XXV. Etre ensemble

par Olympie

Chapitre 25

Rose se tenait droite, en fixant le cercueil d’Hugo, qui descendait en terre. Elle resserra sa veste autour d’elle et regarda les quelques flocons qui tombaient sur le sol. Son oncle Percy avait organisé un très bel enterrement. Il y avait des camarades de Poudlard, des professeurs, des amis de ses parents. Il y avait aussi un journaliste de la Gazette que Rose avait envie de pousser dans le trou, et une foule d’inconnus, venu en rapace, certains pour  voir comment deux héros de guerre gère la mort de leur fils cadet, d’autre pour voir la fille qui avait su s’attiré l’amour d’un fou furieux. Cela faisait cinq jours que Rose était libre. Elle avait à peine revu Stella et Illéa, mais Marcus n’était venu à aucun des deux rendez-vous, où les filles s’étaient vu tout au plus dix minutes. Elle avait passé le plus claire de son temps avec Albus, a essayé de convaincre James qu’il n’était pour rien dans la mort d’Hugo. Les seuls moments où il se calmait c’était quand il dormait, mais même des fois il était assailli d’horrible cauchemars, où il réentendait, le cri d’Hugo quelques secondes avant sa mort. Il se mettait alors à pleurer, et il fallait le bercer toute la nuit en lui répétant qu’il n’y était pour rien. Rose n’avait pas fermé l’œil depuis deux nuits. Le chagrin n’était même plus assez fort pour la faire dormir. Elle avait continuellement le goût amer des sanglots au fond de la gorge. Son père jeta une poignée de terre sur le cercueil de chêne qui était la dernière demeure de son frère. Il se tourna, et partit sans un mot. Voyant que sa mère ne bougeait pas, elle lui attrapa délicatement la main, la faisant sursauter, et l’entraina derrière Ron. Son grand-père maternelle vint l’aider, et elle le regarda emmenait sa mère plus loin. Elle regarda la foule s’éparpiller. Il y avait quelques visages connu, mais la plupart ne lui disait rien. Le professeur Londubat avança vers elle.

- Ca va aller Rose ? Demanda-t-il.

- Non professeur, mais le temps fera son travail, répondit-elle.

Il lui adressa un maigre sourire.

- De nombreux élèves m’ont demandé de te faire parvenir leurs condoléances, et leurs souhaits de te voir revenir le plus rapidement possible.

- Je vous remercie professeur, mais je ne pense pas revenir cette année, annonça-t-elle. Peut-être l’an prochain.

Il la prit rapidement dans ses bras.

- Dis à tes grands-parents que je rendrais très vite visite à tes parents, d’accord ?

Elle hocha la tête, et le regarda rejoindre le groupe d’élève et de professeur qui attendait son signal pour transplaner à Pré-au-Lard. Une fois qu’ils eurent tous disparu, elle se rendit compte que la plupart des gens avait déjà tranplaner pour rentrer chez eux. Elle aurait même faire de même. Rentrer chez elle, et déjà oublier qu’elle avait assisté à un enterrement. Mais elle devait encore se rendre à celui de Tara, qui avait lieu une heure plus tard, dans un cimetière diffèrent. Elle sursauta quand Albus lui toucha l’épaule. Blaise se tenait près de lui. Ils la prirent tour à tour dans leur bras, puis lui attrapèrent la main avant de transplaner. Ils arrivèrent devant Les trois balais. Albus poussa la porte et s’effaça pour laisser Blaise et Rose entrer. Quand la cloche tinta, Mme Rosmerta apparut derrière le bar, son éternel sourire jovial sur le visage, qui s’effaça en voyant les trois adolescentes.

- Trois bièraubeurres les enfants ?

Ils hochèrent la tête en se dirigeant vers le fond de la salle.

- Comment va ton frère ? Demanda finalement Blaise à Albus.

- Il s’était endormi quand je suis parti tout à l’heure, et mon oncle a promis de s’occuper de lui, raconta-t-il.

- Oncle Percy ? S’étonna Rose.

- Oui, il a dit que c’était plus important que j’aille à l’enterrement que lui, qu’il arriverait à faire son deuil sans, expliqua-t-il.

Mme Rosmerta leur apporta leur boisson en posant sur eux des regards emplis de pitié qui agaça Rose.

- Tu as vu Marcus depuis la dernière fois ? Demanda Albus qui savait que cette absence pesait à sa cousine.

Elle secoua la tête pour indiquer que non. Un grand silence s’installa ensuite. Ils burent doucement leur bièraubeurres chacun dans ses pensées. Rose sursauta quand l’horloge posait dans un coin de la pièce sonna trois coups.

- On va être en retard, annonça-t-elle en posant quelques mornilles sur la table.

Blaise et Albus l’imitèrent. Blaise jeta un dernier coup d’œil, vers une table, et se dirigea en tête vers la sortie. Blaise soupira un grand coup, jeta un coup d’œil en direction du château qu’on voyait au loin. Il transplana.

- Il a vraiment du mal, annonça Albus. Il souffre presque autant que nous mais pense qu’il n’a pas le droit de le montrer puisque c’est un membre de notre famille que nous avons perdu nous.

- Il devrait pourtant savoir qu’on comprendrait, soupira Rose.

Albus haussa les épaules avant de transplaner. Rose fit de même. Ils arrivèrent dans un grand cimetierre Irlandais. De nombreuses personnes sursautèrent à l’apparition des trois sorciers.

- La famille moldu de Tara, murmura Blaise aux deux autres. Ils ont fait un bon pas possible quand je suis arrivé.

Rose parcouru l’assemblée du regard. Elle vit Mrs Finnigan, abattue qui regardait le trou que l’on avait creusé pour sa fille. La mère leva les yeux et croisa ceux de Rose. Rose se sentait tellement coupable de la mort de Tara qu’elle baissa les yeux. Elle sursauta quand un homme se posta devant elle.

- Sorcière de malheur, scanda-t-il ! C’est vous qui devriez être dans cette boite, pas ma pauvre petite-fille ! Elle est morte à cause de vous !

Rose ne sut quoi répondre. C’était exactement ce qu’elle ressentait. Albus lui fit faire un pas en arrière.

- Ma cousine n’est responsable de rien ! Tara savait ce qu’elle faisait, et sachez que c’est grâce à Rose que son corps est en si bon état. Elle la vue mourir et à risquer sa vie pour sauver son corps !

- Grâce à elle ? Grâce à elle ? S’époumonna l’homme. Ma petite-fille est morte pour la sauver, elle n’a aucun mérite de le faites de l’avoir sorti de la bataille après sa mort.

L’homme leva le bras dans le signe explicit de la frapper mais Albus et Blaise avait déjà dégainé leurs baguettes.

- Ecoutez-moi bien, siffla Blaise. Au début de l’année j’avais un seul ami, Scorpius Malefoy, mais il a été nommé préfet, et est allé vivre dans des appartements privé, je me suis retrouvé seul. Quand j’ai rencontré Rose, Albus et votre petite-fille je me suis senti vivre, enfin. Je sortais avec Tara depuis le mois d’octobre, alors je comprends votre douleur. J’ai perdu ma petite-amie, mais Rose et Albus ont perdu leur amie d’enfance. Ils sont aussi tout ce qu’il me reste puisque mon meilleur ami est en fuite. Osez relever la main sur Rose et je vous promets que je vous stupéfix.

L’homme adressa un regard noir à Blaise mais fit demi-tour et partit rejoindre d’autre moldus qui avaient regardé la scène de loin. Albus passa une main réconfortante dans le dos de Rose, et Blaise lui adressa un petit sourire. Rose vit que la mère de Tara s’avançait vers eux.

- C’est gentil d’être venu, leur dit-elle d’une voix morte, qui ne lui ressemblait tellement pas. Ne faites pas attention au père de Seamus, c’est sa façon de faire son deuil de tout rejeter sur le monde des sorciers. Il finira par se calmer.

- Merci Mrs Finnigan.

Elle leur fit un petit signe de tête puis s’éloigna pour aller se blottir dans les bras de son mari. Blaise poussa un soupir qui attira l’attention dans deux autres.

- Je préfère ne pas rester finalement, expliqua-t-il. Je pense que je vais rentrer.

- On peut aller chez-moi si tu veux, mes parents seront chez mes grands-parents, proposa Rose. Je n’ai pas spécialement envie de rester non plus.

- Allons-y, conclut Albus.

 

****

***

 

Rose ouvrit  les yeux. Cela faisait dix minutes qu’elle gardait les yeux obstinément fermés, persuadée qu’elle arriverait à se rendormir. Elle avait finalement laissé tomber.

- C’est pas trop tôt, grommela une voix dans le coin de la pièce.

Rose tiqua. Elle connaissait cette voix, mais était incapable de mettre un nom de dessus. Elle se redressa d’un coup. Kyle, celui que Marcus avait transformé.

- Qu’est-ce que tu fais là ? S’étonna-t-elle.

- C’est Stella qui m’envoie, expliqua-t-il, mais j’avais interdiction formel de te réveiller.

- Pourquoi est-ce qu’elle n’est pas venue elle ? S’enquit Rose.

- Ils sont aux prises avec de gros problème chez les vampires.

- Comme quoi ?

- Marcus s’est lancé dans une guerre contre le clan Junon.

- Pourquoi ? S’indigna Rose.

- Parce que d’après lui ils sont responsable de la mort d’Ash, et il pense qu’ils abritent T.J.

Elle ouvrit la bouche pour protester.

- Laisse-moi t’expliquer avant de dire quoique ce soit, ordre de Stella.

Rose haussa les épaules.

- On a la preuve que seulement deux vampires de ce clan était liés à T.J. mais ils sont tous les deux les enfants du chef de clan, ce qui veut dire qu’ils ont énormément de pouvoir l’un et l’autre. Ils ont très sûrement enrôlés d’autre d’entre eux. Marcus veut leur peau.

- Vous êtes quatre contre tout un clan, c’est totalement idiot !

- C’est pour ça que Stella m’envoie. On est tous les quatre de la même famille, on est considérés comme tous ensemble. Alors on se retrouve tous les trois embarqués dans une histoire dont on sait très bien qu’elle ne mènera nulle part. Elle pense que tu es la seule qui pourra le raisonner.

- Il ne me parle plus, je ne l’ai même pas revu depuis une semaine.

- Ash est mort, il fallait lui laisser un peu de temps, répliqua le jeune vampire en haussant les épaules.

- Ce n’est même pas ça, j’ai fait une gaffe. Il me prend pour une gamine qui ne pense qu’à elle, expliqua-t-elle.

Le vampire se leva de la chaise sur laquelle il était assis, en face du lit de Rose.

- Il finira par revenir vers toi, lâcha-t-il. A ce moment-là, parle-lui. Si ça traine trop, je reviendrais te voir. On a vraiment besoin de toi Rose.

Il sortit nonchalamment. Blaise sauta sur son lit.

- Qu’est-ce qu’il voulait ?

- Me parler de Marcus.

Il hocha la tête.

- Albus s’est endormi dans le canapé, et moi je me suis reposé dans le fauteuil du salon, expliqua-t-il. Tu veux aller faire un tour ?

- Je sais où je veux aller, déclara Rose en se levant subitement. Va chercher nos manteaux et nos chaussures on va faire un tour !

- Où ?

- Surprise.

Blaise et Rose descendirent au salon, attrapèrent leur manteaux et transplanèrent. Ils arrivèrent nez à nez avec Scorpius.

- Qu’est-ce que vous faites là ? S’étonna ce dernier.

- On voulait allez faire un tour avec Blaise, alors j’ai pensé à toi, expliqua Rose.

Blaise lui en était encore à observer son meilleur ami, la bouche grande ouverte. Scorpius coupa court à sa contemplation en le prenant dans ses bras. 

- Ça fait plaisir de te revoir !

Blaise n’avait toujours pas décroché un mot quand Scorpius le lâcha et prit Rose dans ses bras avec beaucoup plus de délicatesse.

- Venez, les invita-t-il. On sera à l’abri de la neige dans la cabane ! Et vous pourrez me dire quand est-ce que je pourrais rentrer chez moi. Les feux de cheminées allumer par les elfes de maisons, avec un merveilleux chocolat chaud et un bon roman me manque.

Blaise décrocha l’ombre d’un sourire. Ils montèrent dans la petite cabane.

- Alors, comment avance l’enquête ? S’enquit Scorpius.

- Doucement, déclara Rose. Ils ont attrapé plusieurs des complices de Jameson, et Jack a donné son témoignage comme quoi tu es totalement innocent. Mon oncle pense que les choses devraient se calmer pour toi d’ici quelques mois.

- Quelques mois ? Se désespéra Scorpius. 

- On peut essayer de faire bouger les choses plus vite, dit Blaise.

Les regards interrogatifs de Rose et Scorpius lui firent comprendre qu’il devait continuer.

- Si tu reviens tout de suite, il faudra qu’il prenne une décision immédiatement.

- Et me faire condamner pour quelque chose que je n’ai pas fait ? Très peu pour moi, merci.

- Ca m’étonnerai beaucoup qu’il te condamne au baiser du détraqueur, comme ça, alors que le peu de preuve qu’ils avaient contre toi est parti en fumée avec le témoignage de Jack, intervint Rose. L’idée de Blaise n’est peut-être pas si mauvaise finalement.

- Et au pire je retourne à Azkaban ?

- Je pense qu’ils n’oseront pas t’enfermer à Azkaban, au pire tu seras forcé de rester chez toi, argumenta Blaise.

- Au pire, maugréa Scorpius.

- Essaye Scorpius, tenta Rose, tu vas finir par mourir de froid dans cette cabane.

- Il y fait beaucoup plus chaud qu’à Azkaban, contredit Scorpius.

- Scorpius, je t’en prie, s’exclama Rose. Jack a témoigné et tu as déjà plusieurs membres éminents des Aurors qui clament ton innocence. Tu ne retourneras pas à Azkaban !

Scorpius garda le silence pendant quelques minutes. Rose et Blaise se jetaient des regards fréquents, espérant tous les deux que Scorpius finirait par accepter. Il finit par pousser un soupir profond.

- D’accord je marche, déclara-t-il. Mais si on me renvoi à Azkaban, cette fois ils pourront m’accuser de m’être échapper, parce que c’est exactement ce que je ferais !

Rose sauta au cou de Scorpius.

- Rose, on va d’abord le ramener chez toi, et le remettre en état. Ensuite, on ira au Ministère de la Magie. On se retrouve chez toi, rassemblez vos affaires, je vais réveiller Albus.

Rose hocha la tête, et Blaise disparu. Rose reporta son attention sur Scorpius.

- Quand il saura ce que tu m’apprêtes à me faire faire, je te jure que mon père te tuera, annonça-t-il.

- Je me moque bien de ton père. L’important, c’est que l’on soit de nouveau réuni.

Il la serra tendrement dans ses bras.