Les Légendes, le Destin et l'esprit

par clems17

Les légendes, dit-on, sont toujours tirées d’un fait réel. Un fait réel qui leur donne une raison, un fondement.

Dans le monde de la Magie, il est extrêmement rare que les grandes légendes soient sans fondement.

La légende d’un dragon si grand qu’il pouvait passer pour une colline, si puissant qu’il pouvait faire évaporer un lac, était basé sur une histoire du temps de Merlin.

La légende de Merlin, d’ailleurs, était elle-même l’objet de bien des interprétations et des théories. On le décrivait comme un vieil homme si puissant et bienveillant qu’il faisait passer Dumbledore pour un simple magicien de salon. D’autres histoires par contre, en faisaient un vieillard acariâtre obsédé par le pouvoir.

Une légende parmi tant d’autres, faisait l’objet actuellement d’une étude approfondie. Elle était à l’origine d’un célèbre conte pour enfants….et une source de tentation.



Les trois frères Peverell. Le trio légendaire qui avait vaincu la Mort elle-même.



Quelle stupidité. Comme si c’était seulement possible.



Parmi les myriades d’entités parcourant la Terre et ses alentours, rares étaient celles qui dédaignaient profondément cette histoire. Deux d’entre elles se connaissaient. Une des deux vivait en Angleterre.

Observant le plafond, Harry ricanait doucement. Si au début ce conte ne l’intéressait pas vraiment, il avait toutefois révisé son opinion. « Les trois frères » était une formidable source de détente tant le récit frôlait l’incohérence.

Il avait pu constater, par lui-même, que la Mort était bien au-delà de toutes ces choses là. C’était comme essayer de vaincre la Terre elle-même, ou encore le soleil.

Mais même ces entités âgées de milliard d’années n’étaient pas au-dessus de la Mort. La Terre, les étoiles, l’univers…..tout était voué à la disparition.

Il avait demandé à l’Entité comment des étoiles pouvaient mourir. Passaient-elles aussi par les limbes ?

Il avait entendu la réponse mais n’avait même pas saisi le sens du propos ou des mots utilisés. La phrase n’avait aucun sens. Tout cela le dépassait totalement, étant bien au-delà de la compréhension d’un humain, fut-il à moitié Faucheur.

Faire comprendre la théorie de la Relativité à un ver de terre aurait été plus facile.

Mais Harry n’avait beau comprendre qu’une infime partie du grand Tout, il en saisissait suffisamment pour comprendre que rien de vivant ne pourrait jamais vaincre la Mort.

Le simple fait qu’il puisse la voir sous forme humain était déjà source d’incompréhension. Il conversait avec une microscopique partie de la véritable apparence. Pour le jeune homme, cela lui donnait l’impression d’être un grain de sable posé sur une main géante, ne voyant que ce qu’on voulait qu’il voit.

Déroutant.

Lui-même, en tant que Faucheur non-diplômé (cela non-plus il n’avait pas compris), avait accès à bien des choses. Ses talents étaient davantage fondés sur la perception que sur l’action en elle-même.

Cela était sans doute mieux car il ne se sentait pas apte à posséder trop de pouvoirs pour le moment. Sa quasi-perte de contrôle à Halloween le lui avait prouvé.



Harry Ignotus, anciennement Potter, se leva du fauteuil qu’il occupait dans le dortoir de Serdaigle. Comme toutes les deux heures depuis le début de la matinée, il décida d’aller rendre visite à Remus. Ce dernier dormait toujours paisiblement à l’infirmerie depuis les péripéties de cette nuit.

Harry était décidé à le tenir à l’œil. Il était assez inquiet sur le devenir de son futur professeur. Qui sait ce que son sang avait pu entraîner….le loup lui avait semblé si calme, si humain.

Il devait en avoir le cœur net.



Infirmerie



Lorsque Remus se réveilla à l’infirmerie, il eut la désagréable sensation d’avoir été piétiné par un troupeau de sombrals.

Consultant l’heure, il s’aperçut que la journée était bien avancée. D’habitude, même après la pleine lune, il gardait on côté matinal qui le faisait se lever bien avant tout le monde.

Il soupira et referma les yeux. Aussitôt, il fut assailli par des centaines de bruits. Il entendait absolument tout dans la pièce.

En tant que Loup-Garou, il avait pris l’habitude de voir, entendre et sentir à peu près tout dès qu’il avançait dans le couloir ou entrait dans une pièce. C’était quelque chose qu’il avait dû appréhender et dompter.

Mais là….tout semblait bien plus clair que dans ses souvenirs. Un contrecoup de la pleine lune ? Non, ce n’était pas sa première. Et jamais il n’avait ressenti autant.

C’est ainsi qu’il assista, les yeux fermés, à tout le remue-ménage de l’infirmerie. A l’entrée et à la sortie des pensionnaires.

Pourtant, ces drôles de sensation furent rapidement éclipsées par quelque chose d’immensément plus grave. Quelque chose qu’il avait redouté durant des années. Son pire cauchemar.

Ses sens étaient décuplés, y compris celui du goût. Et il n’y avait aucune erreur possible.

Le goût dans sa bouche, c’était du sang.

Et comme en tant que garçon il n’aimait pas particulièrement boire du sang, il ne restait guère qu’une possibilité. Cette nuit, sous la Lune, il avait goûté au sang humain.

Qui ? Qui avait-il blessé cette nuit ?

Et il y eut soudain un jappement qui retentit dans son esprit, le faisant sursauter. Puis une voix s’éleva. Amusée et craintive, arrogante et discrète. Une voix semblable à un aboiement, non….à un hurlement.

- « Tes amis humains sont toujours humains, louveteau. »



Infirmerie, de l’autre côté de la pièce



Lorsqu’Harry entra, il fut à nouveau accosté par la propriétaire des lieux.

- « C’est encore vous ? »

- « Yep. Je suis venu voir Remus. J’aimerai vraiment être là à son réveil. »

Mme Pomfresh fronça les sourcils.

- « Mais nous avions dis… »

- « …toutes les deux heures. En effet. Mais je vous ferai remarquer que l’horaire est maintenant dépassée de deux minutes et vingt-quatre secondes.



Pomfresh soupira. « Allez-y. »

Puis elle s’en alla en pestant contre ces jeunes qui n’avaient jamais cours.



Lorsque Harry entra dans la pièce réservée aux patients de longue durée, il s’empressa de refermer la porte en quatrième vitesse et de l’insonoriser d’un sort.

- « Le p’tit loup de Westhalie n’avait plus de fourrure, le p’tit loup de Westhalie n’avait plus de fourrure ; mais toujours sa dorure, mais toujours sa dorure.

Il rencontre la bergère, pauvre mégère et la déshabille d’un coup d’ dents pour amuser le régiment.

D’un geste elle le repousse, mais le p’tit loup la poursuit et la trousse… »



Harry qui en avait bien assez entendu pointa sa baguette sur son futur professeur.

- « Silencio ! »



Puis il s’assit sur un lit vide.

- « Et ben, mon pote, ça c’est quelque chose qu’il faudra raconter à Sirius, ça le ferait mourir de rire….enfin si les choses rentrent dans l’ordre. »

- « Harry ? » Fit une voix derrière lui.

Il se retourna et tomba sur ses deux protégés. Avec ironie, il constata que, tant Remus que les deux petits, tous les patients de longue durée étaient à l’infirmerie à cause de lui…enfin d’une certaine façon.

Les deux enfants, bien réveillés, lui souriaient.

Chaque jour, depuis l’accident, Harry était venu les voir et passait des heures avec eux. Même la redoutable infirmière n’avait pas protesté.

Toujours est-il qu’au fil du temps, le jeune homme avait pu les voir commencer à se remettre de l’attaque des Serpentard. Il s’était donné comme objectif de les aider à digérer.

Il leur parla ainsi de sa propre découverte du Monde de la Magie à ses 11 ans, de ses amis et de pleins d’autres choses encore. Il les aida dans leur convalescence, les aidant à marcher, allant même jusqu’à leur lire les Contes de Beedle le Barde, ce qui les amusaient autant que lui-même.

Mieux, Dan et Clara Soutpath semblaient lui faire confiance , ce qui l’avait un peu surpris car il se sentait toujours responsable de leur état. Plus étonnant encore, sa forme de Faucheur les amusait beaucoup, elle les rassurait lorsqu’ils faisaient des cauchemars.

Les premiers temps avaient été difficiles. Clara, par exemple, était tellement marquée par ce qui lui était arrivé qu’elle n’arrivait plus à parler, elle avait peur de tout le monde, sauf de son frère. Et sur d’autres points, elle avait même régressé. Petite et famélique, effrayée et presqu’incapable de subvenir elle-même à ses besoins, elle ressemblait bien davantage à une enfant qu’à une préadolescente.

Mais au fur et à mesure, les choses semblaient évoluer vers le mieux. Elle avait même recommencé à sourire.

Maintenant, la complicité semblait ancrée, ce qui remplissait Harry d’un sentiment de fierté inimaginable.

- « Coucou Clara, salut Dan. Vous avez l’air en forme. » Leur fit-il en souriant.



Inconscient de Remus Lupin



Il y eut un moment de flottement. C’était la première fois qu’il entendait la voix de son loup. A vrai dire, il ignorait jusqu’à l’existence d’une possible discussion avec son alter ego lunaire. Pour lui, comme pour tous les Loups sur lesquels il s’était renseigné, le loup n’était que l’ombre de son âme jusqu’à la pleine Lune où la noirceur la recouvrait entièrement.

Mais là, voilà qu’une voix lupine retentissait en lui, s’adressait à lui.

- « Tu…parles ? » S’enquit-il encore ébahi et hésitant sur la manière dont il devait s’adresser à lui.

- « Evidemment, louveteau, nous sommes dans le même corps ».

- « Alors, pourquoi ne t’ai-je pas entendu jusque là ? »

- « Parce que, depuis peu, tu comprends le lupusbabil ».

Le jeune Lupin chercha à se concentrer sur cette voix….et eut un hoquet d’horreur.

Devant lui se trouvait une tête de Loup. Enorme, poilue et dotée d’une mâchoire monstrueuse. La tête de SON loup. SA tête à lui. Jamais il n’avait eu l’occasion de la voir. Et pour une raison bien simple, personne ne l’avait en photo ou ne lui avait apporté un miroir dans la cabane hurlante.

Une fois le choc passé, il eut la surprise de voir que « son » loup avait des yeux ambre, au lieu du jaune lumineux qui était une caractéristique propre à son espèce. Et ces yeux ambre, c’étaient les siens….sous forme humaine.

Mais que s’était-il donc passé ?

Soudain, il réalisa pleinement l’étendue des réponses de son…..lui.

« Tes amis humains sont toujours humains. »

Et surtout : « tu comprends le lupusbabil »



Or, dans ses connaissances de Poudlard, il ne connaissait qu’une seule personne qui n’était pas vraiment humaine, mis à part lui-même. Et c’était également cette seule personne qui lui avait parlé un jour du Lupusbabil,… qui parlait le lupusbabil.

Et la conclusion coulait de source.

- « J’ai tué Harry Ignotus. »

Et aussitôt une bouffée de dégoût monta en lui. Du dégoût envers lui-même qui était un monstre. Envers lui-même qui avait tué une personne qui croyait en lui.

Alors qu’il allait se mettre à vomir, l’énorme truffe fit un geste négatif.

- « Non. Il est toujours celui que tu as connu. Ni plus ni moins. Mais j’ai cependant bu son sang. »

- « QUOI ? Mais tu es malade !!! »

- « Ecoute, louveteau, tu es mignon, mais je suis un Loup Garou. Quand on se jette sur moi, j’ai tendance à mordre…

Alors que Remus allait répondre vertement, et si possible avec quelques injures colorées, il sentit qu’on lui tapotait l’épaule. Aussitôt, il réagit instinctivement et bondit sur l’arrivant. Ou du moins il essaya car il était tellement emmêlé dans ses draps qu’il tomba de son lit avec autant de grâce qu’un cheval sans pattes.

- « Magnifique réveil. » Fit une voix moqueuse.

Une voix que Remus ne pourrait probablement jamais oublier. C’était la voix de sa dernière « proie » et sa première d’ailleurs.

- « Harry Ignotus ? »

Ce dernier, car c’était bien lui, lui fit un petit geste de la main.

- « Oui, c’est moi. »

Il l’observa un instant avant de froncer les sourcils.

- « Il était temps que j’arrive, on dirait. Tu étais en train de hurler des chansons paillardes en Lupusbabil avant que je te réveille. J’ai d’ailleurs cru que je m’étais trompé de lit.

Il leva les yeux au ciel.

- « Et j’ai surtout insonorisé la pièce. Faudrait pas que Mme Pomfresh nous fasse un infarctus à cause de tes propos scabreux, même si elle les aurait probablement pas compris. »

Il dissimula son rire amusé derrière sa manche. Mais devant l’absence totale de réaction de son camarade, il relança la conversation.

- « Merlin, Remus, c’est quoi cette tête de cadavre ? On dirait presque moi. Il faut se reposer la nuit. »

La fixité du regard du patient commença à l’inquiéter. Il s’approcha à grands pas….et fit face à une réaction totalement imprévue.

Le jeune Lupin se mit soudainement à vomir au pied de son lit, manquant d’arroser Harry.

- « Je suis désolé. » Fit-il avec une voix lugubre. « Tout ça est ma faute. »

Harry l’observa avec perplexité, et il comprit qu’il venait à nouveau de parler en langue lupine.

- « Alors c’était donc ça…. »Marmonna le jeune Faucheur.

Il nettoya la pièce d’un coup de baguette avant de bondir aux côtés de Remus, ignorant son mouvement de recul.

- « Bon, je vais pas tourner autours du pot. Tu as bu mon sang la nuit dernière, et si je n’ai pas été transformé en Loup, c’est grâce à ma nature propre. Ce qui est fait est fait et ton casier juridico-magique est toujours aussi vierge vu que personne n’a été contaminé par ta faute. Donc, merci de ne pas te faire plus de soucis que nécessaire. Et si tu recommences à t’excuser, je trouverai un moyen de t’arracher les poils un par un sous ta forme lupine. En revanche, tu as absorbé un peu de moi, et ce que tu ignores, c’est que tu es redevenu humain en pleine nuit. Pas besoin d’être Morgane pour savoir que mon sang a eu un effet sur toi ».



Il prit le visage de son camarade dans sa main, l’obligeant à le regarder dans les yeux.

- « Mon sang n’est pas naturel sous ma forme….non-humaine. Il est lié à mon âme qui n’est pas non plus humaine. Tous mes pouvoirs sont d’ailleurs basés sur les âmes. Or, j’ai pu constater que nous avions quelques affinités de nature. Ton loup sent ma présence, et je peux lui parler. En absorbant mon sang, tu as apparemment mélangé un peu de toi-même avec ton loup. Ton âme en a été perturbée et transformée. Ce qui explique probablement pourquoi tu parles le Lupusbabil.

Harry lui étreignit gentiment l’épaule.

- « C’est moi qui me suis jeté dans la gueule du loup. Je te le répète, personne n’est au courant, et il n’y aura aucun effet secondaire pour moi. Je vais te laisser te reposer ; toutes ces révélations ont du probablement te fatiguer un peu. Et puis on a Soin aux créatures magiques. Et comme c’est, stricto sensu, ce que tu es en train de faire actuellement, je ne pense pas que Brulopot t’en tienne rigueur. »

Remus acquiesça. Il n’était pas certain d’avoir compris l’ensemble de la situation, mais il se satisferait de ce premier versement. Après tout, c’était déjà extraordinaire qu’Ignotus lui pardonne totalement son acte monstrueux. Il en faisait même de l’humour. A vrai dire, il n’aurait jamais imaginé dans ses rêves les plus fous qu’une telle situation se produirait.

Sur un dernier geste, le mystérieux Harry s’en alla de l’infirmerie. Tout en s’étendant sur ses oreillers, Remus réalisa qu’il venait d’oublier une chose importante.

Qu’est-ce que Harry Ignotus faisait dans la cabane hurlante cette nuit-là ?

Ce dernier était malheureusement parti. Mais, depuis peu, le jeune Lupin se savait capable d’avoir ses réponses….par un autre intermédiaire.

- «  Tu risques de sortir les crocs quand je vais te le dire, louveteau. »



Quelque part en Angleterre, dans une sombre maison



Une silhouette solitaire parcourait les couloirs toujours de la demeure abandonnée. Depuis sa dernière visite, de nombreuses années auparavant, l’état du domaine s’était encore dégradé.

Les mauvaises herbes, étonnamment vigoureuses, avaient entrepris de faire du jardin, déjà fort peu entretenu par le précédent propriétaire, une véritable jungle hostile. Serpents, insectes et autres créatures répugnantes en avaient fait leur nid.

Quant aux murs, si tant est qu’on puisse qualifier ces ruines branlantes de murs, ils avaient noircis et dégageaient une odeur rance de pourriture et de senteurs organiquement dégueulasses.

La silhouette émit un reniflement de dégoût. Comment pouvait-on se vautrer autant sur un héritage aussi prestigieux ?

Pour autant, cet endroit serait parfait pour son nouveau projet. Il y avait même moyen de tirer profit de cette décrépitude à son avantage. En la dirigeant par la magie, en se l’appropriant, en la rendant mortelle.

Oui. La Bague serait en sécurité ici.

A ceci près qu’il y avait un problème majeur. Lorsque, quelques jours auparavant, il avait déposé cette bague ici même, c’était seulement provisoire. Il devait revenir pour poser des pièges magiques et rendre l’endroit introuvable et inaccessible.

Or, l’objet si précieux à son âme avait purement et simplement disparu. La cache provisoire avait littéralement explosé. Il y avait même un trou dans le plafond. C’était comme si la bague avait brutalement fait sauter sa protection avant de perforer le toit et de disparaître.

Pour l’individu, c’était complètement improbable. Personne ne pouvait connaître cet endroit. Personne ne connaissait son lien avec cet endroit mis à part deux personnes. Et ces deux personnes ne pouvaient rien lui cacher. A la moindre velléité de lui nuire ou de dévoiler ses secrets, il les aurait tués.

D’ailleurs en parlant de ces deux personnes…..

Dans un craquement, une autre silhouette se matérialisa à ses pieds. C’était l’un de ses fidèles.

- « Abraxas…. ».

- « Maître. »

- « Il m’avait pourtant semblé que je t’avais donné la consigne expresse de ne jamais venir me déranger lorsque je me trouvais ici. » Articula t-il d’une voix soyeuse qui ne dissimulait en rien la menace sous-jacente.

L’homme déglutit. Il tenta cependant de se dédouaner.

- « Mais c’est vous qui m’avait… »

Grossière erreur.

- « Endoloris ! »

Il y eut un éclair rouge et un corps s’écroula au sol, parcouru de spasmes violents. Les cris du torturé retentirent dans la sinistre demeure.

- « Je pensais te l’avoir expliqué, Abraxas Malefoy. Personne ne contredit Lord Voldemort sans en payer le prix. »

Il leva sa baguette, relâchant le sort.

- « Dois-je continuer, Abraxas ? » Fit Voldemort presque amicalement.

- « Non maître. » Répondit péniblement l’autre en se remettant en position de soumission. « Je ne vous contredirai plus. »

- « Bien… Maintenant, dis-moi, as-tu déjà évoqué cet endroit à ton entourage, Abraxas ? »

Il se détourna et commença à marcher dans la petite salle, parcourant un cercle autours de son serviteur, tel un rapace au-dessus de sa proie.

De sa voix sifflante il reprit la parole, ses mots aussi venimeux que les crocs d’un Basilic.

- « Vois-tu….je me suis rendu compte d’une….atteinte à certaines choses auxquelles j’attache une importance cruciale. L’une de ces choses était conservée ici, dans cette salle. Et je serais vraiment…peiné que l’une des personnes à le savoir se soit empressée de le dévoiler. »

- « Mais maître….. »

- « Silencio….Je t’ai dis de ne pas m’interrompre. »

Abraxas retomba au sol sous le coup d’un terrible maléfice d’étranglement qui le rendit pratiquement violet avant que le sort ne soit levé. Voldemort avait réussi cet exploit de transformer un simple sortilège de mutisme en maléfice de magie noire. Un avantage indéniable en duel pour tromper l’adversaire sur la dangerosité des attaques.

- « La prochaine fois, je peux t’assurer que tu ne parleras plus jamais. Je poursuis….J’attend de toi une réponse claire, Abraxas Malefoy. As-tu révélé à qui que ce soit le secret de ces lieux ? »

- « Non maître, jamais je ne vous trahirai. »

Soudain, le Seigneur des Ténèbres se retourna brusquement et lui pointa sa baguette entre les deux yeux. Son regard rougeoyant semblait composé de flammes inextinguibles.

- « NE ME MENT PAS ! Je ressens le conflit en toi ! Les effluves de ta culpabilité font presque passer les miasmes infects de cette maison pour une odeur de propreté. Si tu veux pas me répondre, je vais chercher ma réponse moi-même ! »

En un instant, il brisa littéralement les barrières mentales de son interlocuteur pour s’introduire dans son esprit. Aucune trace de traitrise, mais la raison de l’inquiétude d’Abraxas Malefoy lui apparut clairement.

- « Ainsi, ce vieux fou de Dumbledore a renvoyé plusieurs Serpentard dont ton fils. Cela m’étonne de cet imbécile barbu qui prône toujours l’amour.  Mais cela pourrait se révéler utile pour mes intérêts…. »

Il relâcha la pression sur son serviteur.

- « Ton fils…amène le moi. Et trouve moi également les autres élèves . J’ai quelques projets pour eux. »

Puis il retourna à ses recherches sur le moyen de l’infraction tandis que son subordonné disparaissait.

Pour la première fois depuis très longtemps, il avait un mauvais pressentiment.



Poudlard



- « Sirius, comment as-tu pu faire une chose pareille ? »

Cela faisait déjà un long moment que la discussion avait commencé. Et pourtant, rien ne semblait s’être réglé.

- « J’en avais marre que ce déchet de la société ne cesse jamais de vouloir nous espionner ou nous prendre sur le fait. Au moins il a appris que la curiosité n’est jamais une bonne chose. »

James serra les dents. Il se retenait de se lever de son fauteuil pour se jeter sur son ami.

- « Est-ce que tu t’entends parler, Sirius ? Est-ce que tu réalises à quel point ce que tu as fait était dangereux et n’avait rien à voir avec une simple blague ? EST-CE QUE TU REALISES QUE TU AS FAILLI LE TUER ? ET REMUS, TU AS PENSE A LUI ? »

Ce fut à cet instant précis que la porte de la petite salle secrète s’ouvrit et que leur ami, qu’il venait tout de mentionner, entra.

Il s’arrêta sur le pas de l’entrée et dévisagea tour à tour l’ensemble de ses amis.

Habillé de son uniforme standard, il semblait s’être remis de la nuit. Du moins, physiquement.

C’est son expression qui retint l’attention. Remus Lupin affichait un visage neutre. Mais ses yeux démentaient totalement cette apparente tranquillité.

Son regard n’était que rage et colère à peine soutenue. L’ambre avait mué au jaune lumineux. Ce regard fixe était particulièrement oppressant et tous reculèrent d’un pas par réflexe. Ce n’étaient plus des yeux humains, mais des pupilles sauvages, féroces….lupines.

Jamais James n’avait vu son ami dans une telle colère. Jamais il n’aurait imaginé que Remus, le pondéré et le diplomate puisse un jour les dévisager avec une telle sauvagerie. Enfin, c’était Sirius qui faisait l’objet de ce terrible reproche muet.

James, Peter et Sirius eurent, pour la première fois, peur. Voilà ce que devait ressentir le lapin dans son terrier lorsque le prédateur commençait à creuser.

Et cette peur atteignit son apogée lorsque la voix douce de Remus s’éleva dans le lourd silence.

- « Cette salle est magiquement insonorisée, il me semble. Un choix judicieux de te trouver ici. Il y a justement une chose dont je voulais te parler…entre quatre yeux. »

Prononcés par cette figure impassible et ce regard de fou, ces mots, en apparence dénués de force, retentirent comme une condamnation sans appel.

Quelques temps plus tard….



« Les apparences sont tout et font tout. Mais la plupart du temps, la réalité est bien autre chose, jeune Harry. Tout ce que tu as vu et connu dans ta première incarnation existait pour une raison bien précise.

Un Château pour une école. Des souterrains pour une banque. Une forteresse pour une prison . Mais tu n'as vu que la surface des choses. Celle qui n'est accessibles qu'aux vivants et aux humains.

Mais tu dois voir ce qui n'est pas visible. Tu dois prendre connaissance de l'Ombre derrière la forme. Toutes les entités magiques que tu connais ont accès à une approche différente d'une même chose. Certaines de ses entités voient l'Invisible, d'autres la ligne du Temps, d'autres encore sont le reflet des Limbes comme les Sombrals.

Chacune de ces vies peut entrevoir ce qui est caché par la Magie elle-même. Chacune a la capacité de me distinguer.

Toi, jeune Harry, tu as la capacité d'entrevoir la totalité. Plus la Trame se déroulera, et plus cela s'accroitra.

Ce n'est pas pour rien que les cultures humaines m'ont représenté sans visage ni forme véritable. Leur savoir date de la Nuit des Temps, transmis par les entités qui les ont précédées. Cette forme que j'adopte et que tu possèdes n'est qu'un reflet. Un écho de ce savoir, toujours répété, jamais compris. Mais ces humains sont limités par ce savoir qu'ils n'ont pas su dompter ni comprendre.

S'ils avaient eu la capacité de voir ce qui avait précédé la Nuit des Temps, les choses ne seraient plus ce qu'elles sont et tu n'aurais pas besoin de perdre autant dans la mission que je te confie.

Rappelle-toi bien ceci. Le Château n'est qu'une partie de ce qu'on pourrait appeler Poudlard. Tu ne dois pas te focaliser sur son apparence physique. Observe plutôt ce qui a été, et n'est plus. Contemple le lieu où ce château a été bâti. Lis les signes.

Quant aux autres lieux de Caractérisation, ils sont tout autant mensongers que celui-ci.

Azkaban n'est pas qu'une simple prison. C'est une Transition entre ici et le Monde Vivant. Voilà pourquoi ce que l'on appelle les Détraqueurs y restent. Tu sais pourquoi, pour une certaine raison, ils n'ont pu parcourir le Chemin. Privés d'Âme, ils demeurent en quête de combler ce déséquilibre. C'est la raison même du danger qui pèse sur les prisonniers. Il n'est pas bon pour des vivants d'être confrontés de trop près à une brèche avec les Limbes. Leur fondement se ternit. Ils perdent en cohésion et finissent par voir leurs âmes aspirer par les murs eux-mêmes. Mais il y a encore autre chose, de bien plus profond et sombre que ça.

Gringott est une façade lumineuse qui dissimule un lourd secret. Sais-tu à quel point les galeries située en-dessous sont étendues et profondes ? Et sais-tu ce qu'il y a en dessous de ces souterrains ? Au plus profond de Gringott, là où aucun gobelin se s'aventure, se trouve le Premier. »

Tels étaient les mots qui revenaient à Harry tandis qu'il contemplait Poudlard du haut de son balais.

Lorsqu'il était encore vivant, si on pouvait dire, il avait toujours considéré que le Collège se bornait au château et à ses alentours proches.

Mais depuis cette conversation, il ne cessait de se poser des questions.

Après tout, ce château était vraiment mystérieux. Certaines choses ne s'expliquaient pas du tout, même avec l'apport de la Magie.

En premier lieu, comment cela se faisait-il que le souterrain où il était allé chercher la pierre philosophale ait totalement disparu ? Aucune trace, aucun passage, aucune salle de grande dimension pouvant abriter un jeu d'échec ou un troll. Rien. C'est comme si cela n'avait jamais existé.

Bien sûr, il y avait toujours l'éventualité que le lieu ait été aménagé durant les vingt ans qui suivraient. Mais dans un château de cette envergure, de tels travaux seraient surprenants. Et quand bien même les protections auraient été rajoutées ensuite, l'essentiel de l'architecture aurait dû déjà être là.

Et il y avait encore plein d'autres choses.

En pleine séance d'entraînement, Harry était admirablement bien placé, à plusieurs dizaines de mètre du sol, pour observer le château de loin. Il aurait bien voulu essayer avec sa forme de Faucheur, pour discerner ce qui n'était pas visible. Mais la présence de ses coéquipiers l'en dissuada.

Aussi, se concentra t-il à nouveau sur son équipe.

- « Bien. Maintenant, j'aimerais que nous tentions le changement de postes dont je vous ai parlé hier. »

Cimetière de Little Hangleton,

Lord Voldemort était fou furieux. Il venait d'avoir sa réponse. Il savait maintenant où était sa bague si précieuse.

Lorsqu'Abraxas Malefoy avait amené son fils et ses amis devant lui, il avait commencé immédiatement à ressentir leurs pensées. C'était l'un de ses pouvoirs dérivés de la Légilimancie.

Au-delà de l'appréhension qui les habitait du fait de lui être présenté, il avait ressenti quelque chose de plus sombre et vicieux.

Il y avait un hiatus dans leur esprit. Une zone de flou qui n'avait aucun fondement. Subtil, discret. Un travail d'artiste. Cela serait passé totalement inaperçu auprès de n'importe qui, fut-il un Légilimens accompli.

Mais le Seigneur des Ténèbres avait pour habitude de violer allègrement les esprits de ses subordonnés. Il savait depuis longtemps reconnaître la peur et la dissocier du reste.

Qui plus est, les récents événements l'avaient rendu bien plus paranoïaque qu'à l'habitude, ce qui n'était déjà pas rien.

Aussi, ne s'embarrassa t-il pas de scrupules. Là où Dumbledore s'était contraint à une intrusion délicate, il brisa littéralement l'esprit du premier adolescent qui lui tomba sous la main, ou plutôt la première, Bellatrix Black. Briser un sort d'amnésie était en principe extrêmement délicat et dangereux. Mais il n'y eut aucune pitié d'aucune sorte.

Et le souvenir apparut.

Cela se déroulait dans la salle commune de Serpentard. Tom la connaissait bien.

Mais une voix parlant en Fourchelangue retentit soudain et Lord Voldemort frémit. Un autre fourchelangue ?

Et puis cette silhouette noire était apparue. Noire et redoutable. Bellatrix en avait peur instinctivement.

- « Lucius Malefoy, Antonin Dolohov, Bellatrix Black et les autres larves qui étaient avec eux. Je suis venu vous chercher et vous faire regretter l'expérience que vous venez d'achever ».

La jeune fille avait alors brandi sa baguette. Mais elle n'écopa que d'un ricanement à peine humain.

Le premier sortilège sembla lui passer littéralement au travers. Puis un mot retentit. Tel un souffle de vent glacial.

- « Soit. »

Et ce fut le déchaînement.

Voldemort assista à la séance de « discussion » où l'étrange créature réduisit les jeunes gens à un état de soumission totale.

Il vit une sombre bulle de magie enfermant ses futurs mangemort et se resserrant lentement jusqu'à les faire hurler de douleur. Il vit aussi la main cadavérique qui enserra la gorge de la jeune Black avant de commencer à l'étrangler malgré ses tentatives pour se dégager.

- « Je veux vous entendre le dire ! Je veux vous entendre avouer comment vous les avez attaqué et laissés pour mort. Et puis après je veux vous entendre supplier pour que je ne vous massacre pas de la même façon ! ».

La scène se poursuivit jusqu'à ce qu'une baguette étonnamment familière se pointe sur Lucius.

- « Vous m'oublierez, car personne ne voit la Mort. Mais vous vous souviendrez dans votre chair de cette rencontre. Et si nos chemins se recroisent à nouveau….. »

Puis, alors qu'il commençait à lancer son sortilège d'amnésie, il sembla se raviser et eut un petit rire.

- « Une dernière petite chose. » Murmura t-il en Fourchelangue.

Un jet sombre jaillit brutalement et illumina le souvenir d'une lueur violette.

Puis, à la grande surprise de Voldemort, l'étrange silhouette se tourna ensuite vers lui, comme s'il pouvait le voir.

Et c'était indirectement le cas. Car la voix sifflante reprit.

- « Bonjour Tom, cela faisait un petit moment. Quoique tu ne me connaisses pas ici. Comme je me doutes que ces crétins vont te rejoindre dès que je les aurais fait renvoyer de Poudlard, je te laisse ce petit souvenir que j'ai implanté dans leurs cranes décharnés. Désolé de te priver de tes espions ici. Tu dois te demander qui je suis et quelle est ma nature. Et bien sache que je suis à ma manière aussi sombre que toi. Mais moi, j'assume ma nature de sang-mêlé plutôt que de la cacher sous un nom minable. Oui, Tom Elvis Jedusor, je sais absolument tout de toi. De ton père moldu, de tes grands-parents consanguins. Je sais que tu as tué bien avant ta majorité. Et je connais également ton envie d'immortalité. D'ailleurs…. »

Il montra sa main droite. Sur cette main il y avait une bague. La bague des Gaunt, héritée de Serpentard.

- « J'ai décidé de la garder. Désolé pour le petit morceau d'âme à l'intérieur. Un horcruxe, c'est ça ? Mais tu seras certainement heureux de savoir que c'est ton vieil ami le Basilic qui l'a détruite. »

Puis il montra sa baguette.

- « C'est celle de Dumbledore. Amusant comme l'impossible peut devenir réalité, n'est-ce pas ? La lui dérober fut un jeu d'enfant. »

Enfin il avança d'un pas et pointa son doigt droit vers Voldemort.

- « Je te renvoie ces sous-merdes en un seul morceau, par pur amusement. Pour ce qui te concerne, je viendrais m'occuper de toi personnellement d'ici quelques temps. Mais avant, je vais détruire tout ce qui a fait ta légende. Je vais m'arranger pour que le nom Voldemort, misérable anagramme de ton vrai nom, devienne un symbole de dérision et non de peur. Crains la Mort, Tom Jedusor, car crois moi, elle sera bientôt là et n'aura aucune pitié pour celui qui se croit au-dessus d'elle ».

Le souvenir s'arrêtait là, plongeant Jedusor dans un abîme de colère et de frustration.

Mais qui était cet individu ? D'où venait-il ? Comment pouvait parler le Fourchelangue ?

Etait-ce un autre héritier de Serpentard ? Un Mage noir concurrent à la domination de l'Angleterre ?

Mais il ne pouvait pas le laisser s'en tirer. Surtout après une telle provocation. Il allait mettre au point une vengeance sans pareille.

Il s'arracha violemment à l'esprit qu'il venait de piller. Bellatrix retomba au sol, secouée de spasmes violents, bavant sur le sol.

Elle était peut-être une puissante sorcière en devenir, l'héritière d'une famille très ancienne, mais ce n'était toujours qu'une adolescente.

Toutes ces incursions violentes dans son esprit, implantation et destruction de souvenirs, c'était beaucoup trop pour un esprit si jeune.

Elle ne réalisa pas qu'elle venait de tomber la tête la première contre le sol. D'ailleurs, elle ne réalisa plus rien du tout.

La conscience venait de la quitter.

Terrain de Quidditch.

La séance s'était très bien déroulée. Les joueurs avaient repris confiance en eux. Le prochain match était très attendu.

Alors qu'Harry, comme à son habitude, restait le dernier pour ranger le matériel, il entendit un léger bruit juste dans son dos.

Cela ne le surprit pas outre mesure. Une seule personne avait cette aura. Enfin « personne » était un grand mot.

- « Tu me rends visite de plus en plus souvent, Grande Finalité. Je crains que les Âmes ne commencent à jaser…. »

- « Cesse donc de te moquer, jeune Harry. » Répondit la Mort en leva les orbites au ciel. « Je suis venu t'annoncer le résultat de la dernière réunion de Tom Jedusor. »

Harry leva la tête vers elle.

- « Ah…tu y étais ? »

- « Jeune Harry, es-tu vraiment en train de demander à la Mort si elle se trouvait dans un cimetière ? Peut importe….Bellatrix Black a perdu la raison. Et probablement à jamais. »

Harry se contenta d'un hochement de tête.

- « Tout comme je l'avais prévu, il n'a pas su résister à l'envie de fouiller dans l'esprit de ses subordonnés… »

- « Un moyen violent, jeune Harry,….

- «…mais indirect. Car c'est bien lui qui a fait le dernier acte de la déchéance totale de Bellatrix. »

Il referma le coffre à souaffle d'un coup de baguette avant de le prendre sous le bras.

- « La justice a commencé à frapper. Bellatrix n'était que la première étape. Il est temps que cette sadique goûte un peu de la médecine qu'elle administre. »

- « Tu te rends compte, j'imagine, que désormais elle est condamnée à une vie de soins et de souffrance. Une vie maudite. »

Harry acquiesça.

- « Elle est probablement dans le même état qu'étaient les parents de Neville. Tu as beau n'être pas encore né, mon ami, mais je t'ai vengé. Jamais plus elle ne s'attaquera à ta famille. »

La Mort sourit sinistrement.

- « Tu prends beaucoup de libertés avec ta mission. Mais j'admire ta stratégie et ton sens de la mise en scène. »

- « Je m'avoue en toute modestie plutôt fier de ça. Chacun a vu Bellatrix en pleine forme avant de rencontrer Voldemort pour la première fois. En effet, elle n'avait pas pu évoquer la correction que je lui ai donnée puisqu'elle ne s'en souvenait pas. Et juste après cette première rencontre avec Tom, elle commence à perdre la raison pour finir impotente. Tout le monde sautera à la conclusion que Jedusor l'a brisée volontairement, sans aucune raison. Je ne suis pas sûr que les grandes familles de Sang Pur acceptent totalement de voir leurs héritiers détruits psychologiquement par l'intrusion d'un psychopathe. Ce sera long, mais les graines de la discorde et de l'opposition viennent d'être plantées. Jedusor verra ses soutiens se faire beaucoup moins présents et empressés à le servir.

Il eut un petit rire avant de poursuivre.

- « Tom ne pourra jamais se dédouaner. D'abord parce qu'il ne s'excuse jamais et ensuite parce qu'il ne peut évoquer ma présence sans parler de l'humiliation que je lui faite en l'appelant par son nom et en volant son Horcruxe. Il devrait assumer l'entièrement responsabilité de son acte. Et ça ne ferait qu'empirer les choses. Mais s'il se tait, les conclusions se feront d'elles-mêmes. Et pas en sa faveur. Mieux, s'il continue à inspecter les esprits de ses hommes ce qui est sa façon d'agir, il finira par briser également les autres amis de Bellatrix tels Lucius ou Dolohov. Et les rumeurs se feront plus présentes. C'est un cercle vicieux. »

Au moment de sortir du terrain, toujours suivi de la Mort, il pensa à autre chose.

- « La déchéance de Bellatrix pourrait avoir des conséquences intéressantes sur le long terme. Cela dégouterait Lucius de ses idées sur la supériorité de Tom. Narcissa ne serait pas influencée par sa tarée de sœur…»

- « Ne prend pas le Destin a la légère, Harry. Les choses pourraient tout à fait évoluer dans un sens bien moins réjouissant. L'état de Bellatrix rend le mariage avec Rodolphus Lestrange caduc, ce qui peut être lourd de conséquences sur les alliances et les familles. Si Narcissa Black se révélait traumatisée par la situation de sa sœur, elle pourrait parfaitement devenir aussi dangereuse et asociale que cette dernière qu'elle devienne sa sœur. C'est une forme d'imitation et d'appropriation de la personnalité découverte et étudiée par des scientifiques moldus. »

Harry soupira. Ce que disait l'Entité était vrai. Les conséquences pouvaient être tout autant bénéfiques que dramatiques.

Il faudrait garder tout ça à l'œil.

- « J'aimerai, comme toi, connaître le destin de chacun…nul doute que tu dois savoir, toi, comment tout ça se terminera. »

La Mort eut alors un geste d'une surprenante douceur. Elle caressa brièvement les cheveux de son protégé.

- « C'est justement parce que je ne pouvais pas discerner ta Fin que je t'ai choisi, jeune Harry. Et c'est parce que tout était trop prévisible que tu as reçu cette mission. »

Sur ces derniers mots, elle disparut lentement laissant un jeune homme perplexe. Lui ? Lui possédait un destin imprévisible qui échappait à la Mort elle-même ?