Chapitre V Neville Londubat

par snakeBZH

            CHAPITRE V : NEVILLE LONDUBAT

 

            Neville leur offrit du thé et de quoi manger. Ginny lui raconta tout. Neville parut surpris.

« Je n’ai jamais entendu une chose aussi incroyable ! Un moldu se trouvant à des milliers de kilomètres et qui se retrouve dans Poudlard sans savoir comment il est arrivé là ! C’est extraordinaire !

-Vous m’en direz tant, fit Steven. Moi je voudrais surtout rentrer chez moi. J’étais en plein champ de bataille et la seconde d’après, je suis dans un château et j’entends des histoires à dormir debout sur des soi-disant sorciers.

-Comment ça « soi-disant » ?

-Je n’ai pas pu lui faire de démonstration parce que Malefoy m’a pris ma baguette.

-Je vois. Encore un peu de thé ? Accio théière. »

Sous les yeux incrédules de Steven, la théière vola jusqu’à la main de Neville.

« OK je vois, fit Steven sans quitter la théière des yeux.

-Vous me croyez maintenant ? questionna Ginny en souriant. »

Steven tourna les yeux vers elle et resta figé un instant.

« Oui, finit-il par dire. Après tout, pourquoi pas ?

-Concernant votre problème, la seule personne qui peut vous aider, c’est Hermione je pense, dit Neville.

-Justement, c’est également ce que je pensais, dit Ginny. Tu sais où sont Ron et elle ?

-Oui. Au nord-ouest, dans les montagnes. Ils servent de point d’attente et de départ pour les familles souhaitant quitter le pays. Je les contacterais demain pour savoir quand on peut y aller. En attendant vous pouvez rester ici mais il faudra éviter de sortir.

-Steven est inconnu aux mangemorts et aux hommes du Ministère, il pourra sortir quand il veut. Ce sera plus sûr.

-C’est vrai. Et, Ginny, ajouta Neville en se levant et en ouvrant un tiroir. Tu auras besoin de ça. »

Neville lui tendit une baguette. Ginny la regarda un instant. Elle la connaissait. Mais quand elle l’eut en main, tous ses doutes s’envolèrent. Elle savait à qui appartenait cette baguette. Elle leva vers Neville un regard qui signifiait qu’elle avait peur de comprendre.

« Luna ? fit-elle.

-Oui, répondit sombrement Neville. Il y a deux semaines. On voulait libérer une famille. Il y a eut un échange de maléfice. Dean a failli être capturé mais Luna est intervenue. Seulement, à ce moment, un détraqueur s’est glissé derrière elle et l’a embrassée. On n’a rien pu faire.

-Où est-elle maintenant ?

-A Sainte-Mangouste. Les mangemorts exposent les victimes des détraqueurs comme des trophées. Il vaut mieux se dire qu’elle est morte. Car elle ne pourra jamais revenir parmi nous. »

Des larmes brillaient aux coins des yeux du jeune homme. Ginny vint serrer son ami dans ses bras. Elle aussi pleurait. Steven préféra les laisser entre eux. Il savait que trop bien ce que l’on ressentait en perdant des amis au combat.

            Le dîner fut frugal mais détendu. Le lendemain matin, Steven alla faire les courses à l’épicerie du coin. A peine sortit du magasin, il fut abordé par deux hommes à l’apparence étrange. L’un d’eux portait une redingote avec un pantalon en néoprène genre tenue de plongé et une paire de rangers aux pieds. Le second avait un kilt et un maillot de basket, le tout agrémenté de mocassins. Steven savait les britanniques ouvert à pas mal de style vestimentaire mais la.

« Veuillez-nous excuser monsieur mais nous voudrions vous poser une question, dit l’homme à la redingote.

-Euh… oui, je vous écoute, fit Steven.

-Nous cherchons quelqu’un qui doit habiter cette ville.

-Je ne suis pas sûr de pouvoir vous aider. Cela ne fait pas longtemps que je suis ici.

-Peut-être l’avez-vous croisé par hasard. Voici une photo. »

Les doutes de Steven furent confirmés, ces hommes étaient bien des sorciers. La photo représentait Neville Londubat habillé d’une robe noire, un écusson rouge et or avec un lion ornait sa poitrine. Il paraissait plus jeune, le cliché devait dater du temps où il était à l’école Poudlard.

            Steven fit mine de réfléchir en examinant la photo.

« Non, répondit-il finalement. Je n’ai jamais vu cet homme.

-Merci quand même de votre aide, salua l’homme à la redingote. Bonne journée.

-De même. »

Steven suivit du regard les deux hommes qui abordaient déjà une vieille dame. Il devait en parler à Neville et Ginny au plus vite.

            Les deux jeunes sorciers écoutèrent le récit du militaire. Ginny fronça les sourcils, démontrant son inquiétude. Neville ne parut pas surpris.

« Ce n’est pas étonnant, dit-il. Ce sont sûrement des hommes du Ministère. Des aurors probablement.

-Aurors ? questionna Steven.

-Avant, des chasseurs de mages noirs. Maintenant, les bourreaux de la résistance. Je vais devoir me tenir tranquille un moment.

-Tant que nous sommes là, je peux me charger des courses et de tout ce que vous auriez à faire à l’extérieur. Avez-vous un peu d’argent ?

-Bien sûr, fit Neville en portant la main à sa poche, en sortant des livres sterling. Que voulez-vous faire ?

-Je vais retrouver ces deux aurors et les suivre. Il faut savoir s’ils savent que vous êtes précisément dans ce quartier où seulement dans Glasgow, voir en Ecosse. Les retrouver ne devrait pas être difficile vu leurs tenues.

-C’est souvent ça avec les sorciers. La plupart d’entre nous n’ont pas l’habitude de côtoyer des moldus. Donc les règles de l’habillement moldu, faut pas en parler à certains. Heureusement pour la résistance, nous avons pas mal d’enfants de moldus et de sang-mêlés parmi nous. Ils ont appris à ceux, comme moi, de « sang pur », comment passer inaperçu.

-Je vois. Ne m’attendez pas pour déjeuner. »

            Steven sortit. Ginny et Neville restèrent seuls.

« C’est quelqu’un de bien, dit Neville.

-Je m’en rends compte, acquiesça Ginny. On n’a pas eu trop le temps de parler sur la route jusqu’ici. On devait rester vigilant. Je ne sais quasiment rien de lui.

-Mais tu voudrais en savoir plus, n’est-ce pas ?

-Qu’est-ce que tu insinues ?

-Rien. A part peut-être que tu devrais penser à ce que tu vas faire dans l’avenir. Quand cette guerre sera terminée, que feras-tu ?

-Je ne sais pas. Je n’y ais jamais pensé. Avant, le seul avenir que j’imaginais était avec Harry. Mais il est mort maintenant. Alors je ne sais pas.

-Tu trouveras quelqu’un d’autre. Mais pour l’instant dis-moi : qu’est-ce que t’as fait Malefoy ? »

Ginny n’osa pas continué à fixer son ami dans les yeux. Neville ne lui avait jamais connu une mine si mélancolique. Et il y avait autre chose qu’il n’arrivait pas à définir. Mais ce n’était pas la Ginny qu’il connaissait, pas celle qu’il avait invité au bal du Tournoi des Trois Sorciers, pas celle qui volait si bien sur un balai durant un match de Quidditch, pas la combattante hargneuse du temps de l’AD. C’était une Ginny qu’il n’aurait jamais voulu voir. Une Ginny qui pleurait doucement.

« Je… commença t-elle. Je ne peux pas.

-Quoi ?

-Je ne veux pas en parler.

-Je comprends. Il a dû te faire des choses horribles.

-C’est fini maintenant. Il ne peut plus rien me faire.

-Oui. Mais si jamais je le croise, je te jure que je le tuerais pour ce qu’il t’a fait. »

            Malgré sa peine, Ginny parvint à sourire. Neville vint la prendre dans ses bras pour la consoler. Elle savait qu’elle pourrait toujours compter sur lui. C’était un ami loyal et courageux. Un véritable ami.

 

            Steven retrouva rapidement les deux hommes. Il n’avait eu qu’à demander aux passants. Deux hommes dans des tenues aussi voyantes ne passaient pas inaperçu. Il les suivi discrètement toute la journée. Steven fut soulagé de voir qu’ils quittaient le quartier, cela voulait dire qu’ils ignoraient dans quel quartier de la ville habitait Londubat.

            A la nuit tombée, il décida de rentrer chez Neville Londubat. Mais au moment où il allait faire demi-tour, les deux aurors s’engouffrèrent dans une ruelle sans issue. Il décida d’aller voir ce qu’ils y faisaient. Il s’approcha discrètement et entendit des voix qu’il avait déjà entendu il n’y a pas si longtemps.

« Vous n’avez rien trouvé bande d’incapables.

-Il n’est peut-être pas ici monsieur Goyle, fit la voix de l’homme à la redingote, le ton de sa voix laissait entendre qu’il était terrifié. Le renseignement n’était sûrement pas fiable.

-Il est ici j’en suis sûr. Continuez à chercher.

-Bien monsieur.

-Et prenez aussi cette photo. Nous pensons que Ginevra Weasley doit avoir rejoint Londubat. Si vous la retrouvez, prévenez-nous et attendez qu’on vienne la chercher.

-Nous pouvons l’emmener à Azkaban nous-mêmes.

-Qui vous dit qu’elle doit aller à Azkaban ? On vous dit de la retrouver et de nous prévenir. C’est tout.

-Bien monsieur. »

Deux bruits secs, similaires à des claquements de fouet résonnèrent.

« Ils me font froid dans le dos c’est deux la, dit l’homme au maillot de basket. J’aurai dû démissionner en invoquant une raison quelconque.

-Et tu serais mort. Ce sont eux les maîtres maintenant. On ne peut qu’obéir si on veut survivre. On reprendra les recherches demain. »

 

            Quand Steven rentra chez Londubat, il fut accueillit par Ginny et Neville et un plat chaud. Il raconta l’entrevue qu’il avait réussi à espionner.

« Crabbe et Goyle, dit Neville. Les deux chiens de garde de Malefoy. Ils sont devenus des mangemorts redoutables, comme leurs pères. Il devient urgent que vous quittiez la ville.

-Vous avez eu la réponse de vos amis ? questionna Steven.

-Oui. Ron viendra vous chercher demain soir. Le lieu de rendez-vous est un square où il y a peu de monde la nuit. Il y sera vers deux heure du matin.

-J’irais dans la journée reconnaître les lieux. Et nous irons au rendez-vous dix minutes avant. »