Chapitre 16: La Place Runique

par Ansha

Chapitre 16: La Place Runique

Les jours qui suivirent furent plus détendus malgré les nombreux flashbacks qui frappaient Harry sans prévenir. Le jeune Gryffondor essayait de le cacher aux autres, mais aucun n'était dupe. S'il arrivait à contrôler ses émotions la plupart du temps, les réminiscences les plus violentes provoquaient de fortes réactions physiques qu'il ne pouvait pas dissimuler. Inquiète, Hermione avait contacté Mme Pomfresh qui avait accepté de se rendre chez les Tonks pour examiner Harry. Elle passa plus d'une heure en tête-à-tête avec lui avant de redescendre au rez-de-chaussée, l'air confiante.

- Alors? S'empressa de demander Hermione.

L'ex-infirmière d'Hogwarts accepta la tasse de thé offerte par Andromeda et s'assit à la table.

- Il va bien, pour quelqu'un dans sa situation. En réalité, je ne m'attendais pas à un rétablissement aussi rapide. Il faut généralement plusieurs mois pour atteindre cette étape de sa guérison.

- Il a des flashbacks réguliers, de ce qui lui est arrivé, souffla Hermione, la gorge serrée. Et après, il se sent toujours mal. Pas seulement moralement... Mais il tremble, il a des nausées, des vertiges, du mal à respirer...

Mme Pomfresh inclina la tête.

- Tu ne dois pas t'affoler. Les flashbacks et les réactions physiques qui en découlent sont normaux. Je sais qu'ils peuvent être particulièrement douloureux et angoissants, mais ils sont nécessaires. Le rétablissement de son équilibre émotionnel passe par là.

Elle bu une gorgée de son thé avant de continuer.

- Ce genre d'épisodes, il en aura pendant un certain temps, annonça-t-elle, tout comme ses cauchemars. Mais au bout d'un moment, ils se feront moins violents et Harry parviendra à mieux les gérer.

Hermione comprenait le principe, mais cela ne la réconfortait pas. Elle ne supportait pas de voir Harry dans cet état et d'être impuissante à l'aider.

- A quoi d'autres devons-nous nous attendre ? Intervint Andromeda.

- Chaque personne réagit différemment à ce genre de traumatismes, expliqua la médicomage. Il y a certains points communs, comme les réminiscences, les cauchemars, les sentiments exacerbés... Mais au-delà de cela... Je ne peux pas prévoir comment son état évoluera.

Hermione laissa échapper un soupir.

- Mais je suis confiante. Harry a toujours montré une capacité étonnante à surmonter les obstacles qu'il a pu rencontrer. C'est quelqu'un de fort. Il faut simplement lui laisser le temps de guérir et de continuer à le soutenir.

Un silence accueillit ses propres.

- Avez-vous des nouvelles de notre fille ? Et de Remus ?Demanda posément Ted.

- J'ai vu Remus il y a quelques jours. La situation est devenue très tendue ces derniers temps. Les résistants ne peuvent quasiment plus circuler sans risque de se faire abattre.

- Il a été blessé ?

- Non. Enfin rien de grave. Il escortait un membre de son groupe, Angelina Johnson. Elle a été gravement touchée par un sortilège de magie noire. Son état est toujours critique.

- Et Nymphadora ?

- Remus m'a assuré qu'elle allait bien. Elle est avec Shacklebolt depuis une semaine. Et je pense qu'elle est plus en sécurité que la plupart des résistants.

Hermione ouvrit la bouche, mais la médicomage la devança :

- On nous a apporté Fred Weasley la semaine dernière. Ils ont réussi à l'extraire de l'emprise du Ministère, difficilement, mais sans pertes.

Hermione ferma les yeux et soupira de soulagement.

- Je dois vous laisser.

- Nous comprenons, dit Andromeda en se levant. Vous devez avoir beaucoup de travail en ce moment.

Pomfresh acquiesça avec gravité et se tourna vers Hermione :

- Tu lui as vraiment été d'une grande aide et je ne regrette pas de t'avoir conseillé auprès de Shacklebolt.

Une expression surprise se dessina sur le visage de la jeune fille. Elle ignorait totalement que c'était la médicomage qui avait conseillé à Kingsley de l'envoyer auprès d'Harry.

- Continue comme cela, ajouta-t-elle avant de disparaître d'aller transplaner à l'extérieur.

Plusieurs jours plus tard, une nouvelle couche de neige avait recouvert le jardin des Tonks, donnant l'occasion à Hermione et Harry de se trouver de nouvelles occupations. Emmitouflés dans leur manteau, ils s'aventurèrent dans le froid pour faire un bonhomme de neige. Bientôt, leurs gants devinrent trempés et totalement inutiles, mais aucun d'eux ne s'en souciait. Au bout d'une heure, ils reculèrent tous les deux d'un pas pour observer leur travail.

- Il manque quelque chose, fit remarquer Harry en soufflant dans ses mains.

D'un accio, Hermione fit apparaître une carotte qu'elle planta au milieu du visage du bonhomme de neige. Une lueur d'envie brilla dans les yeux de son ami et Hermione se rendit compte qu'il n'avait pas utilisé la magie depuis son arrivée. Il fallait préciser que sa baguette devait se trouver dans le Manoir de Voldemort.

- On te trouvera une nouvelle baguette, le rassura-t-elle.

Il acquiesça lentement de la tête avant de se racler la gorge.

- Tu sais... Tu ne m'as jamais raconté ta vie jusqu'à maintenant.

- C'est vrai, concéda Hermione. Mais je pensais que ce n'était pas le moment.

- Je comprends. Mais maintenant que je me sens mieux, j'aimerais bien entendre ce qui vous ait arrivé, à toi et à Ron.

- C'est une longue histoire, tu sais.

- Je suis au courant pour la Résistance, Tu-Sais-Qui lâchait parfois des informations quand il était furieux ou au contraire, qu'il jubilait.

- Je vais te raconter ça, promit-elle. Mais autour d'un chocolat chaud.

Les lèvres de son ami s'étirèrent dans un sourire, appréciant visiblement l'idée. Ils rentrèrent donc à l'intérieur de la maison et Hermione fit chauffer du lait pendant qu'Harry sortait les tasses.

- Ils ont dit quand ils rentreraient ? S'enquit Harry.

- Pas avant une bonne heure, je pense, répondit-elle distraitement en surveillant que le lait ne déborde pas.

Les Tonks étaient sortis faire quelques courses une heure auparavant, laissant les deux Gryffondor seuls à la maison. Sans les cris ou les gazouillements de Teddy, la demeure était d'un calme inhabituel, mais pas forcément désagréable.

Quand le chocolat fut versé dans deux grandes tasses, ils se pelotonnèrent dans les confortables fauteuils du salon.

- Alors... Par où commencer...

- Le début me semble approprié, dit Harry avec une pointe d'ironie moqueuse.

Elle leva les yeux au ciel puis lui raconta l'histoire d'une traite, du moment où Ron et elle s'étaient rendu compte qu'il ne revenait pas jusqu'au moment où elle était arrivée ici. Elle lui parla de la Résistance, de leur chasse aux Horcruxes et des mésaventures qui en découlaient, des connaissances qu'elle avait pu croiser... Harry ne l'interrompit pas une seule fois, gardant ses yeux sur elle et enregistrant toutes les informations qu'elle lui donnait. Quand elle eut terminée, son ami avait l'air de s'être prit un énorme coup sur la tête. Les yeux écarquillés, il semblait avoir du mal à gérer le flot de nouvelles.

- C'est... Je... Balbutia-t-il sans arriver à former une phrase cohérente.

- Une très longue histoire, je t'avais prévenu, dit-elle avec un sourire indulgent.

- Ça n'a pas dû être facile tous les jours, souffla-t-il.

Hermione eut un rire étranglé. C'était bien le genre de son meilleur ami de dire un truc comme ça. Certains auraient été en colère contre l'injustice dont ils avaient été les victimes. La vie d'un résistant n'avait aucune comparaison face à celle qu'Harry avait pu vivre avec Voldemort. Mais au lieu de crier à l'injustice, il compatissait face au quotidien qu'il avait pu vivre. C'était déstabilisant, mais tellement... Harry.

- Harry, tu as passé une année avec Tu-Sais-Qui...

Il haussa simplement les épaules.

- Ce n'est pas rien et tu ne me feras jamais croire cela. Je te connais. Tu dois te sentir honteux de traverser cela. Et c'est stupide. Tu n'as pas à avoir honte. Rien de ce qui t'arrive n'est ta faute. Tu comprends ?

Harry hocha la tête à contrecœur.

- Je hais me sentir aussi faible, avoua-t-il avec des efforts évidents.

- Tu. N'es. Pas. faible, dit-elle en appuyant sur chaque mot. Je t'interdis de penser ça. Tu es fort. Tu es la personne la plus forte que je connaisse.

- Je ne suis pas fort... Je n'ai rien pu faire.

- Quand n'as-tu rien pu faire ? Demanda-t-elle d'une voix douce.

- Tout le temps. Depuis le Ministère... Je me suis senti tellement impuissant... Je ne pouvais rien faire, ni me défendre, ni m'échapper. Même maintenant, je ne contrôle plus rien.

Hermione le força à la regarder dans les yeux.

- Tu te trompes. Oui, tu ne pouvais rien face à Lui. Personne n'aurait pu faire quoi que ce soit. Mais tu te trompes pour le reste. Tu n'es pas impuissant. C'est toi qui a décidé du moment où tu devais faire face. C'est toi qui décide de demander de l'aide quand tu en as besoin. Comme c'est toi qui décide quand tu as besoin d'affronter seul certaines choses.

- Tu parles de décisions importantes... C'est moi qui décide également de ce que je vais manger.

Il fit mine de réfléchir un moment, un doigt posé sur ses lèvres.

- Ah non, ça, c'est souvent toi.

Elle lui donna une tape sur le bras en riant. Ils restèrent un moment à ne rien dire avant qu'Hermione ne pose la question qui la taraudait depuis plusieurs semaines.

- Harry, tu ne m'as jamais raconté ce qui t'es arrivé au Ministère ? Demanda-t-elle prudemment.

- J'ai été con... Marmonna-t-il en réponse. J'ai agi comme un Gryffondor sans cervelle. Si Snape est au courant, il doit encore en rire...

Il mit quelques secondes avant de continuer :

- J'étais à l'endroit habituel, je surveillais l'entrée du Ministère, raconta-t-il, les yeux dans le vague, comme s'il revivait la scène. Dans la matinée, un sorcier est sorti en courant des escaliers menant aux toilettes publiques, avec un gamin dans les bras et deux Aurors à ses trousses. Ils lui criaient de s'arrêter, mais il continuait à courir. Ils ne l'ont pas ensorcelé, car il avait trop de moldus dans la rue.

Hermione hocha la tête, sachant par avance ce qu'allait dire son ami.

- Il s'est engouffré dans la ruelle où je me trouvais, sûrement pour transplaner à l'abri des regards indiscrets. Mais les Aurors le talonnaient et l'un d'entre eux a lancé un sortilège qui l'a atteint dans le dos. Il est tombé et sa baguette a roulé hors de sa portée. Alors...

- Tu es intervenu, compléta doucement Hermione.

- Je ne sais pas ce qui m'a prit. Enfin, si. Je ne voulais pas qu'ils le capturent. Je savais que cela me mettait en danger, mais je n'ai pas pu m'en empêcher. J'ai stupefixé l'un des Aurors, mais l'autre a vu d'où mon sort partait. Il m'a désarmé et ma cape a glissé. Il a fait cet horrible sourire, et j'ai su que je venais de faire la pire erreur de ma vie et que j'étais tombé sur un Mangemort. l ne m'a même pas amené au Ministère, ni même cherché à aider son collègue ou finir ce qu'il avait commencé avec l'homme et le gamin. Il m'a aussitôt fait transplaner au Manoir Malfoy. Lucius Malfoy était là et pas spécialement en grande forme. Le Mangemort s'est vanté de m'avoir capturé et des bénéfices qu'il en tirerait auprès de Tu-Sais-Qui. Malfoy l'avait vraiment mauvaise. Le Mangemort a demandé s'il pouvait utiliser les cachots, mais il n'a pas pu finir sa phrase. Malfoy lui a lancé froidement un Avada puis m'a balancé dans un de ses cachots. Dix minutes plus tard, Tu-sais-Qui est arrivé... Et tu connais la suite...

- Tu as seulement fait ce que tu croyais juste.

- Mais c'était stupide...

Hermione mit un temps avant de répondre, ne sachant pas si elle devait ménager son ami ou lui dire la vérité. Elle opta pour l'honnêteté, pas certaine que lui mentir soit la bonne solution.

- Oui. Dans la situation où tu étais, tu as pris un risque inutile. Et tu l'as payé cher. Mais c'est du passé, et cela n'a plus vraiment d'importance maintenant. Tu es là, vivant, et c'est tout ce qui compte.

- Mais j'ai déçu tout le monde. Il pensait que j'étais l'Élu, que j'allais les débarrasser de V... Tu-Sais-Qui... Et je me suis fait capturer comme un idiot. Je n'ai pas été à la hauteur...

- Tu parles comme si tout était perdu, mais c'est faux, s'énerva Hermione. Arrête un peu. Tu es là, il y a toujours de l'espoir.

- Qui croirait toujours en moi ? Cria-t-il sur le même ton. En un gamin à moitié brisé ?

- Les résistants. Ils se battent tous les jours pour leur liberté, en attendant que tu en finisses avec Tu-Sais-Qui. Eux n'ont jamais douté de toi.

Harry sembla surpris et Hermione hésita à lui dire la vérité. Mais il sembla capter son hésitation, car il lui demanda :

- Qu'est ce qu'il y a ?

- Ils ne savent pas, avoua Hermione. Personne en dehors de l'Ordre du Phœnix ne sait ce qui t'es arrivé. Pour eux, tu suis ta propre quête.

Harry fronça les sourcils pendant un moment avant de hausser les épaules, l'ait presque soulagé.

- En fait, je préfère ça.

Hermione ouvrit la bouche, mais la referma aussitôt. Elle connaissait assez Harry pour savoir pourquoi il réagissait ainsi. Et s'il était plus à l'aise en sachant cela, alors tant mieux.

Mars arriva finalement avec son soleil timide, faisait disparaître toute trace de neige. Harry passait beaucoup de temps dans le jardin avec Andromeda pour s'occuper des fleurs qui n'allaient pas tarder à éclore. Hermione avait compris que le jardinage n'était pas une corvée, mais un plaisir pour Harry et les laissait en tête, aidant Ted à s'occuper de son petit fils. Les journées étaient paisibles et les flashbacks, bien que toujours présents, ne provoquaient plus de réactions violentes. Harry semblait avoir atteint le stade où il arrivait à gérer ses émotions et à ne plus les laisser le submerger.

Optimiste, Hermione savait qu'il progressait dans son rétablissement. Mais réaliste également, elle savait que le chemin serait encore long avant qu'il ne puisse laisser ces mois de captivité derrière lui. Par ailleurs, elle savait qu'ils avaient laissé un élément en suspens jusqu'à maintenant. Un élément important qui faisait partie du processus de guérison... La magie. C'est dans cette optique qu'elle demanda un soir à Andromeda si elle connaissait un fabriquant de baguettes magiques en France.

- J'en connais un. Mais il faut se rendre à Paris. Il existe un endroit un peu similaire au Chemin de Traverse dans le 3ème arrondissement. Le fabriquant se nomme Martin Chevalier. C'est pour Harry ?

- Oui. Je pense qu'il vaut mieux qu'il reprenne la magie le plus vite possible. Je ne sais pas ce que sa captivité a pu avoir comme conséquences sur sa capacité à faire de la magie.

Andromeda approuva l'idée et lui expliqua qu'elle allait leur organiser une sortie à Paris, pour qu'ils puissent s'y rendre en toute tranquillité. Hermione se dépêcha d'aller en parler à Harry dont les yeux émeraude s'illuminèrent aussitôt.

- C'est génial ! Franchement, j'ai vraiment hâte de sortir et voir un peu de monde.

- Andromeda est en train de nous préparer un voyage jusqu'à Paris. Je lui ai demandé de nous prévoir au moins quelques heures, histoire qu'on puisse se balader un peu. Je suppose que tu n'as jamais vu la Tour Eiffel?

- A part à la télé, non, confirma-t-il avec un sourire sincère.

Rien que pour ce sourire, elle ne regretta pas son idée.

- C'est... différent, fit remarquer Harry.

Les deux Gryffondor, dissimulant leur véritable visage grâce à un glamour élaboré par Andromeda, se trouvait actuellement à la Place Runique, l'équivalent français du Chemin de Traverse. Mais toute ressemblance s'arrêtait là. Alors que le chemin de Traverse était tout en longueur, traversé par une longue rue étroite où le passage était difficile à l'heure de pointe, la Place Runique était bien plus vaste. Le bosquet qui dissimulait l'entrée donnait sur une vaste place ronde où une fontaine magique trônait au beau milieu. Des échoppes de toutes sortes bordaient la place, allant de la librairie à l'animalerie en passant par la boutique de Quidditch, mais le plus étonnant était le nombre considérable de troquets avec terrasse où se prélassaient des sorciers hauts en couleurs.

- Je ne te le fais pas dire, murmura Hermione.

Le Chemin de Traverse qu'elle connaissait n'était pas le même que celui dont Harry se souvenait. Elle était plus choquée par la différence d'ambiance que par l'architecture. C'était comme si la guerre n'existait pas ici.

- Oh, Quidditch, s'exclama-t-il en repérant une boutique sur sa droite.

Il lui lança un regard suppliant qui fit rire Hermione.

- OK, OK. Mais pas longtemps.

Harry lui empoigna le bras et la tira vers le magasin. La jeune fille se laissa faire et regarda pendant dix bonnes minutes Harry s'extasier sur les nouveaux balais.

- Allez, continuons, le pressa Hermione, absolument pas passionné par le sujet.

A contrecœur, le jeune homme la suivit. Trois allées partaient de chaque point cardinal de la place et ils s'engouffrèrent au hasard dans l'une d'elle. Quelques boutiques bordaient les ruelles, ils passèrent ainsi devant un apothicaire, une animalerie magique, mais surtout, des bâtiments abritant des appartements ou des maisons individuelles. Ils rebroussèrent vers la place en arrivant dans un cul de sac et choisirent une nouvelle direction.

Le fabriquant de baguette magique se trouvait coincé entre un marchand de glace et une boutique de vêtements. L'échoppe était vide de tout client, mais comme chez Ollivander, elle était pleine de baguettes magiques entassées du sol au plafond. Alors qu'ils observaient autour d'eux avec curiosité, un jeune homme d'une vingtaine d'année apparu derrière le comptoir.

- Puis-je vous aider ? Demanda-t-il en français, s'attirant deux regards perplexe.

- On aurait peut-être du penser à la langue, fit remarquer Hermione.

- Je pensais que tu parlais français, en fait, répondit son ami.

- Qu'est ce qui te fait croire ça?

- Bah... Tu es partie en vacances là et...

- Et ?

- Bah, tu es toi...

- Et cela fait de moi une experte en linguistique ?

Il lui offrit un sourire penaud. Un raclement de gorge fit pivoter Hermione sur ses pieds. Elle avait oublié le vendeur.

- Je parle anglais, annonça-t-il dans leur langue maternelle. Inutile de vous disputer.

- Veuillez nous excusez. Nous venons pour mon frère, mentit-elle en désignant Harry. Il a cassé sa baguette hier. Irréparable.

- Aucun problème. Approchez, jeune homme, dit-il avec un fort accent français.

Harry essaya plusieurs baguettes, sans succès. L'homme, qui se trouvait être le fils du propriétaire, ne perdit pas son calme et fit son possible pour trouver la baguette qui correspondait à Harry. Harry lui-même commençait à désespérer.

- Ne paniquez pas. Beaucoup de sorciers ont eu plusieurs baguettes durant leur vie, il n'y a aucune raison que nous ne trouvions pas la vôtre. Essayez celle-ci, 28 centimètres, bois d'érable, plume d'hypogriffe.

D'un geste peu enthousiaste, il agita la baguette qui n'eut aucune réaction. Harry rendit la baguette au vendeur qui lui en présenta aussitôt une autre.

- 31 centimètres, bois de chêne, poil de Croup.

Harry lança un regard perplexe à Hermione qui roula des yeux.

- Ça ressemble à un fox-terrier pourvu d'une queue fourchue. C'est une créature inoffensive, mais explosive.

- Ah, dit-il en agitant sa baguette.

Cette fois, des étincelles rouges s'échappèrent de la baguette. Hermione perçu le discret soupir de soulagement du vendeur.

- Vous voyez. Il suffisait d'un peu de patience.

Hermione paya les 7 galions et les 10 mornilles que coûtait la baguette et ils sortirent du magasin. Harry lui proposa de se payer une gaufre bien chaude avant de partir se promener, ce qui plu bien à la jeune fille. Ils finirent d'explorer la Place Runique avant de s'aventurer du côté moldu. Comme promis, Hermione emmena son ami sur le Champ-de-Mars pour qu'il puisse voir la Tour Eiffel. Ils se mêlèrent à la foule de touristes en riant sur l'allure de certains d'entre eux avant de s'asseoir sur un banc et d'observer le monument à loisir, les faibles rayons de soleil leur chauffant le visage.

- C'est étrange... Murmura Harry.

- Je sais... On ne dirait pas qu'une guerre fait rage à peine quelques centaines de kilomètres. Tout est si paisible...

- Même du coté sorcier. J'imaginais autre chose... Je pensais qu'Il s'attaquerait aux pays voisins après avoir prit le contrôle de la Grande-Bretagne.

- Il n'en a pas les moyens, pas maintenant en tout cas, répondit-elle avant de secouer la tête. Ne parlons pas de lui, maintenant, OK ? La journée est trop belle pour la gâcher.

- Tu as raison, dit-il en se levant. Allez viens, on a le temps de visiter autre chose avant de rentrer.

Il lui tendit une main qu'elle agrippa aussitôt.

- J'irais bien voir à quoi ressemble les catacombes, proposa-t-il avec un sourire espiègle.

- Tu peux toujours rêver ! J'ai toujours rêvé de visiter la Bibliothèque Nationale de France...

Harry afficha une expression horrifiée qui fit rire son amie.

- Non. Sans façon.

Ils débattirent pendant quelques minutes, et certains lieux comme la Forêt de Brocéliande et Beauxbâtons furent évoqués. Mais aucun des deux ne savaient où pouvait se cacher la célèbre école de sorcellerie française ni même la forêt mythique de la légende arthurienne. Hermione allait abattre sa dernière carte quand elle aperçut du coin de l'œil un homme qui les observait un peu plus loin. Elle garda son attention fixée sur Harry, mais son esprit était ailleurs. Peut-être était-elle paranoïaque, mais elle avait l'impression de l'avoir déjà vu quelque part. Elle n'en était pas sûre, mais elle n'était pas prête à prendre le risque.

- On rentre.

- Quoi ?

- Un homme nous observe, à ta droite. Je crois l'avoir déjà vu sur la Place Runique.

Harry jeta un bref coup d'œil dans la direction qu'elle lui avait indiqué.

- Je le connais. Il est déjà venu chez les Tonks. Il doit faire partie de notre garde rapprochée, dit-il avec amusement.

- Tu es certain ?

- Mais oui, dit-il. Arrêtes de t'inquiéter comme ça.

- Désolée, c'est... L'habitude je suppose, soupira-t-elle.

- Allez, viens. On rentre. Je commence à être fatigué, pour être honnête. Je vote pour un bon chocolat et un bon fauteuil.

Hermione lui sourit et l'entraîna dans un coin tranquille pour transplaner.