Poudlard Express

par Keysapocalypses

Alors qu’Hermione et Harry étaient sur le chemin du retour, le garçon ne pouvait s’empêcher de garder un œil sur l’étrange chat de son amie. Si cet animal n’avait montré aucune peur devant le dhampire, allant jusqu’à se laisser caresser par lui, il n’en montrait pas moins une certaine méfiance, du moins c’était ce qu’on pourrait penser à première vue. Le survivant n’était pas certain de vouloir être aussi formel. Il sentait que Pattenrond l’observait, l’analysait. Pas comme une proie face à son prédateur, comme les autres animaux. C’était plus une forme de curiosité devant quelque chose d'intrigant.

A mesure qu’il l’observait Pattenrond, Harry se demandait s’il s’agissait véritablement d’un chat. Il n’en avait pas totalement l’odeur. Et le moins que le jeune dhampire pouvait en dire, c’était qu’il s’y connaissait en chats. Il était invité régulièrement chez Mme Figg, après tout. Alors que les deux s’observaient, ils semblèrent soudainement parvenir à une sorte de compréhension mutuelle. Pattenrond sembla hocher légèrement la tête, avant de reporter son attention sur sa nouvelle maîtresse et de se mettre à ronronner lorsqu’elle le grattouilla derrière les oreilles.

A mesure qu’il approchait du Chaudron Baveur, Harry essayait d’imaginer la réaction de Ron lorsqu’il verrait Pattenrond. Personnellement, le garçon à la cicatrice pensait que son ami roux allait se mettre à hurler et probablement appeler l’animal un monstre. Le fils Potter espérait surtout que Ron ne dirait rien qui endommagerait leur amitié. Il parlait souvent avant de réfléchir, sans se soucier des conséquences. Par exemple, en première année, il avait insulté Hermione sans s’en rendre compte et sans se douter qu’elle était à côté de lui, ce qui entraina pour conséquences de se battre contre un Troll. Cette fois-là, ils furent chanceux de bien s’en sortir tous les trois et ils devinrent amis. Mais Harry ne pouvait pas compter sur la chance pour garder leur amitié solide…

Lorsque lui et Hermione entrèrent finalement dans le Chaudron Baveur, Pattenrond dans les bras de sa maîtresse, Harry ne fut pas déçu. Ron, qui pourtant ne regardait même pas dans leur direction, se raidit avant même Croutard. Lentement, il se retourna et avisa immédiatement le chat. Leur regard se croisa et les yeux du roux brillèrent d’une lueur dangereuse, auquel Pattenrond sembla indifférent. Ils s’affrontèrent visuellement pendant encore quelques secondes avant que Ron ne lève finalement les yeux vers Hermione. Il semblait trahit.

- Pourquoi as-tu acheté ce… cette chose abominable ? s’exclama Ron, visiblement offensé.

Ah, chose abominable n’était pas si loin de ce qu’avait imaginé Harry. Cela prouvait qu’il connaissait bien ses amis. Malgré cela, il n’était pas sûr de comment allait réagir Hermione. Allait-elle se fâcher ? Possible. Mais elle pourrait tout aussi bien…

- Je l’ai acheté parce qu’il est adorable. Tu n’es pas d’accord avec moi ?

… Être penaude ? De Ron, il s’y était attendu, mais de la part d’Hermione, c’était toute une surprise. D’un autre côté, Harry l’avait prévenu et elle avait agi sans vraiment se soucier des conséquences, ce qui était plutôt le genre du fils Weasley. Soucieux, le jeune dhampire observait l’échange, en espérant que le ton ne monterait pas. Enfin pas trop.

- Adorable ? s’exclama Ron, incrédule. Où as-tu vu que ce monstre était adorable ?

- Ce n’est pas un monstre ! répliqua Hermione, offensée. C’est mon chat, et il s’appelle Pattenrond.

- Qu’importe son nom, ramène-le au magasin. Je ne veux pas le voir près de Croutard. Il n’en ferait qu’une bouchée.

- Allons Ron. Mon Pattenrond est bien assez intelligent pour comprendre qu’il ne doit pas manger Croutard si on le lui explique.

« J’en suis également persuadé » approuva mentalement Harry. « Il me semble largement capable de comprendre que s’il mange Croutard, il va tomber malade… »

« Je ne doute pas une seconde que ce chat en ait déjà conscience. Je suis toutefois curieuse de savoir pourquoi il est tant intéressé par Croutard. » Admit Virga.

« Tu as raison. Il faudra surveiller cela. Merci de ton aide Virga. »

« A ton service ! » répondit-elle de sa voix désincarnée.

Pendant qu’Harry et Virga discutaient mentalement, la conversation entre Ron et Hermione se faisait de plus en plus audible.

- Même si je voulais la ramener, je ne le ferais pas. Pattenrond était enfermé dans cette boutique depuis des années. Il a le droit de sortir et de voir le monde, comme tout le monde.

- Très bien. Hurla Ron en s’éloignant. Garde donc ton satané chat. Mais je te préviens que je ne veux pas le voir près de Croutard. S’il essaye de l’approcher, je lui ferais la peau moi-même.

- Ne t’inquiète pas Ron. Pattenrond sera sage. Minauda Hermione avant de reporter toute son attention et son affection sur son chat.

Ron se contenta de grogner et de s’éloigner, son rat tremblant toujours dans sa main. Hermione se soucia à peine de lui, préférant cajoler son chat adoré. Harry regarda la scène se joueur, incertain de ce qu’il fallait en penser. Après tout, les deux avaient toujours eu une relation compliquée et n’auraient probablement jamais été amis sans le dhampire pour les réunir.

Le reste de la journée se passa relativement bien. Personne ne tua personne, les jumeaux Weasley ne tentèrent aucune farce et Molly Weasley ne fut pas trop stressé par les préparatifs de départ pour Poudlard. Toutefois, Harry ne fut pas dupe. Ayant été chez les Weasley une fois la veille d’un départ, il savait que ce serait l’effervescence le lendemain matin. Peut-être pas pour Percy ou Ginny, mais Fred, Georges et Ron étaient plutôt désordonnés. Même une seule nuit au Chaudron Baveur allait suffire pour partir en panique le matin suivant, tout ça pour le plus grand malheur des parents Weasley qui devaient alors partir en panique. Harry allait devoir faire quelque chose pour éviter ça le lendemain.

Le seul problème de la journée arriva lorsque vint l’heure du diner. Le petit déjeuner n’avait pas été un problème, il avait affirmé avoir mangé avant que tout le monde ne se lève. Le déjeuner non plus n’avait pas été un problème, il avait juste fait sembler de grignoter avec Ron et Hermione, mettant tout dans ses poches dès qu’ils détournaient le regard. Toutefois, il n’allait pas pouvoir éviter le dîner, car c’était un peu comme un repas de famille. Et Molly Weasley avait bien l’intention de le voir se nourrir.

Lorsque tout le monde fut installé à table, Tom leur servit leur repas. Harry ayant demandé à ce que sa part ne soit pas trop grande, se retrouva avec la plus petite de la table, à la grande indignation de la matriarche Weasley. Le repas se poursuivant, le plus dur fut de vider son assiette sans attirer l’attention. Pour cela, Ron, qui était à côté de lui, lui fut très utile. Dès qu’il était certain que personne ne pouvait voir ce qu’il faisait, il transférait progressivement le contenu de son assiette dans celle de son ami. Etant donné qu’il était un gros mangeur et qu’il ne se souciait pas vraiment de ce qui se trouvait dans son assiette tant qu’elle n’était pas vide, il ne remarqua rien. Personne ne remarqua rien.

- As-tu suffisamment mangé ? voulut vérifier Molly une fois qu’ils eurent terminé le repas.

- Oui, merci. Répondit Harry avec un faux sourire pourtant très convaincant. Je n’ai plus faim du tout.

Elle ne sembla pas convaincue, mais ne répliqua pas. Il n’avait aucune raison de mentir, selon elle. Pourtant, Harry avait faim. Très faim. Il arrivait à la repousser en buvant quelques gouttes de son propre sang, mais cela ne faisait que repousser la faim, pas la contenter. Cela le tiraillait juste un peu pour le moment, mais il allait devoir trouver quelque chose pour régler ce problème. Et le plus vite sera le mieux...

Contrairement à son habitude, Harry ne passa pas toute sa nuit à étudier dans sa chambre. Certes, la plus grande majorité y fut consacré, mais le fils Potter conserva une petite heure pour réfléchir aux futurs problèmes qui allaient se poser à lui. 

Le premier, et non des moindres, était de savoir comment il allait faire semblant de se nourrir une fois à Poudlard. Jusque là, il n'avait mangé qu'avec une dizaine de personnes, au plus. Mais à Poudlard, ce serait différent. Il allait être sous le regard de plus d'une centaine de personne, professeurs inclus. Forcément, à un moment donné, quelqu'un remarquerait qu'il ne mangeait pas et qu'il vidait le contenu de son assiette dans celle de ses voisins. Trouver une solution devenait urgent...

Un autre problème était d'occuper ses nuits, mais une solution assez facile était envisageable. Il n'aurait qu'à faire ses devoirs ou errer dans la bibliothèque de l'école. Peut-être même la réserve. Sa cape d'invisibilité allait grandement être mis à profit. Harry espérait seulement que Hermione n’apprenne jamais qu'il ne dormait plus. Même s'il se faisait passer pour un insomniaque, il n'était pas sur de la réaction de la jeune fille. Ne plus avoir à dormir et passer ses nuits à étudier...

Il y avait aussi le cas Sirius Black. Harry n'était pas trop sûr de savoir comment réagir depuis qu'il avait apprit qu'un homme, qu'il ne connaissait pas, le recherchait activement. Non, en fait, formulé comme ça, cela sonnait un peu comme le problème Voldemort... Problème qu'il avait bien faillit oublier avec les derniers événements. Lui et Siruis Black étaient-ils vraiment liés ? Arthur Weasley avait sous-entendu que c'était le cas, mais il ne voulait pas faire de mauvaises conclusion, il avait déjà assez donné dans ce domaine.

En première année, il avait cru que Rogue était celui qui voulait voler la pierre philosophale, alors que c'était Quirell. En deuxième année, il avait cru que Draco Malfoy était l'héritier de Serpentard et avec l'aide de Ron et Hermione, avait concocté une potion de Polynectar pour s'infiltrer dans la salle commune de vert et argent. À chaque fois, il avait découvert qu'il s'était trompé. La seconde fois avait d'ailleurs obligé la jeune fille à passer par l'infirmerie car son verre de Polynectar avait contenu des poils de chat au lieu de cheveux humain, ce qui avait rendu la potion instable et potentiellement dangereuse. Il n'y avait heureusement pas eu d'effets secondaires sur le long terme. Pas comme la pétrification qu'elle avait subie par la suite...

Pour en revenir à Black... Harry était assez confus à son sujet. Tout le monde semblait d'accord sur le fait qu'il était le méchant, mais quelque chose le dérangeait. D'abord, pourquoi ce nom lui était-il si familier ? Ensuite, si cette prison, Azkaban, était si bien gardé, comment s'en était-il échappé ? Personne ne semblait le savoir. Enfin, était-on vraiment certain que Black en avait après Harry ? Toutes ces questions méritaient réflexion, et le jeune dhampire avait bien l'intention de trouver les réponses.

À ajouter à sa liste de problèmes était le tatouage qui recouvrait son bras droit. Il avait toujours aussi peu d'informations à son sujet. Il savait qu'il s'agissait d'un serment de chevalerie, information confirmé par le mot latin inscrit au niveau de son poignet. Il y avait également de fortes chances que Harry soit le chevalier, puisque le tatouage était apparu sur lui et Ginny alors qu'il tenait encore l'épée de Gryffondor dans... sa main droite. Mais que dire de la fille Weasley, dans ce cas ? Si elle n'était pas un chevalier, qu'était-elle pour porter un tatouage similaire ? De ce que le dhampire se souvenait des lectures de ses livres moldus folkolriques: un chevalier ne prêtait serment qu'à deux types de personnes: leur roi ou une princesse. Mais ça n'avait... Cela n'était pas... Ginny pourrait-elle vraiment être.. une princesse ?

Non, ça n'avait aucun sens. Certes les Weasley étaient une famille de sang-pur, mais cela ne pouvait pas faire d'eux des membres de la famille royale. Même les Malfoy, fier et arrogants qu'ils étaient, n'oseraient pas prétendre une telle chose. D'autant que les seuls qui pourraient vraiment prétendre à quelque chose qui pourrait, éventuellement, s'apparenter à de la famille royale, ce serait les quatre de fondateurs de Poudlard... Harry en avait froid dans le dos d'imaginer que Voldemort aurait effectivement pu être de sang royal, même à moité !

Le dernier problème était celui des animaux. En dehors de Hedwige, Pattenrond et Croutard, aucun animal ne s'approchait volontairement de lui, le fuyant même. Et bien... Sauf ce chien qu'il avait brièvement rencontré à Little Whinging. Qu'est-ce qui rendait cette liste réduite si différente du reste des animaux ? Pour la chouette de Harry, ce dernier pouvait encore le comprendre, c'était sa chouette ! Mais pour les autres ? À approfondir...

Ce qui dérangeait le plus, c'était qu'il allait devoir rapidement trouver une solution, car cette année, il avait pris comme cours l'option soin aux créatures magiques. Des animaux. Qu'il ne pouvait pas approcher sans les faire fuir. Qui étaient magiques et donc potentiellement dangereuses. Pas du tout de quoi s'inquiéter, en somme.

L'aube arriva finalement. Il était à peine huit heures. Pourtant, à peine Harry fut-il sortit de sa chambre qu'il se rendit compte que c'était le branlebas de combat. Littéralement. Ron cherchait ses affaires aux quatre coins du Chaudron Baveur, même derrière le comptoir alors qu'il n'y avait jamais été en premier lieu. Percy, qui était pourtant ordonné, avait mystérieusement perdu son insigne de Préfet en Chef. Encore. Et Fred et Georges semblaient profiter de la pagaille générale pour en rajouter une couche. Mais juste un peu, ils ne voulaient pas être en retard pour la rentrée. En fait, la seule personne qui ne semblait pas courir partout, outre Harry, était Ginny. Assise à une table elle gardait un œil vigilant sur sa valise tout en s'assurant que les jumeaux ne tentent rien contre elle.

Il fallut près de deux heures pour que tout le monde soit enfin réuni à l'entrée, valises vérifiées et bouclées. Arthur Weasley avait affirmé à tout le monde que le ministère leur envoyait deux voitures, magiquement modifiées, pour les emmener à la gare King's Cross. Il avait justifié cet acte étrange en déclarant que c'était parce que le ministre le tenait en haute estime. Si ses enfants semblèrent accepter cette justification, Harry nota que Molly, la femme d'Arthur, avait secoué la tête de dépit. Le fils Potter comprit alors que ces deux voitures étaient en fait une escorte due à sa présence. Fudge ne voudrait sans doute pas que Sirius Black parvienne à attraper le garçon-qui-a-survécu juste avant d'aller dans le Poudlard Express à cause d'une petite erreur d'inattention.

À onze heures moins vingt, ils arrivèrent à King's Cross. Maintenant habitué, Harry suivit tout le monde entre les plateformes 9 et 10, regardant avec attention le pilier qui les mènerait tous vers la plateforme 9 ¾. En quelques minutes, les Weasley et le garçon Potter avaient tous traversé le portail magique, sans qu'aucun moldu ne se doute de quoi que ce soit.

La plateforme 9 ¾ était vraiment différente d'une plateforme classique de la gare King's Cross. Déjà, on y accédait en traversant un pilier. Ensuite, il n'y avait qu'un seul train qui s'arrêtait ou partait jamais de cet endroit, lors des rentrées ou des départs en vacances: le Poudlard Express. Enfin, ledit train avait deux particularités visibles au premier coup d'œil. La première était qu'il s'agissait d'un train à vapeur comme il en existait une centaine d'années auparavant. La seconde était qu'il était rouge vif. Distraitement, Harry se demandait comme les élèves allaient à l'acole de sorcellerie avant que le Poudlard Express ne devienne une tradition et un rite de passage.

Comme toujours, surtout à quelques minutes du départ du train, la plateforme 9 ¾ était bondée de monde. Les parents couraient dans tous les sens, s'assurant que leurs enfants étaient bien entrés dans le train et qu'ils n'avaient pas oublié leurs affaires. Il ne restait d'ailleurs plus beaucoup d'enfants sur le quai, la plupart s'étant déjà installés. La majorité de ceux qui étaient encore dehors étaient les futures premières années qui, nerveux, essayaient de rassembler leur courage aux cotés de leurs parents.

Alors que les enfants Weasley mettaient leurs valises dans le Poudlard Express, Arthur retint Harry par le bras juste avant qu'il fasse de même. Lui donnant un regard interrogateur, le survivant remarqua que le père de Ron et Ginny semblait hésitant.

- Harry ? Demanda Arthur, peu sûr de lui. Puis-je te parler une minute ?

- Bien sûr, répondit le garçon.

- En privé, s'il-te-plaît.

Arthur semblait mal à l'aise. Il jetait des regards nerveux autour de lui, comme s'il ne voulait pas qu'on le surprenne à parler seul à seul avec Harry. Ce dernier se retint de froncer les sourcils de confusion. Cela ne ressemblait pas au patriarche Weasley de se comporter ainsi. De quoi voulait-il bien parler qui puisse le rendre si nerveux d'être surpris ? Aussitôt, le fils Potter se gifla mentalement. Sirius Black, évidemment. Sa rencontre avec Fudge, les mises en gardes de rester au chemin de traverse et de ne pas sortir la nuit, les voitures du ministère, tout était lié. Mais personne ne voulait dire à Harry de quoi il en retournait réellement.

Arthur allait-il lui parler de Sirius Black ? Était-ce pour cela qu'il était si nerveux que quelqu'un le surprenne à lui parler ? Cela faisait sens. Le patriarche Weasley était du ministère, et le ministre Fudge semblait ne pas vouloir que Harry n'en sache plus que nécessaire pour ne pas le paniquer. Si quelqu'un surprenait leur conversation et qu'effectivement Arthur lui parlait de Sirius Black, il risquait de se faire virer. Cela ne devait pas arriver.

Hochant la tête, Harry suivit silencieusement Arthur à l'écart. Lorsque l'homme fut certain que personne ne pourrait les entendre, il se retourna vers le garçon en se frottant nerveusement les mains.

- Harry, je voudrais te parler de quelque chose d'important. C'est à propos de...

- De Sirius Black, n'est-ce pas ? L'interrompit doucement Harry.

Arthur le regarda silencieusement pendant quelques secondes, visiblement surpris. Il ne s'était pas attendu à ce que Harry sache déjà de quoi il voulait lui parler. Finalement, il se détendit un petit peu et hocha la tête.

- Oui. Je suis surpris que tu ais deviné.

- Ce n'était pas si difficile à comprendre. C'était le seul sujet sur lequel le ministre Fudge ne voulait pas me parler lorsque je l'ai rencontré. Que vous soyez si nerveux à l'idée de me parler d'un sujet en particulier ne pourrait signifier qu'une seule chose, que vous me parliez de Sirius Black.

- Euh... oui, vu comme ça. Grimaça Arthur. Je ne suis pas vraiment censé en parler.

- Dans ce cas ne dîtes rien. Je ne veux pas que vous ayez de problèmes pour cela.

- Non, réfuta Arthur en secouant la tête. Tu as le droit de savoir ce qui t'attend.

- À ce propos... expliqua Harry, embarrassé. Ce ne sera pas nécessaire Je... J'ai entendu par hasard votre conversation avec Mme Weasley la nuit dernière. Désolé.

Arthur soupira, à la fois résigné et soulagé. Résigné parce qu'il aurait voulu annoncé la nouvelle à Harry différemment. Soulagé parce que d'une certaine façon, il n'avait pas briser l'interdit qui consistait à ne rien dire au garçon.

- Je suppose que ce qui est fait est fait, soupira Arthur. Donc tu sais qu'il est une personne dangereuse. C'est une bonne chose. Je voudrais donc que tu me promettes quelque chose. Quoi qu'il arrive, n'essaye pas de chercher Sirius Black par toi-même.

Une nouvelle fois, Harry fronça les sourcils de confusion. La dernière déclaration d'Arthur était vraiment étrange. Il ne s'attendait quand même pas... à ce qu'il fasse quelque chose d'aussi stupide. N'est-ce pas ?

- Monsieur Weasley, pourquoi irais-je à la poursuite de quelqu'un qui tente de me tuer ?

Rétrospectivement, c'était vraiment quelque chose qui lui arrivait souvent. En première année, il était partit à la poursuite de Rogue pour l'empêcher de voler la pierre philosophale, avait découvert que c'était en fait Quirell, qu'il avait Voldemort collé à l'arrière du crâne et l'avait affronté puis vaincu. Il avait faillit mourir cette fois là.

En seconde année, il avait été à la poursuite de l'héritier de Serpentard, qui avait enlevé Ginny Weasley et pétrifié plusieurs élèves, Hermione inclus, avait découvert la chambre des secrets, découvert qu'il s'agissait de Voldemort, qu'il se nommait en réalité Tom Elvis Jedusor, affronté et tué un Basilic, éliminé Jedusor et sauver Ginny d'une mort imminente. Là encore, il avait faillit mourir. Deux fois.

Non, sérieusement, pour cette troisième année, Harry aimerait beaucoup qu'il n'ait pas à risquer sa vie une quatrième fois... depuis qu'il était arrivé à Poudlard. Surtout si Sirius Black était effectivement lié à Voldemort.

- Juste... Juste, promets-moi de ne rien tenter pour le trouver, plaida rapidement Arthur.

Aussitôt, les yeux de Harry se plissèrent de suspicion. L'insistance du père de Ron était étrange. Anormale même. Cela ne pouvait signifier qu'une seule chose: Il y avait plus à propos de Sirius Black que ce que le survivant avait d'abord cru. L'évadé d'Azkaban était lié à lui d'une manière ou d'une autre de telle façon que tout le monde semblait croire qu'il allait se mettre à sa poursuite, ce qui semblait être la raison pour laquelle tout le monde s'entêtait à le laisser dans l'ignorance. Pourquoi ? Qu'avait bien pu faire Black, outre ce que Harry savait déjà ?

- J'ai passé les deux dernières années à aller au devant de dangers qui me dépassaient, avoua finalement le dhampire. Cette fois-ci, je veux juste avoir une année calme... autant que possible.

Arthur hocha la tête de compréhension, visiblement soulagé. Pourtant, s'il avait fait plus attention aux paroles d'Harry, il aurait remarqué que le garçon-qui-a-survécu n'avait jamais rien promis. En effet, le fils Potter semblait de plus en plus intrigué par toute l'affaire Black. Plus il en apprenait, moins il comprenait ce qu'il se passait. Et comme les adultes se forçaient à retenir la moindre information pouvant atteindre ses oreilles, il se retrouvait avec des données incomplètes et qui refusaient de se lier les unes aux autres. Une fois de plus, Harry maudit le destin qui faisait que le monde entier semblait en savoir plus sur lui que lui-même. Il allait vraiment falloir qu'il remédie à cela.

Harry et Arthur revinrent finalement aux cotés de Molly et du reste de la famille Weasley, une minute seulement avant le départ du train. Lorsque le sifflet de gare, annonçant le départ imminent du train, se fit entendre, ce fut dans une panique totale que les parents firent leurs adieux à leurs enfants, les attirant dans une forte étreinte chacun leur tour. Se retrouvant au milieu du lot, Harry eut le droit à plusieurs tours. Immédiatement après, ils montèrent tous à bord du Poudlard Express. Le garçon-qui-a-survécu vit avec soulagement que Ron avait déjà monté sa valise dans le train

Alors que le Poudlard Express commença à avancer, Ron, Hermione,Harry et Ginny se mirent à chercher un wagon de libre, les jumeaux et Percy étant déjà partis pour leurs propres raisons personnelles. Le trio d'amis trouva rapidement un wagon vide, chose rare compte tenu du fait que le train était déjà en marche. La benjamine Weasley décida de s'installer dans le Wagon d'à côté, où se trouvaient déjà Neville Longdubat et Dean Thomas, ainsi qu'une étrange fille nommée Luna Lovegood.

Une fois installés, le première chose que fit Hermione fut de sortir un livre de cours et de commencer à lire. Par réflexe, n'ayant rien eut de mieux à faire de ses vacances, Harry l'imita. Cela valut un gémissement de la part de Ron.

- Oh, allez... Nous ne sommes même pas encore à Poudlard. Ne peut-on pas au moins passer le temps qu'il nous reste à discuter ?

- Si tu veux Ron, répondit distraitement Hermione, lisant toujours son manuel et caressant d'une main son chat qui était lové sur ses genoux. De quoi veux-tu parler ?

- Euh... Et bien... Je sais ! S'exclama finalement Ron avec enthousiasme et en sortant une petite boite de sa poche, qu'il ouvrit pour montrer le contenu. C'est ma nouvelle baguette. J'en avais vraiment besoin après ce qui était arrivée à ma précédente l'année dernière. Maudit saule-cogneur ! Enfin bref... J'ai hâte de me servir de ma nouvelle baguette. Essayez de deviner de quoi elle est composée.

- Bois de saule et crin de licorne pour 35 centimètres. Modérément souple. Répondit instantanément Harry d'un ton absent, sans même se rendre compte de ce qu'il faisait.

Le silence s'installa dans la cabine et dura si longtemps que le dhampire leva finalement les yeux de son livre, seulement pour voir ses deux amis le regarder fixement. Hermione avait même cesser de lire son manuel pour le regarder, le visage inexpressif.

- Quoi ? S'exaspéra Harry. J'ai dit quelque chose de bizarre ?

- Comment... commença Ron d'une toute petite voix. Comment as-tu deviné la composition exacte de ma baguette ?

- Ah... comprit enfin le fils Potter, les yeux légèrement écarquillés et se frottant le dos de la tête d'un air penaud. Un coup de chance ?

En réalité, la baguette de Ron, heureuse de s'être trouvée un propriétaire, chantait pratiquement à quel point elle était incroyable Harry n'avait fait qu'écouter sa voix et ensuite répondu sans réfléchir. Ce fut stupide de sa part. Comme s'il n'avait pas assez de problèmes avec sa condition de demi-vampire, qui soit-dit-en-passant était stimulée par l'excitation omniprésente dans le train, il fallait qu'il oublie ses talents en magie sylvestre. Oui, définitivement stupide. Heureusement, Ron sembla acheter son explication, même s'il bouda un peu.

Hermione, en revanche, fut plus difficile à se laisser convaincre, surtout face à une explication aussi bancale. Elle était une fille beaucoup trop analytique pour cela. Toutefois, même elle ne pourrait pas deviner la véritable raison de sa chance soudaine au hasard. Ce ne fut donc pas une surprise lorsqu’elle haussa finalement les épaules et se remette à lire. Mais Harry la connaissait mieux que cela. Il savait qu'elle n'oublierait pas, et chercherait une explication. Il allait devoir être encore plus prudent.

Le trajet en Poudlard Express entre King's Cross et Pré-au-Lard était généralement de huit heures. Départ à onze heures et arrivée à dix-neuf heures. Plus une heure de trajet en barque pour les premières années et une cérémonie de répartition d'environ une demi-heure, cela faisait le repas à vingt heures tente. Harry cherchait désespérément une idée pour pouvoir échapper au dîner sans paraître impoli envers la nouvelle génération d'élève. Aucune idée ne lui venait.

Pendant six heures, Harry, Ron et Hermione (qui avait finalement abandonné son manuel, le connaissant déjà par-cœur) discutèrent de tout en de rien. Le Weasley leur raconta plus en détail son voyage en Egypte et la Granger fit de même avec ses propres vacances. Harry fut le seul à être resté silencieux. En dehors de sa fugue, il ne s'était rien passé de particulier, et il ne voulait pas vraiment parler de cet événement. Ses amis s'inquiéterait inutilement.

Soudainement, le train commença à ralentir, ce qui fit se raidir légèrement Harry. Ils n'étaient dans le train que depuis six heures et demi, le Poudlard Express ne pouvait donc pas encore être arrivé. Alors pourquoi ce ralentissement ? Insouciant de l'agitation intérieure du Potter, Ron s'exclama avec enthousiasme:

- Enfin arrivé ! Je ne peux plus attendre d'être à l'heure du repas.

- Ron... déclara lentement Hermione, perplexe. Je crois qu'il est un peu trop tôt pour qu'on soit déjà à Poudlard.

- Pourquoi le train ralentirait-il, dans ce cas ? Contra Ron.

- Je... Je ne sais pas.

Et cela l'inquiétait visiblement. Harry ne pouvait pas lui en vouloir, car il ressentait la même chose. Ajouter à cela qu'il commençait à faire froid dans le wagon. Très froid. Trop froid. Lorsque le dhampire se mit à recracher des nuages de vapeur, il sut que cette situation était anormale. Les vampires et hybrides vampiriques avaient une meilleure tolérance aux changement de température que les humains. Que Harry ressente le froid au même titre que le reste de ses amis était mauvais signe, car ce froid n'était pas naturel.

La lumière commença à fluctuer, de plus en plus violemment. Lorsque le train s'arrêta, le compartiment était plongé dans l'obscurité. Cela n'empêcha pas Harry de remarquer, avec ses sens vampiriques, que les fenêtres étaient recouvertes de gel. Mauvais signe. Vraiment très mauvais signe. La porte s'ouvrit brusquement, et malgré l'obscurité, définitivement non naturelle au vue de l'heure, le fils Potter vit que Ginny, Neville, Luna et Dean venaient de faire irruption, visiblement trop mal à l'aise pour rester seuls.

Il y eut quelques protestations lorsque les nouveaux venus arrivèrent, plus dû au fait qu'ils se marchaient les uns sur les autres qu'à cause de leur présence. Toutefois, les plaintes se turent brusquement lorsque un froid d'un nouveau genre s'insinua dans la compartiment. Ce n'était pas simplement physique, comme auparavant. Ce froid semblait pénétrer leurs esprits et geler leur âme. Harry commençait même à entendre des choses. C'était des sons indistincts, mais il savait qu'ils n'étaient pas réels, car ses oreilles de vampires n'enregistraient aucun son. Il avait la sensation que la joie n'existait plus, qu'il ne pourrait plus jamais éprouver cette émotion.

Une nouvelle fois, la porte s'ouvrit, mais cette fois, ce n'était pas un élève. C'était... quelque chose. Harry n'était pas trop sûr de savoir quoi. Il vit d'abord un immense drap noir, faisant vaguement penser à une robe, sale et déchirée. Il aperçut ensuite une main, squelettique et dont le peu de chair semblait mort ou moisit. Ça n'avait pas de pied, semblant flotter au dessus du sol. Une odeur de pourriture et de viande en décomposition accompagna l'ouverture de la porte. Sa respiration était comparable à un râle sans fin.

La créature pénétra dans le compartiment. Bien que Harry ne pouvait pas voir ses yeux, dissimulés sous la capuche, il sentit son regard se fixer instantanément sur lui. La chose se mit en mouvement, s'approchant de lui... Gelé par le froid, le dhampire n'était pas capable de comprendre ce que ses instincts vampiriques lui hurlaient de faire.

« Pas Harry... Je vous en supplie... Pas Harry ! »

Encore des hallucinations auditives. Le garçon savait qu'il n'entendait rien, et pourtant il savait que ce qu'il entendait était réel. La voix, celle d'une femme, lui était familière pour une raison quelconque. Au moment où Harry avait entendu son hallucination, la créature s'arrêta, comme hésitante.

« Pousse-toi... Allez, écarte-toi ! »

« Pas Harry... Je vous en supplie... Pas Harry ! »

« Je ne me répèterais pas... »

« Pas Harry... Tuez-moi à sa place... »

La créature sembla pencher la tête sur le coté, comme si curieuse de ce qu'elle voyait. Puis, lentement, elle reprit son chemin vers Harry. Était-ce l'imagination du dhampire, où l'atmosphère s'était-elle réchauffée de quelques degrés ? Peu importe... La chose s'arrêta devant le garçon et se pencha vers lui, se mettant à sa hauteur. Elle approcha ses mains recouvertes de croutes en pleine putréfaction de Harry et...s'arrêta un instant. Il n'y avait plus de doute, la créature était hésitante à s'approcher de plus près.

Finalement, elle poursuivit son approche. Incapable de bouger, Harry fut obligé de voir la scène aux premières loges. Délicatement, presque tendrement, les mains de la créature se posèrent dans le dos du garçon, qui se sentit tirer vers la chose en noir. De plus en plus près. Avant que son cerveau figé par le froid et une peur illogique ne puisse analysé convenablement la situation, Harry se retrouva... serré dans les bras de la créature ? En dépit de son incapacité à penser correctement, le fils Potter sut instinctivement que ce n'était pas une réaction normale.

Toutefois, la situation irréelle ne dura pas. La créature le lâcha brusquement et recula jusqu'à la porte, à reculons. Privé de soutien physique, Harry tomba lourdement sur le sol, sa vue s'assombrissant. Il ne tomba pas inconscient, son statut de demi-vampire l'en empêchait, tout comme pour dormir, mais il se retrouva incapable du moindre mouvement, allongé sur le sol, les yeux ouverts et vaguement vitreux.

Harry ne sut pas exactement combien de temps il resta ainsi, immobile sur le sol, incapable d'émettre une seule pensée cohérente. Tout semblait si flou. Pour la première fois depuis que son sang de vampire s'était éveillé, il se sentait impuissant et faible. Plus encore que lorsqu'il était humain.

Lentement, Harry commença à être de nouveau capable de penser. Il était toujours incapable de bouger, mais il percevait son entourage. Quelqu'un était entré. Il ne savait pas qui, ayant du mal à se concentrer, l'odeur de la pourriture émise par la créature encore omniprésente autour de lui. Tout ce que le fils Potter savait, c'était qu'il s'agissait d'un homme, à sa voix.

- Que s'est-il passé ici ? Demanda-t-il d'une voix douce.

- Je... Je ne sais pas. Bredouilla la voix de Ron. Cette... Cette créature est entrée et... et...

- Et elle s'est jetée sur Harry, poursuivit Hermione, qui semblait tout aussi secouée. Puis elle s'est reculée et Harry est tombé sur le sol et n'a plus bougé.

- Quoi ? Fit la voix de l'homme, qui semblait soudainement paniqué. Non, ce ne peut pas être possible... Pitié, dîtes-moi que le détraqueur ne l'a pas embrassé ? C'est très important.

- N-non... réfuta aussitôt Ginny, qui semblait confuse et perplexe, en plus d'avoir une voix faible. La créature ne l'a pas embrassée. Elle l'a... serrée dans ses bras ?

Sa déclaration fut suivie d'un silence consterné. Visiblement l'homme ne s'attendait pas à cette réponse, et ne savait pas quoi dire. Visiblement, cette créature, ce détraqueur comme l'appelait l'homme, avait agit de façon totalement inattendue, et potentiellement dangereuse. Pour ne pas changer les habitudes de Harry d'attirer les problèmes aux endroits les plus improbables.

- Je vous demande pardon ? Murmura enfin l'homme d'un ton qui semblait stupéfait, sinon choqué. Le détraqueur a fait quoi ?

- Il a prit Harry, et l'a serré dans ses bras, répéta Ginny de façon plus confiante.

- Je confirme, déclara Ron d'une voix blanche.

- Idem, poursuivit Hermione.

- Pareil pour moi, ajouta Neville.

- Moi aussi, continua Dean.

Luna, pour sa part, semblait se remettre mieux que les autres, car elle fredonnait quelque chose d'une voix douce, insouciante de ce qui se passait autour d'elle. Toutefois, Harry pourrait juré sentir son regard fixé sur lui. Avec un gémissement, le garçon parvint à se relever quelque peu.

- Harry ! Hurlèrent pratiquement toutes les personnes présentes.

- Oh ma tête... grimaça le dhampire en tenant son front moite d'une main..

Ses sens vampiriques, nouvellement retrouvés, étaient devenus hypersensibles après les quelques minutes de gel auquel ils avaient été soumis. Chaque son, chaque image, chaque odeur et chaque sensation était temporairement amplifiée. Aussi, la combinaison de l'odeur persistante de pourriture et du cri de ses amis provoqua instantanément une violente migraine.

- Est-ce que ça va, monsieur Potter ? Demanda l'homme d'une voix douce, mais inquiète.

- Oui... Je vous remercie. Monsieur ?

- Lupin. Rémus Lupin. Je serais cette année votre nouveau professeur de défense contre les forces du mal.

Maintenant qu'il pouvait avoir un aperçu de l'homme, Harry remarqua qu'il ne semblait pas en très bonne santé. Ses yeux marrons, avec des reflets dorés, étaient fortement cernés, comme s'il n'avait pas dormis depuis des jours. Son visage était recouvert de petites cicatrices, presque invisible pour l'œil humain, ce que Harry n'était pas... n'était plus. Ses cheveux châtains étaient parsemés de mèches blanches. Ses habits étaient vieux et usés. Il ressemblait vaguement à un clochard, mais dégageait une aura étrange.

- Enchanté professeur, répondit Harry d'une voix rauque.

- C'est bien, ne te force pas. Les détraqueurs ont toujours des effets néfastes sur les gens autours d'eux.

- Détraqueurs ? Répéta faiblement le dhampire.

- Oui, acquiesça Rémus. Il s'agit de l'une des espèces les plus répugnantes et dangereuses que ce monde ait jamais porté. Ce sont également les gardiens d'Azkaban. Ils sont censé être ici pour capturer Sirius Black, mais il semble qu'ils aient outrepassés leurs droits. C'est une bonne chose que rien ne soit arrivé.

Peut-être que c'était à cause de son état de dhampire, mais Harry crut un instant que la voix de Lupin avait tremblé en mentionnant Sirius Black. Mais comme il était le seul à avoir noté ce fait, il mit ça sur sa propre fatigue mentale.

- Quoi qu'il en soit, continua Rémus en sortant quelque chose de sa poche et en s'adressant à tous ceux présents. Mangez ceci. C'est du chocolat. Ça aidera votre corps à repousser les effets provoqués par la présence de ce détraqueurs.

Sur ces mots, l'homme donna la tablette à Neville, avant de quitter le compartiment, non sans avoir jeté un dernier regard inquiet à Harry, ce que ce dernier remarqua. Toutefois, le survivant était concentré sur un autre problème. Il devait avoir fait quelque chose d'impardonnable dans une autre vie. C'était la seule explication au fait que le seul moyen de dissiper rapidement les effets néfastes d'un détraqueur était de manger du chocolat. Il était un dhampire, il ne mangeait pas de chocolat. Peut-être un peu de sang aurait pu l'aider, mais étrangement, il n'avait pas soif. Sa rencontre avec la créature avait complètement détraqué ses instincts vampiriques.

Prenant distraitement le chocolat que lui tendit Neville, il parvint à le glisser dans la poche de Ron sans que personne ne le remarque. Il se sentait encore un peu faible, mais il récupérait lentement. Le Poudlard Express se remit en route alors que Harry se disait que cette année encore, il pourrait bien courir un danger mortel. Et pas par celui que tous supposaient...