Chapitre 17

par aqualyne

Enfant des fées


Chapitre 17


-Je suis désolé !


Yphgrid frottait l' arrière de sa tête tandis que le professeur qui l' avait fait tomber dans le couloir continuait à s' excuser en boucle tout en ramassant une pile de parchemins.


-Ne vous inquiétez pas, je n' ai rien.


Il ne put s' empêcher de jeter un regard curieux au professeur. C' était un homme doté de cheveux bruns légèrement bouclés lui arrivant aux épaules et encadrant son visage avenant et ses yeux chaleureux. Yphgrid le reconnu rapidement comme étant le professeur que le directeur Dumbledore avait présenté au banquet de début d' année.


-Vous êtes le professeur Quirell n' est-ce pas ?


L' homme sembla surpris un instant avant de sourire.


-C' est exact. Vous avez une bonne mémoire puisque vous n' êtes pas l' un de mes élèves. Alors dites-moi. Que pensez-vous de Poudlard ?


Yphgrid fronça les sourcils et réfléchit quelques instants avant de répondre.


-C' est un lieu vraiment agréable. On se sent un peu comme dans un cocon que l' on ne quitterait pour rien au monde.


C' était ce qu' il ressentait à cause de la magie féerique qui flottait dans l' air. Ça lui donnait l' impression d' être encore dans la forêt avec les fées qui l' avaient élevé.


-C' est une étrange manière de le décrire mais je comprends ce que tu veux dire. C' est en partie pour cette raison que j' ai choisi de devenir professeur ici. Oh ! Regarde un peu l' heure, je vais être en retard pour mon prochain cours.


Et le professeur partit en faisant un vague signe de la main dans la direction d' Yphgrid qui se contenta d' incliner la tête avec circonspection. Il était devenu professeur à Poudlard à cause de la magie féerique de l' endroit ? Mais les humains ne sont pas sensé pouvoir la ressentir non ?



Hermione cachait tant bien que mal un éclat de rire. Oliver avait réussi l' exercice de métamorphose de la semaine mais il avait recraché tout le contenu de son verre sur la table.


-Hermione ! Râla-t-il. Tu ne trouves pas ça drôle j' espère ?


-Moi si. Rigola Sophie. Tu sais tu n' étais pas obligé de boire dans ton verre pour t' assurer que ton eau s' était changée en rhum.


Deux tâches rouges vinrent orner le visage du garçon tandis qu' il détournait le regard.


-Je voulais savoir quel goût ça avait. Marmonna-t-il.


-Dis plutôt que tu n' as pas pensé à juste renifler ton verre. Sourit Hermione.


Autour d' eux plusieurs élèves plus âgés observait la scène en riant ce qui rendit le visage d' Oliver encore plus rouge. Avec gêne il rangea ses affaires.


-On… On devrait se dépêcher. Le cours de Défense Contre les Forces du Mal va bientôt commencer.


Et il quitta rapidement la salle commune. Hermione et Sophie échangèrent un regard amusé avant de ramasser leurs affaires et de se précipiter à la poursuite de leur ami.



Yphgrid aimait le cours de Botanique. Dans la chaleur moite de la serre et entouré par des dizaines de plantes magiques il se sentait presque comme chez lui. Certes toutes les plantes qui l' entouraient portaient des noms différents de ceux donnés par les fées mais ce n' était pas grave. Il connaissait les propriétés de toutes les plantes qui existaient dans ce monde grâce aux cours de sa mère Solrevna. Elle était d' ailleurs un bien meilleur professeur que madame Chourave. Ses explications étaient claires, précises et faciles à retenir et dans sa bouche les noms des plantes étaient une douce musique qui s' était à jamais enracinée dans son esprit. D' après les yeux perdus de certains élèves le professeur Chourave avait encore des progrès à faire en pédagogie.

C' est une pensée qui trotta dans la tête d' Yphgrid jusqu' à la fin du cours et même au-delà. Une de ces pensées qu' il est impossible de se sortir de l' esprit et qui reste à tourner jusqu' à ce qu' on réussisse à l' oublier. Désireux de s' en débarrasser le plus rapidement possible Yphgrid décida de monter au sommet de la tour d' astronomie où avaient lieu les cours éponymes. Nul doute que l' air frais qui soufflait à son sommet l' aiderait à chasser cette pensée inutile qui ne voulait plus le quitter.



Draco était fier de lui. Il avait fait gagner des points à sa maison pendant le cours de Métamorphose et tous ses amis chantaient ses louanges dans le couloir. C' était normal. Après tout il avait énormément travaillé pendant son enfance pour être parfait et il avait pris quelques cours d' avance dans toutes les matières afin de faire honneur à sa famille. Personne ne devait jamais savoir qu' il avait des difficultés en Métamorphose ou en Astronomie sinon il serait la risée de tous en plus d' avoir des problèmes avec son père.

Sans qu' il sache vraiment pourquoi il se sentit soudain las de tout ce qui l' entourait. Il voulait s' éloigner de tout le monde qu' il y avait autour de lui. En poussant un soupir discret il s' esquiva sans que ses amis ne le remarque et se dirigea vers la tour d' astronomie. Il avait besoin d' air.

Cela lui prit un moment mais après une longue marche il arriva au sommet de la tour et y fut accueilli par une forte bourrasque qui le décoiffa. Plissant les yeux pour les protéger du vent et du soleil il remarqua une ombre à la périphérie de sa vision. En s' approchant il se rendit compte qu' il s' agissait d' Harry Potter. Le Survivant était debout sur l' un des créneaux de la tour, les bras et les doigts écartés laissant ses longs cheveux voler dans tous les sens. C' était une vision étrange pour Draco. À la fois belle et incompréhensible.


-Il fait beau non ?


Draco sursauta à la question mais finit par répondre après un instant d' hésitation.


-Oui.


Silence. Sans vraiment savoir pourquoi Draco se sentit soudain extrêmement gêné. Il regarda le brun sans rien dire pendant quelques instants avant de parler.


-Pourquoi est-ce que tu te tiens là ? C' est dangereux.


-Pourquoi ?


Draco souffla devant la question et le ton de son interlocuteur. Il avait l' air complètement perdu.


-Oui, pourquoi est-ce que tu es sur les créneaux ?


-Non. Pourquoi c' est dangereux ?


Il cligna des yeux de surprise et d' incompréhension. La raison était évidente non ?


-Parce que tu pourrais glisser et tomber.


-Et comment je ferai pour glisser ?


-En montant ou en descendant, si tu fais un mauvais mouvement tu glisseras.


-Poudlard ne me laissera pas tomber.


-C' est un château. Il ne pourra pas y faire grand chose.


-Tu te trompes. Poudlard protège les élèves de ce genre d' accident.


Draco en était maintenant certain. Harry Potter n' était pas quelqu' un qui allait bien dans sa tête.


-Tu parles du château comme si il avait une conscience.


Le brun rigola.


-Les châteaux n' ont pas de conscience.


-Alors…


-C' est la magie qui entoure le château qui protège ses habitants. Techniquement on peut dire que c' est le château non ?


Draco fronça les sourcils.


-La magie n' a pas plus de conscience que les châteaux.


En marchant lentement il se retrouva à regarder le brun, qui n' avait pas bougé depuis le début de la conversation, sous un angle qui lui montrait la moitié de son visage. Draco glapit presque de surprise devant l' air totalement serein de garçon.


-La magie n' a pas de conscience mais les gens qui en font si. De ce fait la magie n' est qu' intention.


-Et donc la magie du château…


-Est pleine de l' intention de ceux qui l' ont lancé. Une intention de protection et de soin. C' est pour ça que je ne tomberai pas.


Draco n' en pouvait plus. Le discours du brun n' avait aucun sens. Aussi il poussa un long soupir avant de parler.


-Tu racontes n' importe quoi. Si tu ne tombes pas se sera juste par chance.


-Vraiment ?


Draco décela une pointe de malice dans la voix du brun avant que ce dernier ne se mette à marcher le long des créneaux pour faire le tour de la tour. Les yeux fermés.


-Tu es malade !


-Je te prouve que Poudlard me protège. C' est tout.


-Je te crois ! Maintenant descend de là !


Mais le brun ne l' écouta pas et continua à marcher. Si Draco y avait prêté plus d' attention il aurait vu les trous des créneaux se boucher sous les pas du Survivant avant de se rouvrir après son passage mais son attention était fixée sur le brun qui s' était mis à sautiller. Il ne savait pas vraiment quoi faire aussi se contenta-t-il d' agripper le brun pour le ramener de son côté des créneaux, celui qui était sûr et sans danger de mort imminente. Ce qui, pour le coup, lui fit faire un faux mouvement qui les entraîna tout les deux dans le vide.

Draco voulu crier mais avant qu' il puisse le faire il se sentit flotter dans les airs. En regardant autour de lui il vit qu' Harry Potter le tenait fermement et qu' ils étaient comme suspendus à plusieurs dizaines de mètres du sol. Lentement ils remontèrent et passèrent au-dessus des créneaux avant de retrouver le sol de la tour.

Le Survivant le lâcha doucement avant de se lever et de se diriger vers la porte de la tour. Il y était presque quand il se retourna et lui fit un grand sourire lumineux.


-Je t' avais dis que Poudlard ne nous laisserait pas tomber.


Et il partit. Draco quand à lui resta assis sur le sol pendant environ un quart d' heure à regarder avec de grands yeux écarquillés la porte que le brun avait franchi.



Yphgrid souffla tout en se laissant tomber au pied d' un mur. Lentement il bougea les doigts et grimaça. La magie de Poudlard n' y était pas allée de main morte et l' avait violemment brûlé. Heureusement ce n' était rien de grave et il sentait déjà sa propre magie venir enlacer ses mains pour le guérir. Dans trois heures il n' y paraîtra plus. Il était juste heureux que le blond de la tour n' ait pas connu le même sort. Lui il n' en avait que pour trois heures mais le blond en aurait eu pour trois jours. Mais ce n' était pas le cas donc tout allait bien.

Malgré tout Yphgrid devait s' avouer impressionné par la magie de Poudlard. Pour des sortilèges lancés il y a plus de mille ans ils étaient encore très efficaces surtout en tenant compte du fait que c' étaient des humains qui les avaient jeté. Peut être que la magie féerique avait soutenu les sorts au cours des siècles ?

Yphgrid fut interrompu dans ses réflexions par la cloche du château. En souriant il se releva et se dirigea tranquillement vers la Grande Salle. C' était l' heure du déjeuner et il avait faim.