Chapitre 13

par Brunhild

 

L

e lendemain matin, Eragon se réveilla, la tête sur le ventre d’Arya.

Le ventre d’Arya ?

Inquiet, il se redressa brusquement. Arya était allongée, paisible. Elle dormait encore. Il l’observa. Il dégageait de l’elfe une impression de sérénité dont elle ne semblait jamais sujette. Ses sourcils obliques restaient immobiles, ne se fronçaient pas. Son souffle calme remplissait le silence.

Le jeune homme se rallongea précautionneusement. Il posa doucement sa tête sur le ventre dénudé d’Arya. Il pouvait sentir sa respiration ralentie par le sommeil et le sang qui pulsait dans ses veines avec énergie. Un tel contact avec elle, aussi proche, aussi près de sa peau le troublait. Il ne savait comment elle réagirait et il s’en inquiétait d’avance.

Un infime mouvement le fit froncer les sourcils. Il sentit la respiration de l’elfe s’accélérer. Il tressaillit quand une main vint caresser ses cheveux.

− Tu ne dors pas, dit-elle d’une voix neutre.

Il se redressa sur ses coudes et se retrouva au-dessus d’elle. L’elfe le dévisagea et il s’empourpra.

− Je… Tu…

Elle eut un sourire qu’il ne sut déchiffrer.

− Peu importe, dit-il.

Le jeune homme se leva et s’assit sur le rebord du lit, simplement vêtu d’un caleçon en laine.

La porte s’ouvrit à la volée :

− Debout, bande de fainéants ! Allez ! Et que ça saute !

Eragon sursauta.

− Slytha ?

L’intéressée entra dans les appartements d’Arya et referma la porte.

− Ben oui. Qui d’autre, gros malin ?

− Je…

Il se tut. Slytha avait un don pour le désarçonner.

− Ou alors tu es particulièrement impressionnable, fit Slytha avec un sourire carnassier. Alors ! Bien dormi, vous deux ? C’était comment ? Vous avez fait quoi ?... Arya ?

− Oui ?

Slytha mit les poings sur les hanches :

− Toujours pas levée ? Espèce de feignasse ! Je m’en vais de lever, et de ce pas ! Allez ! Hop !

− Je suis en train  de me lever. Et je m’habillerais volontiers si tu daignais sortir d’ici.

Slytha lui tira la langue et tourna les talons.

Une fois qu’elle fut sortie, Eragon se tourna vers Arya :

− Qu’allons-nous faire ?

− Je suis presque certaine que l’on ne va rien trouver. Mais Slytha semble persuadée du contraire. Nous rentrons dès ce soir.

L’elfe se leva gracieusement et Eragon détailla avec timidité le ventre, les épaules nues et la naissance des seins de son amie. Elle était belle. Belle à mourir.

« Belle à choisir… » chuchota Saphira à l’orée de son esprit.

Arya s’éclipsa dans une pièce attenante à sa chambre et revint deux minutes plus tard habillée de pied en cap. Elle avait revêtu son éternelle tenue de cuir, ses bottes et son épée au côté. Eragon l’avait toujours connue dans cette tenue.

Il se secoua et s’habilla également. Arya l’attendait dehors. Il se dépêcha et la rejoignit trois minutes plus tard. Slytha se trouvait aux côtés d’Arya.

− Et voilà ! Une minute de plus que toi, ma vieille ! J’avais raison ! T’as perdu ton pari ! J’ai gagné ! J’ai gagné ! s’exclama-t-elle en sautillant sur place comme une enfant.

Arya leva les yeux au ciel, ce qui fit sourire le Dragonnier. En plus d’être spéciale, Slytha avait le don de rendre Arya plus naturelle.

« C’est sûrement sa présence qui rend Arya plus détendue. » suggéra Saphira.

« Tout bien réfléchi, je pense aussi. Mais j’espère qu’il n’en sera pas toujours ainsi. »

« Naturellement. »

« Sais-tu sur quoi portait leur pari ? »

« Naturellement. »

« Pourrais-je seulement en connaître la teneur ? »

« Naturellement. »

« Saphira ! »

« Oui ? »

Slytha se tourna vers Eragon :

− C’est quand tu veux, Chaud-bouillant.

− Chaud-bouillant ? s’étrangla-t-il.

− Ben oui, ça te va mieux que « mon vieux ». La vieille, c’est Arya. Toi, c’est Chaud-bouillant. Et t’as pas le choix. Bon ! On y va ?

− Puisque tu y tiens tant, soupira Arya.

Ils se mirent en chemin. Ils ne rencontrèrent personne. Quand les elfes partaient à la guerre, tous y allaient et ils ne laissaient presque personne derrière eux. Toute la nation elfe était mobilisée pour se battre. Arya et Eragon restant silencieux, Slytha se fit un devoir d’animer leur marche :

− Felbion est venu me voir ce matin, vu que Mââdââme Arya dormait comme une souche ! Il est avec Dragan, Kaelig et Wilhen. Ambre et Noé sont avec eux.

− Tout cela pour dire qu’ils sont ensemble. Mais tu as omis de préciser où ils se trouvent, dit Arya.

− Oh, ça va, toi, hein. T’es pas contente, tu n’écoutes pas. En plus, j’allai y venir. Ils sont au terrain d’entraînement.

Eragon sourit. Slytha se conduisait avec Arya comme si celle-ci était sa moitié, sa sœur…

« Ce qu’elle est sûrement. » lui glissa Saphira.

« Mais comment le demander sans offenser Arya, et sans avoir une réponse décalée de la part de Slytha ? »

« Hum… Dans ce cas-là, je ne vois qu’une seule solution : attendre. »

« Je ne plaisante pas ! »

Il coupa leur communication. Si Saphira se mettait à parler comme Slytha, il n’était pas sorti de l’auberge.

− Alors ? Vous ne m’avez pas répondu ! Bien dormi ? Toi, Arya, je ne te demande pas, tu vas te vexer, susceptible comme tu es. Alors, Eragon ?

− Euh…

Slytha était vraiment… désarmante.

− Laisse-le tranquille, murmura Arya.

− Rhôô, c’est mignon !

Ils arrivèrent devant deux portes en chêne massif. Finement ouvragée, elle semblait raconter une histoire. Eragon se promit de s’en rappeler, pour une prochaine fois.

Slytha ouvrit les portes d’un geste théâtral :

− Tada !

Les trois compagnons entrèrent dans la pièce, qui n’était autre qu’une bibliothèque.

− C’est parti…

− Mais que cherche-t-on ?

− Des informations, pardi !

Elle s’en alla dans les rayonnages remplis de livres anciens, semblant aussi vieux que le monde. Eragon et Arya se retrouvèrent seuls.

− Tout cela ne sert à rien, déclara l’elfe après un silence.

La tête de Slytha émergea d’une pile de livres poussiéreux :

− Bien sûr que si !

Et elle replongea dans la marée d’ouvrages.

Arya s’assit dans un fauteuil, lasse. Eragon fronça les sourcils et l’imita. Après un moment, il demanda :

− Que cherche Slytha exactement ?

− Des textes sur les races vivant en Alagaësia, je présume.

− Mais, il y a les Urgals, les elfes, les humains, les nains, les Ra’zacs… c’est tout, non ?

Arya secoua doucement la tête.

− Non.

− Mais alors…

Il s’interrompit. Les yeux de l’elfe étaient absents, ailleurs. Comme si son esprit était parti, hors de son enveloppe charnelle. En cet instant, elle lui semblait si fragile, si délicate, qu’il eut envie de la prendre dans ses bras et de la consoler.

« Ne te gêne pas. » dit Saphira.

Il l’ignora.

− Hey ! Viens m’aider, Chaud-bouillant ! Tu crois que…

− Inutile, la coupa Arya. Vhoït kirhelisuet ihjmosiä, lotka osaevat esittoä mautösta sja hielfosa minaün tulkidas.

Sa main s’illumina d’un vert aussi intense que la couleur de ses yeux. Aussitôt, plusieurs livres se détachèrent des rayonnages et vinrent s’empiler à ses pieds, comme de bons petits soldats au garde-à-vous.

Slytha poussa un sifflement admiratif :

− Eh bah dit, quand tu t’y mets, tu allumes ! Mais je croyais que Ma… qu’Islanzadì aurait enchanté les livres. Enfin, tant mieux, je ne vais pas râler, quand même.

− Peu d'elfes se rendent ici, répliqua Arya. D'où le peu de protections.

L'elfe se pencha et prit le premier livre de la pile tandis que Slytha lui tirait la langue. Eragon imita Arya. Il déchiffra le titre: Les Enfants de la Lune. Il l'ouvrit.

Rien.

Les pages étaient vierges.

Il fronça les sourcils et feuilleta l'ouvrage. Toutes les pages étaient blanches. Pas une phrase, pas un mot, pas une tache d'encre.

Slytha – qui observait le Dragonnier incrédule – sourit et tendit la main:

− Tu l'as trouvé ! Génial.

− Trouvé quoi ? demanda Eragon.

− Le Livre-Pensant, je présume, répondit Arya sans quitter des yeux ce qu'elle lisait.

Eragon ne dit rien et donna le livre à Slytha qui s'empressa de le feuilleter fébrilement.

Le jeune homme observa Arya. Le noir rideau de ses longs cheveux tombait devant son visage concentré. Ses yeux se déplaçaient rapidement le long des phrases.

Il mit un moment avant de comprendre ce que Slytha lui disait, trop absorbé dans son observation.

− On peut y aller. J'ai ce que je cherchais.

Arya arqua un sourcil interrogateur.

− Tu voulais juste ce livre ?

− Ben oui. Pourquoi ?

Arya ne lui répondit pas et se leva avec grâce. Elle incanta et les livres empilé allèrent se ranger d'eux-mêmes dans la vaste bibliothèque.

− Maintenant, on rentre pour Feinster. Fais tes bagages, ma vieille, on déménage !

 

*

*    *

 

Il leur fallut près d'une heure pour être prêts. Arya emporta une besace avec quelques affaires dont Eragon ne connaissait pas la teneur et Slytha fit de même, en plus de s'approvisionner en armes. Saphira était déjà prête. Elle était partie chasser et pouvait désormais y aller.

Slytha informa Dragan, Kaelig et Wilhen de leur décision. Ce à quoi celui-ci répondit:

− Allez-y. nous vous rejoindrons. Volez donc. Nous courrons.

Eragon se mit en selle et Arya le suivit. Elle se hissa avec aisance sur Saphira et s'assit devant le jeune Dragonnier. Surpris, ce dernier se figea quand la douce fragrance de l'elfe envahit ses narines. Il résista à l'envie d'enfouir son nez dans le cou délicat de son amie.

«Fais attention.» lui glissa Saphira.

«Je n'en fais pas exprès. C'est plus fort que moi. Et le fait de dormir avec elle, de voir son corps, ne fait que l'accentuer.»

− Où est Slytha ? demanda-t-il.

− Elle fait ses adieux, répondit simplement Arya sans se retourner.

Il ne dit rien puis posa une des nombreuses questions qui lui brûlaient les lèvres:

− Arya, si Kaelig n'est autre que Faölìn, alors Wilhen est…

− … Glenwing, en effet.

− Mais… pourquoi sont-ils vivants ?

− C'est compliqué, Eragon. Ils…

À ce moment, Slytha les rejoignit et vint s'asseoir derrière le jeune homme. Elle lui ceintura la taille de ses bras et Saphira prit son envol.

 

Le voyage se fit dans le silence. Seul Eragon communiquait avec Saphira. Une fois n'est pas coutume, Slytha restait muette.

Le soir du deuxième jour, ils campèrent dans le Désert du Hadarac. Arya prépara le feu de camp et Eragon sortit des fruits, aidé de Slytha.

Ils mangeaient dans le plus grand silence, Saphira étant partie chasser, lorsque Slytha prit la parole:

− Il me semble qu'Eragon a des questions auxquelles on doit répondre, Arya.

− Fais-le, toi, dit celle-ci en prenant un grain de raisin.

Slytha leva les yeux au ciel.

− Tu es chiante. Tu le sais, ça, au moins ?

Arya ne répondant pas, Slytha poursuivit:

− Il a le droit de savoir. Et je m'étonne que tu ne lui aies rien dit. Après tout, tu es tout aussi concernée.

Son amie haussa un sourcil.

Slytha se tourna vers Eragon:

− Bon. Imagine bien qu'il existe d'autres territoires, par-delà la mer. L'un d'eux est une île où vivent des êtres doués de métamorphose. On les appelle les Métamorphes. Il y a une vingtaine de familles, toutes des prédateurs. Dragan est un Tigre Blanc, Kaelig, un Loup, et Wilhen, une hyène. Tu me suis ?

− Plus ou moins. Mais je ne vois pas où tu veux en venir.

− J'y viens. Ces Métamorphes sont parfois transformés alors qu'ils appartenaient à une autre race auparavant. Comme Kaelig et Wilhen. Du coup, ils peuvent nous filer un coup de main. Les Enfants de la Lune est un livre qui répond aux questions, mais uniquement celles liées aux Métamorphes. Si j'écris: Galbatorix a-t-il un lien avec les Métamorphes ? Il me répondra. En revanche, si je lui demande où est Nasuada ? Pfuiit ! Rien du tout. Or, de nombreux elfes ont un lien avec les Métamorphes. À commencer par Arya.

Celle-ci fusilla Slytha du regard. Eragon dévisagea son amie:

− C'est vrai ?

− Bien sûr que oui ! s'écria Slytha. Eh, franchement, quel nigaud tu fais ! Tu crois quoi, hein ? Qu'elle allait te répondre ? Noon… Arya n'aime pas parler d'elle, encore moins des sujets importants ! Alors comme elle va faire son huître si tu lui demandes, c'est moi qui te mets au courant ! Bref, Evandar était un Métamorphe. Et comme c'est aussi génétique, Arya est…

− … une Métamorphe, acheva Eragon dans un souffle.

Il regarda Arya. Rien en elle ne paraissait dangereux. Or, ce qu'il en voyait, Dragan, Kaelig et Wilhen semblaient réellement inquiétants.

« Peut-être parce que ce sont des hommes. » suggéra Saphira en se posant derrière lui.

« e ne pense pas. C'est… trop. Je ne peux pas le croire. »

Il se rendit compte qu'il dévisageait Arya de façon presque insistante. Il détourna le regard, gêné.

− Les Métamorphes adoptent leur forme animale à volonté, mais lors de la pleine lune, ils n'ont pas le choix, continua Slytha. Ils ont un compagnon, leur moi animal, leur moitié. C'est leur Âme. Mais il y a des siècles, un accord fut passé entre eux et nous. Aucun des deux continents ne peut intervenir sur l'autre. Mais les Métamorphes qui sont en Alagaësia en ce moment même sont aussi liés à l'Alagaësia. Ils peuvent donc intervenir, et l'Accord ne peut faire effet sur eux. Dragan est de ceux-là. Sa mère est une Métamorphe et son père vit ici, d'après ses dires. Pour Kaelig et Wilhen, tu sais déjà. Et pour Arya aussi.

− Et Djack ? demanda Eragon.

− Djack est également un Métamorphe.

Eragon resta silencieux. Les révélations de Slytha étaient bien étranges.

« «Tu ne la crois pas ? » s'étonna Saphira.

« Si, mais c'est difficile à accepter, tu ne trouves pas ? Je viens d'apprendre qu'il existe des individus appelés Métamorphes, pouvant se transformer à souhait, qu'il y en a sûrement plein l'Alagaësia et qu'Arya en est une ! »

« Ne la juge pas trop sévèrement. »

« Tu veux que je ne la juge pas trop sévèrement ? » s'étrangla-t-il. « Mais Saphira ! Tout ce que je croyais savoir sur elle n'est que mensonges ! Mensonges, tu m'entends ! Je la croyais combattante, la voilà princesse, je voyais en elle une elfe, et la voilà Métamorphe ! Et encore, je n'ai pas cité toutes les autres fois où elle m'a caché la vérité, où elle m'a dissimulé les faits, laissé dans l'ignorance ! »

« Eragon. Arya ne te doit rien. Tu dois accepter cela. C'est ton amie, certes. Mais elle n'est pas ta femme. Elle est libre, elle n'a aucun compte à te rendre, que cela te plaise ou non. »

Le jeune Dragonnier bouillonnait. Un mensonge de plus. Quand Arya s'arrêterait-elle enfin ? Quand abandonnerait-elle sa carapace ? Quand lui ferait-elle confiance ? Il avait l'impression qu'elle voyait encore un gamin inexpérimenté en lui. Il avait grandi, elle avait tort. Simplement, elle ne daignait même pas s'en apercevoir. Et cela le blessait.

« Que veux-tu que je te dise, Saphira ? Je tiens à elle, je veux son bonheur, elle me repousse. Encore plus lorsqu'elle me cache la vérité. Pourquoi ? Dis-moi, je t'en prie ! »

« Hélas, je n'ai pas de réponse à t'offrir, petit homme. C'est à Arya qu'il faut demander. Alors oui, tu manqueras certainement de tact, oui, elle ne voudra pas te répondre. Mais à toi de trouver les bons mots, les phrases qui feront mouche dans son cœur. Tu en es capable, je le sais. Et puis, réfléchis: Faölìn était son amant, tu ne peux te voiler la face indéfiniment. Elle s'est confiée à lui, elle te l'a dit. Tu peux lui demander, sans non plus violer l'intimité d'Arya. De plus, il était la seule personne à qui elle s'ouvrait. Lorsqu'elle l'a cru mort, elle s'est repliée sur elle-même. Laisse-lui le temps. »

Eragon inspira profondément. Slytha sourit:

− C'est bon ? Tu t'es fait à l'idée qu'Arya mange de la viande ?

Il fronça les sourcils, déboussolé.

− Ben oui. Sous sa forme animale, que ça lui plaise ou non, elle est bien obligée de chasser, donc de manger de la viande. Parce que, n'en t'en déplaise, ma vieille, un prédateur qui mange des fruits et des légumes, ça ne s'est jamais vu ! dit-elle à Arya.

Celle-ci eut un petit sourire.

− Et les Métamorphes peuvent-ils nous aider ? demanda Eragon.

−J'allai t'en parler quand Môssieur le Dragonnier a regardé Arya avec des yeux de merlan frit en réalisant qu'elle pouvait se transformer en prédateu !! Non mais ! Si tu écoutais jusqu'à la fin ce qu'on a à te dire, on gagnerait un temps fou !

Eragon sourit franchement à la remarque de Slytha. Elle n'avait pas tort.

− Bien ! Je disais donc que les Métamorphes liés aussi à l'Alagaësia ne sont pas touchés par l'Accord. Et comme les Métamorphes sont passés maîtres dans l'art de l'esquive, bon nombre d'entre eux pourront nous aider !

− L'art de l'esquive ?

− Oui. il y une loi, et hop ! ils réussissent quand même à trouver un moyen de la contourner en toute légalité ! Si c'est pas génial, ça !

Eragon acquiesça.

− Mais alors, que fait Djack ici ?

Slytha grimaça.

− Ah oui, ça, c'est un peu compliqué. En fait, Djack a une double personnalité. Il a été empoisonné voilà quelques années et quand il parvient à rester lucide, il œuvre pour nous et les Métamorphes. Quand il est en mode "méchant", il est avec Galbatorix.

− Tu es en train de me dire qu'il change constamment de camp, fit remarquer Eragon.

− Oui. Enfin, non ! En fait, c'est compliqué. Je crois qu'il n'y a que lui qui puisse te répondre exactement et de la façon la plus juste qui soit.

En se remémorant leur dernière conversation, à Djack et lui, Eragon en douta. L'elfe, enfin, le Métamorphe l'avait plaqué contre un mur avec une force inouïe avant d'étouffer Arya.

− On ferait mieux de dormir, suggéra Slytha.

« Enfin une idée censée ! » s'exclama Saphira en incluant tout le groupe dans sa réflexion.

Slytha éclata de rire Eragon sourit jusqu'aux oreilles. Cet élan de joie parvint même à dérider Arya.

Saphira étendit ses ailes. Avec son autorisation et celle de son Dragonnier, Slytha vint se coucher sous l'aile droite. Eragon s'allongea sous l'aile gauche et Arya le rejoignit. Il voulut lui parler, lui demander pardon mais l'elfe lui tournait le dos.

Bientôt, le sommeil s'empara des quatre compagnons.