premiers cours et démélés médiatiques

par kakashi.gk

La nuit porte conseil dit-on. Ce dicton, bien que souvent réaliste, reste néanmoins contestable. En effet, s'y fier, serait oublier que bon nombre de nuits n'offrent que le néant. Et puis qu'est ce que la nuit? Est ce cette période de la journée que dominent les ténèbres? Est ce le temps de repos que s'accordent les âmes après un harassant labeur? Repos du corps ou de l'esprit? Le corps assurément car bien des pensées, tant mauvaises que bonnes, viennent frapper les esprits des hommes.

Enfin, que de questions qui bien qu'intéressantes, n'en demeurent pas moins inutiles. Après tout, notre amie Hermione n'avait pas besoin de conseils. Ce que lui apporta sa nuit ne fut qu'une succession de certitudes. Rogue avait survécu, soit. Comment, ça ce n'est pas son problème. Est ce grâce à son geste? Si oui tant mieux, si non, eh bien chapeau pour sa détermination. L'année allait-elle être un calvaire? Surement, mais au moins elle serait utile car si ce professeur n'est pas un modèle de pédagogie et de sympathie, il reste tout de même un des meilleurs (peut-être même le meilleur) spécialiste de sa matière.
Voilà quelles étaient les pensées qui occupaient la jeune Griffondor, alors que ses mains tartinaient machinalement son toast de confiture. C'est pourquoi celle ci n'entendit pas, du moins n'écoutait pas, son vieil ami Neville débattre des propriétés curatives des plantes d'eau. Elle n'entendit d'ailleurs pas non plus le professeur MacGonagal, qui tentai de lui transmettre ses instructions. Hermione fut alors tirée de ses pensées par un coup de coude prononcé du botaniste en herbe.

_ Aïe!! Neville, qu'est ce qui s...
_ Miss Granger!
Hermione sursauta à ses mots et bafouilla:
_ Pro-Professeur MacGonagal? Excusez moi, j'étais ailleurs et...
_ Et ce ailleurs semblait bien plus intéressant qu'ici à ce que je vois... Passons. Voici le planning des cours que vous aurez à dispenser. Je vous demanderai aussi de bien vouloir prendre rapidement contact avec M. Chesterfield, le nouveau capitaine de Griffondor. J'aimerais que l'équipe de Quidditch soit constituée le plus tôt possible, ce afin de pouvoir réserver le terrain sans ennui d'horaire. Je pense que si les essais ont lieu d'ici 2 semaines, il ne devrait pas y avoir de problème.
_ Bien professeur.
_ En ce qui concerne les cours de métamorphose, je serais là pour vous présenter à vos premières interventions. J'attends de vous précision, rigueur et discipline. Bien sûr, vous êtes habilitée à tous les attributs professoraux: devoirs, notes, gain ou retrait de point, et retenues si nécessaire. C'est une lourde charge mais vous êtes une personne raisonnable et pondérée, aussi je pense qu'il n'y a aucune raison pour que cette affaire tourne mal. Des questions?
_ Non professeur.

A ces mots, la directrice salua Hermione et partit rejoindre la table des professeurs. Pendant ce temps la jeune femme engloutit son toast, étrangement creux en son centre (le pauvre n'avait pas résisté à un quart d'heure de tartinage), et compléta son emploi du temps.

Lundi: 9h-11h: métamorphose 1ère année
14h-15h: métamorphose 3ème année
Mardi: 9h-12h: sortilèges
14h-16h; métamorphose 2ème année
Mercredi: 9h-12h: botanique
14h-17h: étude des runes
Jeudi: 8h-10h: métamorphose 3ème année
15h-17h: métamorphose 1ère année
Vendredi: 8h-10h: métamorphose 2ème année
14h-17h: potions

Ça n'allait pas être une partie de plaisir, mais ce n'était pas si catastrophique, pensa-t-elle. 
Elle finit son petit déjeuner puis retourna à son dortoir prendre ses affaires, pour finalement se rendre à son cours de sortilèges.

Fidèle à elle même, Hermione quitta la classe de sortilège avec la satisfaction d'une part d'avoir réussi ses sorts informulés du 1er coup, d'autre part d'avoir engranger 40 points pour sa maison: la course au titre était lancée. Cependant, cette bonne humeur fut de courte durée car dès cet après-midi, elle serait confrontée à sa première expérience de professeur. Et toute brillante qu'elle était, Hermione Granger, l'un des héros majeur de la guerre, la miss je sais tout, n'aimait pas se faire remarquer. Enfin, disons n'aimait plus se faire remarquer. Elle aspirait, au contraire, à une vie tranquille, faite d'études et de projets. Et puis, même si elle refusait de se l'avouer, elle avait le trac, notion au combien inappropriée pour un valeureux Griffondor. Bien sûr, elle avait souvent, très souvent même, aidé ses amis dans leurs devoirs, mais là c'était différent, elle n'avait pas le droit à l'erreur, elle allait être la parole sacrée du professeur, celle dont s'abreuvent les meilleurs élèves, celle qui déroute les moins réfléchis. Et à bien des égards, elle ne s'en sentait pas la force.
« Si vous allez à Griffondor
Vous rejoindrez les courageux
Les plus hardis et les plus forts 
Sont rassemblés en ce haut lieu »
Ces mots qu'avait prononcé le Choixpeau magique, le jour de sa répartition, lui revinrent à l'esprit. Pris d'un élan nouveau, elle se ressaisit; après tout, elle avait combattu un troll, un basilic, des détraqueurs, des mangemorts, et ce sans jamais faillir. Alors ce n'était pas une bande de cornichons, comme le dit si affectueusement le maître des potions, qui allait lui faire peur. Elle se rendit donc résolument à son premier cours de métamorphose.

Puisque nous parlons de maître des potions, laissons notre jeune professeur faire ses premiers pas dans ce domaine, et comme nous savons pertinemment que tout se passera bien pour elle, allons rejoindre Severus Rogue, pour qui cette rentrée n'était pas une partie de plaisir.

Tôt dans a matinée, Severus Rogue, se réveilla encore ankylosé de sa crise. Maudit serpent, comme si son venin fulgurant ne suffisait, son crétin de maître avait eu la charmante idée de le coupler d'un puissant sortilège de magie noire. Severus sourit à cette pensée, voilà qu'il traitait Voldemort de crétin, qui l'eut cru. Bien que convaincu de ses propres paroles, il ne pouvait s'empêcher de frémir à cette idée. Eh oui, ce n'est pas en quelques jours même quelques mois, que l'on perd des réflexes ancrés depuis plus de vingt ans.
Ne se sentant pas encore la force d'affronter la Grande Salle, il commanda un petit déjeuner à une elfe de maison nommée Fonty. Quelques minutes plus tard, celle ci lui apporta jus de citrouille, pain, beurre, oeufs, confiture, bacon,... un vrai repas complet!
_ Si tu veux quelque chose, sers toi, proposa-t-il à l'elfe
_ Merci. Monsieur est trop bon, mais Fonty est attendue aux cuisines pour préparer le déjeuner. Fonty peut-elle y aller?
_ Bien sur, répondit-il cordialement. Sur ce la créature disparut au son d'un léger plop. Rogue, bien que n'ayant pas de préjugés sur la question, n'avait jamais sympathisé avec une quelconque créature magique. Cependant, aujourd'hui, il n'aurait pas refusé un peu de compagnie.

_ Tiens, tiens, tiens...Mais qui voilà, ainsi c'était donc vrai, hi hi, Severus Rogue est de retour à Poudlard.
_Oh non pas ça, pensa le professeur, cette petite voix fluette qui transpire l'hypocrisie n'annonce jamais rien de bon,. Qui vous....commença-t-il.
_ Rita Skeeter, pour vous servir, répondit-elle en lui offrant une main que l'infortuné enseignant ignora.
_ Je sais très bien qui vous êtes, je ne suis ni inculte,ni idiot, lança Rogue avec mépris. Qui vous a permit de pénétrer ces lieux?
_ Moi-même
_ Eh bien, dites à votre moi supérieur qu'il n'était nullement habilité à cette décision. Vous n'avez rien à faire ici, poursuivit-il avec sarcasme.
_Toujours aussi avenant professeur, ricana la journaliste. Alors qu'est ce que cela fait de revenir d'entre les morts muni d'une liberté nouvelle? demanda-t-elle alors qu'une plume verte bondissait de son sac, accompagnée d'un petit bloc-note.
_ Ça ne vous regarde pas!
A ces mots, le maître abandonna, à regrets, son petit déjeuner à peine entamé et s'enfuit de cette salle. Il savait par expérience qu'il n'existe pas de pire race de sangsue qu'une Rita Skeeter déterminée à obtenir des informations. Le professeur, ne dispensant son premier cours qu'en fin de matinée, sortit dans le parc qu'il arpenta pour tuer le temps. Au détour d'un buisson, il croisa un petit groupe de Serdaigles de 1ère année, mais il ne trouva rien à leur reprocher. Décidément il commençait à se faire vieux. Alors qu'il flânait entre les arbres, ses pas le menèrent jusqu'au mémorial. Il s'y arrêta, l'observant fixement, sans pourtant rien voir, comme hypnotisé. Il fut soudain sorti violemment de sa torpeur.
_ Un héros ressuscité confronté à sa propre plaque funèbre. Voilà un titre qui plaira à nos lecteurs. 
Vous l'aurez deviné, il s'agissait bien là de Rita Skeeter. Ses paroles furent accompagnées d'un festival de clic, signal de l'immortalisation de la scène par la photographie.
_ Je croyais avoir avoir été clair pourtant Skeeter. Laissez moi en paix, ce ne sont pas vos affaires, lâcha Rogue. Le pauvre avait de plus en plus de mal à contrôler les pulsions meurtrières qu'il éprouvait envers cette femme. N'allait-il donc jamais être tranquille. Maitrisant la folle envie, qui le prenait, de sortir sa baguette, il opta pour la meilleur solution encore possible: la fuite. Aussi se dirigea-t-il d'un pas résolut vers la bibliothèque, en espérant y trouver un peu de calme. Mauvaise idée car il fut intercepter sur le perron de la bibliothèque. Les journalistes sont souvent comparés à des vautours. Cependant, la majorité sont loin de cette mentalité et répugnent à utiliser ces procédés de collecte d'information, mais le métier étant ce qu'ils est, ceux ci doivent bien se soumettre, ne serait-ce qu'occasionnellement, à ces règles. D'autres en revanche se complaisent à torturer les individus, pour leur extorquer des aveux, des nouvelles fraîches et croustillantes, qui défraieront la chronique. Certain repoussent même les limites de ce qu'ils appellent l'art du reporter. Ceux-là sont de vrais vautours. Vous l'aurez compris Rita Skeeter appartient à cette catégorie. Et elle en est d'ailleurs très fière car ça plaît aux lecteurs. Sa cible favorite: les sorcières et sorciers célèbres. C'est pourquoi il était hors de question pour elle de laisser une telle prise: il fallait que ses lecteurs sachent tout sur le mystérieux et énigmatique professeur Rogue.
Le malheureux bifurqua donc au premier couloir venu: pas de bibliothèque aujourd'hui. Fort heureusement pour lui, l'heure était venue d'aller tenter de farcir les cervelles d'huitre de ses élèves. Le cours se déroula sans anicroches. Bénie soit sa réputation de terreur des cachots, qui lui épargna moult questions stupides qui brûlaient aux lèvres de ces incapables.

Midi sonna, le cours pris fin sur une interminable liste de devoirs qu'il donna aux étudiants. Alors qu'il se rendait à la Grande Salle pour profiter du fastueux repas, il se sentit observé. Il ne fut pas surpris de constater qu'il était suivi à la trace par son bourreau du jour. Il ne fit mine de rien, poursuivit sa route et attendit le moment propice. Celui se présenta alors que le maître des potions passait devant la gargouille du bureau directorial. Il murmura le mot de passe et se glissa discrètement dans le bureau. 
_ Que me vaut cette intrusion Severus? 
L'intéressé fit face à son interlocuteur qui n'était d'autre que le professeur MacGonagal. Alors qu'il s'apprêtait à répondre, 3 petits coups furent frappés à la porte du bureau. 
_ Je ne suis là pour personne, dit-il précipitamment tandis qu'il se dirigeait vers un recoin sombre de la pièce tout en se lançant un sortilège de désillusion. Minerva, perplexe de la réaction de son collègue, alla ouvrir la porte. Tout devint alors aussi limpide que de l'eau de source.
_ Que puis-je pour vous?
_ Minerva je suis à la recherche du professeur Rogue. Il ne serait pas ici par hasard.
N'attendant pas la réponse de la directrice, la journaliste pénétra le bureau et en scruta les moindres recoins.
_ Comme vous pouvez le voir Mme Skeeter, il n'y a personne d'autre ici que moi, du moins jusqu'à votre arrivée.
_ Et vous n'avez aucune idée de l'endroit où je pourrais le trouver, demanda-t-elle suspicieuse.
_ Non. A vrai je ne l'ai pas revu depuis la rentrée, répondit MacGonagal impassible. Elle prenait grand soin de bien peser ses mots car elle n'ignorait pas l'irritante faculté d'interprétation de la reporter.
Maintenant si vous voulez bien, j'ai beaucoup de travail. C'est ainsi que la directrice congédia la journaliste. Une fois le calme revenu, elle annonça:
_ C'est bon Severus, vous pouvez sortir, elle est partie.
_ Quelle plaie! Plus tenace qu'un strangulot! Pesta le professeur alors qu'il levait son sortilège.
_ Allons allons, calmez vous.
_ Oh mais je suis calme, très calme, balança-t-il, tout aussi calme que peut l'être un pauvre imbécile pourchassé par un pot de colle, pauvre imbécile qui n'a d'ailleurs de ce fait pas eu le droit à un repas convenable, finit-il avec ironie.
C'est alors qu'une voix retentit derrière le fauteuil directorial:
_ Mon pauvre Severus, vous êtes un fait d'actualité. C'est tout naturel que les journalistes veuillent parler de vous. 
Il était inutile pour le professeur de potion de s'interroger sur le propriétaire de cette voix. Il ne la connaissait que trop bien.
_ Albus, pourrait je savoir quand vous me laisserez enfin vivre une vie normale.
_ Ne te plains pas, toi tu ne dois pas le supporter constamment. Imagine mon supplice.
Cette fois ci Rogue contourna le bureau et se retrouva face à face avec un portrait à son image. 
_ Oh Merlin, lâcha-t-il dans un soupir désespéré alors qu'il pressentait une migraine arriver à grandes enjambées. 
Qu'est ce que cela veut dire, demanda-t-il à la directrice.
_ Eh bien, tous les directeurs de Poudlard ont toujours eu leur portrait placardé au mur, une fois que ceux ci avaient quitté leurs fonctions. Vous avez l'an dernier été directeur de cette école, avant d'être déclaré mort et par conséquent démis de vos fonctions. Il était donc naturel que vous siégiez dans ce bureau comme vos prédécesseurs, lui répondit-elle.
_ Mais ça n'a aucun aucun rapport, j'agissais sous le compte du seigneur des ténèbres.
_ Raison de plus mon garçon, dit le portrait de Dumbledore. Vous avez au péril de votre vie, protégé les élèves de ce château. Le monde sorcier aurait été bien ingrat s'il n'avait pas reconnu vos mérites. J'ai d'ailleurs moi même témoigné depuis ce tableau pour confirmer les communiqués d'Hary Potter à votre sujet.
_ Quoi!! Potter a parlé! Rugis le maître des potions.
_ Oui, je crois même que Minerva a conservé cet article.
Celle ci fouilla un des tiroirs de son bureau et tendis le dit article à son collègue qui le parcouru.

L'Elu lève le voile sur son combat

Harry Potter, le survivant, a libéré le monde sorcier de la plus grande menace que celui ci ait eu a affronter. Aujourd'hui il accepte de nous en dire plus, sur cette bataille qu'il a dut livrer:
« Amis sorciers, moldus et créatures magiques, notre monde est libre désormais. Cependant, bien que je suis fière d'avoir été la main vengeresse, je refuse que tout le mérite me soit accordé. Cette victoire est notre victoire. Tous ensemble, nous avons su nous liguer contre les forces oppressantes du mal. Beaucoup ont abandonné car ils n'y croyaient plus. Mais nombreux sont ceux qui sont restés, qui ont participé à l'éradication du mal qui nous rongeait depuis trop longtemps. Malheureusement, nombreux aussi sont ceux qui ont succombé dans la lutte. Ceux là je les remercie humblement, car sans eux, sans leur suprême sacrifice, jamais nous n'aurions pu sortir de l'ombre. Vous me désignez comme l'élu, le sauveur, mais je ne suis rien. Sans tout ces gens, sans mes amis, jamais je n'aurais pu faire quelque chose. Je serais déjà mort s'ils ne m'avaient pas soutenu, aidé voire protégé en faisant rempart de leur vie. Amis sorciers, ce sont eux les véritables héros. 
Parmi ces hommes et ces femmes, je vous demanderai de retenir 2 noms en particulier, les 2 artisans de notre victoire: Albus Dumbledore et Severus Rogue. Oui, je vois à vos mines déconfites que vous me prenez pour un fou, mais il n'en est rien. Il s'agit bien du Severus Rogue que beaucoup connaissaient: le maître des potions de Poudlard, le mangemort, mais surtout l'espion dévoué de notre cause. Vous tous, ici présent, le prenez pour un traître, mais c'est l'homme le plus courageux que j'ai rencontré. Si je me refuse à divulguer ses motivations car elles n'appartiennent qu'à lui, sachez amis sorcier que cet homme là est le véritable héros de cette guerre. Il...

Le professeur de potion stoppa là sa lecture. Inutile d'aller plus loin, il pouvait très bien deviner, la manière avec laquelle Potter lui avait fait porter le chapeau. Encore heureux que ce petit imbécile avait été assez éclairé pour ne pas étaler sa vie privée.
_ A ce que je peux lire, j'imagine que c'est Granger qui a rédigé le discours
_ Exact...
_ Cependant le discours prévu a vite dévié, dès lors qu'il a parlé de nous. Qu'en dites vous Severus, s'incrusta Dumbledore.
_ Il est comme son père, un petit arrogant toujours prêt à se faire remarquer. Vous m'excuserez, mais un cours m'attend. Rogue pris alors le chemin de la sortie. Arrivé au pas de la porte il s'arrêta.
Malgré tout il semblerait que l'intelligence de sa mère ait un peu déteint sur lui, dit-il avant de disparaître dans les couloirs.

Si le professeur de potion avait espéré que les journalistes se lassent, il avait vite déchanté. En effet, les jours se sont succédés, identiques à cette fameuse rentrée. Tandis que le premier vendredi de l'année fait son apparition, une semaine de harcèlement intensif s'achèvent. Et le pire pour Rogue, c'est qu'il n'avait toujours pas trouvé le moyen de se débarrasser de ces parasites. Oh il avait bien eu quelques idées, assez radicales, mais elles risquaient de ternir son nouveau statut. Parfois, il se demandait même, s'il ne préférait pas risquer sa vie auprès du seigneur des ténèbres, plutôt que d'avoir à supporter cette vipère en fanfreluches. 
Comble de son malheur, aujourd'hui il devrait faire cours aux 7èmes années, enfin, à la 7ème année. Lorsqu'à 14h il arriva devant sa salle de classe, il ne fut pas étonné de voir son élève, le nez plongé dans le livre de potions. 
_ Ainsi vous donnez maintenant des cours particulier. Quelle revirement de situation.
Rogue feint la surdité, politique qu'il avait adoptée, il y a quelques jours déjà. Las, il poursuivit sa route, dépassa la jeune femme, sans un mot et déverrouilla la porte.
_ Et qui est cette jeune personne qui bénéficie de vos rares faveurs, demanda Rita Skeeter. Quand celle ci se tourna vers se tourna vers la Griffondor, sa mine réjouie revêtit un masque de terreur. Rogue, impassible comme à son habitude, observait la scène avec incompréhension. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait que la suite allait être à son goût.
_ Bonjour Mme Skeeter, ça faisait longtemps.
Un rictus nerveux se dessina sur le visage de la journaliste. Cette dernière se repris tant bien que mal, adoptant l'attitude que lui avait opposé le farouche espion de l'Ordre du Phénix: la surdité
_ Je suis profondément navré professeur Rogue, que nous ne puissions aboutir à un commun accord. C'est fort regrettable, mais je n'ai plus de temps. Un jour peut-être nous reverrons nous pour discuter plus amplement de votre parcours, déclara-t-elle avant de s'éclipser prestement.
Bien que rien dans son attitude ne le laissait transparaitre, Severus jubilait intérieurement: enfin il était débarrassé de la vieille poison. Néanmoins il était vexé qu'une fois encore la miss je sais tout de Griffondor avait brillamment réussi un exercice, alors que lui-même n'avait pu en une semaine, se défaire de la redoutable envoyée de la Gazette du Sorcier.
Il s'abstint de tout commentaire et se contenta de s'installer à son bureau.

_ Bien. Vous êtes en 7ème année de potion, ce que vous allez apprendre ici est indispensable pour vos ASPIC, et à plus forte raison pour votre futur emploi. J'attends donc de vous une concentration extrême, une discipline exemplaire ainsi qu'une ouverture d'esprit qui dans vote cas risque d'être assez dure à obtenir.
Hermione ne releva pas la remarque et approuva. Elle fut toutefois étonnée par la suite du discours.
_ Dans cette salle je ne vais pas me contenter de ce bachotage scolaire qui vous est demandé pour l'examen. Aux vues de vos capacités, disons, acceptables, je ne vais pas perdre mon temps à vous enseignez ce que vous pouvez découvrir par vous même. Vous allez donc être initiée à l'art des potions, et non à cette cuisine que nous faisons habituellement dans cette école. Le vrai sens des potions commence là où l'enseignement s'arrête. C'est pourquoi, je ne tolèrerais aucun livre dans cette salle.
_ Mais...commença Hermione. Un regard noir du maître des potions lui indiqua clairement de se taire.
_ Vous vous occuperez de la théorie de votre côté. Ici tout sera pratique et expérimentation, c'est pourquoi vous devrez faire très attention à vos stocks. Bien nous allons commencer. Voici 3 consignes basiques qui se retrouvent souvent dans les instructions de confection. Votre travail sera de voir jusqu'où on peut se fier à ces informations et comment on peut les contester voire les améliorer.

*Extraire l'essence d'un bulbe de mandragore
*Obtenir une pâte homogène du mélange de scarabées et foie de serpent
*Extraire le jus d'une fève sopophorique

_Monsieur, excusez moi mais comment suis je sensée procéder
_Ça c'est à vous voir. Cherchez, expérimentez. Cette fois-ci, aucun de vos précieux livres ne vous viendra en aide. Le seul ouvrage qui pourrait vous éclairer à été détruit par votre ami Potter il me semble.
Hermione compris qu'il faisait référence au livre du Prince de sang mêlé, à son propre livre de potion en réalité. Et celui ci avait bel et bien disparu dans l'incendie magique de la salle sur demande. Elle commençai à regretter de n'avoir jeter un oeil à ce livre. En effet voilà plus de 2h qu'elle s'acharnait sur ses ingrédients, mais aucun résultat probant.
Une demi heure avant la fin du cours, Rogue vint la voir et lui demanda de rendre compte de ses résultats. Elle détailla ses vaines tentatives.
_Pathétique, fut son seul commentaire. Le professeur pris deux fèves sopophoriques afin de lui faire la démonstration tant attendue. D'un côté, il émietta une fève et en filtra le jus ressorti. Le procédé était assez long, fastidieux et salissant. Le résultat: 1 mL de jus prélevé. Il prit la deuxième fève et la pressa simplement avec la lame d'argent de son couteau. Contre toute attente la pointe de la coque de la fève sauta, et une quantité appréciable de jus s'en écoula. Procédé simple, rapide, net et productif: 5mL prélevé.
_ Je pense que vous avez maintenant compris où je voulais en venir miss. Vous devez bien vous rendre compte que la méthode utilisée dans la préparation des ingrédients est de nature à influencer fortement le rendu de votre potion.
La cloche sonna alors la fin du cours.
_ Pour la prochaine fois vous étudierez les deux autres instructions.
_Bien professeur.