Prologue : "Trouver Severus"

par Angel del Paris

Prologue

« Trouver Severus »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    Cela s’était passé très vite.

    Je n’avais rien vu venir. Pourtant, ce n’est pas facile de m’avoir. Ni moi, ni mon père. Mais lui il n’a pas eu autant chance que moi. Il avait hurlé. Et supplié ! Qu’est ce qui m’a fait le plus peur ? Etait-ce ses hurlements ou sa supplication ? Il n’y a rien de pire qu’entendre celui qui est censé vous protéger de tous, être terrassé aussi aisément. Un simple sort… Un simple mot m’avait tout pris. Avait tout effacé… Tout ? Non, rien ne peut effacer ceci. Je suis une femme marquée et désormais : traquée.

 

 - Trouve Severus…

    L’ordre m’était parvenu de l’entrée. Un peu plus tôt, quelqu’un avait sonné. Dans sa grande politesse, mon père était allé voir qui avait le culot de venir nous déranger à une heure pareille. L’étrangeté de la situation ne l’avait pas frappé : personne ne venait jamais nous rendre visite. Cela faisait bientôt quatorze ans qu’on avait décidé de s’isoler du reste du monde. Pourtant ça ne les avaient pas empêchés de nous retrouver. La vérité ne le frappa que devant la porte d’entrée où il avait aperçu ne soi-disant visiteurs. Du haut de l’escalier, je lui ai lancé un regard interrogateur. Il ne me dit rien. Un sourire désolé sur ses lèvres, il posa sa main sur la poignée et ajouta avant de la tourner :

 - À Poudlard…

   La porte s’ouvrit sur deux hommes dont je ne vis que les robes noires. La voix, au ton sympathiquement faux, de mon père leur demanda de ses derniers mots ce qu’ils désiraient.

 - Tu sais très bien ce qu’on veut, Zacharie.

    L’infirme geste de mon père pour attraper sa baguette décida à l’autre étranger de levé la sienne :

 - Avada Kedavra !

   Le sortilège de mort atteignit de plein fouet ce qui me restait en ce bas monde, m’arrachant un cri fatal qui ne passa pas inaperçu des sorciers.  J’eus juste le temps d’éviter un nouveau sort qui ricocha sur le mur en face de moi alors que je m’empressais de m’enfermer de ma chambre, espérant gagner du temps pour fuir.

 - Collaporta ! murmurai-je à ma serrure qui se ferma aussitôt.

    Ça ne sera pas très efficace, un simple Alohomora l’ouvrira de nouveau, mais toutes secondes m’étaient précieuses. J’attrapais immédiatement ma cape de voyage pourpre…

 - Par là ! entendais-je de derrière la porte.

   … Ma bourse remplie de Gallions d’urgence…

 - Ne m’oblige pas à ouvrir, gamine !

   … J’ouvris  ma fenêtre, sautais sur le rebord et…

 - Alohomora !

 

 

    Les deux sorciers entrèrent, baguettes tendues, dans la chambre… vide. Aucune trace de la gamine. Seule la fenêtre ouverte pouvait indiquer la direction qu’elle pouvait avoir pris. Ils s’y précipitèrent aussitôt, mais cela ne les avança pas plus. La rue était déserte hormis un pauvre chat, assis pensif sur un muret.

 - Où est-elle passée ? demanda l’autre.

 - Comment veux-tu que je le sache, Samuel ! vociféra son compagnon.

   Le dit Samuel se mordit la lèvre, puis balaya la chambre du regard.

 - Qu’est ce qu’on fait Alex ? On brûle la maison ?

 - Non, juste le corps de cet idiot de Zacharie. Quant à la maison, on va la fouiller. Peut-être y trouverons-nous un indice qui nous mettra sur une piste.

   Dehors le chat émit un miaulement presque moqueur. Alex lui jeta un sort qui le rata de peu. L’animal détala loin de la maison qui avait autrefois appartenu à Zacharie Matthew Powell.