Chapitre 13

par aqualyne

Enfant des fées


Chapitre 13


-Yphgrid ! S' écria Magia. Comment était ta journée ?


Yphgrid regarda la petite fille immortelle qui lui souriait depuis un banc de pierre blanche qui n' était pas là la veille.


-Ma journée était… étrange ? Je ne sais pas vraiment quoi en penser.


Le sourire de Magia s' est fait indulgent.


-Les sorciers ont une vision de la magie très différente de celle des fées. C' est pour ça qu' au fil des siècles la magie s' est divisée en plusieurs types différents. Tu as vécu avec les fées toute ta vie. Les concepts sorciers risquent d' avoir un peu de mal à rentrer.


Yphgrid acquiesça.


-Je sais. Mais je ne pensais pas que ce serait si difficile.


-On ne le pense jamais. Pas avant de se retrouver face aux difficultés.


-Magia ?


-Oui ?


-Tout à l' heure, quand je quittais la Grande Salle j' ai heurté une fille avec une magie incroyablement pure.


Magia rigola.


-Ce n' était pas sa magie Yphgrid.


Yphgrid cligna des yeux la bouche à moitié ouverte. Il la ferma une seconde plus tard et fronça les sourcils.


-Si ce n' était pas sa magie qu' est-ce que c' était ? Qui est-elle ?


Magia lui fit un sourire d' excuse.


-Désolée Yphi. Je ne peux rien te dire au sujet des autres élèves de cette école. Ils ont leurs vies et leurs secrets. Je ne peux pas t' en parler, ça ne serait pas juste et ça violerait leur vie privée. Tu vas devoir aller lui parler si tu veux savoir qui elle est. Ajouta-t-elle avec un sourire plus grand.


Yphgrid la regarda un instant pensant à ce qu' elle venait de dire avant de sourire et d' hocher la tête.


-Je comprends Magia. Pourquoi Yphi ?


-Yphgrid c' est trop long ! Vu le temps que tu as l' intention de passer avec moi je peux d' ors et déjà te considérer comme mon ami. Et mes amis ont des diminutifs.


-Je vois.


-Menteur. Tu comprends à peine le concept d' ami alors celui de diminutif c' est un peu trop te demander.


-Comment le sais-tu ?


-Il suffit de voir comment tu utilises toujours la version longue des noms qui ont des diminutifs. Tu as d' ailleurs blessé Ronald Weasley quand tu as refusé de l' appeler Ron.


Yphgrid se figea.


-Je l' ai blessé ?


-Oui. Il ne venait pas à toi avec les meilleures des intentions mais que tu refuses de l' appeler Ron a été douloureux pour lui.


Yphgrid baissa la tête.


-Je ne voulait pas lui faire de peine.


Magia s' envola de son banc et posa sa main sur son épaule.


-Je sais. C' est pour ça que tu es pardonnable mais blesser quelqu' un que ce soit consciemment ou non n' est pas bien. Tu devrais aller parler avec lui.


-Oui. J' espère qu' il me pardonnera de l' avoir blessé. Je ne pensais pas que c' était aussi important pour lui.


Magia acquiesça.


-On a toujours du mal à voir ce qui a de l' importance pour les autres. Maintenant raconte moi le reste de ta journée ! Je veux savoir ce que tu en as pensé !


Yphgrid sourit et commença à raconter.



Dans le dortoir de Serpentard Draco regardait le plafond les yeux perdus dans le vague. Il avait été surpris par l' apparence d' Harry Potter. La fille qu' il avait trouvé si jolie dans le train était en fait la plus grande célébrité du monde Sorcier. Et il s' était ridiculisé devant lui. Deux fois. Il eut soudain envie d' enfoncer sa tête dans son oreiller et d' hurler. Comment aurait-il pu se douter que le Survivant ressemblait à une fille ?

Il entendait déjà son père lui crier dessus pour ne pas avoir été capable de devenir ''ami'' avec le garçon. Mais ce n' étais pas sa faute ! Déjà il n' avait pas envie de faire semblant d' être ami avec un gosse sans doute pourri-gâté depuis l' âge d' un an et en plus… Draco secoua la tête pour oublier ses pensées dangereuses. Il se leva en soupirant et descendit dans la salle commune. Si il n' était pas très heureux de la compagnie offerte par certains serpentards elle était de loin préférables aux idées apportées par sa solitude.



Hermione claqua le livre qu' elle lisait et le posa sur sa table de nuit en soupirant. Rien à faire. Elle n' arrivait pas à être fatiguée. En même temps comment pourrait-elle l' être ? Elle était dans un château magique ! Et elle avait fait de la magie pas plus tard qu' aujourd'hui. Elle avait été si fière quand le professeur McGonagall l' avait félicité et l' avait montré en exemple lorsqu' elle avait métamorphosé son allumette en aiguille au bout de deux essais. Bien sûr tout le monde ne l' avait pas pris comme ça et elle avait entendu quelques marmonnements plutôt colorés à son sujet mais elle essayait de les ignorer. C' était plutôt facile pour elle. Elle l' avait déjà fait dans son école de surdoué mais ça restait douloureux.

Le seul point positif c' était qu' Oliver et Sophie n' avaient rien dit. Elle avait vraiment envie d' être amie avec eux mais comment les approcher ? Les seules personnes avec lesquelles elle avait jamais réussi à créer un semblant de lien avaient généralement une dizaine d' années de plus qu' elle. Qu' est-ce que les gens de son âge aimaient en général ? Elle elle aimait étudier mais les autres ? En plus elle doutait de pouvoir parler d' équations mathématiques ou de grands succès littéraires avec des sorciers. Ils ne semblaient pas avoir la même vision que les moldus sur ces sujets.

Toute à ses préoccupations Hermione ne se rendit même pas compte qu' elle s' endormait.



Pénélope leva les yeux de son livre.


-Tu es sérieux Tris ?


-Je te jure que c' est ce que Percy m' a dit.


-Je ne pensais pas qu' il avait autant de problèmes avec sa famille.


-Moi non plus. Tu te rends compte ? À côté de ça mes histoires avec mon frères ont l' air ridicules.


Un éclair sombre était passé dans ses yeux au cours de sa phrase et Pénélope sentit son cœur se tordre.


-Ne dis pas ça Tris. Tes problèmes ne sont pas moins importants que ceux de Percy. Ils sont justes différents.


-Peut être mais c' est avec lui que c' est le plus urgent.


-Tu crois ? Combien de temps penses-tu que ton frère croira ton mensonge ? Et comment penses-tu qu' il réagira lorsqu' il comprendra que tu lui as menti pendant toutes ces années ?


-Je ne sais pas ! Comment est-ce que je pourrai imaginer ça ? Il me détestera sûrement…


Elle sentit son cœur se briser devant la détresse de son ami et s' approcha assez pour poser une main sur son épaule.


-Tris…


-Je suis sûr qu' il ne voudra plus me voir une fois qu' il saura la vérité.


-C' est ton frère Tris.


Son ami lui fit un sourire sans joie.


-Ce genre de relation marche dans les deux sens tu sais ? Comment mon frère pourrait-il ne pas me pardonner ? Demandes-toi plutôt comment je peux mentir à mon propre frère.


-Tu as fais ça parce que tu pensais que tu n' avais pas le choix.


Une larme coula le long de la joue de Tris.


-Peut être. Mais j' aimerai savoir depuis quand l' idée de ne jamais dire la vérité à mon frère est devenue plus supportable que celle de lui mentir.


Silencieuse Pénélope posa son livre et attira son ami dans ses bras. Et quand une demie-heure plus tard ils allèrent se coucher ils se firent la promesse silencieuse de ne jamais mentionner cette conversation.



Lorsqu' Harry revint dans la salle commune de Poufsouffle en souriant Morag fronça les sourcils. Où est-ce qu' il était partit pendant plus d' une heures ? Il regarda celui qu' il espérait pouvoir appeler son ami un jour s' éloigner vers leur dortoir et hésita. Devait-il aller le voir et lui demander ? Finalement il secoua la tête et revint à son parchemin en grimaçant. Il avait toujours un peu de mal avec les plumes et les parchemins malgré le temps qu' il avait pris chez lui pour s' entraîner à leur maniement. Avec un dernier effort il conclut la lettre qu' il était en train d' écrire pour sa famille et un léger sourire vint fleurir sur ses lèvres. Si lui était quelque peu perdu dans le monde Sorcier ce n' était rien comparé à ses parents qui avaient eu du mal à le laisser partir pour le château. Mais celle qui avait le plus crié et pleuré c' était sa sœur jumelle.

Morgane lui manquait énormément. Il ne s' y était pas attendu lorsqu' il était parti parce qu' ils passaient leur temps à se battre et à se disputer mais son absence laissait un trou dans son cœur. Quand ils avaient appris qu' il était un sorcier et pas elle ça avait fait mal mais au bout d' un mois sans se parler, l' une à cause de la colère et l' autre à cause d' une culpabilité mal placée, ils avaient finis par se réconcilier juste avant son départ. Malgré cela il savait que sa sœur était jalouse et ça lui faisait mal. Il n' en était pas certain mais c' était sans doute pour essayer de se faire pardonner qu' il joignait une quantité astronomique de confiserie sorcière à sa lettre. Pour faire plaisir à sa sœur et se faire pardonner de ne pas être à ses côtés. Il poussa un soupire discret et attacha la lettre au colis. Il ira à la volière demain matin avant son cours de Métamorphose pour l' envoyer. En attendant il allait dormir. Il voulait réussir à suivre les cours du lendemain. Et peut être demander à Harry où est-ce qu' il était allé avant le couvre-feu.



Dans la salle de Métamorphose Fred et Georges Weasley tentaient vainement de ne pas rire. Les première année de Poufsouffle et de Serpentard allaient avoir une sacrée surprise demain.


-Tu les as bien échangé Gred ?


-Ne t' inquiètes pas Forge. C' est parfait. Personne ne verra la différence.


-Je voudrais presque être une petite souris pour voir le résultat.


-Et moi donc ! Mais si on se débrouille bien on pourrait passer purement par hasard par ce couloir à la fin du cours.


-Mais on risque de se faire prendre. On est sensé être en cours de Potions à la fin de leur cours.


-Mais il pourrait y avoir un mystérieux et malencontreux accident pendant le cours de Potions qui forcerait le professeur Lupin à nous lâcher plus tôt.


-Vraiment ? Racontes-moi tout mon cher Gred. Comment comptes-tu nous faire passer l' incroyable radar qu' à notre vénéré professeur pour les blagues ?


-Et bien mon cher Forge c' est très simple…


Et alors qu' ils s' éloignaient de la salle de Métamorphose ils se mirent à chuchoter et à rigoler tout en essayant de rester discret.