Chapitre 15

par aqualyne

Enfant des fées


Chapitre 15


Ron regardait son emploi du temps du jour. Il commençait par Histoire de la Magie le matin et après n' avait rien avant 14h heure du cours de Défense contre les Forces du Mal. Si le premier ne l' intéressait pas particulièrement il avait vraiment hâte d' avoir le deuxième. La Défense était enseignée par ni plus ni moins que Sirius Black ancien auror et connaissance très appréciée de sa famille. C' était lui qui avait débarqué au Terrier après que Ron âgé de cinq ans ait vu le rat de Percy se transformer en un être humain. Il n' oublierait jamais les paroles que l' homme avait eu pour lui lorsqu' il avait dis qu' il serait auror plus tard : « Tu es un petit garçon intelligent et observateur mais n' oubli jamais que tes yeux peuvent te tromper. Le plus important pour un auror ce n' est pas le nombre de sorts qu' il maîtrise, ce n' est pas le nombre de cas qu' il résout ou sa puissance magique. Le plus important c' est son instinct, sa droiture et sa capacité à s' adapter à toutes les situations. »

Ces paroles ne l' avaient jamais quitté et il avait toujours tenté de se montrer digne de l' attention que Sirius avait eu pour lui. C' est pour ça qu' il se sentait mal. Si il avait abordé Harry Potter à la base c' était certes parce qu' il était curieux à propos du garçon mais surtout parce qu' il avait perdu un pari avec Fred et Georges. Ses frères l' avaient forcé à parler avec Harry sans qu' il en ait vraiment envie donc il avait été en colère en abordant le brun. Puis il y avait eu l' histoire de son nom.

Ron savait qu' il n' aurait pas du agir comme il l' avait fait mais il détestait son nom parce que toutes les personnes qui le connaissaient s' en moquait à l' exception de sa famille mais ces derniers ne lui avaient jamais donner la moindre raison de l' apprécier. Ses parents ne l' utilisaient que lorsqu' il avait fait une bêtise et ses frères pour se moquer de lui. Ginny était la seule qu' il autorisait à l' appeler comme ça et elle ne le faisait jamais. Quand Harry avait insisté dessus il l' avait détesté et quand il avait rejeté sa proposition d' amitié il avait été encore plus en colère. Il savait qu' il ne devrait pas parce que le brun avait été plutôt gentil et que ses mots n' étaient pas faits pour le blesser mais il était en colère contre lui. C' est pour ça qu' il avait répandu cette rumeur idiote quelques jours plus tôt.


-Ron ?


La voix venue de son dos le surprit et il se retourna rapidement pour faire face à l' objet de ses pensées.


-Harry ?


-Je voulais m' excuser pour la dernière fois. Je ne voulais pas te blesser et je suis désolé si je l' ai fait.


Ron ne sut pas vraiment quoi répondre à ça. Il se sentait peut être un peu gêné que le brun s' excuse alors qu' il n' avait rien fait de mal alors il soupira.


-Tu n' as rien à te reprocher Harry. Je n' aurais pas dû le prendre aussi mal, tu ne pouvais pas savoir que je n' aimais pas être appelé par mon nom.


Harry lui fit un grand sourire et Ron put se sentir rougir. Alors qu' il prenait une couleur cramoisie il se mit à balbutier.


-Ha… Harry. Tu… Tu devrais aller en… cours.


Le brun sembla surpris pendant un instant avant de reprendre son sourire.


-Tu as raison ! Je suis content d' avoir eu le temps de m' excuser. Passe une bonne journée !


Et il s' éloigna sans se départir de son grand sourire. Une fois qu' il eu disparu de sa vue Ron s' écroula sur le banc de sa table et prit une grande rasade de jus de citrouille.


-Mais pourquoi il sourit comme ça lui. Marmonna-t il dans son verre.



Daphné était aux anges. Yphgrid et elle partageait le même cours ce matin et ils avaient réussi à s' asseoir l' un à côté de l' autre contrairement à la fois précédente.


-Alors Yphgrid ? Demanda-t elle en souriant. Comment se passent tes cours ?


Son ami poussa un soupir à fendre l' âme.


-Je ne comprends pas la moitié de ce que les professeurs racontent et j' ai du mal à jeter des sorts mais sinon je pense que ça va.


Daphné fronça les sourcils.


-Yphgrid tu viens de dire que tu as du mal avec la quasi totalité de ce qu' on apprend. Je ne vois pas comment ça peut aller.


Yphgrid lui sourit.


-Les cours ne sont pas le plus important.


-Qu' est-ce que tu veux dire ?


-Je suis venu pour rencontrer des gens et comprendre comment les sorciers vivent. Si j' échoue en cours ce n' est pas très grave.


-Tu devrais prendre tes études plus au sérieux. C' est important de savoir comment fonctionne sa magie et comment la contrôler.


Morag qui se trouvait une table devant eux se retourna.


-Ce que dit Daphné est vrai Harry. Tu ne peux pas te contenter de ton allumette à moitié transformée pour le cours de Métamorphose sinon comment tu feras pour transformer un rat en verre ?


Yphgrid se figea.


-Un rat en… Mais pourquoi faire une chose pareille ? Ce pauvre rat va souffrir.


-Ce n' est pas vraiment un rat Yphgrid. C' est un bloc de pierre transformé en rat par le professeur. Comme il a tous les attributs d' un rat c' est comme en changer un vrai mais ce n' est pas le cas.


-Mais tout de même. Murmura Yphgrid.


-Daphné ?


-Oui ?


-Je voulais savoir pourquoi tu appelles Harry Yphgrid.


Daphné ne savait pas quoi dire. Elle n' y avait pas pensé mais c' était vrai que personne ne savait que la famille d' Yphgrid l' avait nommé comme ça. Tout le monde pensait qu' il s' était toujours appelé Harry.


-Et bien…


-C' est le nom que ma famille m' a donné.


Daphné jeta un regard surpris à son ami. Alors ce n' était pas un secret ?


-Je vois. Fit Morag en regardant le plafond. Pourquoi tu n' es pas appelé comme ça officiellement alors ? Si tu as été renommé tu devrais porter ton nouveau nom. Ta famille l' a bien fait dans les règles du Ministère ?


Là Yphgrid fit une chose que Daphné ne l' avait jamais vu faire : il rit. C' était étrange à dire mais malgré le temps qu' elle avait passé à le côtoyer dans le train et les quelques discussions qu' ils avaient eu depuis la Répartition elle ne l' avait jamais vu rire. Elle ressentit une pointe de jalousie en avisant l' air pas du tout surpris de Morag. Ce n' était pas rare pour lui qu' Yphgrid se mette à rigoler ?

Le rire de son ami ne dura pas longtemps et il répondit à Morag.


-Je n' ai jamais mis les pieds au Ministère pas plus que mes mères.


Cette information ne surprit pas vraiment Daphné. Elle avait déjà compris dans le train qu' Yphgrid n' avait pas été élevé n' importe où et par n' importe qui. Par contre Morag sembla véritablement surpris par l' aveux d' Yphgrid et Daphné s' en sentie étrangement satisfaite.


-Mais comment… Attends. Mères ? Au pluriel ?


-Oui. J' en ai…


-Silence ! S' écria une voix venue de leurs dos.


Tous se retournèrent, excepté Morag qui l' avait déjà fait, et firent face à leur professeur de Potions. L' homme leur fit un sourire chaleureux avant de se diriger vers son tableau et de commencer le cours.


-Aujourd'hui nous allons voir l' importance du matériel et de la bonne préparation des ingrédients. Veuillez sortir de quoi écrire.


Et le cours commença avec une Daphné frustrée de n' avoir pas pu parler plus longtemps avec Yphgrid.



Yphgrid ne savait pas vraiment comment il s' était retrouvé dans cette position. Il était sorti du cours de Potions en s' interrogeant sur les étranges expressions qui étaient apparues sur le visage de Daphné pendant leur discussion avec Morag et il avait fini par se perdre. Rien de bien compliqué pour lui, il lui suffisait de se concentrer sur la magie du château pour retrouver son chemin mais son plan s' était retrouvé modifié quand il l' avait ressenti. La pure et puissante énergie de la fille brune du repas. Il n' avait pas vraiment eu le temps de s' interroger à son sujet depuis sa discussion avec Magia mais à chaque fois qu' il la croisait il ne pouvait pas s' empêcher de l' observer. Donc il l' avait ressenti qui venait du bout du couloir et il n' avait pas vraiment réfléchit avant de se retrouver dans un placard à balais.

Il regarda la brune passer en parlant avec un garçon blond et une fille aux cheveux couleur corbeau. Elle semblait plutôt heureuse de leur conversation et il pouvait voir les étincelles de bonheur qui brillaient dans ses yeux tandis que ses deux amis riaient avec elle. Il ne sut pas vraiment pourquoi mais son cœur lui fit mal à cette vision. Il y posa doucement sa main en grimaçant, il avait l' impression que quelqu' un s' amusait à pincer son cœur à l' intérieur de sa poitrine. C' était vraiment désagréable.

Finalement le trio passa et Yphgrid sortit de son armoire. Il regarda un instant dans la direction empruntée par les trois enfants avant de secouer la tête et de partir de l' autre côté. Il n' avait pas vraiment envie de les recroiser.



Morag lisait tranquillement son livre de Sortilèges au coin du feu quand Harry rentra dans la salle commune avec un regard étrange plaqué sur le visage.


-Harry ?


Le brun sembla être pris par surprise mais tourna son regard vers lui et lui fit une grand sourire.


-Oui Morag ?


-Je me demandais… Et bien Daphné a dis que tu t' appelais Yphgrid.


-C' est le nom que ma famille m' a donné oui.


-Est-ce que tu préférerais être appelé comme ça ? Si tu y es habitué tu ne devrais pas être appelé autrement.


Le sourire d' Harry ne changea pas mais ses yeux semblèrent s' illuminer à sa proposition.


-Appelle-moi comme tu préfères m' appeler. Ça me suffit.


Morag eu du mal à cacher sa surprise. C' était tellement évident qu' il préférait être appelé Yphgrid alors pourquoi disait-il presque que ça n' avait pas d' importance ? Intérieurement il se senti blessé que son ami ne soit pas honnête avec lui mais il n' en montra rien.


-Ça marche. Yphgrid.


Le sourire de son ami à cet instant valait vraiment tout l' or du monde.



Tris regardait la lettre que son frère lui avait envoyé plus tôt dans la journée en soupirant.


-Tris ? Tu as un problème ?


Il se retourna rapidement en fourrant la lettre dans son sac et fit face à Percy qui semblait un peu inquiet.


-Tout va bien Percy. Ne t' inquiète pas.


-Tu es sûr de toi ?


-Mais oui, mais oui. Arrête un peu de t' inquiéter autant. Et si tu me parlais de ton fameux projet ?


Tout pour se changer les idées. Et le projet de son meilleur ami était parfait pour ça. Ce dernier lui lança un regard sceptique mais sortit de don sac une poignée de parchemins et s' installa à côté de lui. Tris lui fit un grand sourire qu' il ne sembla pas acheter et ils se mirent à parler.