Chapitre II La fille aux cheveux roux

par snakeBZH

            CHAPITRE II : LA FILLE AUX CHEVEUX ROUX

 

            D’un geste vif, Steven Right rabattit sa monoculaire en position d’utilisation. Il put ainsi discerner le visage de la silhouette. C’était une magnifique jeune femme. Elle ne devait pas avoir plus de dix-huit ans. Il devina des taches de rousseur et en déduit qu’elle devait être rousse. Ses longs cheveux descendaient en dessous de ses épaules. Son visage était marqué par l’inquiétude et la surprise. Au bout de quelques secondes elle se mit à regarder le canon pointé sur son visage avec curiosité. Mais d’autres pas se firent entendre et l’inquiétude revint.

            La jeune femme tourna la tête vers l’origine des pas approchant. Quand elle se tourna de nouveau vers le sergent, celui-ci devina la peur dans ses yeux. Cette femme fuyait. Il n’avait pas le temps de réfléchir. Il devait prendre une décision rapidement. Il baissa son arme et tira la jeune femme dans le même coin sombre où il s’était caché plus tôt. Il dut se coller à elle pour espérer passer inaperçu. Il sentit ainsi son doux parfum, une douce fragrance de chèvrefeuille. Il n’eut pas besoin de la bâillonné de sa main, elle avait l’air de comprendre qu’elle devait se taire.

            D’après le nombre de pied qu’il entendit claquer sur le sol de pierre, Steven Right estima qu’ils étaient deux. Ils se déplaçaient assez lentement malgré le fait qu’ils couraient. Ils devaient certainement faire un certain poids. Il les entendit ralentir et reprendre bruyamment leur souffle.

« Où est-elle partie cette salope ? fit un des poursuivants entre deux inspirations.

-Je ne sais pas, répondit l’autre. Mais si on ne la récupère pas, Drago va nous faire souffrir.

-Cette Weasley, pourquoi elle l’obsède ? Elle l’excite ou quoi ?

-Tu comprends rien à rien toi. C’est une vengeance.

-Contre qui ?

-Potter.

-Mais il est mort il y a deux ans.

-Oui, mais Drago aurait préféré le tuer lui-même. En s’en prenant à la copine de Potter, il se venge de toutes les humiliations qu’il a subies par sa faute.

-Il devrait nous laisser nous amuser avec elle aussi alors. Nous aussi on en a bavé avec Saint-Potter.

-Personnellement, les traitres à leur sang ne m’excitent pas. Allez, on continue Crabbe.

-J’ai faim. »

            Les deux hommes passèrent devant la cachette sans même lancer un regard vers le coin sombre. Les habits que portaient les deux hommes surprirent le sergent : des robes, comme des robes d’avocat. Il lui sembla qu’ils tenaient chacun un morceau de bois d’une trentaine de centimètre, relativement fin dans leur main. Lorsqu’ils furent assez loin, Steven fit comprendre à la jeune femme de ne pas bouger. Il s’avança à tâtons dans le couloir, prêt à monter son arme en position de tir.

« Ils sont partis, dit-il quand il fut sûr. Où sommes-nous ?

-Ecoutez, répondit la femme. Je ne sais pas qui vous êtes mais avant de répondre à la moindre question, nous devons partir d’ici. Sinon, ils vont finir par nous trouver.

-Par où ? »

En temps normal, il n’aurait pas posé ce genre de question. Mais la situation n’avait rien de normal. Il devait savoir où il se trouvait et comment rejoindre ses hommes. Si ça se trouve, ils étaient aussi là.

            La jeune femme l’invita à le suivre. Steven resta tout de même aux aguets. En suivant la femme, il remarqua qu’il se trouvait véritablement dans un château. La femme le guida jusqu’à une statue représentant une femme borgne et bossue. Elle sembla chuchoter quelque chose à l’oreille de la statue. Sans aucun mécanisme apparent, la statue pivota, laissant apparaître un passage. Steven lança un dernier regard dans le couloir avant de suivre la femme dans le tunnel. Il y faisait si noir que sa lunette de vision nocturne ne put rien déceler toute seule. Il alluma sa lampe équipée d’un filtre infrarouge pour pouvoir voir. La femme marchait en tâtonnant, trébuchant souvent. Il l’arrêta et passa devant. Il lui indiqua la moindre irrégularité du sol ou du plafond. Le tunnel débouchait sur une trappe. Steven l’ouvrit et inspecta la pièce. Il y avait partout des tonneaux et des caisses. On aurait dit la réserve d’un magasin. Il n’y avait pas de fenêtre, ce devait être une cave. Une fois que la femme sortit du tunnel, elle referma le passage et reprit la tête. Ils montèrent un escalier de bois les menant derrière un comptoir. C’était bien une boutique. Quelque chose frappa Right, pas de caisse enregistreuse électronique. D’ailleurs, pas de traces d’appareils électriques d’aucune sorte.

            La femme s’approcha de la vitrine et regarda dehors. Right comprit qu’elle craignait que certains de ses poursuivants ne soient dehors. Il s’approcha à son tour et observa. Ils se trouvaient dans un village au charme ancien. Les rues parurent désertes. Right passa devant et sortit en premier après avoir crocheté la serrure. La femme lui dit dans quelle direction aller. Ils évitèrent une place où s’illuminait ce que le militaire identifia comme un bar. Ils se dirigèrent vers une espèce de champ. La femme parut connaître le coin et le mena jusqu’à une falaise et une grotte. Ils y entrèrent.

            La femme s’assit en s’autorisant à fermer les yeux et à soupirer. Le sergent Right ne se relâcha pas, il resta à l’observer dans sa lunette. Elle regarda dans sa direction. Avec la pénombre, elle ne devait que deviner sa silhouette. Une étrange expression passa sur son visage une seconde, comme-ci elle venait de se souvenir de quelque chose.

« Vous devriez vous asseoir, dit-elle. Ils ne nous trouveront pas ici.

-Je ne sais même pas qui sont ces « ils », dit Right. Tout comme j’ignore qui vous êtes et où nous sommes.

-Je m’appelle Ginevra Weasley. Mes amis m’appellent Ginny. Et nous sommes à Pré-au-Lard. »