Réveil et décisions

par Ombe

Chapitre 12 : réveil et dures décisions.

 

                Eragon resta dans le coma durant près de trois  mois. Même Angela ne pouvait guérir le poison du roi, et ils n’avaient pas réussi à trouver d’antidote dans le château. Lucena était revenu et Murtagh était partit avec elle en pleine nuit en laissant une lettre à l’intention de son frère ainsi qu’un coffret. Les elfes s’étaient presque tous retirer, sauf Faölin, la garde d’Eragon et Arya. La princesse resta au chevet du Dragonnier sans le quitter une seule seconde, Faölin veillait à ce qu’on lui apporte ses repas dans la chambre du jeune homme et qu’on ne la dérange pas autrement.

                Cela faisait trois mois et sept jours qu’elle veillait sur lui, mais il n’avait toujours aucune réaction, bien que son organisme semble mieux se porter. Elle surveillait constamment son esprit, essayant tous les matins et tous les soirs d’entrer en contact avec lui, mais il était dans le noir le plus total. Arya était en train de passer un linge frai sur son front lorsqu’elle sentit un mouvement dans son esprit, elle tenta aussitôt de le contacter et eut une faible réponse positive. Elle lui fournit de l’énergie et aussitôt la voix du jeune homme se fit entendre dans son esprit :

 

                « Arya ? »

                « Eragon, tu es enfin conscient ! »

 

                Il put sentir la joie de la princesse à l’entente de sa voix et il sourit mentalement, liant son esprit avec celui de l’elfe de son cœur avec plaisir. Ils restèrent silencieux un moment, partageant tout et rien, ne pensant pas, profitant juste de l’instant. Puis, Eragon demanda :

 

                « Combien de temps ? »

                « Trois mois… Tu m’as fait tellement peur. »

                « Je sais, désolé. Mais je ne devrais pas tarder à pouvoir bouger, j’ai juste un peu de mal à ouvrir les yeux, mais je peux sentir ton odeur. »

 

                Elle reçut d’un coup toute les sensations du jeune homme et sourit avant de se pencher sur lui et de déposer ses lèvres sur celles de son amant. Il lui envoya une vague de chauds sentiments avant de demander :

 

                « Que s’est-il passé après la mort du roi ? »

                « Nasuada a réussi à reprendre le contrôle avec l’aide de Murtagh et des elfes et les habitants du pays l’ont plus ou moins acceptée comme reine. Il y a juste Teirm qui a tenu à son indépendance et le Surda qui a gagné quelques villes dans le Nord. Il y a eu quelques révoltes, mais elles ont étaient rapidement stoppées. Nasuada a déjà pris des mesures pour relancer l’économie et s’assurer que plus aucun problème ne survienne en Alagaësia. Elle a l’intention de créer une guilde des magiciens afin que la magie soit contrôlée, tous ceux présentant des dons pour la magie ou le contrôle mentale devront se présenter à la cour et lui jurer fidélité. Elle compte sur toi pour tous les dénicher, une fois que tu seras de nouveau sur pied. Murtagh est partis il y a un peu plus de deux mois avec Lucena, sûrement pour Albion, mais il t’a laissé une lettre et un coffret. Les elfes sont retournés au Du Weldenvarden, mis à part Faölin, ta garde et moi-même. Quant à Roran et les membres de ton village, ils sont partie la semaine dernière pour leur ancien village, Nasuada a nommé ton cousin gouverneur de la vallée de Palancar et il compte bien s’acquitter de sa tâche. Ta nièce, Ismira est née il y a deux mois, eu après le départ de Murtagh et elle est la plus braillarde enfant qu’on ait pu voir. »

                « Je vois, c’est dommage, j’aurais bien dit au revoir à Murtagh, je pourrais toujours voir Roran, mais même si je ne l’aimais pas trop, mon frère va me manquer, surtout que maintenant je suis seul pour gérer la nouvelle génération de Dragonniers. Je suis content pour Roran, il a bien mérité une bonne retraite. Je sens que je vais regretter le coma avec tout le travail qui m’attend. »

               

                Arya sourit et lui caressa les cheveux avant de dire :

 

« Je t’aiderais, ne t’inquiète pas. »

« Mais, et ton travail en tant qu’émissaire de la reine ? »

« Faölin  va prendre ma place, c’est lui l’héritier après tout. »

« Ça ne va pas te manquer ? »

« Si, un peu, mais je m’y ferais. »

 

Il la sentit se lever et l’entendit murmurer :

 

-          Je m’absente juste quelques minutes, repose-toi bien.

 

Elle sortit de la pièce après avoir appelé Nuts, qui vint se placer devant le lit du jeune homme comme gardien. Elle descendit les étages et parcourut les couloirs en croisant quelques serviteurs avant de se retrouver dans la salle à manger où se trouvaient déjà Faölin, Nasuada, quelques nobles et les elfes qui étaient restés au palais. La présence de la princesse en surprit plus d’un et Faölin se leva. Mais voyant l’air tranquille et détendu de sa sœur, il se rassura et dit :

 

-          Je pari que cet idiot va mieux.

-          Il ne devrait pas tarder à se réveiller, confirma Arya en s’asseyant à côté de lui. J’ai pu lui parler mentalement, donc il va bien.

-          C’est une excellente nouvelle, commenta Nasuada. Je suppose que tu l’as mis au courant des derniers évènements.

-          Oui.

 

Arya se mit à manger avec les autres en discutant un peu. Lorsqu’elle eut terminé, elle retourna dans la chambre du jeune homme en portant un paquet contenant des fruits et du pain ainsi qu’une flasque d’eau et de vin. Lorsqu’elle poussa la porte, elle le vit assis en tailleur sur son lit, les yeux fermés et les lèvres s’agitant sans émettre le moindre bruit. Il avait le front froncé et semblait être en proie à un dilemme. L’elfe conclut qu’il discutait avec Saphira, car il n’avait même pas remarqué son entrée. Elle posa le paquet et déballa les fruits sur le plateau posé sur la table et le posa sur le lit non loin du jeune homme avant de s’asseoir et de patienter.

Il sembla finalement arriver à une décision et rouvrit les yeux lentement avant de s’étirer, c’est à ce moment qu’il remarqua l’elfe. La joie qui s’afficha sur son visage était immense et il se jeta dans les bras de l’elfe qui l’accueillit avec plaisir. Il l’embrassa avec une passion qu’elle n’avait pas connue jusque-là et la serra dans ses bras comme s’il avait peur de la perdre. Lorsqu’il la relâcha enfin, elle vit son visage rayonner. Elle sourit à son tour et désignant le plateau :

 

-          Je pense qu’après trois mois, tu dois avoir une faim de loup.

-          Ça c’est sûr, même si Saphira m’a fourni une énergie considérable, rien ne vaut un bon repas.

 

Elle sourit et il mangea tranquillement tout en discutant avec elle des événements qu’elle avait cités. Mais au bout d’un moment, Eragon reprit son air songeur. Arya sentait qu’il essayait de venir à un certain sujet et dit :

 

-          Gérer la nouvelle caste ne va vraiment pas être facile pour moi. Il y a tellement de chose à faire et d’éléments à prendre en compte. Je ne sais pas vraiment comment faire.

-          Tu sais bien, Eragon, que je t’aiderais du mieux que je peux et que tu seras aidé par Saphira, tu t’en sortiras.

-          Ce n’est pas vraiment le problème qui se pose, je sais que j’aurais toute l’aide dont j’aurais besoin. C’est le lieu où je pourrais faire éclore les œufs qui m’inquiète. Saphira et moi, nous avons décidé de laisser les trois premières générations à l’état sauvage. Le problème, c’est que je n’ai trouvé aucun endroit approprié en Alagaësia. Où qu’on regarde, il y a un problème. Le mieux, ce serait loin de toute civilisation et il n’y a que deux endroit pour ça, l’île de Vroengard ou le désert du Hadarac. L’île de Vroengard est maudite, on ne peut pas y retourner, il y a trop de résidu de magie depuis la chute. Quant au désert du Hadarac, il n’y aura pas assez de nourriture pour tous les dragons. Je ne peux pas choisir le Du Weldenvarden, car ce serait favoriser un peuple comparer aux autres et ce serait injuste. Les plaines ne sont pas bonnes non plus car il n’y a pas suffisamment de relief et les caravanes les traverses, la Crête non plus, pas assez d’espace pour le développement des dragonneau et elle est aussi trop dangereuse car c’est là-bas qu’habitent les Urgals. C’est un vrai problème, la seule solution envisageable serait de partir à l’Est, dans les terres inexplorées, pour y construire une nouvelle citée, mais cela reviendrais à quitter l’Alagaësia et à abandonner ceux que j’aime. Or, je ne pourrais jamais me passer de toi et je refuse de te forcer à partir. Que dois-je faire ?

-          Il y a bien les îles ?

-          Trop petites, il n’y aurait pas la place nécessaire.

-          Dans ce cas, il n’y a rien à faire, tu dois d’abord penser aux dragons. Et, je pourrais toujours m’arranger pour convaincre ma mère de m’envoyer auprès de la nouvelle cité afin de garder un lien entre les Dragonniers et les elfes. Elle n’arrête pas de me dire qu’elle fera tout pour me rendre heureuse, et je veux être avec toi, qu’importe l’endroit.

-          Tu ferais ça ? Pour moi…

-          Oui. Je t’aime Eragon, et je ne veux plus être séparée de toi.

-          Je t’aime.

 

Il embrassa l’elfe qui s’était assise à côté de lui dans le lit et la fit s’allonger. Elle eut un sourire espiègle en comprenant, mais ils n’eurent pas le temps d’aller plus loin, quelqu’un frappait à la porte. Ils se redressèrent, tous deux déçu et lancèrent ensemble :

 

-          Quoi ?

-          Dame Nasuada demande le dragonnier au plus vite.

-          D’accord, grogna le jeune homme.

 

Ils entendirent le messager partir et se regardèrent. Arya dit :

 

-          Tu devrais y aller.

-          Tu crois ? Elle a attendu trois mois, elle peut bien patienter encore une heure ou deux.

-          Tu n’es pas croyable, murmura-t-elle en l’embrassant.

-          Je sais.

 

Il sourit avant de fermer la porte par magie et de les isoler totalement.

Trois heures plus tard, ils se levaient difficilement, le temps pressait vraiment. Ils s’habillèrent, Eragon passant par la salle de bain par obligation, Arya juste pour ne pas le quitter. Puis, ils sortirent et se rendirent au bureau de Nasuada.

Lorsqu’ils frappèrent à la porte, la reine leur dit d’entrer. Une fois à l’intérieur, Nasuada dit :

 

-          Je t’attendais plus tôt Eragon.

-          J’étais encore épuisé, j’ai préféré me reposer.

-          C’est ça oui…

 

Elle leur fit signe de s’asseoir et ils s’exécutèrent. Nasuada finit par poser le parchemin qu’elle lisait et regarda Eragon.

 

-          Comment tu te sens ?

-          Suffisamment en forme pour aller à la chasse aux magiciens si c’est ce que tu me demande.

-          Parfait, tu pars après-demain matin pour Teirm. Tu iras ensuite la long de la côte jusqu’au Surda où tu remonteras par le Jiet. Tu as tout le temps que tu veux, mais fais ça bien. Dès que tu trouves un magicien, tu me l’envoi immédiatement. S’il refuse, n’hésite pas à le faire arrêter.

-          C’est tout ?

-          Oui.

-          Très bien. Arya m’a parlé d’une lettre et d’u coffret que m’aurait laissé mon frère. Est-ce que je peux les avoir ?

-          Bien entendu.

 

Elle sortit d’un tiroir le coffret en bois que Murtagh utilisait lors de leur voyage pour communiquer avec Lucena et une lettre cachetée. Il ouvrit la lettre et la parcourut rapidement. Murtagh lui expliquait que Lucena et lui avaient l’intention de se marier et de gouverner Albion jusqu’à ce qu’ils soient trop vieux pour que leur longévité passent pour naturelle et à ce moment-là, ils reviendraient en Alagaësia. Ils avaient emporté les Eldunarì de Doran et Thorn afin de rester en contact avec leurs dragons et Merlin avait réussi à modifier le sort de transfert pour qu’ils puissent s’échanger des lettre via le coffret. Une fois qu’il eut pris connaissance de la lettre, il la brûla et demanda à Nasuada :

 

-          Je peux y aller ?

-          Oui, vas-y. Ah oui ! ce soir il y a un banquet pour fêter ta rémission, ne sois pas en retard, fatigue ou pas.

 

Il hocha la tête et sortit avec Arya. Une fois bien éloigné, il commenta :

 

-          Elle pourrait au moins me laisser un peu respirer.

-          Tu as raison. Tu viens à peine de te réveiller et elle t’envoi déjà en mission.

-          Hum… Tu veux venir avec moi ou tu es trop occupée ici ?

-          Je pense pouvoir me libérer, comme je te l’ai dit, c’est Faolin qui fait l’émissaire maintenant, je n’ai plus grand-chose à faire ici. Donc, voyager un peu ne me fera pas de mal.

-          Merci, au moins ce voyage pourra être un peu plus agréable avec toi en plus.

-          Je dois te laisser par contre, je vais devoir batailler avec ma mère pour ton projet.

-          D’accord, je vais voler avec Saphira. A tout à l’heure.

 

Elle hocha la tête et commença à partir avant de faire demi-tour et d’embrasser le jeune homme. Ensuite, elle partit vraiment. Eragon fut surprit qu’elle s’affiche comme ça, ils étaient en plein milieu d’un couloir, mais finalement il reprit son chemin tranquillement.

Il ne prit même pas la peine de seller Saphira et ils s’envolèrent aussitôt, retrouvant la liberté et la communion qui leur manquait tant.

 

Après son réveil, Eragon passa donc la majorité de son temps à chasser les magiciens et à les envoyer à Nasuada. Il refusa néanmoins la demande de Nasuada qui voulait le voir à la tête de son groupe de magicien. Lorsque les autres eurent prit connaissance de son projet, beaucoup refusèrent, mais ils finirent par se ranger à son avis et ne protestèrent plus. Arya dû cependant batailler ferme avec sa mère pour obtenir le droit de suivre son amant hors de l’Alagaësia. Eragon passa voir son cousin et ce dernier fut triste que son cousin parte comme cela, mais il lui fit néanmoins la promesse de construire son château sur la colline dont ils rêvaient tous les deux dans leur enfance.

Eragon fit aussi ce qu’aucun Dragonnier n’avaient fait auparavant, il parvint à modifier le traiter entre les dragons et les Dragonniers de façon à inclure les nains et les Urgals dans la caste, après avoir obtenu l’accord des deux peuples naturellement. Il organisa aussi des tournois annuels interraciaux afin de régler le problème des combats que devait gagner un Urgals pour obtenir une compagne.

Finalement, au bout d’un an et demi, il put enfin partir par bateau hors du pays avec Saphira Doran, Thorn, Arya, une douzaine d’elfe, cinq nains, sept humains et deux Urgals ainsi que trois œuf fraichement pondu par la dragonne pour les terres de l’Est.

Après tout, Angela l’avait prédit, il quitterait le pays, mais il comptait bien y retourner. Le destin n’est pas immuable.

 

FIN