Chapitre 3 : La Résistance 1/2

par Ansha

Chapitre 3: La Résistance 1/2

La piste de l'orphelinat où avait vécu Voldemort durant son enfance ne donna rien. Après plusieurs jours à fouiller dans des registres pour en trouver l'adresse, Hermione et Ron s'étaient rendus sur les lieux. Mais quand ils arrivèrent sur place, ce fut pour découvrir que l'orphelinat avait été détruit dix années auparavant et transformé en immeubles de bureaux. Déçus, mais pas réellement surpris de ne pas avoir trouvé d'Horcruxes en ce lieu, ils rentrèrent à Grimmaurd Place le moral un peu plombé malgré tout.

A partir de ce moment, une routine s'installa entre les deux Gryffondor durant les semaines qui suivirent. Chaque jour, ils lisaient la Gazette apportée par Kreattur et notaient les nouvelles mesures prises contre les sorciers d'ascendance moldue ou les sorciers soupçonnés de trahison envers le Ministère ou de subversion. Et chaque jour, ils finissaient en colère à cause de l'horrible politique du Ministère et de la position pro-Ministère du journal.

Hermione continuait à se creuser la tête à propos des Horcruxes en analysant ce qu'ils savaient grâce à Dumbledore et Harry. Mais son travail restait vain, et cela, elle le supportait plutôt mal. Sans paraître arrogante, elle n'avait pas l'habitude qu'une tâche lui résiste. Ron, qui de son côté, se sentait inutile, supportait également mal cette situation. Il tournait en rond, s'énervait, se disputait avec son amie, boudait puis s'excusait.

Ils allaient atteindre le point de non-retour dans leur relation lorsqu'un jour, en fin d'après midi, un Patronus, sous la forme d'un lynx, apparu au beau milieu de la salle à manger. L'animal se mit alors à parler avec la voix de Kingsley Shacklebolt.

Les choses bougent. Je vous rejoins dans les minutes qui viennent pour vous parler. Ne bougez pas en attendant.

Les deux Gryffondor se dévisagèrent, confus.

- Piège? Demanda Ron d'une voix hésitante.

- Impossible, chaque Patronus est unique. Celui-ci appartient bien à Shacklebolt , il n'y a aucun doute. C'est exactement le même qu'au mariage de ton frère.

Tous deux levèrent les yeux vers l'escalier, guettant le bruit de la porte d'entrée. Ils n'eurent pas à attendre longtemps. Quelques minutes plus tard, le grincement de la porte leur apprit que quelqu'un venait de pénétrer dans la maison. Par prudence, Hermione tira sa baguette de sa poche, vite imité par Ron. Malgré la distance, les deux Gryffondor purent entendre la voix désincarnée raisonner dans le hall.

- Severus Snape ?

- Ce n'est pas moi qui vous ai tué.

Reconnaissant la voix lente et profonde de l'Auror, Hermione se leva, sa baguette toujours à la main. Elle tendit l'oreille et entendit les escaliers grincer sous les pieds de Shacklebolt qui descendait les marches. Elle pointa sa baguette sur l'homme dès qu'il pénétra dans la pièce et ne lui laissa même pas le temps de parler :

- Que m'est-il arrivé au moment où nous sommes arrivés au Terrier, après avoir extrait Harry de Privet Drive ?

- Les effets du Polynectar se sont estompés et vous avez trébuché sur le bas du jean que vous portiez, expliqua-t-il avec un sourire quasiment imperceptible. Vous avez chuté sur le sol.

Hermione abaissa sa baguette, rapidement imité par Ron qui tentait vainement de ne pas rire. Elle le gratifia d'un regard noir.

- Miss Granger, Monsieur Weasley, les salua Shacklebolt. Bons réflexes.

- Monsieur, le salua Hermione à son tour. Souhaitez-vous boire quelque chose ?

- Je ne dirais pas non à un thé bien fort.

Hermione se dirigea rapidement vers la cuisine pendant que Ron et Shacklebolt s'asseyaient autour de la table.

- Molly m'a prévenu de la capture de Potter.

- Vous avez des nouvelles ? Demanda Ron avec espoir.

- Nous avons eu des informations qui confirment votre version. Des Rafleurs l'ont bien capturé près du Ministère, mais il n'a jamais pénétré à l'intérieur du bâtiment. Il a aussitôt été emmené au Manoir Malfoy.

- Je comprends pourquoi Lucius Malfoy est revenu les bonnes grâces de son Maître, lâcha Hermione d'une voix amère.

Shacklebolt inclina la tête.

- Tu as vu juste. Malfoy était loin d'être dans les petits papiers de Vous-Savez-Qui depuis le fiasco du Ministère il y a deux ans. Nous supposons qu'il s'est approprié la capture de Potter et est ainsi considérablement remonté dans « l'estime » de son Maître.

- Au point de le nommer Ministre de la Magie, dit Hermione en posant une tasse fumante devant l'ex-Auror.

- Parmi Ses partisans, Malfoy était le plus à même de tenir ce poste. Il a toujours été très doué en politique.

Ron semblait se moquer de la carrière politique de Lucius Malfoy, car il recentra la conversation sur le sort de son meilleur ami.

- Savez-vous où Harry se trouve ?

- Nous ignorons s'il est même toujours en vie, avoua Shacklebolt.

Hermione se laissa lourdement tombée sur sa chaise. Elle avait tant espéré que quelqu'un sache au moins si Harry avait survécu... Elle n'en pouvait plus de cette incertitude, elle voulait savoir ce qu'était advenu de son meilleur ami.

- Mais le silence de Vous-Savez-Qui sur ce sujet nous laisse supposer que c'est le cas, s'empressa de poursuivre Shacklebolt. Nous sommes déjà à sa recherche, ne vous inquiétez pas. Je suis là pour une autre raison.

Un bruit à l'étage supérieur se fit entendre et Hermione sauta immédiatement sur ses pieds, sa baguette de nouveau à la main.

- N'ayez pas d'inquiétude, les rassura l'ex-Auror en se levant à son tour. C'est le professeur McGonagall, je lui ai demandé de venir.

En effet, une minute plus tard, la haute silhouette familière de leur ex professeur de Métamorphose se dessina sur le pas de la porte. Malgré ses propos, Shacklebolt s'était levé et pointait sa baguette sur McGonagall.

- Quelle est la dernière phrase que je vous ai dites aujourd'hui ?

La sorcière sembla réfléchir un instant avant de répondre.

- Ne laissez pas les membres de votre groupe jouer aux Gryffondor.

Shacklebolt rangea sa baguette dans sa manche et tous deux s'assirent.

- Excusez mon retard, je devais attendre le retour de votre frère Charlie avant de vous rejoindre, dit-elle en direction de Ron.

- Vous avez vu mon frère ? S'exclama-t-il avec étonnement.

- Oui. Il fait partie de mon groupe.

Devant l'air d'incompréhension des deux Gryffondor, Shacklebolt échangea un regard avec McGonagall avant de les fixer tour à tour.

- C'est pour cela que nous sommes ici. Nous avons besoin de vous expliquer certaines choses.

Il sembla rassembler un moment ses idées avant de poursuivre :

- Nos adversaires ont prit quelques coups d'avance ces derniers mois. En prenant le contrôle du Ministère de la Magie, Il a mis main basse sur les moyens de communication, les transports, la presse et les médias en général...

- Pour les sorciers qualifiés d'opposants au Ministère, et activement recherchés par celui-ci, il est devenu difficile de se déplacer librement sans risquer de se faire arrêter, continua McGonagall. Le Ministère a donné au bureau des Aurors des moyens supplémentaires de traquer les personnes recherchées.

- Autrement dit, l'étau se resserrent autour de nous, reprit Shacklebolt. La plupart d'entre nous sommes recherchés par le Ministère et notre liberté d'action se réduit de plus en plus au fil des jours. Bientôt, il sera trop dangereux de ne faire ne serait-ce qu'un seul pas dans la rue.

- Pourquoi êtes-vous recherchés? S'enquit Ron.

- Trop proches de Dumbledore et de l'Ordre du Phoenix je suppose. Ils ne peuvent se permettre de nous laisser en liberté. Ils se doutent que nous ne resterons pas à rien faire alors qu'ils mettent la main sur la communauté sorcière. Ils préfèrent ne pas risquer une rébellion et se débarrasser de tout opposant potentiel.

Hermione bu une gorgée de son thé avant de poser la question qui lui brûlait la langue depuis l'arrivée de son ancien professeur de Métamorphose.

- Professeur McGonagall, pourquoi n'êtes-vous pas à Hogwarts?

Le visage de son professeur se ferma à cette question et elle répondit d'une voix froide que les deux Gryffondor n'avait que peu entendu venant de sa part:

- J'ai été chassé d'Hogwarts à cause de ma loyauté envers Albus Dumbledore, il y a un mois.

- Peu après la nomination de Lucius Malfoy à la tête du Ministère, n'est-ce pas? Demanda Hermione pour confirmer ses soupçons.

- Oui, je pense également qu'il est derrière tout cela, même si la seule personne apte à licencier un professeur d'Hogwarts est Severus.

Un grognement sortit de la gorge de Ron.

- J'étais mortifiée à l'idée d'abandonner mes élèves dans une école remplie de partisans de Vous-Savez-Qui, mais je n'ai pas vraiment eu le choix, continua McGonagall. J'ai eu à peine le temps de donner quelques conseils aux élèves de Gryffondor – en sachant pertinemment que peu d'entre eux les suivraient – avant de quitter Hogwarts et de disparaître dans la nature.

- Les autres professeurs ont également été... invité à s'en aller?

- Seulement ceux qui appartenaient à l'Ordre, répondit McGonagall.

- Snape... Grogna de nouveau Ron.

- C'est probablement lui qui a fournit les noms, convint-elle.

Hermione nota que c'était bien la première fois qu'elle ne le reprenait pas en disant « le professeur Snape ». Un silence s'installa autour de la table et chacun porta sa tasse à ses lèvres, plus pour se donner une contenance que pour se désaltérer. Mais Hermione le brisa rapidement, curieuse de connaître la vrai raison de leur venue.

- Que comptez-vous faire ? Je veux dire, pour contrer les plans de Vous-Savez-Qui. Qu'avez-vous prévu ?

Shacklebolt posa sa tasse et regarda tour à tour les deux adolescents.

- Comme vous le savez, le climat est très mauvais à l'extérieur. La population est divisée entre ceux qui approuvent le Ministère, par choix ou par peur, et ceux qui luttent contre lui. Les premiers font comme si de rien était, comme s'Il ne dirigeait pas le pays à travers ses partisans. Ils ne reculent devant rien pour assurer leur sécurité et ceux de leurs proches, quitte à commettre des actes immoraux.

- La délation, compléta Hermione. Nous avons lu le petit discours de Malfoy dans la Gazette, le jour de sa nomination.

- C'est devenu le sport national, lâcha McGonagall avec dégoût. Arnold Bondupois en a fait les frais. Il était recherché pour suspicion de trahison envers le Ministère, de fausses accusations, en fait. Alors qu'il rentrait chez lui pour prendre quelques affaires avant de disparaître, son voisin a contacté le Ministère pour le dénoncer. Trois Aurors sont arrivés et l'ont arrêté. Nous n'avons aucune nouvelle depuis. C'était il y a 15 jours

- La majorité des sorciers qui ne comptent pas se soumettre au Ministère sont désormais obligés de se cacher, de vivre dans l'ombre, continua Shacklebolt, s'ils ne veulent pas subir le même sort qu'Arnold Bondupois.

- Le problème est que la plupart d'entre eux se sont éparpillés au moment de la chute du Ministère et que chacun se préoccupe pour le moment de sa propre sécurité et de celle celle de ses proches. A ce rythme là, et avec les nouveaux Aurors qui les traquent, ils ne tiendront pas longtemps, continua McGonagall.

Hermione regarda Ron qui observait les adultes avec confusion, n'ayant pas de comprendre où ils voulaient en venir. Mais elle savait parfaitement de quoi ils parlaient. Contrairement à Ron, cela faisait partie de son histoire. Cette situation lui rappelait des événements qu'elle avait appris à l'école, avant de savoir qu'elle était une sorcière.

- Vous souhaitez les rassembler et les organiser. Vous voulez créer une Résistance, affirma-t-elle d'un ton dénué de doute.

Un sourire éclaira les lèvres des deux adultes.

- Toujours aussi perspicace, Miss Granger, la félicita McGonagall.

- En réalité, c'est déjà fait, précisa Shacklebolt. Nous avons réussi à réunir les anciens membres de l'Ordre, quelques anciens Aurors, des sorciers d'ascendance moldue qui se sont retrouvés persécutés par le Ministère et des volontaires qui désapprouvent la nouvelle politique. Nous continuons à recruter pour grossir nos rangs.

- Quel rapport avec nous? Demanda soudainement Ron.

- Vous êtes tous les deux impliqués dans cette guerre et vous ne pouvez pas continuer à faire cavaliers seuls.

Shacklebolt sembla peser ses mots avant de continuer.

- La mission que Dumbledore a confié à Potter, et par extension, à vous, concerne un moyen de détruire Vous-Savez-Qui, n'est-ce pas ?

- En effet, répondit prudemment Hermione.

- Je regrette de dire cela, mais Dumbledore a eu tort de vous confier cette tâche, quelle qu'elle soit. Vous êtes trop jeune pour cela.

Ron se releva d'un bond et frappa la table avec son poing.

- Je vous interdis de dire cela.

Hermione lui attrapa la manche et le tira d'une secousse.

- Calme-toi, Ron.

Mais il ne l'écoutait pas et se détacha d'une secousse.

- Dumbledore avait ses raisons de lui confier cette mission. C'est facile de critiquer ses choix maintenant qu'il est mort.

- Mr Weasley, le prévint son ancien professeur.

- Nous avons avancé dans notre quête, nous avons obtenu des résultats.

- Vous ne pouvez pas continuer à faire cavalier seul, peu importe la tâche que vous a confié Dumbledore, affirma Shacklebolt sans s'énerver. Cela a déjà coûté la liberté de votre ami, je vous le rappelle.

Ron se renfrogna.

- Il est temps d’accepter de l'aide, dit doucement McGonagall. Je sais que nous n'avons pas toujours été présent dans le passé lorsque vous en aviez besoin et que vous avez du souvent vous débrouiller seuls. Ce qui explique vos réticences à accepter de l'aide. Mais les choses ont changé. Vous n'êtes plus entre les murs bienveillants d'Hogwarts. La réalité est bien plus sombre.

- Vous avez raison... Lâcha soudainement la jeune fille.

- Hermione ! S'écria Ron en se tournant brusquement vers elle.

- Nous sommes bloqués Ron, et tu le sais. Nous avons besoin de plus de moyens. Tous les deux, nous n'y arriverons jamais.

- Dumbledore a insisté pour ne parler de cela à personne. Il devait avoir ses raisons, même si nous ne les connaissons pas. Nous devons respecter son souhait ! C'était également l'avis d'Harry je te signale.

- Dumbledore ignorait que cela tournerait aussi mal, Ron ! Il ignorait qu'Harry disparaîtrait ! Je doute qu'Harry nous en veuille d'avoir eu besoin de soutien en son absence !

Les yeux de son ami la fusillèrent avant qu'il ne croise les bras et détourne le regard. Shacklebolt et McGonagall se tournèrent vers Hermione avec un air interrogateur.

- C'est une longue histoire... Les prévint-elle.

- Il vaut mieux rentrer au QG, dans ce cas. La présence des Mangemorts devant la porte, malgré la protection du sortilège de Fidelitas, ne me dit rien qui vaille, dit McGonagall en direction de l'ex-Auror. Sans compter que Severus peut parfaitement débarquer ici à tout moment.

Shacklebolt approuva aussitôt et se tourna vers les deux Gryffondor.

- Je préférerais que nous continuons cette conversation ailleurs. Rassemblez vos affaires, j'ignore si vous reviendrez ici.

Sans un mot, Ron se leva et disparu dans les escaliers. Hermione offrit un sourire d'excuse aux deux adultes avant de grimper les escaliers quatre à quatre à la suite de son ami. Quand elle arriva au premier étage, il était déjà dans sa chambre et sa porte était fermée. Avec un soupir, elle rentra dans sa propre chambre d'un pas vif. Grâce aux sortilèges d'attraction et de lévitation, il ne lui fallut que quelques minutes pour faire son sac. Rapidement, elle rejoignit Shacklebolt et son ancien professeur dans le hall.

- Où allons-nous ?

- Dans un endroit sûr, se contenta de répondre Shacklebolt.

Ron dévala les escaliers à ce moment.

- C'est bon.

- Nous allons vous faire transplaner. Miss Granger, accrochez-vous à mon bras.

Docile, elle posa sa main sur le bras de McGonagall. Hermione, qui testait pour la première fois le transplanage d'escorte dans ce sens, trouva cela bien moins agréable que lorsqu'elle le dirigeait. Ses pieds rentèrent durement en contact avec le sol et elle du se concentrer quelques secondes pour ne pas perdre l'équilibre.

Lorsqu'elle se fut remise du voyage, Hermione détailla l'endroit où ils avaient atterrit. Il s'agissait d'une pièce de taille moyenne, aux murs nus et au sol recouvert d'un carrelage clair. Une cheminée éteinte étaient encastrée dans l'un des murs avec trois fauteuils en arc de cercle devant elle. A l'opposé se trouvait un bureau en bois brut où s'étalaient de façon désordonnée des dizaines de documents.

Lorsque tout le monde fut présent, Shacklebolt invoqua un quatrième fauteuil et ils s'installèrent devant la cheminée. Ron, qui semblait toujours faire la gueule, croisa les bras sur sa poitrine, son regard fixé sur la cheminée vide. Hermione détacha son regard de lui pour tomber sur deux visages attentifs.

- Vous avez quelques heures devant vous? Parce que l'on a pas mal de choses à vous dire.


Il fallut plus de deux heures à Hermione pour mettre au courant les deux adultes à propos de Horcruxes et répondre à leurs questions. Quand ils terminèrent la conversation, le soleil avait disparu à l'horizon. Quant aux deux adultes, ils semblaient abasourdis.

- C'est... Inimaginable, lâcha McGonagall, l'air livide.

- Mais peu surprenant de Sa part. Et c'est quelque peu encourageant.

- Encouragent? Répéta McGonagall d'un ton sceptique.

- Cela signifie qu'il peut être vaincu une fois les Horcruxes détruits, affirma tranquillement Shacklebolt.

- Par Potter, oui. Et nous avons perdu sa trace. Je ne vois rien d'encourageant là dedans Kingsley, bien au contraire..

Ron semblait partager l'opinion de son ancien professeur.

- Dans tous les cas, je pense que vous avez besoin d'aide dans votre mission. Si nous retrouvons Potter, il devra être en mesure de vaincre Vous-Savez-Qui. Il est donc nécessaire que tous les Horcruxes soient détruits le plus rapidement possible.

- Vous pourriez arrêter de parler de lui comme une simple arme, s'écria Ron. C'est de mon meilleur ami que vous êtes en train de parler, là.

Hermione posa sa main sur le bras de son ami pour le calmer.

- Ce n'est pas ce qu'il voulait dire, Ron. Continuez, dit-elle.

- Il a été décidé d'organiser la Résistance en plusieurs groupes, chacun d'eux ayant une mission principale. Minerva, ici présente, par exemple, est à la tête de celui ayant pour but de chercher des informations concernant Potter. C'est son groupe qui a réussi à confirmer la capture de Potter et son transfert au Manoir Malfoy.

- Donc, le nôtre sera en charge des Horcruxes, supposa Hermione.

- Oui. Je vais vous assigner un chef de groupe qui vous aidera et sera chargé de me transmettre vos progrès. Une fois que vous serez opérationnels, nous devrons limiter les contacts par sécurité. Seuls les chefs de groupe sauront où me trouver et pourront me rejoindre.

- Quel moyen de communication avez-vous envisagé?

- Nous travaillons encore là-dessus, avoua Shacklebolt. Le réseau de cheminette est totalement contrôlée par le Ministère. Les hiboux peuvent être interceptés tout comme les Patronus parlant. Créer un portoloin alerterait le Ministère. Bref, nos moyens sont limités, mais nous réfléchissons à la meilleure solution possible.

Une étrange idée germa dans l'esprit Hermione, mais elle hésita à la dévoiler.

- Allez-y, Miss Granger, l'encourage McGonagall qui connaissait l'expression peinte sur le visage de son ancienne élève. Toute idée est la bienvenue.

- Je pense qu'il faut penser autrement et oublier les moyens de communication sorciers. Utiliser une technique moldue.

Shacklebolt se redressa sur son siège, clairement intéressé.

- A quoi penses-tu?

- Le téléphone portable.

Le silence fut bref avant que McGonagall poussa une exclamation.

- C'est une excellente idée.

- Aucun de Ses partisans ne doit savoir à quoi ressemble un téléphone ni même sa fonction ou son utilisation. Il y avait peu de chances qu'ils comprennent quoi que soit, si par malheur, l'un des nôtres se faisait prendre avec cet objet.

- Cela va demander une formation, réfléchit Shacklebolt. Mais avec le nombre de sorciers nés-Moldu qui se joignent à nous, je pense qu'il n'y aura aucun problème pour apprendre aux chefs de groupe l'utilisation d'un téléphone portable.

- Cela ne devrait pas prendre plus d'une heure pour en expliquer le fonctionnement, affirma Hermione. C'est assez simple d'utilisation.

- Cela pourrait nous faire gagner du temps, fit remarquer McGonagall.

Lancée, Hermione continua:

- On peut créer un système de code par SMS pour chaque situation. Même s'ils interceptaient le message, ils ne pourraient pas le décoder.

Shacklebolt leva soudainement les mains.

- Du calme, je n'ai pas compris la moitié des choses que tu as dites.

Hermione afficha un sourire contrit en se rendant compte qu'elle s'était un peu emballée et se laissa aller contre le dossier de son siège.

- Il est tard, je propose de manger puis de prendre une bonne nuit de sommeil. Nous reparlerons demain de tout cela.

- Je vais rejoindre mon groupe, ils doivent m'attendre.

McGonagall se leva, mais Ron l'interpella:

- Vous avez des nouvelles du reste de ma famille?

- Ils vont bien, ne vous inquiétez pas. Je passerai le bonjour à votre frère de votre part si vous le souhaitez.

- Merci professeur.

Avec un dernier salut de la tête, elle disparut dans un pop discret. Les trois sorciers restant expédièrent un rapide dîné.

- Il y a une chambre à côté, les informa Shacklebolt en désignant une porte derrière le bureau. Vous devrez la partager.

Les deux Gryffondor acquiescèrent et rejoignirent la chambre désignée. Elle était aussi épurée que le reste de la maison, contenant seulement un lit double et une armoire. Hermione prit le nécessaire dans son sac et pénétra dans la salle de bain attenante. De taille modeste, elle contenait cependant le nécessaire. Elle prit une rapide douche, se brossa les dents et se regarda un moment dans le miroir. Sa vie ces derniers mois avait fait des ravages sur ses traits. La peau pale, des cernes s'étaient peu à peu dessinées sous ses yeux comme si elle ne dormait pas assez. Ce qui était le cas, depuis la disparition d'Harry. Elle faisait des insomnies régulières et quand elle arrivait à dormir, c'était pour faire des cauchemars la réveillant en sueur et apeurée.

La jeune femme soupira puis se décida à laisser la place à Ron. Se glissant sous les couvertures, elle ferma les yeux en se laissant bercer par le bruit régulier de la douche que prenant son ami. Elle était pourtant bien réveillée quand elle le sentit se glisser dans le lit à son tour. Elle pouvait capter sa respiration malgré qu'il lui tournait le dos et savait qu'il ne dormait pas. Le froissement des draps lui apprit qu'il se rapprochait d'elle et elle pensa un moment à protester. Mais quand elle sentit une main caresser son dos, elle ne trouva pas la force de la repousser. Elle chercha même le contact et prenant cela comme un signe d'encouragement, elle sentit les bras puissants de son ami l'entourer. Elle se pelotonna contre sa poitrine et ferma les yeux. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas ressenti un tel bien-être. Elle se sentait en sécurité et protégée et elle ne mit pas longtemps à tomber dans les bras de Morphée.