V. L'incendie

par Olympie

Chapitre 5

Square Grimmaurd, le 15 octobre, environ 15h

Chère Rose,

J’ai beaucoup parlé avec le portrait de Phinéas Nigellus Black, et je te remercie de ce que tu as fait en lui parlant de Teddy. Tu aurais dû le voir quand il est venu me voir en me disant que Phinéas était dans son cadre. Il était on ne peut plus ravi. Ils ont beaucoup parlé, en même si Phinéas n’est pas ravi que son dernier descendant, à part Scorpius, soit un sang-mêlé, et que son père ait été un loup-garou, il n’est pas vulgaire (pour une fois), mais Phinéas à l’air d’ignorer que les Weasley font aussi partie de ses descendants, ce qui est étrange, puisque son portrait se trouve dans la salle de l’arbre généalogique des Black. Kreatur lui, est ravi de voir « un vrai bon maître dans cette maison », même en portrait. Enfin, de toute façon, je viens à Poudlard le vingt, donc nous nous voyons bientôt.

Porte-toi bien,

Oncle Harry.

P.S : Ta mère sait que tu t’es fait aider par Drago Malefoy pour le devoir sur les loups-garous, elle était furieuse, tu devrais recevoir une lettre de sa part bientôt, mais heureusement pour toi, je crois qu’elle n’a rien dit à ton père. Courage.

Rose regarda par la fenêtre de sa chambre et soupira. Les arbres s’étaient couverts de feuilles rouges, oranges ou brunes, et le temps s’était refroidi. Elle entendit un rire retentir dans le salon qu’elle partageait avec Scorpius. Un rire de fille. Scorpius avait encore ramené Sally dans les appartements des Préfets. Ils sortaient plus ou moins ensemble depuis quelques temps, mais Rose n’arrivait pas vraiment à savoir si c’était officiel, puisqu’ils ne se donnaient aucun signe d’affection en public, mieux ils ne restaient jamais ensemble en dehors des cours, et des longs  –du moins ils semblaient particulièrement longs à Rose-  moment qu’ils passaient dans la chambre de Scorpius. Elle entendit Scorpius rire bruyamment derrière le mur de sa chambre. Rose soupira et se leva. Elle attrapa sa baguette.

- Assurdiato, murmura Rose.

Les bruits qui lui venaient de la chambre voisine se turent alors d’un coup. Rose regarda l’heure. Il était encore tôt mais elle s’allongea sur son lit, et s’endormit presque aussitôt.

 

- Rose, lève-toi vite, s’exclama Scorpius en la secouant.

Rose se réveilla doucement, elle regarda dehors. La nuit était maîtresse dehors.

- Par Merlin, Rose dépêche-toi, de te lever, il y a le feu dans ma chambre, annonça-t-il.

Rose ne comprit pas. Le feu ? A Poudlard ? Le dernier incendie à déplorer était celui de la Salle sur Demande pendant la Bataille de Poudlard. Et c’était un feu magique que son lanceur n’avait pas sû contrôler. Il était d’ailleurs mort dans la bataille.

- Qu’est-ce que tu racontes Scorpius ?

Elle regarda la jeune homme. Il cherchait quelque chose dans sa chambre.

- Tu as ta baguette sur toi ? Tu as quelque chose que tu veux garder ? Demanda-t-il en regarda par la porte encore grande ouverte de la chambre.

Rose se leva en vitesse devant l’air affolé de Scorpius. Elle prit sa baguette dans sa table de nuit, et attrapa avec le paquet de lettres qu’elle avait reçu depuis le début de l’année. Scorpius attrapa sa main et sortit de la chambre. Quand ils arrivèrent dans le salon, le feu s’était déjà propagé dans une partie de celui-ci. Rose sortit sa baguette.

- Ca ne sert à rien Rose, c’est un Feudeymon, expliqua Scorpius. Tu ne pourras pas…

Une flamme surgit dans sa direction, il recula juste à temps. Il serra la main de Rose plus fortement et se précipita vers le tableau. Quand ils sortirent, les professeurs Londubat, Crivey, Boot et Bones arrivaient en courant, suivit de Sally qui, dès qu’elle vit Scorpius, se mit à pleurer beaucoup plus fort. Elle jeta un regard vers Rose et leurs mains enlacées avant de se jeter dans les bras de Scorpius. Les professeurs étaient tous rentrés dans la salle, et Sally pleurait, quand l’ancien Directeur Dumbledore apparut dans un des tableaux, au grand mécontentement de son occupant.

- Miss Weasley, appela-t-il. Que se passe-t-il ?

- Je ne sais pas vraiment, c’est Socrpius qui est venu me chercher. Je crois qu’un Feudeymon a été lancé dans sa chambre.

L’ancien Directeur fronça les sourcils, avant de hochait la tête et de repartir. Les professeurs sortirent du tableau.

- M. Malefoy, Miss StPeter, Miss Weasley, veuillez me suivre dans mon bureau.

Rose fronça les sourcils. Depuis sa première année, le professeur Londubat ne l’avait appelé que deux fois Miss Weasley : quand ils avaient été surpris sortant de la forêt interdite en première année, et quand avec Tara, elles avaient jeté de la nourriture sur une autre élève. Scorpius avait passé un bras autour des épaules de Sally, qui s’était un peu calmée, mais jetait fréquemment des regards en direction de Rose, qui lui sourit.

- Pourquoi est-ce que tu es allée la chercher dans sa chambre, tu aurais pu mourir Scorpi, dit Sally assez fort pour que Rose l’entende. Elle avait dû t’entendre quand tu l’as appelée.

Scorpius ne répondit pas, mais Rose le vit serrer les poings. Le professeur Crivey, qui enseignait l’Etudes des Moldus, s’approcha du Directeur et lui murmura quelque chose à l’oreille. Ce dernier hocha la tête en le remerciant. Pendant qu’ils montèrent les escaliers, Scorpius lâcha Sally pour aller voir Rose. La jeune Serpentard lui jeta un regard noir.

- Tu vas bien ? Questionna Scorpius.

- Moi ça va, ta copine à l’air secouée par contre. Mais je me demande ce qui a bien pu se passer. Comment un Feudeymon a pu se déclencher dans ta chambre. Tu dormais à ce moment-là ?

- Rose, il n’était même pas onze heures quand c’est arrivé ! Non je ne dormais pas. J’allais raccompagner Sally dans son dortoir. J’ai tourné le dos pour…

Il s’arrêta quelques instants et regarda Rose, l’air gêné.

- Pour me rhabiller, et quand je me suis retourné, une grosse flamme avait pris le rideau, Sally a poussé un cri, j’ai tapé contre le mur de ta chambre, on t’a appelé, et on est sortis en courant. Quand j’ai vu que tu ne sortais pas, je suis venu te chercher, et Sally est partie chercher les professeurs.

Rose fronça les sourcils. Il n’avait pas vu le feu se déclencher ? Est-ce que…

- Scorpius, est-ce que Sally avait sa baguette ? Demanda-t-elle tout doucement pour que Sally ne l’entende pas.

Scorpius la regarda sans avoir l’air de comprendre où elle voulait en venir, mais le Directeur leur fit signe de rentrer dans son bureau et fit apparaître quatre chaises en cercle. Il s’assit sur l’une d’elle et leur fit signe de l’imiter.

- J’ai plusieurs questions. Déjà, première question : Miss StPeter, que faisiez-vous après le couvre-feu hors de votre dortoir ?

La jeune fille devint très rouge et Scorpius baissa les yeux. Le Directeur soupira.

- Je vois. Bien, ensuite. M. Malefoy, on a retrouvé dans votre chambre l’endroit d’où semble être parti le sortilège. Parce que vous avez dû le deviner, il s’agissait du sortilège du Feudeymon. J’aimerai voir vos baguettes à tous les trois.

Scorpius fut le premier à tendre sa baguette. Le Directeur sortit la sienne et l’appliqua contre celle de Scorpius.

- Prior Incanto, annonça-t-il.

Un léger brouillard s’éleva de sa baguette et révéla le dernier sort utiliser par Scorpius : collaporta. Le Directeur lui rendit sa baguette et prit celle que Rose lui tendit. Le sortilège d’assurdiato apparut. Neville se tourna alors vers Sally, qui le regarda avec un air paniqué.

- Je… J’ai perdu ma baguette.

Elle fondit en sanglot encore une fois. Le professeur Boot entra dans la salle, il tendit au Directeur un des éclats de verre, et lui chuchota quelque chose à l’oreille.

- Bien, Terry, accompagnez ces deux jeunes filles à l’infirmerie, je vais m’entretenir avec M. Malefoy, annonça le professeur Londubat.

Rose jeta un regard d’incompréhension à Scorpius, qui avait visiblement l’air paniqué. Le professeur Boot poussa légèrement Rose de la main, qui sortit alors. Pendant le trajet, Sally n’arrêta pas de pleurer, et de se plaindre de « sa si belle baguette perdue » ce qui eut le don de profondément agacer Rose. Quand elles arrivèrent à l’infirmerie, elles furent réparties dans deux lits, les plus éloignés possibles. « Soit le Boot à remarquer qu’elle me tapait sur le système, soit ils ne veulent pas qu’on communique » en conclut Rose. Rose s’endormit dès qu’elle posa la tête sur l’oreiller. Elle fut réveillée par le léger grincement qu’émit la porte de l’infirmerie quand elle s’ouvrit à nouveau. Elle vit Mrs Pomfresh qui passait devant son lit avec un Scorpius qui avait l’air atterré.

- Mrs Pomfresh, arrêta-t-elle quand l’infirmière repassa devant elle.

- Que puis-je pour vous Miss Weasley ?

- Est-ce que je peux parler à Scorpius, maintenant qu’il est sorti de chez Monsieur le Directeur ?

- Non. Il ne doit parler avec personne, surtout pas vous, ni Miss StPeter, avant l’arrivée des Aurors. Reposez-vous maintenant, une longue journée vous attend demain.

Rose reposa la tête sur son oreiller, et essaya de se rendormir.

 

- Miss Weasley, réveillez-vous.

Une main amicale secouait l’épaule de Rose. Elle avait eu beaucoup de mal à se rendormir, se posant toute sorte de question. Pourquoi les Aurors venaient-ils ? Pourquoi elle ne devait pas adresser la parole à Scorpius ? Il ne le soupçonnait tout de même pas d’avoir mis le feu lui-même à sa chambre ? Mais elle avait fini par s’endormir, épuisée. Et maintenant on la réveillait. Elle regarda par la fenêtre de l’infirmerie. Le jour se levait à peine, pourquoi la réveillait-on maintenant ? L’infirmière revint vers son lit.

- Ah, vous êtes réveillée. Vous trouverez dans la malle au pied de votre lit, toutes les affaires qu’ont récupéré vos professeurs dans votre chambre. Vous êtes plus chanceuse que M. Malefoy, votre chambre n’a pas été touché par l’incendie, vos affaires sont saines et sauves. Habillez-vous, et allez attendre devant la porte, vous allez être la première à être interrogée.

- Mrs, savez-vous qui va me poser les questions ? Interrogea Rose.

- Un Auror… Wilkili, je crois.

Rose soupira. Georges Wilkili travaillait avec son père, elle l’avait vu quelques fois. C’était un homme plutôt froid, qui ne parlait pas beaucoup, mais son père avait toujours dit beaucoup de bien de lui. Rose ouvrit la malle dans laquelle on avait rassemblé ses affaires. Elle attrapa une robe de sorcière qu’elle avait, et tira ses rideaux complètement pour avoir un peu d’intimité. Elle se rendit ensuite devant la porte, où le professeur Boot l’attendait.

- Ah, Miss Weasley, suivez-moi, M. Wilkili vous attend déjà dans une salle de classe.

Rose se contenta de hocher la tête. Elle avait une boule dans la gorge, et ne se sentait pas bien. La salle où elle allait être interrogée se trouvait très proche de l’infirmerie. C’était une petite salle qui sentait le renfermé, et n’avait pas dû servir depuis longtemps. Un homme regardait par la fenêtre. Le professeur Boot toussa pour manifester leur présence, et Wilkili se retourna.

- Ah, Rose Weasley, entrez, asseyez-vous, M. Boot, pouvez-vous fermer la porte en sortant ?

Rose s’exécuta, elle appréhendait, elle ne savait pas quelle question il allait lui poser.

- Bien, commençons, pour vous cela devrait être rapide. Alors, que faisiez-vous quand le feu s’est déclaré ?

Une petite plume notait tout ce qu’il disait avec application.

- Je dormais, monsieur.

- Vous dormiez ? Il était pourtant tôt.

- J’étais fatiguée, se défendit Rose. Nous avons eu beaucoup de devoirs dernièrement et j’avais veillé pour tout faire.

L’auror hocha la tête.

- Avez-vous remarqué quelque chose d’anormal dans le comportement de votre camarade Scorpius Malefoy dernièrement ?

Ainsi, ils soupçonnaient Scorpius. Pourtant le dernier sort qu’il avait jeté n’était pas celui de Feudeymon, et la porte de sa chambre était restée ouverte quand Sally et lui étaient sortis.

- Non, monsieur. Il était parfaitement normal.

- S’enfermait-il seul dans sa chambre pendant de longs moments ? Avait-il l’air distrait, lointain ?

- Non, nous faisions nos devoirs sur la table, ensembles, indiqua Rose. Et je vous l’ai dit, il était parfaitement normal, peut-être même plus ouvert qu’avant depuis quelques temps.

Rose se mordit la lèvre et regretta immédiatement ce qu’elle avait dit. Tout changement d’attitude était suspect aux yeux des Aurors.

- Que voulez-vous dire par plus ouvert ? S’intéressa l’Auror.

- Il me parlait plus, surtout depuis que Blaise a accepté de venir avec nous.

L’Auror hocha encore la tête en jetant un regard au parchemin sur lequel la plume enchantée griffonnait.

- Avez-vous déjà rencontré Drago Malefoy durant les visites qu’il rendait à son fils ?

- M. Malefoy n’est venu qu’une seule fois depuis le début de l’année, et oui, j’ai même eu l’occasion de discuter avec lui. Un homme charmant.

Rose pensa immédiatement que si son père lisait ce rapport il mourrait sur le champ, et le fait de voir son collègue lever un sourcil lui fit comprendre que cela n’était un secret pour personne.

- Durant cette visite, sont-ils restés longtemps seuls ensemble ?

- Je ne sais pas, ils ont passé un peu de temps seuls, mais très peu je pense.

- Que savez-vous de Sally StPeter ?

Rose fut intriguée qu’il pose des questions sur elle.

- C’est une dernière année, de la maison Serpentard, comme Scorpius. Une petite aristocrate, tenant de son sang une fierté moyenâgeuse.

L’auror tiqua quand Rose dit ça.

- Son sang-pur ? Et Scorpius qu’en pense-t-il ?

- Scorpius est un Malefoy, expliqua Rose. Il tire beaucoup de fierté de son sang, mais jamais il ne penserait que cela lui accorde le moindre droit ou la moindre supériorité. Il m’a expliqué que ses parents avaient été extrêmement touchés par la guerre et la place sombre que leur famille y avait jouée.

Rose adressa une brève prière à Merlin. Elle ne mentait pas, mais il est vrai que Scorpius  était très fier du statut « pur » de son sang, ce qu’elle avait d’ailleurs beaucoup de mal à comprendre.

- Pour en revenir à Miss StPeter, enchaina l’auror, depuis quand fréquente-elle monsieur Malefoy ?

- Une, deux semaines tout au plus, mais ils seraient plus à même de répondre à ces questions.

- Bien sûr, acquiesça l’auror. Bien, je pense avoir fait le tour Miss Weasley. Évidemment, il est possible que j’ai de nouveau besoin de vous rencontrer.

Rose hocha la tête, et sortit de la salle. Le professeur Boot attendait dehors avec Sally, qui jeta un regard noir à Rose. Sally entra dans la salle, et le professeur Boot raccompagna Rose dans la grande salle, où les plus matinaux des élèves étaient déjà. Elle ne trouva que Blaise mais, à l’air inquiet qu’il avait, elle comprit qu’il était au courant de ce qu’il s’était passé pendant la nuit.

- Tu nous raconteras ce qui s’est passé quand les autres seront là, lui dit-il simplement.