Le secret de l'Ouroboros

par feylie

Hello à tous !

 

Oui, c'est moi, Feylie, qui a publié un nouveau chapitre. Je suis comme vous : j'en reviens toujours pas, même si je joue encore l'escargot constipé.

 

Pour une certaine miss, je vais tenter de vous faire un résumé des 23 chapitres précédents ce qui ne vas pas être une mince affaire, je le sens. Bon, je me lance et excusez si je ne m’attarde pas sur les détails comiques, lol.

 

Nous sommes en l'an de grâce 1337, Edouard IV entreprend une guerre contre la France et son roi, Philippe de Valois, afin de récupérer la couronne française qui selon lui, lui revint de droit. Mais derrière ce conflit moldu se cache en réalité de sombres manipulations entreprises par Lord Voldemort et ses Mangemorts, manipulation qui semblent concerner Emma Kelsey devenue, après son enlèvement (je dirais bien un soir de pleine lune, tiens, lol), Hermione Granger. Ayant été élevée par une tante acariâtre dans le monde des moldus, cette dernière la pousse (vendue, oui, lol) à épouser Lord Clayburn qui se révèle être un Mangemort qui complote à la Cour d'Edouard. Sur le chemin la menant vers Windsor, son convoi croise le chemin de Drago Malefoy, envoyé par son père pour (soi-disant) surveiller Harry Potter. Malheureusement, pour l'un comme pour l'autre, les choses ne se passent pas comme ils l'imaginaient et, à la suite d'un viol, Hermione se voit contrainte de fuir Windsor. Elle se réfugie alors dans  le Chaudron Baveur, là où elle revoie Harry Potter et Ron Weasley qui l'emmènent avec eux. Apprenant qu'elle est une sorcière, Hermione apprend les rudiments de la sorcellerie (et plus encore, on parle de Granger quand même) tout comme elle apprend qu'elle est enceinte. Après les révélations de Rita Skeeter, Drago intervient durant la cérémonie de mariage d'Harry et d'Hermione. Finalement au grand dam des Gryffondor, Hermione s'unie à Drago (on se croirait dans les feux de l'amour, mon Dieu !) pour le meilleur et surtout pour le pire car Hermione tout comme Drago apprend que Lucius en veut à l'enfant. Elle apprend également - grâce à un bijou qui appartient à la famille de Malefoy et dont il lui avait fait cadeau par le passé - que son mari est ce garçon dont elle avait fait la connaissance dans la forêt, dix ans plus tôt, alors qu'elle avait été abandonnée dans la forêt par ses ravisseurs. Et les révélations ne s'arrêtant pas là (bah, oui c'est fou comme on peut en apprendre sur soi en quelques mois), Hermione fait la connaissance de son  frère Andrew, que Drago a rencontré en France alors qu'ils y avaient été fait prisonniers. De fil en aiguille, ils se rendent compte que le pendentif de l'Ouroboros, symbole de leur famille, cache un lourd secret qui a conduit à un massacre par le passé (on va dire, quatre ou trois cent ans de ça, mdr), celui du patriarche Denfield ainsi que de celui Kelsey et tout ça par la main du fils de ce dernier, qui avait épousé contre l'avis des deux familles Ceit Denfield qui portait leur enfant. Etrangement, cette Ceit - tuée de la main de son père le jour de son accouchement (que c'est gentil les papa, lol) - semble ressembler énormément à une certaine femme de l'entourage de Harry et de Drago (devinez qui ? lol). Et ce qui semble troubler les deux jeunes gens, c'est leur relation qui ressemble de plus à celle qu'entretenait les Kelsey et les Denfield. Après avoir délivrée la vraie Circé Morgana Doyle d'une belle prison moldue, lol, ils espèrent enfin connaître ce qui lie Voldemort à l'enfant qu'Hermione porte.

 

J'espère que ce résumé aura pu aider certains à se souvenir de la trame de l'histoire sinon si vous désirez de plus amples informations (sauf les questions concernant les prochains chapitres parce que sincèrement, j'en sais rien du tout. J'ai encore rien fichu... snif) je serai toute ouie !

 

Donc, pour ce chapitre, nous aurons tout d'abord une sympathique voyante qui cherche des poux à Drago et qui semble bien décidée à supprimer quelqu'un de cette fic, mdr, puis les plans de Vous-Savez-Qui qui seront un peu moins flous pour tous les communs des mortels (moi par la même occasion, lol). J'oubliais la petite gifle juste pour le fun, mdr, et puis... je me tais. Vous saurez bien ce qui se trame en lisant et surtout vous pourrez admirer ce qui nous fait craquer, nous les filles... non, je ne parle pas d'un Drago en version chippendale, encore que... Bref, tout ça c'est pour vous et maintenant !

 

Bonne lecture ! (oulà c'était long comme intro, je vais respirer, là...)

 

OoO

 

Chapitre 24 : le secret de l'Ouroboros

 

- Il faut que vous jetiez Malefoy dehors ! Il faut éloigner cet homme d'ici !

 

- Cela a été fait, déclara Harry d'une voix qui se voulait apaisante. Ne vous inquiétez pas et dites-nous ce que vous reprochez à Lucius Malefoy.

 

- Je... Je ne me souviens plus, balbutia-t-elle alors que ses doigts se crispaient autour du drap.

 

Le front plissé, la peur renforçait les rides de son visage.

 

- Je sais que cela est douloureux pour vous mais nous avons besoin de vos confidences, continua Harry. Est-ce Lucius Malefoy qui est le responsable de votre emprisonnement ?

 

La question ébranla la voyante qui voyait divers souvenirs se mêler dans son esprit.

 

- "Mari. Frère. Enfant... Liés... Tous les trois..."

 

Andrew fut surpris d'entendre ces mots que la voyante n'avait cessé de répéter lorsqu'elle se trouvait encore dans les cachots français.

 

- Ce n'est pas possible ! s'exclama-t-elle.

 

Brusquement, elle se releva, vêtue d'une longue chemise de nuit blanche en coton, puis affolée se rua sur la porte. Andrew contourna le lit, alors que Harry, myope comme une taupe, tentait de se diriger maladroitement les bras tendus devant lui. Soudain, deux mains lui empoignèrent les épaules et l'obligèrent aussitôt à se rasseoir.

 

- Restez ici pour ne pas me gêner.

 

- Dites que je suis un poids, Kelsey !

 

- Vous l'êtes, approuva-t-il en délaissant le jeune homme pour se focaliser sur la voyante qui, dans le couloir, hurlait comme une démente.

 

Andrew se hâta de rejoindre la porte sur le seuil duquel il vit Circé, emprisonnée entre les bras de Drago qui cherchait à la retenir. Malheureusement, le fait qu'il fût un Malefoy, une doublure de celui que la femme craignait plus que tout au monde ne l'aidait guère à parvenir à un résultat satisfaisant ; au contraire, cela augmentait les hurlements de cette dernière ainsi que ses mouvements désordonnés.

 

- Tu ne nous es d'aucune utilité, Drago, jugea Andrew. Elle s'affole davantage en ta présence.

 

- Je le sais, répliqua-t-il exaspéré par la femme, mais il fallait bien que... parbleu !

 

Sous le coup de la douleur, il relâcha subitement la coupable de cette agression sur sa personne, permettant ainsi à Andrew de s'occuper de la furie qui avait, après cette maigre percée, cherché à fuir de nouveau.

 

- Tout va pour le mieux ?

 

- Non ! hurla le Serpentard qui essuyait du dos de la main le sang qui perlait de son nez. Attachez cette folle sur une chaise !

 

- Tu ne vas tout de même pas en venir à cette extrémité pour un simple coup de poing ?

 

- Je le ferai avec plaisir, même !

 

- Que faites-vous ? s'enquit une voix depuis l'intérieur de la chambre.

 

- Tais-toi donc, Potter !

 

Subitement, Circé se calma. Ses lèvres murmurent un nom puis elle dévisagea longuement Andrew avant d'en faire de même avec Drago. Machinalement, elle rebroussa chemin. Elle pénétra dans la chambre et considéra l'homme qui était assis au pied du lit. Lentement, elle s'approcha jusqu'à se retrouver face à lui. Elle tendit la main vers son front. Prestement, il lui saisit le poignet.

 

- Potter ? articula-t-elle alors que la main du jeune homme se desserrait finalement pour lui permettre de dévoiler sa cicatrice, dissimulée derrière un écran de mèches brunes. Vous êtes Harry Potter.

 

Sur le seuil, Andrew observait la scène avec Drago, sans un mot, impatients que la femme parle enfin de ce qu’elle savait. Ce fut toutefois une autre voix qui les interpella. Ils détournèrent les yeux pour voir Rose qui accourait vers eux, affolée.

 

- Que se passe-t-il ici ? demanda-t-elle en s'immobilisant, essoufflée.

 

- Rien de grave si ce n'est que notre invitée semble encore un peu déboussolée, répondit Andrew.

 

Ses traits se figèrent tout à coup en apercevant Hermione au bout du couloir.

 

- Rose, que fait ma soeur ici ?

 

La nanny se tourna et, soupirant, dut se rendre à l'évidence : Emma n'avait pas changé, toujours à contrevenir aux ordres.

 

- Je lui avais intimé de demeurer dans le salon. Visiblement, elle n'a pas daigné suivre mon conseil.

 

- Cela n'est pas étonnant, intervient Drago, à la fois heureux et gêné de sa venue.

 

- Hermione, Rose ne t'a-t-elle pas...

 

La jeune femme passa entre son ancienne nanny et son frère, déboulant sur Drago qui craintif recula d'un pas.

 

- Hermione, je...

 

Ses douces mains se plaquèrent sur son visage puis elle le regarda, horrifiée.

 

- Qui donc t'as encore blessé ? l'interrogea-t-elle, faisant allusion à son oeil, celui qu'Andrew avait touché de son poing, la veille.

 

- Ce n'est qu'un accident, bredouilla-t-il, gêné de cette soudaine attention envers lui - surtout qu'il soupçonnait le sourire moqueur d'Andrew.

 

Cette explication la laissa sceptique mais malgré cela elle ne réclama aucune autre précision. Elle tira un mouchoir, finement brodé, de son décolleté - ce qui attira le regard de Drago qui s'attarda sur cette gorge offerte - puis le passa sur le nez du Serpentard, essuyant les traces de sang.

 

- Ton mouchoir sera bon à jeter, dit-il avec toute la neutralité dont il était capable ; ce qui était loin d'être évident car cette proximité, ce contact sur sa peau ainsi que cette vue qu'elle lui offrait ne pouvaient que lui rappeler qu'il ne rêvait que d'une seule chose : passer une nuit avec sa femme.

 

De son côté, Hermione était tout aussi troublée, sans doute parce qu'elle prenait conscience qu'en cet instant, elle jouait les épouses éprises.

 

- J'espère bien que tu m'en rachèteras un autre pour remplacer celui-la, gare à toi sinon.

 

Sa voix légèrement fâchée le fit sourire. L'air malicieux, il se pencha légèrement.

 

- Loin de moi, l'idée de provoquer le courroux de ma femme, murmura-t-il à son oreille.

 

Son souffle sur sa peau la fit frissonner, la faisant rougir. Lorsqu'il se redressa, elle releva les yeux, croisant les siens qui, tout comme elle, vibraient d'une étrange lueur. Ils demeurèrent ainsi à se fixer longuement, le coeur battant à tout rompre, la voix sèche et les mains moites, ne sachant que faire. Ce fut un toussotement intempestif qui les ramena à la réalité. Rougissant de plus belle, ils s'écartèrent subitement l'un de l'autre.

 

- Que vous êtes mignons ! s'exclama Rose, les mains jointes et le regard plein d'étoiles.

 

- Je ne suis pas mignon, se rembrunit Drago en croisant les bras, faisant pouffer de rire Hermione.

 

- Nous parlerons de tout cela, plus tard, intervient Andrew dont les yeux étaient dirigés vers le couple que formaient Harry et Circé ; et qui à l'intérieur de la chambre, se dévisageaient encore.

 

- Tu dois aller te reposer, fit Drago à l'adresse de sa femme.

 

- Je ne suis pas fatiguée, opposa-t-elle, fermement.

 

- Je t'assure que tu...

 

- Qui est cette femme ? demanda-t-elle en s'approchant de son frère. Est-ce elle qui a hurlé aussi fort ? Et pour quelle raison regarde-t-elle Harry de cette manière ? Et pourquoi a-t-elle ses lunettes... ?

 

- Des questions, toujours des questions, soupira Andrew. Finalement, c'est plus de la curiosité qu'une volonté d'apprendre, la taquina-t-il.

 

Pour toute réponse, elle lui tira la langue, comme elle le faisait autrefois. Cette petite scène fraternelle raviva les souvenirs de Rose qui étouffa un sanglot.

 

- Vas-tu encore me dire qu'il vaut mieux être épéiste plutôt qu'érudite ?

 

- Je te le réaffirme et le réaffirmerai jusqu'à ma mort, ma chère soeur.

 

- Elle !

 

Les deux jeunes gens se figèrent sous l'intonation de cette voix froide, celle de Circé. Cette dernière avança dans leur direction pour se planter devant Hermione. Tout comme les autres, elle dut subir l'examen de la voyante, avec gêne. Et lorsqu'elle découvrit le ventre rond de la jeune femme, Circé pâlit. Elle tendit la main vers Hermione, frôlant à peine sa taille arrondit, avant de bondir en arrière.

 

Apeurée, elle pointa son doigt vers la jeune femme qui blêmissait peu à peu à son tour.

 

- L'enfant à naître ne portera pas le sang du Survivant mais celui de l'infâme Serpent !

 

Cette accusation envers Malefoy, même si elle n'était pas totalement fausse, indigna Hermione. Elle seule était en droit de juger Drago et nul autre ! Et que cette inconnue puisse la regarder d'un air accusateur voire dégoûté lui plaisait encore moins.

 

- Taisez-vous ! Vous n'avez nul droit de calomnier mon mari !

 

Sous cette confirmation, Circé perdit de sa superbe. L'effarement céda sa place à l'horreur.

 

- Vous avez préféré lier votre destin à un Malefoy alors que vous auriez dû choisir Harry Potter... Le sang des innocents coulera à nouveau, les crimes seront commis, la peste ainsi que la famine seront le lot des moldus durant une période de cent ans et cela (elle posa un doit accusateur sur Hermione) à cause de vous !

 

- Cessez ! intervient Drago qui maintient Hermione derrière lui. Vous n'êtes qu'une folle ! Une voyante qui... !

 

- Drago ! s'écria Andrew.

 

- Je ne la laisserai pas troubler davantage ma femme !

 

- Drago... le fils... Votre père aussi avait durant un temps douté de mes dons mais il a fini par me croire. Vous seriez bien stupide de ne pas vous fier à mes dires. Vous avez mené ce monde à sa perte en posant vos salles pattes de Mangemort sur cette femme qui aurait dû revenir à Potter ! Lui seul méritait la main de l'héritière afin de mettre un terme au pouvoir de l'Ouroboros, mais vous avez indûment volé celle qui lui revenait !

 

- Je n'ai rien volé à Potter !

 

- Oh que si ! ricana-t-elle alors que derrière elle Harry, qui s'était gardé d'intervenir, se levait. Lucius m'a extorqué des informations et c'est pour cela que vous avez pu vous trouver dans cette forêt cette nuit-là, il y a dix ans. C'est pour cela que celle que vous appelez votre femme a été enlevée à sa famille par les Mangemorts. Le seul et unique but de l'éloignement de la petite Kelsey était de permettre ce qui n'aurait jamais été sans les manoeuvres perfides des Serpentard. Les astres dévoilaient la rencontre d'Emma Kelsey avec Harry Potter et non pas avec Drago Malefoy. Vous n'auriez jamais dû épouser cette femme ! l'accusa-t-elle véhément. Vous n'auriez eu aucun droit sur elle si vous ne l'aviez pas violentée, provoquant cette grossesse ! Vous êtes un imposteur, Drago Malefoy ! Un félon comme votre père, comme tous les Mangemort et comme votre maître, Voldemort !

 

Voyant que les épaules de Drago s'affaissaient, Hermione s'inquiéta. Les paroles de Circé avaient bel et bien atteint leur cible.

 

Le jeune homme vit passer devant ses yeux cette fameuse nuit où il avait cru tomber, grâce au destin, sur cette petite fille abandonnée. Il avait cru jusqu'ici qu'il avait été son ange, or il en était rien. Circé venait de piétiner ses certitudes, de déchirer la seule raison qui atténuait légèrement son acte inqualifiable envers Hermione.

 

Je ne suis pas son ange, je ne l'ai jamais été, songea-t-il le coeur lourd. J'ai volé cette place qui revenait à Potter... Je ne méritais vraiment pas Hermione...

 

- De quel droit jugez-vous ainsi mon mari ? explosa la jeune femme. Vous croyez que le simple fait de prédire une chose signifie qu'elle fasse loi ?

 

- Vous ne savez rien de tout ce qui se trame ! Si vous nommez cet homme votre mari après ce qu'il vous a fait, c'est que vous n'avez aucune fierté ! Vous n'êtes qu'une petite idiote qui trahit les siens pour écarter ses cuisses devant un Serpentard !

 

Avant même qu'Andrew et Harry n'aient eu le temps de réagir, Drago brandit sa baguette en direction de Circé qui effrayée fit un pas en arrière. L'étrange lueur qu'elle voyait luire dans les prunelles du jeune homme lui fit regretter ses paroles. Après tout, le père et le fils étaient semblables. Quelle peine leur causerait la mort d'un tiers ?

 

- Libre à vous de croire et de suivre vos maudites prédictions, cracha-t-il entre ses dents, cela ne me concerne pas et je moque de savoir ce que vous pouvez penser de moi. En revanche, je vous interdis d'insulter ma femme comme vous le faite, vous m'entendez ! Que vous haïssiez les Serpentard, je vous le concède mais ne venez pas à souiller l'image et la réputation d'Hermione ! Cela, je ne le pardonnerai jamais à quiconque et encore moins à une folle telle que vous. Est-ce clair ?

 

Elle acquiesça de la tête, mais à voir son regard elle ne penserait jamais autrement. Dégoûté, Drago saisit le poignet d'Hermione puis la mena avec lui hors de la pièce.

 

- Il n'en demeure pas moins que vous avez apporté le chaos en touchant cette vierge ! cria Circé. Cette guerre qui ébranle le monde des Moldus est de votre fait, Malefoy ! Vous n'auriez pas dû... !

 

Andrew claqua violemment la porte alors que les deux époux se tenaient dans le couloir. Drago remercia silencieusement son beau-frère, même s'il entendait encore les reproches de la voyante.

 

Il s'adossa contre le mur adjacent à la chambre puis soupira.

 

- Messire Malefoy.

 

Il leva la tête. Ses yeux s'écarquillèrent lorsque la main de Rose se plaqua brutalement sur sa joue.

 

- Rose ! intervient Hermione.

 

- Non, laisse, opposa Drago. J'ai mérité cette gifle et je mériterais davantage...

 

- Comment avez-vous pu ? Jamais un homme digne de ce nom n'aurait porté la main sur une jeune fille pour la forcer.

 

- N'en rajoute pas, Rose ! Tout cela, il le sait ! Nous en avons longuement discuté et il regrette amèrement son acte. Je t'en prie, Nanny, dit-elle en prenant les mains de la femme, j'ai accepté cet homme malgré ce qu'il m'a fait, fais-en de même.

 

- Votre mère et votre père...

 

- Ne souhaitaient que mon bonheur et je sais que je peux l'acquérir en étant aux côtés de Drago.

 

Rose considéra durement le jeune homme.

 

- Si vous désirez, je peux taire ma colère mais ne me demandez pas de pardonner à cet homme ce qu'il vous a fait. C'est au-dessus de mes forces.

 

Sur ce, elle pivota sur ses talons et entra dans la chambre qu'ils venaient de quitter, là où se trouvaient Andrew, Harry et Circé.

 

- Je crois qu'Andrew va se faire tirer les oreilles, tenta-t-il de plaisanter.

 

- Drago, je...

 

- Ne dis rien de plus, coupa-t-il. Cette satanée voyante vient d'éclairer le pourquoi et le comment de notre rencontre. Moi qui croyais que le destin y était pour beaucoup, je me rends compte de ma naïveté, digne d'un Poufsouffle. Je me doutais bien que mon père ne m'avait pas mené pour rien dans cette forêt mais qu'il soit responsable de ton enlèvement... qu'il t'ait arrachée à ta famille simplement pour que ses plans, ou plutôt ceux de son maître puissent se réaliser... Quelle image dois-tu avoir de la noble et cruelle famille Malefoy !

 

- Drago, ne me dis pas que de simples prédictions...

 

- Tu as entendu cette vieille folle, non ? Tu n'avais rien à faire avec moi ! Tu étais promise à Potter, pas à moi ! Si mon père n'avait pas joué les troubles fêtes, tu serais enceinte d'un Gryffondor et pas d'un vil Serpentard ! Et puis cette guerre... elle a bel et bien commencé et c'est peut-être à cause de moi... Mon union avec toi a réveillé les anciens fantômes alors que celle avec Potter aurait pu les enterrer pour de bon.

 

Dépité, il passa une main sur son visage.

 

- Quand je me dis que tout commence à aller pour le mieux, une nouvelle vient tout remettre en cause. Cela en sera-t-il toujours ainsi entre nous ? Ne pourrons-nous jamais profiter de ce que nous avons sans qu'un nuage noir vienne obscurcir notre ciel ?

 

Il soupira puis, exténué, ferma les paupières.

 

Le parfum d'Hermione se fit plus présent autour de lui. Il en comprit la raison lorsque un doux pétale de rose vient se poser sur ses lèvres. Il rouvrit les yeux et découvrit que cette pétale n'était en fait que les lèvres de sa femme qui scellaient les siennes. Un baiser aussi léger, tendre et furtif qu'un nuage que l'on capturerait et qui s'échapperait entre nos doigts. S'écartant légèrement de lui, Hermione l'observa. Il n'y avait aucun reproche, aucun doute dans ses prunelles, mais une simple conviction qu'elle avait déjà fait comprendre à ses proches : elle l'avait choisi, envers et contre tous.

 

Réalisant, après contrecoup, que sa femme venait de l'embrasser, Drago se figea. Depuis le temps qu'il attendait ce baiser, symbole d'un amour partagé, il se maudissait pour ne pas avoir prolongé ce miracle - il doutait qu'Hermione renouvelle l'expérience avant un certain temps.

 

Ce baiser ne comptait peut-être pas à ses yeux, pensa-t-il en passant sa main, d'un air vague, sur ses lèvres. Il ne servait peut-être qu'à atténuer ma peine.

 

- Tu agis étrangement, Drago, lui fit-elle remarquer.

 

Sortant de ses réflexions, il la dévisagea.

 

-  Tu m'as embrassé, expliqua-t-il.

 

- Oui et alors ? Est-ce interdit entre un mari et sa femme ?

 

- Non, bien sûr que non mais... Je pensais que tu n'accepterais jamais de m'en accorder un après...

 

Derechef, Hermione l'empêcha de poursuivre, emprisonnant sa bouche sous la sienne. Instinctivement, Drago posa ses mains sur sa taille puis la rapprocha plus près d'elle avant de l'enlacer totalement entre ses bras, tout comme sa langue qui enlaça celle de sa femme.

 

OoO

 

- Il n'avait pas le droit de s'interposer, marmonna la voyante.

 

- Que savez-vous du destin ? objecta Andrew. Il existe nombre de chemins et le destin de ma soeur était peut-être de rencontrer Drago, que cela vous déplaise ou non. Si vous êtes de ceux qui ne font confiance qu'aux étoiles alors vous êtes encore plus folle que je ne le pensais.

 

- Vous son frère, vous cautionnez les agissements du Serpentard.

 

- Je n'ai nul besoin de m'expliquer devant vous.

 

- Parce qu'il n'y a rien à expliquer ! Un crime reste un crime ! Et voilà pourquoi l’ouroboros s'est réveillé ! Il a senti le sang de l'innocent, le crime qui en engendra encore d'autres... Ecoutez mon conseil : faites-en sorte de vous débarrasser de cet enfant avant que Voldemort ne mette la main sur lui.

 

- Un avortement ! s'exclama Rose, choquée. L'église ne le cautionnera pas !

 

- Tenez-vous à ce que la guerre qui ébranle votre monde atteigne celui des sorciers ? Faut-il encore des morts alors qu'un seul pourrait en éviter des millions ?

 

- Hors de question que vous tuiez l'enfant que porte ma soeur !

 

Voyant qu'elle ne pourrait pas les convaincre, Circé se tourna vers Harry.

 

- Harry Potter laissera-t-il son ennemi tuer d'autres innocents alors qu'il a déjà tué ses parents ? Vous êtes le Survivant, celui qui doit mettre un terme à la folie de Voldemort et de ses sbires. Allez-vous risquer la paix des sorciers pour un enfant qui a été engendré dans la violence ? Allez-vous laisser un Serpentard vous prendre ce qui vous revenait de droit ?

 

- Ce qui me revient de droit ? Si vous parlez d'Hermione en ces termes, j’en conclus que vous êtes aussi insensible que Voldemort. Hermione n'est pas une chose qui doit revenir à l'un ou à l'autre juste pour une histoire de prédictions ! C’est une personne et même si son choix peut paraître étonnant, elle a choisi Malefoy. Ensuite, je n'ai pas l'intention de vous suivre dans votre folie en poussant ma meilleure amie à détruire cette vie qu'elle porte en elle pour vous satisfaire. Si Voldemort doit mourir, je m'en chargerai. Pas en ayant recourt à des moyens aussi vils que celui que vous venez de nous proposer, mais loyalement.

 

- Je vois que vous êtes tous aussi têtus les uns que les autres, jugea Circé.

 

- Il ne vous reste donc plus qu'à accepter notre point de vue et nous dire ce que vous savez pour que nous puissions sauver ce qui peut encore l'être, dit Andrew.

 

Circé considéra les visages déterminés de ses interlocuteurs. Soupirant de résignation, elle s'assit sur la seule chaise présente dans la pièce, celle non loin de la tête du lit. Elle ôta les lunettes et les rendit à Harry qui, avec une joie non contenue, les remit sur son nez. Enfin, il voyait plus clairement !

 

- Je suis déjà venue en ces lieux. C'était avant l'enlèvement de la petite et avant mon emprisonnement.

 

- Je me souviens de votre visite, approuva Rose. Vous vous étiez entretenue avec lady Kate.

 

- Oui, j'avais senti un danger peser sur les Kelsey. J'ai donc envoyé une missive au lord. Hélas, il m'a répondu en des termes plus que rudes, qu'il ne prêterait aucune foi à la parole d'une voyante et que je ne devais plus envoyer de lettres si je ne tenais pas à subir ses foudres. J'ai alors tenté ma chance avec lady Kelsey en lui dévoilant tout ce que je savais sur sa famille et celle de son époux. Elle a bien daigné me recevoir sans que son mari ne le sache.

 

- Que vous lui avez-vous dit lors de l'entretien, s'impatienta Andrew.

 

- Je lui ai parlé de l'Ouroboros.

 

- Cela ne concerne donc pas l'enfant d'Hermione, fit Harry.

 

- Oh que si, malheureusement. L'enfant porte en lui les énergies du Serpent.

 

- Parlez de Drago, autrement qu'en ces termes, s'irrita Andrew.

 

- Non, vous ne comprenez pas...

 

- Si, et plus que vous ne le pensez. Vous ne le...

 

- Je ne parle pas de Malefoy, l'interrompit-elle, mais de l'ouroboros. Les Denfield ont été choisis comme gardien de ce bijou en raison de leur fonction de druide mais également parce qu'ils étaient les plus aptes à atténuer le pouvoir maléfique du pendentif.

 

- Dans ce cas, je ne vois pas le rapport avec l'enfant.

 

- Le rapport se révèlera à vos yeux lorsque vous aurez entendu ce que j'ai a dire et qui explique mon partie prit pour Harry Potter. Le pendentif que porte votre soeur au cou est l'essence même du pouvoir de deux dragons, le rouge et le blanc. Le premier étant le symbole de la colère et de la violence, le second celui de la pâleur de la mort. Dans les temps anciens, ils ont été la source de nombreuses catastrophes naturelles, eux qui ne cessaient de se battre et de déchaîner les eaux. Heureusement, l'un et l'autre ont fini par être détruits par un cercle de sept druides. Leur sang a été mêlé sur le sol d'où en est sorti une pierre, froide comme leur coeur et porteuse de malchance. Et leurs pouvoirs ont été emprisonnés dans le pendentif. Les druides finirent par s'éteindre au profit des sorciers et il ne resta plus que les Denfield qui héritèrent, en plus de leur rôle de gardien du pendentif, de celui de gardien de la pierre et de son secret. 

 

Circé marqua une pause, puis reprit.

 

- Mes aïeuls ont suivi depuis des siècles les Denfield avant cette nuit fatidique qui causa leur perte. Le secret ne peut se dévoiler qu'à une seule condition et implique obligatoirement la réunion de la pierre, lieu où les âmes des dragons sont emprisonnées, l'Ouroboros et l'union des opposés. Denfield refusait l’union de sa fille parce qu'il savait ce qu'elle engendrerait: l'union des deux forces, le Bien et le Mal. Lorsque votre ancêtre, Ceit, a enfanté, les conditions étaient réunies pour éveiller les forces. Voyez les meurtres qui ont été commis cette nuit là. Heureusement, le rituel n’a pas eu lieu et la pierre n’a pas pu s’abreuver du sang de l’innocent. Mais cette fois-ci, si le rituel était mené à terme, les pouvoirs de l’ouroboros seraient intensifiés et cela parce que l’enfant verra le jour sous le signe du serpent, le symbole de la régénération... l’immortalité.

 

- Ce bébé sera donc immortel ? demanda Rose, qui se croisait.

 

- Non, mais il est l’élément de cette immortalité.

 

- Comment cela ? l'interrogea Harry qui commençait à relier "immortalité" et "Voldemort".

 

- Le sang de l'enfant versé lors d'une éclipse à l'endroit même où se sont affrontés les deux dragons régénèreront les pouvoirs du pendentif ainsi que les âmes de ces créatures. Et de la mort du bébé serpent naîtra le Roi-dragon, le roi des Nâga, dans les eaux rouges de la materia prima. Ainsi de la Mort verra la Vie.

 

- Alors Voldemort...

 

- Reviendra bien plus puissant et contrôlera ces créatures qui briseront l’équilibre du monde magique.

 

- Serpent et Dragon, n'est-ce pas deux créatures distinctes ? souleva Rose.

 

- Le Dragon est identifié au Serpent, l'un comme l'autre, ils ne sont qu’un seul esprit, celui de l'eau. Voilà pourquoi il était préférable que Potter fût le père de l'enfant, l'opposition du Bien et du Mal n'aurait pas été. Cela aurait surtout empêché Voldemort d'utiliser cet innocent à ses fins, et de détruire tous ceux qui s'opposeront à lui.

 

- Vous n'êtes pas certaine qu'il...

 

- Que cet enfant sera l'eau de jouvence, la potion d'immortalité du Mage noir ? Détrompez-vous. Et savez-vous pourquoi ? Parce que comme le disaient les anciens : « aussi majestueux qu'un monarque et dangereux qu'un démon, à l'équinoxe du printemps le Dragon s'élèvera dans les cieux ». Dites-moi quand lady Hermione doit accoucher.

 

- Elle m'a confié que cela serait en mars, répondit Rose.

 

- Au printemps, l'enfant verra le jour tout comme le dragon qui dominera le monde. Mes craintes ont-elles enfin trouvé un écho auprès de vous ?

 

- Il y a forcément un moyen d'empêcher Voldemort d'utiliser l'enfant.

 

- Aucun, trancha sèchement la voyante. Le destin s'est enclenché au moment même où Drago Malefoy a étreint votre soeur. Le Serpent, connu comme l'ami des femmes, le fécondateur, n'a besoin que d'une seule erreur, d'une seule tentative. Je vous conjure de m'écouter ! A quoi bon causer la souffrance de l'enfant et de la mère, car il est certain qu'il mourra au moment où son premier cri déchirera le ciel ? Ôtez la vie à cet innocent dès aujourd’hui afin qu'il ne puisse jamais servir au Mal.

 

- Jamais ! objecta Andrew avec rage. Jamais je ne demanderai à ma soeur de se défaire de l'enfant qu'elle porte !

 

- Vous êtes égoïste ! Vous ne pensez pas aux autres innocents !

 

- J'y songe et plus que vous le croyez ! Je n'ai fait que cela durant des années et j'ai perdu ma soeur ainsi que mes parents. Je refuse de perdre à nouveau ma nouvelle famille, même si à vos yeux je parais égoïste !

 

- Kelsey, les anciens Serpentard. Vous avez encore cela dans votre sang. Savez-vous que votre ancêtre Ceit ressemblait trait pou trait à votre soeur ? (Andrew pâlit.) Je vous l'ai dit : l'influence de l'Ouroboros est forte. Ce n'est qu'un éternel recommencement, un cycle sans fin fait de violence, de colère et de morts. Il n'est pas étonnant que l'histoire des Denfield et celle des Kelsey aient été parsemées de cadavres. Vous ne vous déferez jamais de l'influence de ce pendentif. Et si l'histoire est un retour alors votre soeur périra et d'autres encore. Est-ce cela que vous désirez ?

 

- Je ne changerai pas d'avis !

 

- Malgré mes éclaircissements, vous continuez à vous aveugler.

 

- Je ne m'aveugle pas. Contrairement à vous, je cherche une autre solution pour éviter cette fatalité que vous avez vue dans vos étoiles.

 

- Il n'y a aucune autre solution ! Tuez dès maintenant cet enfant ou apprêtez-vous à la destruction du monde ! Ne comprenez-vous pas que si Lucius Malefoy m'a tenue éloignée du monde des sorciers, cela était principalement qu’il ne souhaitait pas que je puisse contrecarrer ses plans et ceux de son maître.

 

- Je me demande bien pourquoi Lucius ne vous a pas tuée, lâcha froidement Andrew avant de sortir de la chambre, offusquant aussi bien la voyante que Rose.

 

Ouvrant la porte, il eut la surprise de surprendre sa soeur dans les bras de son mari. Occupés à s'embrasser fiévreusement, ils ne remarquèrent pas sa présence. Amusé, il toussa pour apporter un peu de décence dans le château. Aussitôt, les deux époux s'écartèrent l'un de l'autre, rougissant.

 

- Je vois que vous avez fini par apprendre les rudiments de la langue de chacun, plaisanta-t-il, mais de grâce, un peu de tenu ! Imaginez qu'une servante vous surprenne, quelle image allez-vous donner à nos serfs, voyons ?

 

- Tu as toujours été un rabat-joie, Drew, bouda Hermione en croisant les bras.

 

Il s'avança vers sa soeur puis lui prenant le visage entre ses mains, il baisa son front.

 

- Un rabat-joie qui aime sa soeur et qui est déterminé à la protéger.

 

- Qu'a dit la voyante ? s'enquit Drago.

 

- Rien que nous ne sachions déjà, malheureusement. Comme tu le pensais, Voldemort a des vues sur votre enfant mais il suffira d'éloigner le petit. Je ne pense pas qu'il mettra lui-même les pieds dans ce château.

 

- Ce que ses Mangemort n'auront pas de scrupules à faire, fit remarquer Hermione, inquiète.

 

- En derniers recours, nous pourrons toujours aller voir Dumbledore, proposa Harry qui sortait de la chambre, à son tour.

 

- Finalement, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, la rassura Drago. Si Dumbledore nous apporte son soutien, notre enfant ne risquera rien.

 

- On dirait bien que oui, sourit-elle, rassérénée.

 

Une nouvelle fois, ils se perdirent dans une longue observation.

 

- Venez donc, lady Hermione, fit Rose en l'éloignant de Drago. Il est temps de prendre un déjeuner.

 

- C'est vrai qu'avec tout cela, nous avons manqué le petit-déjeuner, approuva-t-elle.

 

- Que les dames aillent devant, offrit Andrew en posant ses bras sur les épaules de Rose et d'Hermione. Drago et moi allons tout d'abord remédier à la tenue trop Gryffondor de Potter ainsi qu’à sa coiffe, avant de vous rejoindre.

 

Harry ne prit même pas la peine de s'opposer à cette boutade. Seul importait de voir Hermione loin de leur future discussion.

 

- Drew !

 

- Je te promets que ton époux te reviendra dans quelques minutes et que tu pourras à nouveau continuer tes cours auprès de lui.

 

Hermione s'empourpra comme jamais. Furibonde, après qu'Andrew ait ainsi osé étaler sa vie privée, elle lui marcha fortement sur le pied puis s'éloigna dans le couloir, suivie de Rose qui la sermonnait sur l'attitude décente que devait posséder une lady, future mère de surcroît.

 

- Vous êtes bien des hommes pour lui cacher la vérité, déclara Circé, qui étrangement s'était levée et dirigée sans lunettes jusque sur le seuil de la porte.

 

- Quelle vérité ?

 

- Ecoute, Drago...

 

- Non, Andrew ! Je ne suis pas aussi stupide pour croire que cette folle ne vous a rien révélé d'autres que ce que tu m'as raconté devant Hermione. Il y a autre chose et je veux savoir !

 

La voyante s'approcha du Serpentard puis le toisa.

 

- Vous allez devoir réparer vos erreurs, messire Malefoy. Oui, il va falloir que vous empêchiez votre enfant de voir le jour avant que votre Maître Voldemort ne le fasse lui-même.

 

Drago blêmit face à ce couteau que lui avait mis Circé sous la gorge.

 

OoO

 

- Vas-tu m'en vouloir de ne pas t'avoir dit ce qu'il en était réellement de ma relation avec Drago ?

 

- Je ne pourrai jamais vous en vouloir. Vous n'êtes après tout que la...

 

Rose se tut en voyant les servantes qui entraient avec les mets et qui les disposaient sur la longue table de bois. A l'occasion du retour d'Hermione et de cette nouvelle vie retrouvée au sein du château, la tour avait été ré-ouverte et dépoussiérée afin de recevoir les convives et les seigneurs. Autrefois seul, Andrew avait refusé de prendre ses repas dans cette Grande Salle qui regorgeait de souvenirs.

 

Rose était surtout satisfaite de constater que les tentures avaient retrouvé leur beauté d'antan, même si elles témoignaient encore de leur tristesse de ne pas avoir vu la lumière du jour depuis des siècles. Une longue bannière affichait les écussons des familles Kelsey et Denfield, alors qu'une autre affichait celle d'un mystérieux serpent ailé.

 

Lorsque enfin les lieux se désencombrèrent, les laissant à nouveau seules, Rose continua sa phrase :

 

- Vous n'êtes que la malheureuse victime dans cette histoire.

 

- Je sais que tu en voudras longtemps à Drago, mais haïras-tu notre enfant ?

 

- Non, jamais ! Ce n'est qu'un innocent qui n'attend de notre part que protection et affection. Je le chérirai comme je vous ai chéris.

 

Hermione lui sauta au cou, joyeuse.

 

- Pouvons-nous participer à ces touchantes embrassades ? cria Andrew depuis le seuil de la Grande Salle, avec à ses côtés Harry.

 

- Non, Drew, opposa-t-elle. Tu ne mérites nulle affection de notre part.

 

- Que vous êtes cruelle avec moi, petite soeur.

 

- Vous n'avez que ce que vous méritez, messire mon frère. Où est Drago ?

 

- Il ne va pas tarder, répondit Harry.

 

- Je vais finir par croire que tu l'aimes bien plus que moi, larmoya Andrew.

 

- Le jour où tu épouseras une belle lady, je me ferai un plaisir de te renvoyer ce reproche.

 

- Où trouverais-je une femme aussi ravissante et douce que mère et aussi impétueuse que toi ?

 

- Je ne vais tout de même pas la rechercher pour toi ?

 

- Ce serait trop te demander, rétorqua-t-il en pinçant son nez.

 

Drago entra à ce moment dans la salle. Il fut incapable de renvoyer l'image d'un homme heureux de revoir sa femme en si bonne santé et souriante après des mois passés à se tourmenter par sa faute.

 

- Tu ne sembles guère dans ton assiette.

 

- Sans doute à cause de la faim qui tenaille mes entrailles, expliqua-t-il en tentant de lui sourire.

 

Drago mena Hermione à sa chaise, la tira et attendit qu'elle s'installe pour en faire de même. Le repas commença tranquillement, conduit par Andrew qui en bon hôte ne manquait pas d'égayer ses convives. Il ne faisait aucun doute que ce dernier trouvait là un remède à des années de solitudes.

 

Dans cette ambiance de joie entretenue par son beau-frère, Drago ne parvenait pas à se dérider. Et bien qu'il répondît à certaines piques envoyées par Andrew, il ne riait pas. Quant à cette faim dont il se disait victime, il ne fit aucun geste pour y remédier. Et ce comportement ne passa pas inaperçu aux yeux d'Hermione qui, elle, mangeait pour deux.

 

- ... Donc, il vaut mieux que nous retournions tous dans le monde des sorciers, termina Harry.

 

- Et moi ?

 

- En tant que moldue, tu ne pourras pas nous accompagner. Tu devras rester là, ma douce Rose, et attendre notre glorieux retour, répondit Andrew.

 

L'air attristé de la nanny lui broya la coeur. Il comprenait que cette nouvelle désertion serait une épreuve de plus pour celle qui les avait si chèrement aimés. Il ne connaissait que trop les émotions qu'elle devait nourrir en cet instant.

 

- Vous êtes cruel, messire Andrew. Je vais me ronger les sangs en pensant à vous.

 

- Nous reviendrons, Rose, sois-en certaine. Et cette fois-ci tu auras un autre bébé à éduquer comme tu l'as si bien fait avec nous. Je peux même te dire, plaisanta-t-il, qu'en étant en plus un Malefoy, ce petit sera encore plus insupportable que...

 

Drago lâcha subitement son verre dont le contenu s'étala sur lui avant de tomber bruyamment sur le sol. Les regards l'interrogèrent.

 

- Désolé, je... Je vais me retirer, dit-il en se levant, faisant grincer sa chaise.

 

Une main saisit le bas de sa tunique et tira dessus alors qu'il s'apprêtait à tourner les talons.

 

- Drago ?

 

- Ce n'est rien, Hermione. J’ai juste besoin de me dégourdir les jambes.

 

- Je t'accompagne, beau-frère ! décréta Andrew.

 

L'idée d'être accompagné sembla irriter Drago qui, sans même prêter attention à Hermione, détala à grandes enjambées, dirigeant ses pas vers les écuries. Le palefrenier lui tendit le cheval sellé qu'il monta, puis il s'élança hors des murs du château sans tenir compte d’Andrew qui le poursuivait. Ils galopèrent durant des minutes avant de s'arrêter.

 

- Qu'essaies-tu de fuir, Drago ?

 

- Rien, dit-il en tirant sur les rênes. Je me dégourdie seulement les jambes.

 

- Les jambes qui viennent d'être dégourdies sont celles du cheval et non les tiennes.

 

- Ne commence pas ! le réprimanda-t-il en sautant de sa monture, imité aussitôt par Andrew.

 

- Je vois que les paroles de Circé t'ont plus que marqué et que tu les rumines encore, mais...

 

- "Mais" ? Prévoirais-tu de tempérer ses dires alors que selon elle, il n'y a bel et bien aucune solution ?... Je l’approuverais presque.

 

- Drago !

 

- Même si nous demeurons cacher durant des années, tant que cet enfant vivra, il sera sans cesse poursuivi par Voldemort pour sans sang. Il le poursuivra comme il poursuit Potter. Ce n'est pas de cette vie dont je rêvais pour mon enfant.

 

- Il suffira de tuer Voldemort.

 

Drago éclata de rire, un rire bien amer.

 

- Et comment ? Même Potter n'est pas parvenu à en venir à bout... même Dumbledore. A quoi bon chercher une issue autre que celle... ?

 

- Tu vas donc écouter cette folle et tuer l'enfant avant sa venue au monde ?

 

- Je ne sais pas...

 

- Menteur ! Tu ne serais pas dans cet état si tu n'avais pas cette idée en tête.

 

Déconfit, Drago baissa les yeux.

 

- Aimes-tu si peu cet héritier à venir ? Te moques-tu autant de la souffrance d'Hermione ?

 

- Non ! réfuta-t-il violemment. J'aimerai être père, plus que tout ! Je voudrais pouvoir donner à mon enfant ce que je n'ai pas eu.

 

- Alors, ne songe plus à cette voyante. Nous trouverons une solution dussé-je y consacrer ma vie entière. Je ne laisserai jamais une prédiction ou une prophétie sans queue ni tête dicter ma conduite et celle des miens. Il nous faut juste éviter de reproduire les erreurs du passé. Que cet enfant ait été engendré dans la violence, il est un fait aujourd'hui et c'est la certitude qu'il naîtra en étant aimé. Et cela est déjà une différence entre le passé et le présent. Chacun est maître de son destin et de ses actions.

 

- Où crois-tu que se trouve cette pierre ?

 

- Si c'est bien la même sur laquelle a accouché mon aïeule, alors elle se trouve dans le monde des sorciers. Dès que nous mettrons Hermione en sécurité chez Potter, nous irons chercher cette solution. Cela te convient-il ?

 

- J'ai l'impression que je suis loin de t'égaler, Andrew. Tu es...

 

Drago reçut une bonne tape amicale dans le dos puis le bras de son beau-frère se posa autour de ses épaules.

 

- Oui, je sais. Tu n'es pas aussi amusant que moi.

 

- Ce n'est pas ce que j'allais dire.

 

- Ah bon ?

 

Drago sourit puis ôta le bras d'Andrew.

 

- Entendu, soupira-t-il. Restons-en là pour les marques d'affection et autres.

 

- Dis-moi, comment comptes-tu te faire excuser de Rose maintenant qu'elle connaît la vérité ?

 

Andrew réfléchit.

 

- Je lui dirai que je n'en savais rien répondit-il. N'est-ce pas une bonne défense ?

 

- Désastreuse défense, si tu veux mon point de vue.

 

- Avec un peu de chance, Hermione aura calmé la colère de Rose. Qui peut résister à ma soeur ?

 

- Pas moi en tout cas.

 

- J'ai vu cela, se moqua-t-il.

 

- Accepterais-tu de m'accompagner ?

 

OoO

 

- Vous adhérez donc à ma vision ?

 

- Professeur ? intervient Harry.

 

Regardant par dessus ses lunettes en demi-lune, Dumbledore étudia tour à tour ses deux interlocuteurs. Son examen terminée, il se releva et se posta près de la voyante qui attendait, fébrile, sa réponse.

 

- Je vous remercie de nous avoir fourni toutes ces informations qui nous serons d'une grande aide pour contrer Voldemort. En ce qui concerne, cet enfant, je ferai en sorte que vos craintes ne soient plus fondées.

 

- Je savais qu'un homme aussi sensé que vous saurait voir la sagesse de mes paroles, s'enhardit-elle.

 

- Je vais devoir vous demander de quitter cette pièce pour pourvoir m'entretenir en privé avec ce jeune lion que je tenterai de convaincre.

 

- J'en suis heureuse, professeur Dumbledore.

 

- Une de nos alliés vous attend derrière cette porte. Elle vous mènera en lieu sûr.

 

Ravie d'avoir eu le soutien de Dumbledore, Circé sortit.

 

- Professeur, vous n'allez tout de même pas cautionner la folie de cette femme ? Et puis, cette décision ne nous appartient pas. Avons-nous le droit de nous substituer aux parents ?

 

- Comme tu le dis, Harry, cette décision ne nous appartient pas. Sur ce point, je suis entièrement d'accord avec toi.

 

Rassurée, Harry respira à nouveau, cependant l'idée du danger à venir lui revint en tête.

 

- Comment allons-nous... ?

 

- Tout d'abord, il convient de mettre la main sur la personne qui s'est faite passer pour Circé.

 

- Avez-vous une idée de qui cela pourrait être ?

 

- Un Mangemort sans aucun doute. L’emprunt de cette identité a pu grandement servir à une personne, en plus de nous tromper.

 

- Pourquoi dites-vous cela ?

 

Le vieil homme lui tendit un journal qui relatait la fuite d'un Mangemort de la prison d'Azkaban.

 

- Bellatrix Lestrange ?

 

- Oui. Sa disparition coïncide avec le jour où les membres de l'ordre l'ont retrouvée pour nous l'amener ici. Ce n'est certainement pas un simple hasard. Elle a été le loup dans la bergerie sans que nous le sachions... cette erreur est regrettable mais je doute qu'elle ait pu changer grand-chose au cours de l'histoire. Seul un esprit brillant a pu échafauder, parachever et mener une telle entreprise durant dix longues années, ne laissant rien au hasard. C'est réellement digne de Tom Jedusor. Pourtant, je suis certain qu'il existe une faille dans ce plan et c'est ce que nous allons exploiter.

 

- Oui, mais laquelle ? Je n'en vois aucune, professeur. Connaître les desseins de Voldemort ne nous aide malheureusement pas à les contrecarrer car nous ne pouvons intenter à la vie de l'enfant qu'il prévoit de tuer pour sa renaissance. Et maintenir Hermione loin des Mangemort ne sera pas une solution à long terme.

 

- J'en suis conscient mais nous avons encore trois long mois avant la naissance. Nous trouverons un moyen. Je suis tout de même étonné que tu n'ais pas prêté une oreille attentive à la proposition de cette charmante Circé.

 

- Je ne suis pas un lâche pour sacrifier un innocent juste pour assurer ma survie. Et puis désormais, je ne pense plus pourvoir séparer Hermione de Drago... Ce n'est plus seulement l'enfant qui les lie. Le faire disparaître ne me ferait donc pas retrouver Hermione.

 

- Dis-moi en plus sur Drago Malefoy ?

 

- Il n'est incontestablement plus le même. Bien sûr, ses défauts sont là et il faudrait un réel miracle pour qu'il cesse d'être arrogant envers moi, mais... Si autrefois rien ne semblait le toucher, aujourd'hui il en est autrement. Dès qu'il s'agit d'Hermione, il rugit et montre les crocs.

 

- Comme un gryffondor, plaisanta-t-il.

 

- Tout de même pas, professeur ! En fait, je crois qu'il s'éloigne de l'éducation de son père.

 

- Ah, oui ?

 

- Je me souviens que par le passé, Malefoy parlait d'Hermione comme d'un trophée qu'il aurait remporté à mes dépens. Il s'en vantait énormément. Et au final, de simple objet qu'il arborait, Hermione est devenue sa moitié. Un rien le touche dès que l'on parle d'elle. D'ailleurs, le fait que Circé ait remis en cause leur rencontre en impliquant Lucius, Malefoy a dû réaliser que sa relation avec Hermione n'était plus basée sur cette légitimité. Je m'inquiète sans doute pour rien mais s’il aime Hermione à ce point il cherchera à se faire pardonner par tous les moyens et...

 

- Continue, Harry.

 

- Je lui ai raconté l'histoire des Kelsey et des Denfield.

 

- Crois-tu qu'il agirait comme Kelsey ?

 

- Je pense surtout qu'il est capable de s'en prendre seul à son père et aux Mangemort pour les éloigner définitivement d'Hermione. Ce qui serait un véritable suicide de sa part. Je ne porte pas Malefoy dans mon coeur mais je ne crois pas que c'est en se faisant tuer aussi stupidement qu'il se fera pardonner d'Hermione. Et avec ce fichu Andrew Kelsey à ses côtés...

 

- Le frère ?

 

- Oui, il n'est pas étranger aux changements de Malefoy.

 

- Vous trouvez ?

 

- Bien sûr ! Il est devenu aussi proche de Malefoy que Ron l'est de moi.

 

- Dans ce cas, il est plus qu'un ami, un confident.

 

- Je pense aussi.

 

- C'est ce dont il avait besoin... J'aimerais beaucoup m'entretenir avec ces deux-là. Bien, je vais avertir Maugrey pour la fausse Circé, ensuite je me chargerai avec Minerva de la protection qui convient d'établir autour de ton domaine, Harry. Tes amis seront en sécurité.

 

- Mes amis ? Malefoy et Kelsey ne le sont pas et ne le seront jamais.

 

Dumbledore sourit légèrement.

 

- Si les bons comptes font les bons amis, les causes identiques également.

 

OoO

 

Effarée, Rose se laissa choir sur un fauteuil.

 

- Continuez ainsi et il ne restera plus rien dans les cuisines.

 

- Ce n'est pas de ma faute, Rose. L'attente m'a rendu plus qu'affamée.

 

- Vous allez finir par enfler plus que de raison.

 

- As-tu pris des cours chez Drew pour être aussi mauvaise langue ?

 

- Absolument pas !

 

- Par ta faute, j'ai perdu mon appétit. Par contre, je me sens fatiguée.

 

- Vous n'auriez pas dû arpenter aussi longtemps le château. Je sais que vous désirez retrouver vos souvenirs ainsi que vos impressions mais cela est éprouvant pour une femme dans votre état. (Hermione baissa les yeux comme une enfant prise en faute.) Je vais ordonner à ce que l'on monte le nécessaire pour votre bain afin que vous puissiez vous détendre. Cela vous convient-il ?

 

- Oui ! Merci, Rose. D'ici là, j'espère qu'ils rentreront...

 

Sa bonne humeur retomba aussitôt.

 

Depuis leur départ - qu’Hermione qualifiait plus de fuite -, Drago et Andrew ne s’étaient toujours pas manifestés. Leur longue absence s'était surtout faite remarquer après qu’Harry ait décidé de se rendre chez Dumbledore en compagnie de Circé qui espérait l’assentiment du vieil homme. Sur le moment, Hermione avait cru que se retrouver seule dans le château de son enfance ne pourrait lui être que profitable, malheureusement au fil des minutes elle avait compris que ce n'était pas de solitude ni de compagnie dont elle avait besoin mais seulement de la présence de son mari ainsi que celle de son frère. Elle voulait que les deux hommes de sa vie soient présents pour sécher ses pleurs et la consoler. Elle ignorait la raison de ses larmes mais pleurer lui faisait du bien. Or, sans sa famille à ses côtés, les larmes devenaient non plus des larmes salvatrices mais des larmes de douleurs.

 

La table du petit salon fut débarrassée de ses plateaux en attendant que l'eau dans les cuisines soit à bonne température. Au bout d'une heure, le manège des servantes, allant et venant avec les seaux pour remplir la bassine qui  avait pris place dans la chambre, débuta sous les yeux d'une Hermione de plus en plus somnolente. Les paupières lourdes, elle ne rêvait plus de son bain mais de son lit. Oui, elle désirait juste reposer son corps et dormir jusqu'au petit matin voire jusqu'à midi.

 

Ce fut la main de Rose, posée sur son épaule, qui l'éveilla de son léger sommeil. Elle se releva puis, guidée par son ancienne nanny, elle marcha à pas lent vers la bassine fumante qui l'attendait. Après avoir été dévêtue, Hermione plongea dans l'eau. Aussitôt, les effluves de lavande lui montèrent à la tête alors que peu à peu ses muscles se détendaient. Avec un soupir de contentement, elle ferma les yeux sans se rendre compte que Rose quittait la pièce.

 

OoO

 

- Dis-le !

 

- Il n'y a absolument rien à dire !

 

- Tu es de mauvaise foi lorsqu'il s'agit de toi, Andrew.

 

- Pas du tout.

 

- Allez, avoue ! C'était flagrant ! Cette ravissante petite brune te mangeait du regard.

 

- Tu plaisantes, j'espère ? Elle a sciemment renversé le pichet sur moi, non pas parce qu'elle était éprise de moi mais bien parce qu'elle ne m'appréciait pas.

 

- Pourquoi cette certitude ?

 

- Certainement le sourire en coin et sa mine satisfaite après son méfait.

 

- Tu ne lui as pourtant rien fait, releva Drago, pensif.

 

- Avec les femmes, il vaut mieux ne pas réfléchir sur leur comportement étrange.

 

- Tu as rai...

 

- Messires !

 

Ils levèrent les yeux vers les escaliers, en haut desquels se trouvait Rose, une serviette dans la main.

 

- Bonsoir, Rose, fit Andrew en ôtant sa cape autour de ses épaules.

 

- Il se fait tard, ne trouvez-vous pas ?

 

- Nous sommes désolés, commença Drago. C'est de ma faute, j'ai...

 

- Lady Hermione vous a longuement attendu et finalement, elle a dû dîner seule. Est-ce ainsi que vous comptez la protéger et la chérir, messire Malefoy, en vous éclipsant quand l'envie vous en prend ?

 

- Rose ne soit pas aussi...

 

- Non, l'interrompit Drago en montant les marches, elle a parfaitement raison. J'aurais dû songer au fait que notre absence ne passerait pas inaperçu.

 

Il s'arrêta devant la nanny qui posa sur lui un regard froid.

 

- Je ne vous demande pas de m'apprécier ni de me pardonner ce que j'ai fait à votre maîtresse. Je vous implore seulement de me donner une chance de me racheter auprès de cette famille. Je puis comprendre votre colère néanmoins je vous demanderai de faire en sorte que cette inimité ne soit pas visible aux yeux de ma femme. Nous voir nous déchirer ne ferait que lui causer davantage de tourments.

 

- Vous n'aviez pas à me le spécifier. Jamais je n'aurais cherché à vous chercher querelle devant ma petite Emma. Je sais ce qu'elle endure et mon souhait n'est pas de la tourmenter.

 

- Cette serviette est-elle pour elle ?

 

- Oui, elle se repose en ce moment dans son bain.

 

Drago saisit la serviette.

 

- Vous pouvez aller vous reposer, Rose. Et merci...

 

Malgré sa colère contre Drago, elle dut se rendre à l'évidence : ce « merci » était bien plus sincère que tous ceux qu'il lui avait auparavant adressés et qu'il s'obligeait à formuler en tant qu'hôte. Elle avait désormais du mal à croire que cet homme ait pu violenter sa femme par le passé, lui qui semblait si épris aujourd'hui.

 

- Je peux t'assurer qu'il a bel et bien changé, déclara Andrew comme s'il lisait dans son esprit.

 

Il s'arrêta près d'elle.

 

- Morbleu ! s'exclama-t-elle en plissant le nez. Je ne vous demanderai pas où vous étiez.

 

- Nous sommes allés faire un tour chez les sorciers pour finir par tomber dans une auberge près de Londres après que la pluie nous ait surpris.

 

- Pourquoi cela ?

 

- Tu le sauras bien assez tôt. En attendant, je dois ôter d'urgence ces vêtements avant que la domestiquée ne me prenne pour un ivrogne.

 

- Vous ne me direz pas pour quelle raison vous semblez être tombée dans une bassine de vin ?

 

- Disons que je ne suis pas prêt de renouveler une certaine expérience.

 

Sur cette explication pour la moins énigmatique, Andrew monta les escaliers, laissant Rose extrêmement perplexe.

 

OoO

 

Lentement, il ouvrit la porte de bois puis la referma tout aussi doucement. Il ne désirait pas troubler le repos de la lionne. A voir sa tête légèrement inclinée sur le côté, elle somnolait sans le moindre doute. Après avoir négligemment posée la serviette sur le coin du lit, il avança à pas mesuré vers le fond de la chambre - non loin d'un paravent - puis parvenu près de la bassine, il s'agenouilla.

 

Belle image que ce visage endormi, ces mèches collées sur ce front, ses lèvres rosées, cette gorge où perlaient des gouttes de sueur et puis cette poitrine rendue plus ronde, plus généreuse et qui se soulevait au rythme de sa respiration. Il aurait voulu la contempler éternellement dans son habit de nymphe mais il fallait songer à son confort.

 

- Hermione, murmura-t-il en écartant ses mèches, tu devrais te réveiller et aller t'allonger sur le lit. Ce serait beaucoup plus confortable que cette bassine.

 

- Rose... ?

 

- Ce n'est pas Rose, c'est...

 

- Drago ! s'exclama-t-elle tout en rouvrant subitement les yeux. Que... Que fais-tu ici ? Et Rose ? Où est-elle ? Et...

 

- Calme-toi ou tu vas finir par te noyer.

 

- Me noyer ? Comment pourrais-je me noyer dans si...

 

Elle baissa les yeux vers sa poitrine nue. Un formidable rouge vermillon colora ses joues - Drago douta que ce fût le fait de la température de l'eau du bain - alors qu'elle passait pudiquement ses bras autour d'elle.

 

- Je... Passe-moi une serviette, veux-tu ?

 

- Et m'ôter une si belle vue ?

 

- Drago, je t'en prie, implora-t-elle.

 

Sa pudeur avait cédé sa place à une certaine crainte. Il devinait sans mal pourquoi. Elle craignait sûrement ses assauts. Qui l'en blâmerait après ce qui s'était passé la première fois.

 

Le coeur battait fortement, trop vite. La peur, qu'elle avait cru disparu, refaisait surface. Que Drago puisse l'embrasser ou toucher son ventre arrondit par la maternité, cela ne l'apeurait pas. Mais le fait qu'ils soient seuls alors qu'elle était nue... Arrête donc, Hermione, pensa-t-elle. Drago ne refera pas la même erreur. Il sait ce qu'il risque de perdre s'il venait à m'obliger à... Elle était incapable de songer ne serait-ce qu'à ce verbe.

 

Elle avait confiance en son époux, malheureusement l'idée de devoir lui accorder autre chose qu'un baiser...

 

- Je ne te ferai rien, Hermione.

 

- Ce n'est pas de toi dont j'ai peur... ou si peut-être. Je ne sais pas, avoua-t-elle avec tristesse. En fait, je crois que je... Je me suis habituée à nos baisers mais je ne suis pas encore prête à...

 

Il posa un doigt sur ses lèvres. Ils se regardèrent longuement avant que Drago ne se penche sur elle et ne l'embrasse passionnément.

 

- Je ne suis pas là pour t'opposer mon droit d'époux, dit-il. Je souhaitais seulement être près de toi comme un mari dont le désir est de veiller au bien-être de sa femme. Permets-moi de demeurer auprès de toi, je ne te demanderai rien d'autre pour le moment.

 

- Je suis tout de même gênée, confessa-t-elle à mi-voix.

 

- Imagine que je sois Rose.

 

- Rose n'aurait pas eu un oeil concupiscent à la simple vue de ma poitrine.

 

- Je l'avoue, il est difficile de rester de marbre face à toi, mais je t'assure que tu n'as pas à avoir honte de te montrer nue devant moi.

 

- Oui, mais je suis affreuse. (Il sourcilla.) Une femme enceinte n'est pas un beau tableau.

 

- J'ignore ce qu'il en est pour les autres couples, mais je te trouve ravissante comme tu es.

 

Elle lui pinça les joues avant de les étirer.

 

- Drago ? C'est bien le Serpentard qui n'a pas arrêté de m'irriter durant tout le long du chemin qui nous menait au château de Windsor à l'époque où je devais épouser Clayburn ?

 

- Oui, c'est moi et je voudrais que tu cesses de me martyriser de la sorte. Je suis déjà assez mal en point.

 

Elle toucha alors le contour de son oeil qui n'avait rien de la pâleur de son visage.

 

- Andrew mérite tout de même une punition pour t'avoir blessé. (Elle se pencha sur cet oeil et y déposa un baiser.) Demain, il n'en restera rien.

 

Tristement, il lui sourit.

 

- Quoi donc ?

 

- Ma mère déposait toujours un baiser sur mes blessures en me faisant croire que la douleur disparaîtrait, ainsi que la trace. Mais elle n'a jamais pensé que l'endroit le plus atteint était mon coeur...

 

- Peut-être qu'elle espérait qu'une autre femme puisse te guérir cet endroit précis.

 

- Peut-être bien.

 

Hermione posa alors ses mains sur sa tunique qu’elle réussit tant bien que mal à lui ôter, puis elle délaça lentement sa chemise, découvrant le haut de son torse. Et sous les yeux de Drago, elle déposa un baiser sur son coeur.

 

- Voilà une blessure qui devrait guérir, sourit-elle.

 

Il demeura un bon moment amorphe. Il finit par lui rendre son sourire. Il avança ses mains vers son visage quand tout à coup, les traits d’Hermione se marquèrent par la douleur. Ses doigts se cramponnèrent aux rebords de la bassine alors que la crampe se faisait insupportable.

 

- Hermione ? Qu'as-tu ?

 

- J'ai mal, répondit-elle avant de serrer les dents.

 

- Le bébé ?

 

Elle acquiesça de la tête.

 

- Il est prévu pour mars, pas pour....

 

- Drago, souffla-elle anxieuse à l'idée de perdre le bébé.

 

- Ce n'est sans doute qu'une douleur passagère, la rassura-t-il, sans vraiment y croire.

 

Mais la panique le gagna totalement lorsqu’il distingua les quelques traînées rouges qui coloraient le fond de l’eau. Affolé, il hurla le nom de Rose.

 

A suivre...

 

Je sais pas pourquoi mais je le sens pas... Pourquoi ai-je la sensation qu'on va me reprocher quelque chose ? Ce que je sais c'est que j'ai une envie subite d'aller regarder mon dvd des Pirates des Caraïbes pour revoir le  formidable Jack Sparrow. Ne me tuez pas Jack !!!!!!!!!

 

Bref, revenons à HP, je dirai que je vais encore faire plus vite pour vous offrir la suite (je m'améliore hein ? lol) et que donc d'ici là vous pourrez réfléchir sur ce chapitre 24 dont je ne sais même pas comment j'ai pu le terminer tellement j’étais pas à fond dedans… la honte. Ca va se voir, snif. En conclusion, et pour pas vous ennuyer plus longtemps, je vous dis à bientôt !

 

Merci à saeko (mdr, toujours aussi explosive) et Hope (t'es douée pour résumer, lol)

 

Bisous ! Je vous adore !