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par kakashi.gk

Le week end avait été tranquille, idéal même: 50 points de retirés aux Griffondor et la victoire de Serpentard au quidditch, que demander de plus. Décidément depuis le départ de saint Potter, les griffondors avaient bien du mal à constituer une équipe qui tienne la route, pensait le directeur des Serpentards, non que ça lui déplaise bien sur.
Le dit directeur était tranquillement installé dans ses quartiers à corriger les devoirs que lui avaient rendus les 4èmes années. Miracle de son emploi du temps, il bénéficiait d'un week end à rallonge puisqu'il n'avait de cours à donner qu'en fin d'après midi. Ses obligations remplies, il décida de s'accorder du bon temps, ce qui consistait pour lui à se prélasser dans un bon fauteuil, à lire le dernier traité de potion (conscience professionnelle oblige): « Les effets de la lumière sur la préparation des potions ». ce qui le conduisit naturellement à déjeuner sur place, plutôt que dans la grande. C'est ainsi, qu'il ne savait rien encore de la nouvelle qui ébranlait à ce moment les couloirs du château: l'absence anormale du professeur Granger (appellation qui avait eu peu de retentissement chez le maître des potions).
Ce que ce dernier ignorait, c'est que son repos serait de courte durée, aussi mérité puisse-t-il être. Et ceci allait se vérifier très vite: de petits coups timides émergèrent de l'entrée.

_ Kannagan, que voulez-vous? Demanda le professeur de son intransigeance habituelle.
_ Euh..professeur...c'est euh...enfin je...
_ Si vous voulez prendre des cours d'élocution vous avez frappé à la mauvaise porte. Dépêchez vous de justifier votre intrusion, sans quoi le sablier de Poufsouffle pourrait bien en pâtir.
_ Mais non....professeur je...le professeur MacGonagal vous attend dans son bureau.

Que se passait-il encore? Pourquoi cette convocation soudaine. Par expérience Rogue savait que ce genre de situation n'était jamais bon. Voldemort serait revenu; non impossible. Il était encore trop partial; mouais pas faux, mais il avait tout de même fait un effort, après tout il n'avait retiré que 250 points à Griffondor depuis la rentrée, si peu.

_ Que se passe-t-il Minerva pour qu'on vienne ainsi troubler mon trop rare repos? Demanda Rogue
_ Severus, miss Granger n'est pas au château.
_ Et en quoi c'est sensé me concerner, je vous prie.
_ J'aimerais que vous alliez la chercher, j'ai un mauvais pressentiment.
_ Non! Catégoriquement non! Ça c'est encore une idée de ce vieux fou. Allez avouez Albus, que vous êtes derrière tout ça.
_ Toujours aussi perspicace mon garçon, répondit le portrait, un petit sourire malicieux aux lèvres. En effet c'est bien moi qui ai suggéré à Minerva de faire appel à vous.
_ Donnez moi une seule bonne raison de le faire.
_ Vous n'avez qu'un cour aujourd'hui, c'est donc beaucoup plus simple pour la directrice de vous faire remplacer. Cette absence de miss Granger est, vous y conviendrez, on ne peut plus anormale. Il n'est donc pas impossible que vos talents multiples et votre instinct infaillible, deviennent indispensables. Et puis vous avez un dette envers cette jeune fille, déclama l'ancien directeur.
_ Je pensais vous avoir demandé une seule raison, pas une liste...Bien, alors Minerva?
_ Pardon? Demanda la directrice toujours perplexe de ces échanges entre son collègue et le tableau.
_ Décidément..., soupira Severus las, il reprit en articulant très distinctement.
Comment se fait-il que cette petite sotte ne soit pas au château? Où est elle sensée être? Pourquoi y est elle?
_ J'avais autorisé miss Granger à quitter le château pour le week end sous condition qu'elle soit opérationnelle aujourd'hui, ce qui n'est malheureusement pas le cas. Je ne sais pas où elle s'est rendue, elle a préférer taire ses projets, ne me donnant comme explication que la vague expression d'affaires familiales. C'est tout ce que je peux vous dire Severus.
_ Par Merlin, si on se fie à l'honnêteté qu'elle et ses deux acolytes ont montré lors de leur scolarité, cela réduit mon périmètre de recherche au monde entier. Autant vous dire qu'il n'est pas sur que je soit des vôtres pour le dîner, dit Rogue tout en se dirigeant vers la porte.
_ Bonne chance Severus. J'ai confiance en vous, je sais que vous y arriverez.
Le concerné qui s'apprêtait à sortir, arrêta son geste et sans se retourner répondit simplement « merci » avant de poursuivre sa route.

Severus Rogue était à présent dans ses appartements. Bien que son rôle d'espion appartenait au passé, les préceptes qui lui avaient permis de survivre, il ne les avaient pas oublié. C'est pourquoi, au lieu de se lancer bêtement tête baissée dans ce qui pouvait être une situation à hauts risques (après tout avec ces Griffondors, il faut s'attendre à tout), il préparait soigneusement sa mission s'armant de potions diverses.

Il se rendit d'abord au Terrier. Là il ne trouva que la femme et la fille Weasley. Il aurait pensé que cette petite cruche avait été visiter ses amis. Et puis affaires familiales, ça ne précise pas dans quel sens il faut envisager la famille; ascendants ou descendants. Cette petite idiote avait très bien pu avoir l'idée de se faire engrosser par cet incapable de Weasley, puisqu'ils avaient l'air si proches. Cependant le professeur avait fait fausse route. Malgré cela son hypothèse ne se révéla pas totalement infondé. Il apprit de la bouche de mme Weasley que la jeune femme était passé au Terrier avant de rejoindre ses parents en Australie. Elle lui détailla tout ce qu'elle savait du projet d'Hermione depuis le sortilège d'amnésie jusqu'à l'adresse où elle était sensée se rendre. Severus jubilait, peut être allait il pouvoir finalement être de retour avant la nuit. Il préféra ne rien dire à la mère Weasley afin de ne pas l'inquiéter. Par expérience il savait les femmes très enclin à céder à leurs pulsions, de quelques natures soient elles. Non pas qu'il se soucie de ses états d'âmes mais il n'avait aucune envie de perdre son temps à la consoler.

Arrivé en Australie, il se rendit au commerce le plus proche, histoire de demander son chemin.
_ Ah, alors là mon bon monsieur, je sais pas c'est quoi votre moyen de transport, mais prévoyez de tenir un bon bout de temps. Votre destination c'est à l'autre bout du pays. C'est une petite bourgade près de la capitale. En voiture je dirais que vous en avez pour une grosse semaine, si vous roulez bien et que vous ne vous perdez pas.
Le professeur de potions acquiesça d'un signe de tête et voulut partir mais il fut arrêté par le marchand qui ne put s'empêcher de lui dire:
_ Vous savez Monsieur, à votre teint palot et votre tenue assez chaude, je me doute que vous n'êtes pas d'ici, aussi un conseil, portez autre chose. Ici le soleil est traître, évitez le noir.
_ Ma mise monsieur ne vous regarde pas. Je ne suis pas inculte au point de méconnaitre les propriétés d'absorption du noir, ni les effet des rayons de l'astre suprême, déclara sèchement Rogue avant de disparaître dans la foule qui peuplait la rue. Direction l'autre bout du pays.

Quelques instants plus tard Rogue foulait les pavés de la capitale. « Une grosse semaine, que ces moldus sont naïfs ». Là encore on lui indiqua la route et finalement, une heure après qu'il ait quitté Poudlard, il se trouvait devant la demeure des Granger. Cependant, il n'était plus sûr de pouvoir honorer sa promesse. Il était sidéré par la maison devant laquelle il se trouvait, ou du moins les restes de maison. Un bien triste spectacle s'offrait à lui, témoin de la violence des événements qui avaient secoué ce lieu. Poutres et bibelots en morceaux jonchaient le sol sur un périmètre d'une dizaine de mètres: « il a du se produire une belle explosion » pensa Severus. Il s'approcha ne détectant aucune âme qui vive; chose qui tout en le rassurant l'inquiétait tout de même: il n'avait aucune envie de se trimballer un cadavre à ramener au château. Qu'avait-il bien put se passer, fuite de gaz... non, cet endroit sentait encore la magie, cette explosion n'avait rien de classique, il s'agissait d'une attaque, il en aurait casser sa baguette. En parlant de baguette, il en apercevait une non loin, au milieux des décombres. Plus aucun doute la jeune femme, si elle n'avait pas été enlevée, devait être ici. Arrivé au centre du désastre. Là il buta contre une forme insolite qu'il identifia comme un bras humain. Maître de lui même il dégagea le corps d'un coup de baguette. C'était un corps féminin, difficilement identifiable car écrasé, surement par une de ces grosse poutre. L'abondante chevelure châtain pouvait laisser présager du pire. Severus pris le temps d'examiner le corps ce qui le conduit à 3 conclusions. Tout d'abord il s'agissait bien d'une attaque magique car la femme qui se trouvait devant lui n'était pas morte de son choc mais bien d'un sortilège de la mort. Puis, il constata que le fait était récent: le corps était froid mais pas tout à fait rigide; de plus le sang qui s'était abondamment écoulé des plaies béantes de ce corps meurtri, n'avait pas totalement coaguler par endroits. Enfin, à la vue des mains de la victime, il conclut qu'il ne s'agissait pas d'Hermione qui ne portait jamais les ongles longs, mais surement de sa mère.

« Hominum revelio » conjura-t-il. Il détecta un signal très faible sur sa droite. Se frayant un chemin parmi les débris, il se dirigea vers le point indiqué. Comme il l'avait fait à la découverte de mme Granger, il dégagea le corps des décombres et y découvrit la jeune femme. Elle était mal en point mais vivante. Son pouls battait faiblement et le sang suintait lentement sur son front, la large flaque présente sur le sol en disait long quant à la quantité de sang déjà perdue par la jeune femme. La situation était grave, il fallait faire vite. Il dénoua sa cape et par un sortilège la débita en morceaux de tailles variables dont il se servit comme pansements afin d'arrêter cette perte de sang qui risquait d'être fatale d'ici peu. Par diverses manipulations il réussit à lui faire ingurgiter plusieurs potions destinées à stabiliser son état et notamment une potion de régénération sanguine. C'était déjà mieux, mais pas suffisant, il fallait vite retourner à Poudlard.

Avant ça il tenait à vérifier si le père lui aussi n'avait pas survécu. Non pas que Rogue se souciait de la santé de cet homme, mais il n'avait nullement envie de s'entendre reprocher un manquement à ses devoirs. Il balaya les ruines du regard mais ne découvrit rien de nouveau. Il ôta sa veste dont il recouvrit le corps de la Griffondor afin de la réchauffer un minimum le temps qu'il fasse une dernière vérification. Celle ci fut courte. En effet à un mètre de lui, au milieu d'un drap blanc immaculé, gisait une tête masculine que ne supportait plus aucune épaule, que ne nourissait plus aucun corps. Le regard vitreux de l'homme à qui appartenait jadis ce chef, semblait reconnaissant, comme pour remercier le professeur de prendre soin de son dernier trésor encore vivant. C'en était presque troublant pour Rogue. Ce regard, bien qu'étant fixe, paraissait regarder l'infini. Il était vide et pourtant on y lisait tellement de choses: de la peur, de la tristesse, de la déception et enfin de l'espoir... Malgré lui le professeur eut un pincement au coeur: encore une famille atteinte par la folie humaine. Bien sur il en avait vu des atrocités seulement là il se sentait personnellement impliqué, comme si ce père déchu lui confiait la vie de sa fille. Le maitre des potions inclina alors légèrement, à la manière de signifier qu'il avait comprit le message et qu'il acceptait. Il ignorait la raison de ce geste inutile en soit. Ce n'était pas dans ses habitudes de laisser ses émotions guider ses actes. Seulement voilà, le contexte n'est plus le même, peut être est ce là sa vrai personnalité... non simple moment de faiblesse, néanmoins encore une dette et des responsabilités pour lui, décidément ses moments de faiblesse lui coutent cher.

Rogue se reprit. Inutile de reste plus longtemps ici, cela risquerait d'être fatale pour la jeune femme. Il la prit en transplanage d'escorte jusqu'aux grilles du château. Arrivé à bon port, il la fit léviter jusqu'à l'infirmerie, remerciait la divine providence de n'avoir rencontré personne en chemin. A son grand étonnement mme Pomfresh ne dit rien et se mit de suite au travail au chevet d'Hermione. Severus quant à lui envoya un patronus à la directrice. Celle ci ne mit pas longtemps à les rejoindre à l'infirmerie.
_ Oh Merlin!! Severus mais que s'est-il passé?
_ Attaque...bien Minerva je vais me retirer, il me reste une chose importante à faire pour terminer cette sale besogne que vous m'avez refilé.
_ Attendez Severus, j'aimerais quelques explications.
_ J'ai dit tout ce que je savais à mme Pomfresh, pour le reste il faudra attendre le réveil de miss Granger, si elle se réveille un jour bien sûr.
_ Severus! Comment pouvez vous... Et puis qu'avez vous de si important à faire, s'emporta la directrice.
_ Eviter que sa famille serve de repas aux charognards et leur donner le minimum de sépulture qu'ils méritent, répondit simplement Rogue.
MacGonagal ne dit rien: choquée par la situation et l'apparent détachement de son collègue, qui pourtant, pour une fois, se montrait plus humain qu'elle. Elle le regarda simplement sortir. Et demanda quelques minutes plus tard, quand celui ci était effectivement parti:
_ Alors Pompom, Comment va-t-elle?