que ses yeux, yeux qu'elle tenait de son père, ainsi que de son trait de caractère un peu malicieux. Forcément, il ne pouvait pas décemment s'intéresser à elle. C'était les filles comme Lily, Molly, ou encore Léna à qui on s'intéresse, quand on est normal.

-Il ne m'a pas reconnu, chuchota Roxanne en soufflant la dernière bouffée de sa cigarette mentholée. Elle en avait complétement oublié sa gueule de bois.

-Va prendre d'abord une douche, je vais en faire autant, on se retrouve dans quinze minutes à la terrasse de l'hôtel pour le petit-déjeuner.

Le ton de Léna n'admit aucune réplique et Roxanne félicita intérieurement sa meilleure amie pour son côté pragmatique, et surtout sourit à l'idée que la nourriture était vraiment importante pour Léna. Et lorsque cette dernière sortit de la chambre de son amie, Roxanne soupira et se leva lentement vers la magnifique salle de bain qu'elle avait dans sa suite. Il y avait un jacuzzi confortable, une immense baignoire, et il y avait au moins deux lavabos et un immense miroir, qui faisait sûrement le bonheur des femmes, autres que Roxanne, qui gardait quand même un petit côté garçon manqué, malgré ce qu'elle portait.

-Faut le dire, j'ai vraiment pas joué de chance, fit Roxanne en observant son reflet avec une grimace.



*



Quinze minutes plus tard, comme prévu, Roxanne rejoint sa meilleure amie au restaurant de l'hôtel, spacieux comme tout, et très agréable, d'où elle sentait déjà à la porte les senteurs et les arômes qui lui promettaient un très bon petit déjeuner, comme d'habitude. Elle avait enfilé un grand débardeur uni de couleur vert pomme, un petit short en jean à revers et des spartiates brunes. Bien sûr, en-dessous de tout ça, elle portait un maillot deux pièces de couleur noire, vêtement indispensable dans une ville comme St-Gilles, et des lunettes Tom Ford à grosse monture noires étaient posées sur ses cheveux qu'elle avait attachés en une queue haute, et pas tellement volumineuse que ça.

Léna, vêtue d'une courte robe grise un peu transparente, était déjà attablée devant une énorme brioche au sucre et au chocolat, et se régalait. Quand elle vit la noiraude, elle fit un grand geste de la main et l'invita -exagérément- à la rejoindre. Roxanne s'avança vers son amie, et se laissa tomber lourdement sur la chaise. Elle avait faim, mais son estomac était noué. Elle avait vraiment besoin d'une autre cigarette. Heureusement que Léna s'était mis en terrasse !

-Tu n'as vraiment pas reconnu Caem ? Demanda Roxanne en prenant une gorgée de son café que venait de lui servir un beau brun, après avoir allumé sa cigarette.

-Si, mais le matin seulement quand j'ai appris qu'ils étaient sorciers. Tu sais combien je n'étais pas intéressée par le Quidditch à Poudlard, donc forcément au début il ne me disait rien. C'est quand il s'est présenté quand on s'est réveillés que j'ai tiqué, et encore là je doutais encore. A part en Irlande, il n'y a pas dix mille Caem sur Terre, avec la peau aussi bronzée, répondit Léna.

-Et tu ne t'es pas dit non plus que si Caem était là, Scamander serait là aussi, chuchota Roxanne, un peu amère.

-Pas vraiment, répliqua, tranchante, sa meilleure amie. Si j'avais vu son jumeau, passe encore. Mais on ne les a pas revus depuis combien de temps, dis moi ? Six ans. En six ans, personnellement, je ne me serai jamais dit en voyant Caem « Où est Lorcan ? ».

Pour toute réponse, Roxanne grogna. Très peu féminin. Et Léna haussa un sourcil, elle savait que son amie était très irritable sur tout sujet concernant Lorcan, mais bon là elle l'avait baisé, fallait qu'elle commence à dédramatiser cette attirance.

-Mais c'est vraiment le comble. Il aurait pu choisir n'importe quelle autre destination, et il a choisi La Réunion. Si c'est pas jouer de malchance, ça aussi, geignit Roxanne.

-Coup du destin. Ils ont fini par louer une maison meublée avec deux autres potes au lieu de venir dans notre hôtel, comme ils l'avaient prévu au départ.

-Ne commence pas avec ton destin à la con, Naé chérie, riposta Roxanne en prenant une nouvelle bouffée, et en croisant ses jambes. Tu as vraiment passé trop de temps en Divination.

Sans répondre, Léna sourit et croqua dans sa brioche goulument. C'était fou, et évidemment, si on voulait corrompre Léna Dirham, il suffisait de lui proposer quelque chose de bon pour ses papilles gustatives. Ce que Roxanne n'avait pas hésité à faire des centaines de fois.

-Caem te plaît ?

-J'ai couché avec lui, répondit simplement Léna. C'est sûr que de ce côté-là, il me plaît.

-Tu ne lui as jamais adressé la parole à Poudlard, se souvint la noiraude.

-Non, on ne se connaissait pas de toute manière, et on n'était pas de la même année, ni de la même maison. Tout comme Lorcan, il était de ces personnes « connues » parce qu'il faisait du Quidditch, et qu'il était bon, et en prime très très bien foutu. C'était difficile de ne pas savoir qui il était, tout comme c'était difficile de ne pas savoir qui étaient les Potter, qui était ton frère, ou qui était Dominique, Victoire ou Louis. Ils avaient chacun leurs caractéristiques qui faisaient d'eux des personnes connues. Les Potter, pour le rôle de leur père dans la Guerre, ton frère pour ses farces, pire que celles de ton père et de son jumeau apparemment, et les trois derniers parce qu'ils avaient du sang de Vélane qui coulait dans leurs veines. Difficile de faire abstraction de leurs charmes. Je peux aussi te donner l'exemple de Malefoy..

-Non ça ira, la coupa Roxanne. J'ai compris ton raisonnement. Tu veux le revoir ?

-Il a l'air sympa, répondit Léna sans trop s'épancher, ses joues se rosissant délicatement.

-Donc, tu veux le revoir, conclut Roxanne en soupirant et en écrasant son mégot dans le cendrier posé sur leur table.

Tout d'un coup, une idée malsaine traversa l'esprit de Roxanne Weasley.

-Tu lui as dit qui tu étais ? Naé, tu lui a donné ton nom et ton prénom ?!

-Difficile de faire autrement ma chérie, on se réveille, et il se présente complétement « Caem Zabini, enchanté », tu me voyais répondre « Léna, salut. » ? Non quand même.

Panique totale.

-Ils font faire le lien. Caem le sait déjà en plus !

-De quoi ?

-Ils vont savoir qui je suis.

-C'est pas dramatique, Nax, répondit la brunette en penchant la tête sur le côté, suspicieuse.

-Si si, Scamander va être dégoûté, et ça je ne pourrais pas le supporter. Qui aimerait baiser la petite grosse de nos années d'études ? Personne, crois-moi Naé, personne.

Panique. Panique. Panique.

-Respire Nax. Il n'est pas comme ça.

-Si, tous, répliqua Roxanne d'une voix quasi-hystérique, en se crispant les doigts.

-Bon t'as couché avec lui, et alors ? On va pas en faire un drame, et lui non plus. Il a apprécié, toi aussi. Y'a pas de problème.

Respirer. S'apaiser. Naé a raison. Tranquille. Plage. Soleil. Mer. Vent. Bonheur. Vacances.

-J'suis calmée, fit Roxanne en croquant dans un mini pain au chocolat qu'elle venait de piquer dans l'assiette de son amie, ce qui lui valut d'ailleurs un regard furibond.



*



-Devine qui arrive.

Roxanne était entendue sur sa serviette, et prenait le soleil. Tranquillement. Mais la phrase de Léna la fit tiquer, et elle commença à paniquer une nouvelle fois. Elle ne voulait pas le voir, pas aujourd'hui en tout cas. Mais Merlin était contre elle, à tous les coups ! Fermant les yeux instinctivement , Roxanne grogna. Encore un bruit très peu féminin.

-Ce n'est que Caem, Nax. Relax.

Déjà, rien qu'à cette phrase, elle se détendait. Caem, c'était juste Caem. Pas de Lorcan à l'horizon, aucun Scamander.

-Vous avez bien récupéré les filles ? Demanda Caem, aimablement, en arrivant.

Il avait juste souri brièvement à Roxanne, puis avait porté toute son attention sur Léna, ce qui ne déplaisait pas le moins du monde à cette dernière, mais un peu à Roxanne. Évidemment. Comment réagiriez-vous à sa place ? Un mec vient déranger vos vacances avec votre meilleure amie, et vous sentez que les vacances entre meilleures amies vont virer aux vacances je suis toute seule et ma meilleure amie s'est trouvé un gars. Dans ce cas-là, soit vous vous trouvez un mec aussi, soit vous priez intérieurement pour qu'il ne se passe plus rien entre ces deux-là. Peine perdue, vu comment ils se dévoraient du regard. Et se sentant un peu de trop avec toute cette tension sexuelle, Roxanne s'éclipsa en marmonnant un : « Je vais me chercher un truc à boire. » , en posant sur ses yeux ses Tom Ford.

Maintenant elle ne savait pas quoi faire. Oh oui, elle était à Boucan Canot, la plage de Saint-Gilles, et sans aucun problème, elle savait qu'elle pouvait se faire accoster. Mais mince, elle avait un sentiment de frustration, ces vacances entre copines semblaient êtres fichues deux jours après leur arrivée. C'était possible, ça ? Bon d'accord peut-être que c'était l'homme de la vie de sa meilleure amie, super beau, super bien foutu, super intelligent, super drôle -bon ça okay, elle en savait rien- et super riche. Mais quand même, elle avait assez d'égoïsme pour ne pas supporter cette situation ? Et elle savait qu'elle serait obligatoirement la marraine de leur premier gosse, et Lorcan le parrain. Et non, ce plan-là lui disait rien.

D'accord, son imagination l'emportait un peu trop loin. C'était ça de vivre de sa plume.



*



Tandis qu'elle sirotait tranquillement son verre de Coca Light à une des terrasses des mini-restaurants qui bordaient la plage de Boucan Canot, et qu'elle fumait une de ses éternelles cigarettes mentholées, une ombre se mit devant elle, et elle poussa un soupir quand elle vit l'ombre en question se distinguer et s'asseoir en face d'elle avec un énorme sourire qui donnait envie de prendre un ciseau et de le découper pour qu'il n'apparaisse plus jamais sur ce visage.

-Roxanne Weasley, si je m'attendais à ça, commença jovialement Lorcan, en passant une main dans ses cheveux d'un blond cendré.

La jeune femme prit son temps pour répondre, rejetant des volutes de fumée en direction de Lorcan qui ne perdit pas son sourire mais fronça des sourcils imperceptiblement.

-Lorcan Scamander, si je m'attendais à ça, répliqua Roxanne, d'un ton froid, avec un léger sourire ironique.

Il était très difficile de rester de marbre face à un homme tel que lui. Très très difficile.

-Très drôle Roxanne, ça se voit que tu sais manier les mots, commenta Lorcan d'un ton léger, s'attendant à une explosion de la part de la noiraude, mais elle sut se contenir et ne rien laisser paraître, ses yeux étant partiellement cachés sous ses lunettes noires.

-Et pas qu'un peu, Scamander. Pourquoi tu viens empiéter sur mon espace vital, je te prie ?

-Arrête ce ton condescendant avec moi. On a baisé ensemble Roxy, répondit Lorcan, nonchalamment.

-Tu sais qui j'étais ? Demanda Roxanne, les dents serrées, reportant sa cigarette à ses lèvres.

-Tu étais Roxanne Weasley, élève de Gryffondor dans l'année au-dessous de la mienne. Je connaissais tes cousins James, Louis et Albus, et ton frère Fred, pour avoir joué contre eux au Quidditch, je connaissais ta peste de cousine, Dominique. Je connaissais un peu toute ta famille finalement avec les liens que ma mère a avec eux, mais toi je ne t'ai jamais beaucoup parlé.

-Tu m'as parlé une fois Lorcan. Et pourquoi ? Pour faire passer un morceau de parchemin à une Gryffondor de mon année, une vraie pouffe en passant, Daniella Storn.

-Ah oui ? Questionna Lorcan, les yeux dans le vague. Je m'en souviens un peu, qu'est ce qu'elle était nunuche.. Il n'empêche que contrairement à toute ta famille, tu t'es fait plutôt discrète, même si je me souviens très bien de toi.

Cette remarque lui fit recevoir un regard furieux et il sourit. La demoiselle était belle quand elle était en colère.

-Plutôt discrète ? Souffla furieusement Roxanne. J'étais surtout trop en marge de ma si parfaite famille que je ne me faisais pas remarquer, et que les rares personnes qui me connaissaient et m'appréciaient étaient les filles de mon dortoir, et encore ! Et ma famille. Et là aussi, j'en passe. Je n'étais pas assez Weasley pour les autres, malgré mon caractère et ma personnalité !

Lorcan la jaugea du regard un instant, et eut encore un sourire irrésistible, ce qui fit fondre le coeur de la jeune écrivaine qui sentit ses doigts la démanger. Elle aurait pu écrire un livre sur lui, son visage, et la foule de sentiments qu'il provoquait en elle. C'était fou comme il lui faisait encore de l'effet six ans après. Et puis, elle avait aussi ces brusques flashs désagréables -là c'était agréable- d'eux en train de faire l'amour. C'était gênant, et..excitant. Comme si elle avait atteint une sorte de paix intérieure. Bref, un truc de dingue sur lequel elle n'arrivait pas à mettre de mots.

Et lui, lui était assis tranquillement devant elle alors qu'elle s'efforçait de faire taire un peu ses idées sordides trop romanesques de son cerveau de romancière. Torse nu. Pectoraux fins et bien dessinés. Un ventre plat, où elle pouvait voir une fine toison de poils d'un blond foncé partir de son nombril et disparaître sous son short de bain. Huit carrés de chocolat, pas six, et ça c'était hyper sexy. Des épaules larges. Pas un gramme de graisse. Il était vraiment canon, et les regards des Moldues qui passaient à côté d'eux, et d'une en particulier assise un peu plus loin ne laissaient aucun doute à ce qu'elles avaient envie de faire avec ce spécimen. Ce n'était plus le gamin bien foutu et arrogant de Poudlard mais bien un homme aujourd'hui.

-J'ai lu aucun de tes bouquins.

Là, il changeait carrément de sujet, et en prime, il prit une gorgée dans le Coca Light de Roxanne, qui fit semblant de ne rien remarquer, et qui écrasa sa cigarette dans le cendrier en face d'elle en forme de pélican.

-Pas ton style, pas assez subtil pour toi, commenta Roxanne, d'un ton acide.

-Allons se baigner.

-J'ai pas envie.

-Il fait chaud.

-Je reformule ma pensée : j'ai pas envie de me baigner avec toi.

-Tu es méchante, Roxanne. Je n'ai pas vraiment envie d'aller me baigner juste avec Yann et Sébastien.

-Yann et Sébastien ?

-Les deux autres gus qui partagent la maison avec Caem et moi. Deux amis Parisiens.

-Ils sont comment ? Demanda avec un sourire malicieux Roxanne.

Lorcan eut le visage déformé par une indignation exagérée, ce qui fit éclater de rire Roxanne.

-Pas aussi beaux gosses que moi, mon chou.

-J'ai pas fini mon Coca.

Naïvement, elle crut que cette excuse allait décourager Lorcan et qu'il allait partir. Mais non. Il eut un sourire machiavélique, attrapa sa canette de Coca et but le tout d'une gorgée -c'est vrai qu'il en restait peu quand même- et eut ensuite un sourire satisfait en s'essuyant la bouche.

-On y va ?

-C'était mon Coca. Je ne bouge pas tant que tu ne m'en as pas racheté un. Mon Coca Light, c'est sacré.

-Roxy, mon chou, tu es une chieuse, répliqua Lorcan, en se levant brusquement, en attrapant le sac de Roxanne et en la poussant de sa chaise, trop surprise pour riposter, et l'embarqua sur son épaule comme un sac à patates. Après un instant de choc, elle se débattit bien sûr, hurla à la mort, éclata de rire et fulmina, mais trop tard. Il l'avait et la tenait. Rapidement, il déposa son sac sur la plage à côté de deux jeunes hommes aussi bien foutus l'un que l'autre, l'un châtain au physique d'un minet Parisien, et l'autre aux cheveux et aux yeux aussi noirs que la suie, mais la peau un peu plus pâle que tous les autres.

-Je vous présente Roxanne Weasley, une célèbre romancière sorcière typiquement londonienne. Roxy mon chou, le châtain c'est Yann et l'autre Sébastien, dis bonjour.

-DEPOSE MOI ABRUTI DE SCAMANDER !

-Malpolie va, commenta gaiement Lorcan devant les regards amusés de ses deux amis. On va un peu calmer tes ardeurs.

Tout ce qu'il eut comme réponse, c'est la tentative de morsure de Roxanne dans son dos, qui avait décidé d'user de ses dents pour se délivrer. Sa peau contre la sienne était un vrai supplice, surtout qu'elle ne portait que son mini-short et son maillot, dont on ne voyait -bien sûr- que le haut. Et elle sentait ses joues s'enflammer au fur et à mesure. Génial , non ? Bizarrement, elle s'éloignait des personnes sur la plage, et de plus en plus. Et elle comprit ! Il l'entraînait vers la mer. Mais elle n'eut pas le temps de protester qu'il l'avait déjà balancé à l'eau, la tenant fermement par la taille.

« Mais il m'em-merde ! »

Et voilà, elle était dans l'eau, et commençait à perdre sa respiration. Rouspétant encore dans l'eau, elle avait fermé les yeux, et quand Roxanne se sentit remonter -enfin- à la surface, elle prit une grande respiration, et se mit à traiter Lorcan Scamander de tous les noms possibles, en passant par Veracrasse poilu, et Troll des montagnes. Lui, en face d'elle, avait fini par la relâcher et riait. Un rire qui fit perdre tous ses moyens à Roxanne, qui fondait , fondait, fondait. C'est fou l'effet que peut faire un homme super attirant à une femme en pleine possession de ses moyens en temps normal.

-Roxy mon chou, tu n'étais pas vraiment discrète à Poudlard, déclara Lorcan en s'approchant d'elle, ses cheveux mouillés tombant sur son front, des gouttes perlant sur sa bouche. Tu étais la fille de, la sœur de, la cousine de. Et je dois avouer qu'au moins le quart des mâles de Poudlard ont à un moment donné fantasmé sur des courbes enfantines, tes seins un peu trop développés pour une gamine, tes fesses charnues et la couleur de ta peau ajoutée à celle de tes yeux te donnaient un air exotique, qui les entraînaient dans un monde loin de la peau pâle et les manières des petites Anglaises pure souche.

Roxanne Weasley en resta bouche bée, et un air stupide s'inscrit sur son visage, ce qui fit sourire Lorcan Scamander. Elle était à proprement parler sur le cul, et n'aurait jamais imaginé ça. Et Lorcan continua sur sa lancée.

-Et puis avec ta si nombreuse famille, et le joli règlement compte qu'il y a eu entre les Weasley mâles et un certain Zachariah Todd, qui avait plaqué une de tes cousines après un pari sur elle, Lucy je crois, presque aucun garçon ne voulait prendre le risque d'approcher une Weasley. T'avais remarqué quand même que tes cousines devaient aller elles-mêmes chercher leurs copains, sauf pour les bals ?

Cette question resta sans réponse. Les informations défilaient à grande vitesse dans le cerveau de Roxanne. Finalement, elle n'était pas si repoussante que ça, adolescente. Finalement, elle aurait pu avoir un petit copain à Poudlard, ou même deux. Finalement, ses Saint-Valentin n'auraient pas été si déprimantes. Finalement, elle plaisait un peu.

-Je..Je ne m'en étais pas rendu compte, non, déclara Roxanne au bout d'un moment où on n'entendait que le bruit des vagues qui s'échouaient sur la plage, et les cris des enfants qui jouaient.

Lorcan eut un sourire, avant de lui enfoncer rapidement la tête dans l'eau. Comment résister à la tentation ? La jeune femme sortit un instant plus tard, crachotant de l'eau, fulminante et le blond eut droit à un magnifique regard meurtrier de la part de la métisse, ce qui visiblement le ravissait.

-Tu vas payer pour cet affront, Scamander, siffla Nax avant de se jeter sur lui.



*



Trente minutes plus tard, ou quarante-cinq, ils ne savaient plus trop, les deux sorciers sortirent de l'eau en riant. Finalement Roxanne ne trouvait pas la compagnie de Lorcan si désagréable, surtout après avoir joué avec lui comme une vraie gamine. Il était drôle, amusant, et avait de la répartie, ce qu'elle appréciait d'autant plus. Il ne tenait qu'à elle de contrôler les battements irréguliers de son coeur quand il lui souriait ou qu'il la regardait avec une lueur amusée dans le regard, ou au contraire beaucoup plus intensément.

-Mon chou, tu mérites une palme.

-Et pourquoi donc ? S'amusa Roxanne, tout en marchant pour rejoindre son sac que Lorcan avait déposé près de ses deux amis.

-Tu es la première fille avec qui je me baigne qui ne se tortille pas contre moi pour me draguer, ria Lorcan en passant une main dans ses cheveux mouillés pour se dégager la vue.

-Quelle arrogance, Scamander ! Répliqua Roxanne, en secouant la tête, affligée.

Elle n'eut pour toute réplique encore un sourire irrésistible, et c'est avec soulagement qu'elle prit sa serviette de bain entre ses mains pour s'essuyer. Sébastien, qu'elle avait aperçu plus tôt, était étendu sur sa serviette de plage, visiblement en train de bronzer -ce qui était nécessaire vu la couleur de sa peau-, et quand il les entendirent parler près de lui, il souleva le bouquin qu'il avait posé sur ses yeux et sourit doucement à la vue de la jeune femme.

-Tu étais avec Lorcan hier soir non ? Demanda-t-il.

Roxanne hocha la tête, méfiante, et quand elle vit un sourire sincère, et non moqueur, de la part du jeune homme, elle sourit à son tour.

-Roxanne Weasley, se présenta-t-elle.

-Sébastien Deveaux, enchanté Roxanne.

Il faisait preuve d'une galanterie toute parisienne, de la haute société cela va sans dire, qui lui faisait penser à Valentine, la fiancée de Albus son cousin, bientôt femme d'ailleurs. Un instant, elle se demanda si Sébastien connaissait Valentine. Sûrement.

-Il est passé où Yann ? Demanda Lorcan, en s'essuyant le torse -Roxanne dut détourner les yeux à cette vision-.

-Môsieur est allé chercher quelque chose à boire.

-Je vais aller aussi chercher un truc à boire. Roxanne, tu veux quelque chose ? Non ne dis rien, Coca Light ?

Encore ce sourire. Roxanne fondit, acquiesça doucement, et essaya de se concentrer sur autre chose que les fesses magnifiques de Lorcan, moulées dans son short de bain mouillé, qui s'éloignait.

-Alors comme ça, tu es une sorcière ?

Typique. Il engageait la conversation d'un ton si naturel que la jeune femme sentit qu'elle allait se faire un très bon ami. Le genre de personnes comme Sébastien lui donnaient instinctivement confiance. Elle le détailla brièvement avant de donner une réponse. Il avait les cheveux d'un noir de jais, des yeux aussi noirs, un torse fin, pas très musclé, mais qui allait bien avec son visage osseux et des sourcils un peu arqués. Il était mince, très mince, et lui donnait l'impression d'avoir été toute sa vie dans une bulle, protégé comme une fleur fragile. Mais il n'en était pas moins beau gosse que Lorcan.

-Oui, j'étais à Poudlard, mais j'imagine que tu le sais déjà, sourit Roxanne.

-En effet, s'amusa Sébastien. J'étais personnellement à Châteaubriant, l'école de sorcellerie française pour garçons. Tu connais sûrement Beauxbâtons ?

-Une de mes tantes y était. C'est l'équivalent , non ?

-En un peu moins glorieux, répondit Sébastien. Tu dis que ta tante était à Beauxbâtons ?

-Oui, Fleur Weasley, son nom de jeune fille était Delacour.

-Ah les Delacour. Grande famille française en effet, acquiesça le jeune homme. J'avais ouï dire qu'il y avait une branche anglaise à présent. Cela doit concerner ta tante.

-Sûrement, répondit gaiement Roxanne en s'asseyant dans le sable.

-Et ne serais-tu pas romancière par hasard ?

-Si.

Sébastien savait ce qu'elle faisait et ça la ravissait déjà.

-J'aime bien tes livres. Ils rajeunissent vraiment la littérature sorcière.

-Si on ne se connaissait pas que depuis dix minutes, je te sauterai au cou Sébastien, déclara sincèrement Roxanne, avec un sourire d'oreille à oreille qui illuminait son visage.

Le jeune homme éclata de rire, et Roxanne le suivit juste après. C'était si bon de rire sincèrement avec quelqu'un qu'on connaissait à peine et qu'on appréciait déjà.

-Coca Light pour mademoiselle Weasley, s'annonça Lorcan, en prenant une pose ridicule de serveur. Près de lui, Yann en faisait de même.

-Et un Ice Tea Mangue pour mon choupinet d'amour, se moqua le jeune homme châtain en tendant pompeusement une canette à Sébastien, ce qui lui valut une tape derrière la tête de Lorcan.

Puis, les deux compères s'assirent près de Sébastien et Roxanne, Yann s'étendant de tout son long sur sa serviette, et Lorcan se posant derrière Roxanne, les jambes autour de cette dernière, sans la toucher. La jeune femme s'en étonna, mais ne dit rien. Ils avaient conclu une sorte d'entente cordiale, et elle ne voulait pas la rompre, surtout qu'elle voulait continuer à discuter avec Sébastien. Et elle se mit à détailler cette fois Yann, l'autre Parisien. Ses cheveux châtains étaient coupés courts, avec une frange sur le côté, il avait de grands yeux bleus limpides, un nez droit, une bouche pleine, un menton très peu proéminent, des hanches minces, et avait une carrure plus qu'appréciable. Il avait surtout l'air d'un grand joueur, malicieux, et lui faisait un peu penser à son oncle Fred, décédé, sur les photos qu'elle avait de lui avec son père.

-Roxy mon chou, on est invités à une soirée ce soir. Ça te dit de venir ?

-Euh.

-Caem a sûrement déjà invité Léna, insista Lorcan, avec un air dédaigneux.

Apparemment, lui non plus ne prenait pas très bien que son meilleur ami décide de conter fleurette à une femme pendant leurs vacances et de le laisser seul Anglais au beau milieu de ces deux Parisiens et des « autochtones ». Oui mais eux, étaient là depuis deux semaines ! Il n'y avait aucune ressemblance avec la situation de Roxanne.

-Qui est Léna ? Demanda Sébastien, poliment.

-Voyons Séb ! N'as-tu pas vu les étoiles dans les yeux de Caem hier soir et ce matin ? Se moqua, malicieusement, Yann, en ouvrant grand les bras de manière exagérée. Ah Léna, soleil de ses jours, lunes de ses nuits, son oasis dans le désert.

Sébastien soupira, et se tourna vers Lorcan qui lui murmura : « C'est la brune de hier soir, l'amie de Roxanne. ». Sébastien hocha la tête d'un mouvement entendu, et sourit.

-Alors tu viens mon chou ?

-Arrête de m'appeler mon chou, ça m'horripile. Et oui je viens, si vous avez le droit d'emmener des gens.

Gros mensonge pour la première phrase. Hypothèse pour la deuxième.

-Et vlan, un vent pour Lorcan !

-Yann, soupira Sébastien, en se rallongeant et en posant le livre qu'il lisait sur ses yeux.

Et c'est ainsi qu'elle passa son déjeuner et son après-midi avec les trois jeunes hommes, Caem et Léna ayant disparu on-ne-sait-où. Malgré elle, bien malgré elle, elle s'attacha beaucoup à chacun des trois hommes, chacun différemment. Chez Yann Chaumont et son insouciance joueuse, elle retrouvait également un peu de son frère Fred, et adorait ses taquineries teintées de drame et de poésie, normal Yann était comédien, aussi bien chez les sorciers que chez les moldus, et il avait déjà quelques grosses pièces à son actif. Chez Sébastien, elle découvrait la fragilité et la sensibilité profonde d'un homme, et avait eu des discussions très sérieuses avec lui, tous les deux passionnés de littérature, et découvrit que Sébastien Deveaux était un architecte sorcier, et avait déjà lui aussi une petite réputation, surtout aux États-Unis, qu'il lui promit de lui faire visiter. Quant à Lorcan, elle apprit qu'il était devenu journaliste sportif international pour le compte de Wizard&Sport, le journal sportif sorcier où sa cousine Lucy Weasley avait d'ailleurs commencé à travailler depuis peu, et découvrait beaucoup plus en profondeur la personnalité de celui-ci, ce qui l'émouvait énormément : il était encore plus accompli qu'à Poudlard. Ils s'étaient déjà tous fait une petite carrière, et Roxanne ne put s'empêcher de montrer son admiration à chacun -enfin un peu moins à Lorcan bien sûr pour montrer qu'elle n'était pas intéressée, ce qui était totalement faux-, qui le lui rendirent bien. Si elle avait bien compris, ils s'étaient connus plus au moins au hasard, avec des relations communes, et s'étaient rapprochés au fil du temps.

L'avantage bonus dans cette demi-journée : le regard meurtrier des femmes qui les entouraient de près ou de loin. C'était pire que jouissif.



*



-Lorcan !

-Quoi mon chou ? Demanda le dénommé d'un air innocent.

-Qu'est-ce que tu fiches dans ma suite ?!

Roxanne Lou Weasley avait le corps entouré d'une serviette blanche, qui cachait à peine sa poitrine et son sexe, et ses cheveux mouillés tombaient sur ses épaules en boucles d'un brun très foncé, presque noir. Elle sortait à peine de la douche, et avait eu la désagréable surprise de voir Lorcan allongé sur son lit immense comme chez lui, un air amusé sur le visage et détaillant chacune de ses courbes avec une lueur de désir dans ses yeux bleus couleur orage.

-Caem voulait venir plus tôt pour voir Léna, je l'ai accompagné, éluda le blond en haussant les épaules. Tu comptes sortir dans cette tenue, mon chou ?

-Bien sûr que non !

-C'est bien, je veux être le seul à profiter de ce spectacle, chuchota Lorcan d'une voix rauque.

Forcément, comment ne pas rougir face à ce compliment -caché- que lui faisait ce beau gosse, allongé sur son lit, vêtu d'un débardeur bleu foncé, et d'un jean, comme s'il n'attendait qu'elle ?

-J'aimerais bien que tu sortes, j'aimerais m'habiller, exigea Roxanne d'une voix plus sèche qu'elle ne l'aurait voulu, ce qui fit tiquer Lorcan, et un sourire étira ses lèvres. Dangereux.

-Pas besoin de faire ton cinéma, mon chou. Je t'ai déjà vu nue.

Et là, les gouttes d'eau qu'elle n'avait pas parfaitement enlevé se glissaient, malicieux, entre ses seins. Lorcan déglutit discrètement. Tout chez cette femme lui donnait envie de lui sauter dessus et de la dévorer toute crue. Comment cela se faisait-il qu'à Poudlard, il ne s'était jamais intéressé à la teinte de ses yeux ? Aux boucles crépues de ces cheveux ? A sa peau si délicieuse ? A ses fesses si charnues ? A ses seins si délicatement proportionnés ? A son regard si envoutant ? Au timbre si profond de sa voix ? A sa personnalité si intéressante ? Qu'il avait été bête de s'intéresser uniquement au physique. Quoique...Si il avait connu Roxanne et qu'il l'avait apprécié comme elle était, elle n'aurait peut-être pas eu ce physique aujourd'hui, qui lui allait comme un gant. Qui sait ?

-Que tu m'aies vu une fois ne veut pas dire que tu peux à chaque fois.

-Quelle rabat-joie tu fais.

-Merci, et sors.

-Je ferme les yeux.

-Lorcan, soupira la jeune femme, consciente de ne jamais gagner ce round.

Elle allait devoir s'habiller dans la salle de bain. Le hic, c'est qu'elle n'avait pas encore choisi sa tenue de ce soir.

-C'est une soirée décontractée, Lorcan ?

-C'est un groupe de filles en colocation qui nous ont invité, y'a deux jours. Elles ont craqué sur nous, évidemment, et nous ont dit qu'on pouvait amener pleins d'amis à nous, si on voulait, répondit Lorcan d'une voix amusée en fermant les yeux à demi. Petite maison au bord de la plage avec piscine. Y'aura du monde. Je dirais, soirée décontractée. Ne mets rien de très joli.

-Pourquoi ? S'étonna Roxanne en haussant un sourcil, devant sa valise.

-Je te veux juste pour moi.

La sorcière décida de ne rien répondre, et sourit imperceptiblement toute seule.

-Tu n'aurais jamais dit ça à Poudlard, murmura la jeune femme, en triant ses affaires pour en sortir un soutien-gorge noir et le boxer assorti. Très simple.

-Qui sait ? Tout ce qui compte, c'est ici et maintenant. T'as pas plutôt de la lingerie en dentelle ?

-Oh, shut up Lorcan, s'amusa Roxanne, en gardant ce qu'elle avait choisi près de sa valise, et fouillant ensuite à la recherche de quelque chose de potable pour ce genre de soirée.

Triomphalement, au bout de deux minutes de recherche, Roxanne brandit une tunique bleue à manches aussi fines que celles d'un marcel. Lorcan leva la tête de l'oreiller, sur lequel il commençait à somnoler, et fronça les sourcils. Il attendait que la tunique soit sur Roxanne pour pouvoir juger et dire son avis. Si il ne tenait qu'à lui, ils passeraient la soirée tous les deux dans ce lit si grand qu'il devait avoir été fait pour qu'on y fasse l'amour.

Deux minutes plus tard, Roxanne sortit de la salle de bain dans laquelle elle s'était réfugiée sous l'indignation de Lorcan, habillée. La tunique s'évasait jusqu'aux genoux, et avait un décolleté rond plutôt acceptable. La couleur bleue de la tunique allait bien avec la peau bien bronzée, presque caramel, de la jeune femme et Lorcan ne put s'empêcher de détailler tout le corps qui se tenait devant lui. Elle allait en attirer des mecs, ce soir. Se passant une main agacée dans ses cheveux, il se décida à l'empêcher. Il n'aimait pas du tout, alors pas du tout, que l'on marche sur ses plates-bandes.

-C'est pas beau.

Le visage de Roxanne s'affaissa, et elle tourna sur elle-même pour se donner une contenance.

-Je trouve que ça va , moi.

-Non.

-T'es insupportable, Lorcan. Tu m'énerves à vouloir tout le temps dire ton mot sur tout. Je vais me changer , mais tu n'auras plus ton mot à dire sur ce que je porte.

Elle était clairement vexée, et Lorcan en ricana intérieurement. Sauf qu'une idée dérangeante s'insinua dans son esprit. Roxanne allait mettre quelque chose de mieux, et non enlaidissant.

« Eh shit. »

Trois minutes plus tard, Roxanne était vêtue d'un débardeur de couleur indigo, et d'un jean bien serré en denim noir, qui ne cachait rien de ses courbes, le tout accompagné de talons hauts noirs, et d'un petit collier avec un médaillon. Ses cheveux bruns bouclés étaient détachés, et encadraient joliment son visage -maintenant- fin. Lorcan soupira, et ne fit aucun commentaire, mais ne put lâcher un petit « Sexy. » avant de détourner le regard, boudeur. Il allait vraiment avoir du mal à la garder.

-Tu boudes Lorcan ?

-Non..Évidemment !

-Pourquoi ? Demanda Roxanne, en haussant un sourcil tout en fourrant son nécessaire dans un sac à main en cuir noir.

-Comment je vais faire maintenant pour garder les mecs à distance de toi à part jeter un Sort de Bouclier, hein ? Déclara Lorcan, une moue boudeuse irrésistible accrochée au visage.

Roxanne eut un sourire, et Lorcan se renfrogna encore plus. Il avait l'impression d'être un gamin qui faisait un caprice.

-Je les tiendrais à distance moi-même, don't worry, répliqua la jeune femme londonienne d'une voix douce.

Le visage du blond s'illumina d'un grand sourire.



*



-Naé, je n'aime pas ça.

-Ne panique pas Nax, pitié.

-Ne me dis pas que tu paniques, toi !

-Si, trop.

-Shit. Caem et toi..hum.

-Oui je sais, il est vraiment trop..trop trop quoi.

-T'as craqué.

-Nax, m'enfonce pas s'il te plaaaaaaaaaaît.

-Je veux être la marraine de votre premier gosse.

-Et moi celle du tien et de Lorcan...Ben recrache pas ton verre ! Donne-le moi plutôt, tu gaspilles là Nax chérie.

-On est pas soules là.

-Non juste assez pompettes pour dire qu'on va avoir des gosses avec des mecs qu'on connaît depuis deux jours officiellement. Officieusement, c'est tout autre chose en effet. Surtout pour toi.

-Shut up.



*



Caem s'amusait à faire tourner Léna sur elle-même, vêtue d'un bustier rouge et d'une jupe blanche ample. Lui-même était vêtu d'un tee-shirt bleu marine avec des écritures blanches, et d'un jean. Roxanne les contemplait doucement, sa cigarette mentholée à la main, assise sur un fauteuil en bois. Ils étaient beaux tous les deux, et leurs sourires en disaient autant que les étoiles dans leurs yeux. C'était comme si ils se connaissaient depuis toujours. Et ce spectacle avait quelque chose d'émouvant. C'est donc en tirant lentement sur sa cigarette qu'elle continua à contempler les deux amants qui dansaient, déjà amoureux. Là aussi, ses doigts la démangeaient, elle avait envie de tirer de cette vision une parcelle d'éternité, une trace sur papier, un portrait d'eux avec des mots.

-Hé Roxanne, murmura Sébastien près d'elle, en lui posant une main sur l'épaule.

-Mh.

Roxanne était encore absorbée par le couple.

-Lorcan nous fait une petite crise d'égoïsme sur la plage. Va le voir s'il te plaît.

Sans rouspéter, et se demandant ce qu'avait encore Lorcan Scamander, Roxanne se leva de son fauteuil, croisa le regard méchant de l'organisatrice de la soirée et sa bouche plissée en une moue méprisante. Qu'elle aille au diable , elle n'avait pas demandé à avoir Lorcan dans sa vie. D'ailleurs, elle trouva ce dernier dans un coin, assis dans le sable en tailleur, le regard fixé sur la mer sombre. Sûrement en train de ruminer de sombres pensées. Ses cheveux voletaient autour de son visage avec la légère brise, et le débardeur découvrait ses épaules larges et appétissantes, et ses muscles fins.

-Lorcan ?

Roxanne s'assit maladroitement près de lui, ayant un peu bu, et aspira une longue bouffée de sa cigarette mentholée. La dernière bouffée.

-Qu'est ce qui se passe Lorcan ?

Le dit Lorcan tourna sa tête vers elle, le regard bleu orageux sombre, aussi sombre que la mer, et le visage un peu renfermé.

-Tu avais dit que tu les tiendrais à distance, essaya de plaisanter Lorcan, mais Roxanne ne fut pas dupe. Il était très clairement renfrogné parce qu'elle avait dansé un peu collé serré avec un mec.

-C'est une crise de jalousie.

-Peut-être mon chou.

-On n'est pas ensemble, Lorcan.

Ceci dit, le blond eut un éclair triste dans son regard, et Roxanne se pinça les lèvres. Elle n'aurait pas voulu le dire tel quel mais c'était une réalité. Ils avaient couché ensemble, passé une très bonne après-midi ensuite sans aucun geste affectueux, sauf de la part du blond, et allait à une soirée avec des amis. Mais ils n'étaient pas ensemble.

-Il n'est jamais trop tard pour rattraper le temps perdu hein Roxanne, chuchota Lorcan du bout des lèvres. Même si Poudlard est loin.

Elle savait à quoi il pensait ce coup-ci. Il pensait au bon temps qu'ils avaient passé ensemble, à rire, à se taquiner, à se disputer, comme des vrais amis. Quasiment comme un couple, en fait.

-C'est vrai. Je suis contente de t'avoir revu finalement.

-Merci, moi pareil.

Ils restèrent ensemble un instant dans le silence des vagues, et le fond de musique qu'ils entendaient de la maison. Tout d'un coup, la musique changea, et Lorcan, reconnaissant la chanson, se leva, se mit en face de Roxanne, et sourit en commençant à chantonner doucement.

-Roxaaaaaaanne, you don't have to put on the red light. On the street, for money. You don't care or if is wrong or if is right.

La concernée se mit à rire, lui prit la main qu'il lui tendait, et le tira vers elle. Il tomba à genoux sur le sable, en face d'elle, les jambes de Roxanne étendues entre ses jambes, et il lui sourit. Encore ce sourire trop dangereux pour elle. Lentement, il prit une de ses mèches qui s'étaient échappées et la fixa droit dans les yeux. Trop pétrifiée pour faire quoique ce soit à part accrocher son regard vert au sien, Roxanne haleta, tandis qu'il se rapprochait de plus en plus de son visage. Et ce salaud faisait durer la douce torture, avançant centimètres par centimètres, puis millimètres par millimètres. Doucement, il cueillit le creux de son visage avec sa main, grande et douce. Tout en lui respirait la virilité. Trop. Vraiment trop tentant.

-Lorcan, murmura Roxanne.

-Chut, répondit de suite le blond.

Leurs souffles se mêlaient, trop rapides, incontrôlés, et enfin -enfin- Lorcan s'empara des lèvres de la jeune femme, provoquant en elle un soupir de plaisir. La nuit sombre les entourait de son aura rassurante d'intimité.



*



Une semaine et demi plus tard.

-C'est trop beau ! S'extasia Léna, le bras de Caem posé autour de sa taille.

-Et on va rester là trois jours, si c'est pas le rêve ça ça, renchérit Roxanne, ses yeux verts ouverts comme ceux d'une gamine devant son cadeau de Noël.

-On dit merci qui les filles ? Se moqua Yann.

En disant ça, il s'attendait sûrement à des remerciements enthousiastes, un peu attendrissants, et non à deux fusées qui foncèrent lui faire un câlin en même temps, et qui le firent tomber sur les fesses dans l'herbe verte. Les trois garçons avaient réservé deux chambres de deux pour la fin de leur voyage trois jours dans une maison d'hôtes dans le cirque de Salazie, pour bien décompresser entouré de montagnes, d'herbe verte, et l'air frais comme oxygène. Et ils avaient décidé d'inviter les filles avec qui ils étaient quasiment tous les jours depuis qu'ils les avaient rencontré. Encore heureux qu'ils pouvaient changer leurs réservations: ils avaient finalement réservé deux chambres de trois, les seules qu'ils pouvaient louer.

-Et moi j'ai pas droit à un câlin ? Se renfrogna Lorcan.

-On s'est pas plaint nous, mec, fit remarquer Caem, avec un grand sourire.

-Pas faux, appuya Sébastien, en soutenant perfidement Caem.

Lorcan fit une moue boudeuse -il était très doué pour ça-, qui fit rire tout le monde présent. Habillé d'un tee-shirt à manches longues couleur ocre, d'un jean, de chaussures pour randonnée, il avait croisé ses bras sur son torse, et affichait une mimique craquante. Si craquante que Caem s'approcha de lui, et lui pinça les joues à la manière d'une grand-mère un peu gâteuse, ce qui déclencha de nouveau des éclats d'hilarité du groupe.

-Je prends la chambre avec Roxanne !

-Hé non Lorcan, mademoiselle Weasley a déjà réservé avec Léna et Caem, déclara Sébastien d'un ton mièvre, juste pour faire enrager son ami. Il trouvait en effet très drôle les petites crises de jalousie que faisait Lorcan pour tout ce qui concernait Roxanne. Il savait qu'à la petite soirée qui datait d'une semaine et demi, Lorcan avait réussi à embrasser la donzelle, mais depuis nada. Niet.

-Désolé Lorcan, se retint de rire Roxanne, en se relevant et en époussetant son jean.

-J'ai vraiment pas de chance.



*



-Ce dîner au feu de bois était vraiment bien organisé, commenta Léna, blottie dans les bras de Caem.

Les cinq sorciers avaient décidé de préparer leur propre dîner -enfin dîner, c'était un grand mot- avec des provisions qu'ils avaient préalablement emportée, et avaient grâce à la magie enflammé des branches de bois sèche, prêtées par la maison d'hôtes, serviable. L'air était frisquet, et la plupart portait un pull, ou quelque chose de chaud. L'air frais mélangé à l'odeur de l'herbe leur ravissait les poumons, et ils sentaient le stress et l'étouffement de leurs villes respectives bien loin.

-J'ai un peu sommeil maintenant. Quelle heure est-il ? Demanda Sébastien à la cantonade.

-Deux heures du matin Séb, répondit Yann, en passant les mains derrière sa tête.

-On va aller se coucher, sinon on ne sera pas en forme pour notre petite randonnée demain, décida Caem. Allez les enfants, au lit !

-Oui papa, se moqua Lorcan.



*



-Dormez dans le grand lit, je vous dis, insista Roxanne.

-Nax, tu ne vas pas dormir sur le matelas tout de même, s'inquiéta Léna, ne sachant pas vraiment quoi décider.

Caem se tenait sur le côté, vêtu d'un tee-shirt blanc, tranchant avec la couleur de sa peau, et d'un pantalon de pyjama. Lui, ça le dérangeait pas vraiment de dormir sur le matelas, mais il préférait laisser les filles décider, même si ça le gênait un peu de partager une chambre avec Léna et Roxanne. Lorcan, Yann et Sébastien avaient fait justement des allusions grivoises à cette situation quelque peu..orthodoxe.

-Je peux aller dormir dans la chambre des garçons aussi les filles, intervint Caem.

La tête de Roxanne, quand elle se tourna vers lui, lui fit impression, et il décida de reculer d'un pas, et de ne plus utiliser sa voix jusqu'à la fin des négociations.

-Hors de question, Caem ! JE dors sur le matelas, VOUS dormez dans le lit ! Non mais je rêve ! JE décide, un point c'est tout.

N'osant pas contrarier ce petit bout de femme, les bras campés sur ses hanches, l'air sévère, et le pied tapant contre le sol, prouvant son agacement, Caem et Léna hochèrent la tête. Comme de bons petits soldats.



*



Ruminant sur son matelas, entendant les respirations paisibles de Léna et Caem, blottis l'un contre l'autre, Roxanne prit une importante décision. Elle ne pouvait décemment pas dormir dans la même chambre que deux amants, c'était en fait très gênant, et même si elle avait demandé à être avec eux dans le but d'échapper à Lorcan, elle se leva en douce, et sortit de la chambre sans faire de bruit. Dans le noir complet, elle repéra la chambre des trois garçons, et même si sa mère trouverait ça incorrect tout de même, elle murmura un léger « Alohomora » en pointant sa baguette sur la serrure, et entra. La pièce était plongée dans le noir, mais un filet de lumière provenant du dehors éclairait légèrement la pièce, et Roxanne put distinguer Yann et Sébastien affalés sur le lit, avec Yann qui bavait un peu. Cela la fit sourire, et doucement, elle remit correctement le drap sur les deux français. Mine de rien, elle s'était attachée à eux pendant ces dix jours, et regrettait qu'ils partent dans quatre jours. Le temps était passé trop vite en leur compagnie, et leurs vacances allaient leur paraître bien mornes quand Léna et elles seraient seules dans leurs suites et non toujours fourrées dans la maison qu'ils avaient loué.

Puis elle observa Lorcan, qui dormait comme un bienheureux sur le matelas, torse nu malgré la fraîcheur, et avec un pantalon de pyjama. Un drap était posé en travers de son corps, et il était positionné sur le dos, mais miraculeusement, sur le côté du matelas, il restait une place où une personne pouvait aisément se fourrer. Roxanne le soupçonna instantanément d'avoir utilisé un sortilège d'Agrandissement, ce qui n'était pas plus mal. En poussant un peu le blond, et en évitant d'observer son visage, craignant de ne plus pouvoir bouger ensuite tant il était beau, vulnérable et tranquille, Roxanne s'installa près de lui en tirant un peu sur son immense tee-shirt de nuit qui ne ressemblait à rien. Elle ne risquait pas de le tenter dans cette tenue si il se réveillait.

Se tortillant un peu pour trouver une bonne position, et essayant de choper un morceau de drap, Roxanne donna un coup de coude par mégarde à Lorcan, et retint son souffle quand elle entendit celui-ci pousser un soupir.

-Hé, qu'est-ce que tu fais là ? Demanda d'une voix endormie Lorcan, sans plus, avec un petit sourire.

-Heu, je ne voulais pas rester dans la même chambre où deux amants dorment, s'expliqua Roxanne tout en murmurant, avec un air contrit. Tu partages ton matelas ?

-Tu sais que je ne peux jamais rien te refuser, répliqua Lorcan en passant un bras autour du corps de Roxanne, leur laissant de la place pour dormir, largement. Ils avaient presque l'air d'un couple dans cette position. Lorcan avait un bras autour de la taille de Roxanne, leurs visages étaient face à face, et leurs regards étaient plongés l'un dans l'autre. Ça leur était malheureusement arrivé souvent dès que leurs regards se croisaient.

-Dors maintenant, exigea Lorcan en lui posant un baiser sur le nez, et en fermant les yeux, se préparant à se rendormir.

-Bonne nuit, chuchota Roxanne.

Mais il s'était déjà endormi.



*



Le lendemain matin, Yann et Sébastien eurent la surprise de trouver Roxanne et Lorcan sur le matelas, blottis l'un contre l'autre. Alors que dans l'autre chambre, Léna et Caem ne se posèrent pas plus de questions, et profitèrent de ce temps de répit pour se redécouvrir.



*



Quatre jours plus tard.

-Bon, c'est fini.

Sébastien prit dans ses bras la Weasley, qui sentait ses yeux commencer à s'humidifier. C'était l'heure de se dire au revoir, le Portoloin de garçons partant dans cinq minutes, direction Paris pour les deux sorciers français, et dans dix minutes, direction Londres pour les deux sorciers anglais.

-T'inquiètes pas ma belle, on se reverra. Dès que tu viens à Paris, tu viens chez moi.

Yann s'approcha, un sourire accroché au visage.

-Ou chez moi. Et quand on viendra à Londres, on viendra squatter chez toi. Tu vas vite regretter de nous avoir connu.

Bien sûr, cette phrase dérida un peu Roxanne, qui éclata en sanglots, et qui s'empara du col de Yann pour le rapprocher pour un petit câlin à trois. Oh oui, she'll miss them. Léna, la capricieuse Léna, leur ordonna d'une voix émue de se séparer avant de se jeter dans la mêlée pour participer au câlin.

-Vous allez terriblement me manquer, tous, précisa Roxanne en souriant à Caem, et à Lorcan. Ce sera dans cinq minutes vos embrassades, mens.

Les deux londoniens sourirent et s'avancèrent quand même pour donner une franche accolade à leurs deux amis, qu'ils espéraient revoir très bientôt. Les Moldus avaient inventé un train traversant en une heure ou plus les kilomètres entre l'Angleterre et la France. Ils pourraient essayer de prendre un jour ce train, le Service des Portoloins pouvant être souvent trop occupé.

Trois minutes et demi plus tard, Yann et Sébastien étaient partis, laissant Lorcan et Caem seuls avec les deux jeunes femmes qui sourirent chacune faiblement. Léna se réfugia dans les bras de Caem et ils profitèrent de leurs derniers moments ensemble. Bien sûr, ils allaient se revoir quand Léna rentrerait en Angleterre dans cinq jours, et continueraient leur histoire sous la brume londonienne.

Roxanne se tourna vers Lorcan avec un sourire gêné, et celui-ci s'approcha d'elle, son sourire illuminant son visage, mais une étincelle de regret dans le fond de ses prunelles orage.

-Tu vas me manquer mon chou.

-Toi aussi, Lorcan. Toi aussi.

-J'aimerais que tu prennes ceci, dit Lorcan en lui tendant un morceau de parchemin.

La jeune femme le prit, étonnée, et le déplia lentement avant de sourire sincèrement. Sur ce parchemin, était noté l'adresse de Lorcan à Londres.

-Promets-moi que tu m'écriras et qu'on se reverra vite.

Un silence passa.

-Promis Scamander.

-Sortez pas trop quand on sera pas là.

-Je serais trop occupée à consoler Léna, qui va déprimer de ne pas être avec Caem, ironisa Roxanne en passant une main nerveuse dans ses cheveux.

Elle ne savait pas trop comment réagir dans cette situation. Autant elle avait envie de l'embrasser, et de se serrer contre lui. Autant elle avait hâte qu'il parte, et qu'il ne la regarde plus de cette manière. Un regard qui promettait mille et une choses.

-Je t'aime bien mon chou. Beaucoup.

« Son chou » rougit un peu, et lui adressa un sourire beaucoup plus rayonnant que les précédents. Un sourire d'oreille à oreille. Non, pire en fait. C'était attendrissant de voir comment Lorcan essayait de lui dire quelque chose.

-Moi aussi je t'aime beaucoup Lorcan.

-Promets-moi qu'on se reverra. Dès ton arrivée à Londres.

-Tu sais...Je suis horriblement demandée, répliqua Roxanne, un sourire dans la voix.

Lorcan eut un léger rire. Il ne restait qu'une minute et demi avant de partir rejoindre sa ville natale, il se devait de faire vite. Attrapant d'un coup sec la taille de la jeune femme, la rapprochant de lui rapidement, il lui donna un long baiser brûlant qui rendit les jambes de Roxanne molles.

Elle n'eut le temps que de voir un sourire sur le visage du blond, qui la lâchait, et le voir articuler les mots : « Write to me. » avant de le voir disparaître avec Caem Zabini.

-Ils sont partis, commenta Léna d'une voix éteinte.

Roxanne, elle, eut un sourire.

-Oui, ils sont partis. Mais dans cinq jours, tu pourras faire toutes les papouilles que tu veux à ton copain, et moi..

-Toi..?

-Je vais enfin avoir un copain. Un vrai de vrai, déclara Roxanne, en serrant le morceau de parchemin dans sa main.

Roxanne Lou Weasley pouvait se déclarer amoureuse, et savait qu'avant six mois, elle aurait écrit un nouveau roman. Elle avait des tas de choses à mettre à l'écrit. Choses ? Non, sentiments.

C'était sûrement les plus belles vacances de sa vie, et justement, le destin lui en promettait bien d'autres. C'était pas beau, ça ?


TADAM . Oui c'est de la folie, je n'ai JAMAIS écrit autant. De la folie pure et simple. :D PLUS DE 12 000 MOTS, . AHAH. :D

Roxanne est décidément un personnage que j'adore. C'est vrai, je lui ai donné une personnalité , une histoire, que JKR n'avait pas donnée. Mais imaginer tout ça, donner consistance à ce personnage, honnêtement j'ai adoré. J'espère que vous avez aimé, vous. x) C'était mon portrait d'une Weasley, fille de Georges Weasley et Angelina Johnson. Franchement, donnez moi vos avis ! J'en ai bien besoin , je suis dans le flou total, vu que je n'ai lu aucune fiction sur elle. Bref, c'est le flou quoi. Idem pour Lorcan. x)

Pourquoi Roxanne ? Parce qu'elle est métissée.

Pourquoi l'île de la Réunion ? Parce que c'est l'île du métissage , et mon île accessoirement, aha.

Pourquoi Lorcan ? Parce que je l'imagine beaucoup avec elle, avec le caractère que j'avais commencé, à peine, à exploiter dans le premier OS.

Désolé pour ceux qui attendent la suite de Petite lionne, ou Serre-moi jusqu'à étouffer de toi, mes deux fictions principales en ce moment. Elles arriveront, je ne sais quand, mais elles arriveront. x) Petite Lionne peut être avant ma rentrée qui est jeudi, ou peut-être pas. Si j'ai le temps entre deux révisions, et surtout, surtout, si mon inspiration et mon envie d'écrire la suite revient ! -_-'

Gros bisous à vous !

Valouw.



PS : REVIEWS ? :D

PS 2: Pour imaginer un peu la coiffure et les yeux de Roxanne : http://2.bp.blogspot.com/_dgvJu_BCxjo/SqG-Ufp1kmI/AAAAAAAAAKo/VVTg7DXQ4lI/s400/no%C3%A9mie+lenoir.jpg

Quoiqu'on peut même imaginer Roxanne un peu comme ça, même si je l'imaginais pas vraiment avec ce visage trop parfait. Pour le petit blablatage, j'avais vu une publicité l'Oréal, où y'avait exactement la fille que j'imaginais pour Roxanne, sauf les yeux qui étaient marrons. Seulement je ne la trouve pas sur internet, donc.. x) Et pour Lorcan, je pensais à Charlie Hunnam, disons ça : http://www.insidesocal.com/outinhollywood/,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,humman.jpg