Chapitre XIII Trahison

par snakeBZH

            CHAPITRE XIII : TRAHISON

 

            Le point d’arrivé était une forêt irlandaise. Les arbres cachaient les étoiles. Steven scruta les alentours, sa main sur la poignée de son pistolet. Les autres gardaient leurs baguettes à la main, prêts à se défendre.

« Quidditch, lança Ron. »

Aussitôt, un homme apparut comme surgissant de nulle part. Il tenait dans une main sa baguette, et dans l’autre une pièce d’étoffe semblant faite d’eau.

« Salut tout le monde, fit Neville. »

Il s’arrêta net en voyant Harry. Malgré qu’il ait été prévenu, il ne pouvait s’empêcher de le dévisager comme une bête curieuse.

« Bonsoir Neville, fit Harry en tendant la main vers son ami. »

Ce dernier l’écarta pour le prendre dans ses bras.

« C’est bon de te revoir, dit Neville.

-Neville, appela Ron tout en souriant. On devrait y aller.

-Oui, tu as raison. Accrochez-vous à moi. »

            Le transplanage les emmena jusqu’à une sorte d’entrepôt désaffecté que les Résistants avaient transformé en base d’accueil pour les réfugiés. Elle leur permettait sûrement aussi de préparer des actions contre le régime de Voldemort. Attiré par le claquement caractéristique du transplanage, les occupants de l’entrepôt se tournèrent vers eux. Il y eut un moment de vacuité. Les résistants et réfugiés fixaient Harry comme s’il sortait d’un rêve. Prudemment, Ron, Neville et Hermione s’écartèrent. Ginny tira Steven pour l’éloigner également.

            Les premiers à s’avancer furent Seamus et Dean. Ils ne purent résister à l’envi prendre le Survivant dans une étreinte amicale. D’autres suivirent. Tous voulaient s’assurer qu’Harry était bien réel. Ce dernier envoya des regards suppliants à ses amis. Mais Ron, Hermione et Neville se contentèrent de sourire innocemment.

            « Monsieur Potter, dit Smith en s’approchant. Je suis heureux de voir que vous allez bien.

-Qui êtes-vous ? questionna Harry.

-Je m’appelle Erinus Smith. Je fais parti du conseil de la Résistance.

-Ron et Hermione m’ont parlé de vous.

-Je vois. J’ose espérer que vous attendrez que je vous explique mon point de vue avant de prendre la moindre décision concernant cette guerre.

-Ma décision est déjà prise : nous devons attaquer. Vous-savez-qui ne dispose plus de moyens de survivre. Nous devons l’éliminer au plus vite.

-Vous devez comprendre que la situation a évolué depuis votre disparition.

-Je suis au courant des changements. Je m’occuperais de Vous-savez-qui personnellement. Mais comme il doit être toujours entouré de ses fidèles, la seule solution pour l’atteindre est une bataille.

-Vous êtes fou ! Vous voulez notre perte ! Le conseil ne donnera jamais son accord.

-Nous si, fit Seamus en s’avançant suivi Dean, les sœurs Patil et bien d’autres. Depuis le temps qu’on attend ça.

-Vous ferez ce que le conseil dit ! éclata Smith.

-Nous ferons ce que nous jugeons bon pour notre monde ! contredit Dean. Pour venger ceux qui sont tombés et ramener la paix. »

            Smith parut ulcéré. Son regard passa sur tous les visages déterminés qui se trouvaient devant lui. Il finit par Ginny et Steven.

« Je vois que vous préférez vous alliez aux Moldus que faire confiance au votre, dit Smith.

-Je ne connais Steven que depuis peu, acquiesça Harry. Mais il a acquis la confiance et l’amitié de gens qui me sont chers et en en qui j’ai une entière confiance. Je lui fais donc confiance. »

Smith n’ajouta rien et tourna les talons, suivi de ses quelques fidèles.

 

            Le soir, il y eut une fête pour le retour d’Harry. Tous voulaient lui parler, l’approcher. Ginny ne désirait pas y participer. Elle se tint à l’écart. Steven vint la rejoindre. Ils ne se dirent rien. Ils se contentèrent de rester côte à côte. Au bout d’un moment, Steven sentit la tête de la rousse se poser sur son épaule. La jeune femme s’était endormie paisiblement. Il évita de bouger pour ne pas la réveiller, se contentant de déposer un baiser sur ses cheveux de feu. Et finalement, il s’endormit aussi.

 

            Combien de temps avaient-ils dormi ?  Juste quelques heures semble t-il. Steven et Ginny furent réveillés tout deux par l’agitation anormale qui avait envahi la Résistance. Le nœud de l’agitation se concentrait autour d’Harry. Ginny et Steven s’approchèrent.

« Ils arrivent, dit un résistant. Un ami qui travaille au Ministère m’a envoyé un patronus pour me dire que la nouvelle s’était répandue comme une trainée de poudre : Harry Potter serait encore vivant. Et surtout, ils savent où il est. Ils viennent : les aurors, les mangemorts et…LUI. »

La peur envahit tous les visages. Certains disaient qu’il fallait fuir. D’autres pleuraient en disant que tout était fini.

            Dans toute cette agitation, Harry cherchait des yeux la moindre aide. Il ne s’était pas préparé à ça. Hermione semblait réfléchir. Ron avait les yeux comme des soucoupes. Neville, Dean, Seamus et quelques autres essayaient de calmer ceux qui paniquaient. Ginny prit la main de Steven sans s’en rendre compte. Le soldat la sentait trembler contre lui.

« Silence, cria Harry sans parvenir à couvrir le brouhaha des voix et des plaintes. Silence. »

Mais personne ne l’entendait. Puis une détonation retentit, faisant taire tout le monde. Steven venait de tirer un coup en l’air avec son pistolet. Tous s’étaient tournés vers lui.

« Quoique vous fassiez : fuir ou combattre, décidez-vous vite et dans le calme, dit-il. Sinon, nous mourrons tous. Je voudrai savoir une chose déjà : comment ont-ils su où nous sommes ? »

La question leva un point important qui n’avait pas été pensé par les résistants. Il ne pouvait y avoir qu’une seule réponse logique : ils avaient été trahis. Mais par qui ?

« Je pense que comme moi vous en êtes venu à la même conclusion : il y a un traitre parmi nous, continua Steven. Nous n’avons pas le temps de chercher qui sait. Nous devons faire vite. Potter, que décidez-vous ? »

            Maintenant, c’était vers Harry que tous les yeux se tournaient. Steven avait totalement raison, il fallait choisir vite entre les deux seules solutions qui s’offraient. Pour sa part, la décision était déjà prise.

« Je me suis caché tel un lâche durant ces deux dernières années, dit-il. Je suis maintenant de retour parmi vous. Et si je suis revenu, poussé par la culpabilité, c’est avant tout pour reprendre le combat. Je voulais me battre sur un terrain qui nous serait favorable. Mais je pense que le sergent Right ne me contredira pas si je dis que parfois on ne choisit pas son champ de bataille. Je n’oblige personne à rester. Mais Voldemort arrive. Et je vais l’attendre pour finir ce que j’ai commencé il y a plus de deux ans. Tous ceux qui préfèrent partir pour sauver leur vie le peuvent. »

            Harry traversa la foule qui le fixait silencieusement. Il s’arrêta juste devant Steven.

« Merci, dit-il. J’avais besoin d’être réveillé. »

Harry tourna les yeux vers Ginny. Celle-ci remarqua qu’elle tenait la main de Steven. Elle ne la retira pas et soutint le regard du balafré. Ce dernier sourit légèrement avant de s’éloigner.

« Ainsi, c’est lui qu’elle a choisit, pensa Harry. »

 

            Steven emmena Ginny à l’écart. Il ouvrit son sac et en sortit son matériel pour s’en équiper. Tout en le faisant, il s’adressa à la rousse.

« Ginny, je voudrais que tu partes, dit-il.

-Quoi ! s’exclama t-elle.

-Une bataille va être livrée ici. Je ne veux pas que tu y sois mêlée.

-Ce ne sera pas ma première bataille tu sais. J’en ai déjà faite et…

-Ginny ! coupa t-il en se relevant. Pars, s’il te plait. »

Ginny vit de la peur dans les yeux de Steven. Mais elle comprenait que cette peur, il ne la ressentait pas pour lui : il la ressentait pour elle. Mais elle ne pouvait pas partir. Après tout, c’était son monde, c’étaient ses amis, sa famille. Elle tourna le dos à Steven, embrassant du regard l’ensemble des individus présents. Certains se faisaient une dernière accolade, se souhaitant bonne chance ou se disant au revoir. Ceux qui préféraient fuir partaient déjà. Les autres se préparaient aussi bien physiquement que moralement au combat qui approchait. Harry, Dean et Seamus discutaient en essayant même de rire. Lavande, Parvati et Padma semblaient terriblement anxieuses mais décider à rester. Un couple s’isolait dans un coin pour partager un instant de douceur qui pouvait être le dernier. Ginny fut surprise en découvrant qu’il s’agissait de Neville et Hannah Abott. Un autre couple avait préféré l’intimité d’un coin sombre mais celui-ci ne la surpris pas vu qu’il s’agissait de son frère et de sa femme.

            « Je ne peux pas partir, dit Ginny. Ma place est ici. Plus encore que pour toi. Si par ma présence je peux permettre à n’importe lequel d’entre eux de survivre, alors c’est suffisant. Et puis, il y a toi. Je ne veux pas te perdre. Et je sais que tu as décidé de rester. »

Steven avait fini de s’équiper. Il s’approcha de Ginny dans son dos et l’entoura de ses bras. Ginny ferma les yeux pour apprécier l’étreinte. Elle se retourna pour lui faire face et l’embrassa. Elle savait maintenant.

 

            C’est à ce moment là qu’une voix glaciale et sifflante leur parvint depuis l’extérieur…