Chapitre XII Tourments d'Amour

par snakeBZH

            CHAPITRE XII : TOURMENTS D’AMOUR

 

            Le soir lors du dîner, Ginny ne sortit pas de sa chambre.

« Je comprend qu’elle m’en veuille, dit Harry. J’ai été un lâche. Si j’étais revenu me battre, peut-être que tout serait fini et que je vivrai une vie heureuse avec elle. »

Steven se leva sans dire un mot. Il n’alla pas retrouver Ginny dans sa chambre. Il ne voulait pas la brusquer ou l’obliger à quoi que ce soit.

« Il n’a pas l’air de m’apprécier, dit Harry. Comment un moldu s’est-il retrouvé mêlé à cette guerre ? Il était marié à une sorcière ?

-Non, répondit Hermione. C’est une histoire assez étrange. Steven est dans l’armée américaine. Il était dans un pays en guerre quand, tout un coup, il s’est retrouvé à Poudlard. Ginny fut la première qu’il rencontra. Elle tentait de fuir les mangemorts. Steven l’a aidée. Ils sont allés jusqu’à Glasgow retrouver Neville puis sont venus ici.

-J’ai entendu parler que les « terroristes pro-moldus » comme disent les journaux maintenant, utilisaient des armes moldus, fit Harry. Comment s’est-il retrouvé à Poudlard ?

-On ne sait pas. J’ai cherché mais je n’ai rien trouvé.

-Et quand est-il apparu ?

-Il y a un mois environ. »

Harry se bloqua d’un coup. Ses yeux s’écarquillèrent.

« Harry ? fit Hermione.

-Il y a un mois ? répéta Harry.

-Oui. On ne sait pas… Mais attends, tu sais quelque chose ? »

Harry se contenta de se lever pour aller jusqu’à son sac. Il en sortit un vieux grimoire et le tendit à Hermione. Une page était marquée et la jeune femme y alla directement. Au fur et à mesure de sa lecture, ses yeux s’écarquillèrent. Elle finit par lancer à Harry un regard affolé.

« Tu n’as pas fait ça ? questionna t-elle inutilement.

-Si, répondit Harry.

-Mais tu es devenu fou !

-Est-ce que je pourrais savoir ce qui se passe ? interrogea Ron.

-Harry a fait un rituel très dangereux, expliqua succinctement Hermione. Pourquoi as-tu fait ça ?

-Je voulais qu’on ait un peu d’aide pour Le combattre, raconta Harry. Ne dit-on pas combattre le feu par le feu ?

-Mais quand même, ce rituel sert à invoquer un démon d’une autre dimension mais pas à le contrôler.

-Je pensais l’avoir rater.

-C’est le cas : aucun démon n’a l’air d’être apparu dans notre dimension.

-Et à la place, Steven est arrivé.

-Il ne vient pas d’une autre dimension. Le pays où il était existe et est en guerre.

-Tu sais très bien que ça peut être le cas dans d’autres dimensions. Je parie que c’était une de tes pistes pour comprendre ce qu’il lui était arrivé. Avec ce grimoire, tu vas pouvoir le renvoyer chez lui. »

            Un nouveau silence s’installa. Ron et Hermione se regardèrent.

« Quoi ? fit Harry.

-Je ne pense pas qu’il veuille repartir, dit Ron.

-Il le doit, il n’a pas sa place ici.

-Il nous est utile dans cette guerre.

-Je ne peux pas croire ce que j’entends ! s’écria Harry. Vous feriez passer cette guerre avant son bien-être. Vous êtes prêts à le forcer à rester juste pour combattre !

-Il n’y a pas que ça, tempéra Hermione.

-Alors quoi ?

-Il aime Ginny. »

Harry resta figé par la nouvelle. Voila pourquoi le militaire n’avait pas l’air de l’apprécier. Il savait ce qui avait lié Harry et Ginny.

« Et… et Ginny ? demanda Harry à demi-mot.

-Ils sont ensemble depuis quelques jours, avoua Ron. Elle te croyait mort. D’ailleurs tu l’étais pour nous tous. »

Le temps répéta un silence. Harry ne put s’empêcher de se traiter d’idiot. Il eut une penser violente envers Steven. Mais il se rendit compte qu’il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. Après tout, il avait fui. Et dans le tourbillon de pensés qui l’assaillait, il parvint à sourire légèrement.

« C’est bien, murmura t-il. Au moins, elle a réussi à tourner la page. »

 

            Cette nuit là, Ginny ne parvint pas à dormir. Elle ne cessait de se poser des questions. Elle aimait Steven, mais le retour d’Harry lui avait rappelé les sentiments qu’elle ressentait pour lui. Elle finit par se lever pour aller se chercher un verre d’eau.

            Tout occupée à déglutir, elle n’entendit pas que quelqu’un arrivait dans son dos.

« Ginny, fit Harry. »

La rousse se retourna vivement. Elle fixait Harry.

« Je ne voulais pas te faire peur, continua t-il. Ron et Hermione m’ont dit pour toi et Steven.

-Et alors ? Tu croyais que j’allais rester à me morfondre.

-Je suis content pour toi. Je t’ai perdue mais pour ça je ne peux m’en prendre qu’à moi-même.

-Oui, tu as raison sur ce point. »

Ginny le planta là, retournant dans sa chambre.

            Elle s’allongea dans son lit. Elle avait eu des mots durs contre Harry. Trop durs peut-être. Après tout, elle était quand même heureuse de le revoir en vie.

 

            Le lendemain, Ron se rendit au quartier général secret de la Résistance. Quand il revint, il expliqua que l’annonce du retour d’Harry avait été accueillie avec des réactions diverses allant de l’incrédulité à l’éclatement de joie. Ils devaient tous s’y rendre au plus vite. Cette fois-ci, Steven et Ginny les accompagneraient. Par raison de sécurité, le voyage se ferait de nuit.

            Ginny et Steven ne s’étaient quasiment plus parler depuis le retour d’Harry. Steven voulait être patient, mais la vérité, c’était que la jeune femme lui manquait. Une fois qu’il eut terminé de préparer ses affaires pour partir, il se dirigea vers la chambre de Ginny. Il voulait lui parler, juste lui parler. Au moment où il allait frapper à la porte, celle-ci s’ouvrit, faisant apparaître devant lui, telle une flammèche rougeoyante, la belle rousse.

            Ginny demeura interdite durant plusieurs secondes. Steven s’attendit à ce qu’elle referme la porte. Mais elle esquissa un timide sourire et le tira à l’invita à entrer en s’effaçant. Elle referma la porte derrière lui.

« Excuse-moi de venir comme ça, commença t-il. Mais je voulais te parler. Ça fait depuis qu’Harry est revenu qu’on ne se parle plus.

-Je sais, dit-elle. En fait, j’allais te voir aussi. C’est plutôt à moi de m’excuser. Je me suis réfugié dans le silence sans te donner la moindre explication. Mais je ne savais pas quoi te dire. Tout est embrouillé dans mon cœur. Enfin, un peu moins maintenant. Il faut dire que j’arrête pas de réfléchir en ce moment.

-Je comprends. En faite, je voulais te laisser tout le temps dont tu aurais besoin. Mais la vérité c’est que… tu me manques. »

Ginny savait que l’américain n’était pas habitué à démontrer ainsi ses sentiments. Il faisait là, preuve de plus de courage que pour combattre. Elle était touchée. Elle s’approcha de Steven et le prit dans ses bras. Steven répondit à l’étreinte. Il aimait tant sentir la chaleur de la jeune femme contre lui.

            « Je ne sais pas encore ce que je dois faire, dit-elle.

-J’attendrais. »

Ils restèrent dans les bras l’un de l’autre encore un long moment.

 

            L’heure du départ arriva. Harry remarqua que Ginny et Steven se parlaient en souriant. Il sentit une douleur dans son cœur. Mais il ne pouvait rien y faire. Il n’aurait jamais dû fuir.