Chapitre 2 : réveil en pays inconnu

par Ombe

Chapitre 2 : réveil en pays inconnu

 

                Eragon se réveilla à l’aube le lendemain matin et vit que son invitée était toujours endormit. Il ne prit pas le risque de se laver, de peur qu’elle ne se réveil et ne le voit dans le plus simple appareil. Il e vêtit rapidement et sortit en demandant à Saphira de le prévenir dès qu’elle se réveillerait. Il se mit ensuite en route en direction de la tente rouge et trouva Arya qui l’attendait déjà devant. Ils entrèrent après s’être fait annoncé et Nasuada les accueillit joyeusement :

 

-          Eragon, Arya, que me vaut votre visite ?

-          Il faut que l’on te parle de quelque chose, répondit le Dragonnier.

-          Quoi donc ?

-          Hier soir, nous sommes allé sur l’une des collines près de la mer, celle où il y a le cercle de pierre, dit Arya. Et lors que nous discutions, une personne est apparue au milieu du cercle dans une lumière blanche. J’ai détecté des résidus de magie extrêmement puissante et les reste d’un sort de transfert.

-          Qu’avez-vous fait de cette personne ?

-          Elle est dans ma tente, elle ne s’est pas réveillée depuis que nous l’avons trouvée.

-          Je vois. Avait-elle quelque chose sur elle qui pourrait nous indiquer qui elle est ?

-          Dans son sac, il n’y avait qu’une tunique d’entraînement, une robe, une armure et des restes de provisions. Elle avait aussi un livre de magie, je l’ai un  peu feuilleté, il est très intéressant.

-          D’accord, donc elle est magicienne, dit Nasuada.

-          Forcément, répliqua Arya. Sinon comment aurait-elle fait pour venir ?

 

Eragon n’avait pas écouté les dernières paroles qu’avaient prononcées les deux femmes. Il discutait avec Saphira. Il dit finalement alors qu’elles remarquaient son état passif :

 

-          Elle vient de se réveiller, je vais la chercher, nous saurons très vite qui elle est.

 

Il sortit de la tente et se dirigea vers sa tente en trottinant. Lorsqu’il entra, il vit la jeune femme assise sur le lit. Il voyait enfin ses yeux qui étaient d’un bleu saphir profond, pleins de vie. Elle se leva à son arrivée.

 

Lorsqu’elle se réveilla, Sarah était dans une tente de toile blanche. Elle se redressa doucement et vit une couche par terre, le propriétaire de la tente avait dû dormir par terre pour lui laisser le lit. Elle observa la pièce, son sac était posé près du poteau central sur lequel était accrochée sa cape. Elle vit son livre sur une table et fut soulagée qu’il ne soit pas resté au cromlech. Il y avait aussi un baquet dans lequel on pouvait se laver et un bureau sur lequel étaient posés en tas net des parchemins ainsi que plusieurs plumes et une bouteille d’encre.

Elle s’assit sur e bord du lit et réfléchit sur l’endroit où elle pouvait être. D’après les bruits de combat au dehors, il devait y avoir un terrain d’entraînement ou des combats non loin de cette tente. Elle percevait aussi des voix et d’autre sons de la vie courante.

Elle se leva et entendit alors une voix dans sa tête :

 

« Alors ? Enfin réveillée. »

-          Qui est là ?

« Je m’appelle Saphira. Tu ne me vois pas car je suis dehors. Restes ici jusqu’à ce qu’Eragon vienne te chercher, il ne devrait pas tarder. »

-          Tu me parles mentalement ?

« Oui, penses tes réponses, je les entendrais. »

« Mais seuls les dragons et les druides ont le pouvoir de télépathie. »

 

Elle entendit un rire roque venant de dehors, semblable  une cascade de rocher. Elle sentit aussi une pointe d’amusement venant de l’esprit étranger avant qu’il ne disparaisse. Sarah se rassit et patienta un peu.

En effet, à peine quelques minutes plus tard, un homme entra dans la pièce. Il était grand, svelte, de bonne carrure, les cheveux bruns et court, les yeux noisette brillant de curiosité pour la jeune femme. Il avait les traits fin qui lui donnait un air noble et ses oreilles étaient pointues, quant à ses yeux, ils étaient en amandes et à l’oblique, semblables à ceux des chats. Mais ces détails ne retiraient rien à son charme, il était même très mignon.

Elle se leva lorsqu’il entra et demanda :

 

-          Tu dois être Eragon ?

-          Oui, mais comment connais-tu mon nom ?

-          Une personne appeler Saphira m’a dit de t’attendre.

 

Le jeune homme leva les yeux au ciel, visiblement exaspérer. Il garda le regard vide un moment et lorsqu’il revint à lui, il dit :

 

-          Saphira n’arrêtera donc jamais de me jouer des tours.

-          Qui est-ce ?

-          Ma dragonne. Parfois c’est une vraie plaie mais on s’y fait.

 

Un grognement parvint de l’extérieur et il ne put s’empêcher de sourire. Il avait l’air gentil d’après ce que voyait Sarah. Il ajouta :

 

-          Quel est ton nom ?

-          Sarah. Que veux-tu dire par « ta dragonne » ?

-          Saphira a éclot pour moi. Je suis Dragonnier. Mais je t’expliquerais tut en détail plus tard. Il faut que je t’emmène voir Nasuada.

-          Qui est-ce ?

-          Ma suzeraine.

 

Il n’attendit pas plus longtemps et lui fit signe de le suivre avant de sortir. Elle se hâta de mettre sa cape et de rabattre sa capuche avant de le suivre.

Lorsqu’ils furent dehors, elle vit une immense dragonne saphir qui les observait d’un œil amusé. Ce devait être Saphira. Elle suivit Eragon dans un dédale de tente. Il dit :

 

-          Je suppose que tu n’es pas d’ici ?

-          Non.

-          Très bien, voilà le résumé, tu es en Alagaësia, dans le campement Vardens. Nous nous battons pour retrouver notre liberté face à un roi tyran appelé Galbatorix. Je te raconterais toue l’histoire plus tard.

-          Est-ce que tu as entendu parler d’un dragon émeraude nommé Doran ?

-          Non, le seul dragon émeraude dont j’ai entendu parler est entre les mains de Galbatorix et est encore dans son œuf.  Pourquoi ?

-          Pour savoir.

 

Le jeune homme tourna la tête vers elle est haussa les épaules. Ils poursuivirent leur chemin jusqu’à une tente rouge. Des gardes les empêchèrent d’entrer et Eragon se porta garant de Sarah pour qu’il les laisse passer. Ils entrèrent et Sarah vit deux femmes dans la tente, l’une à la peau noire était assise dans un siège massif en bois, l’autre était debout et avait les mêmes traits étranges qu’Eragon aux oreilles et aux yeux. Eragon dit :

 

-          Je vous présente Sarah. Sarah, voici Nasuada –il désigna la femme noire- et Arya, l’ambassadrice des elfes –c’était l’autre personne.

 

Sarah baisa la tête et dit :

 

-          Enchantée.

-          Nous de même, dit Nasuada. Eragon et Arya m’ont dit t’avoir trouvé dans un cercle de pierre. D’où viens-tu ?

-          Je viens d’un autre pays nommé Bretagne, du château de Camelot plus précisément. Mais je pense que vous ne savez pas où c’est.

-          Effectivement, dit Nasuada.

-          Comment as-tu fais ce sort de transfert ? demanda l’elfe.

-          Je me suis servie des curant magique circulants à la pleine lune dans les cromlechs.

-          Qu’est-ce qu’un cromlech ? demanda Eragon.

-          Les cercles de menhir, là où vous m’avez trouvée.

-          Je vois, dit Nasuada. Mais pourquoi avoir quitté les tiens ?

-          Je n’avais pas ma place là-bas. Doran m’a conseillé de partir afin de mettre mon destin en route.

-          Qui est Doran ? demanda Eragon. Tout à l’heure tu m’as demandé s’il n’y avait pas un dragon portant ce nom ici.

-          C’est un dragon, et un ami. Il a la réponse à tous les problèmes et est bien plus imposant que Saphira. Malheureusement, c’est le dernier dragon existant chez moi. Il est enfermé dans une grotte souterraine d’où il ne pourra jamais ressortir. C’est mon grand-père Hutter Pendragon qui l’y a enfermé après avoir fait bannir la magie du royaume.

-          C’est horrible, dit Arya. Comment peut-on faire une telle chose ?  

-          Je suis bien d’accord, mais mon père refuse de le libérer et continu de faire la chasse aux magiciens. S’il savait qu’il en héberge deux, il serait vert.

-          Qui est ton père ? demanda Nasuada.

-          Le roi Arthur.

-          Tu es donc une princesse, dit Eragon. 

-          Malheureusement oui, et c’est plus ennuyeux qu’autre chose. Surtout quand on a un père possessif.

-          Qu’est-ce qui nous dit que tu dis la vérité ? demanda Nasuada.

-          Quel intérêt aurais-je à mentir ?

-          Nous sommes en guerre, il y a plein de raison de mentir. Si tu le permets, Eragon va vérifier la véracité de tes propos.

-          Quelqu’un d’autre ne peux pas s’en charger ? je déteste entrer dans l’esprit des gens et regarder leur vie.

-          Eragon, c’est un ordre.

 

Le jeune homme soupira avant de se tourner vers Sarah. Cette dernière haussa les épaules et dit :

 

-          De toute façon, je n’ai rien à cacher.

 

Eragon étendit son esprit jusqu’à frôler celui de Sarah et examina ses souvenirs. Elle disait bien la vérité et il découvrit la véritable raison de son départ des siens, l’union forcée avec un idiot. Il ne s’attarda pas plus longtemps qu’il le fallait pour voir qu’elle ne mentait pas. Lorsqu’il revint dans son corps il dit :

 

-          Elle ne ment pas.

-          Très bien, dit Nasuada. Et que comptes-tu faire ici Sarah ?

-          Pour le moment, je vais rester et vous aider du mieux que je peux. Enfin, si vous le permettez.

-          Bien sûr, un magicien de plus peut toujours aider, fit Nasuada. Je vais te faire monter une tente. Eragon te montrera le campement et répondra à tes questions.

-          Et je n’ai même pas mon mot à dire, grogna le concerner en ancien langage.

-          Qu’est-ce que tu as dit ?

-          Rien de spécial.

« Soumit. »

« Tais-toi Saphira. »

 

Eragon leva les yeux au ciel et Arya dit, amusée :

 

-          Je parie que tu viens de parler avec Saphira.

-          Comment as-tu deviné ?

-          Tu as presque à chaque fois l’air exaspérer lorsque tu parles avec elle.

-          C’est vrai, ajouta Nasuada.

-          Normal, elle EST exaspérante. Je vais y aller maintenant, si ça ne vous dérange pas.

 

Nasuada hocha la tête et le jeune homme sortit, suivit de Sarah. Il l’emmena jusqu’à sa tente en répondant à ses questions. Elle en avait beaucoup et à chaque fois qu’il répondait, deux questions ressortaient de sa réponse. Ils passèrent un long moment à parler sous la tente du jeune homme. Il découvrit que Sarah était très intelligente et pleine d’esprit. Il prit plaisir à discuter avec elle.

Il apprit qu’elle savait se battre à l’épée et que seul son père pouvait la vaincre au tir à l’arc. Elle lui parla aussi de ses pouvoirs, du fait qu’elle puisse déplacer les objets sans parler depuis sa naissance ou autre phénomènes. Elle lui parla de son monde, des règles à suivre, de la façon dont elle avait appris la magie auprès de Merlin, le meilleur ami de son père, des créatures magiques, des sorciers maléfiques et des druides.

Eragon quant à lui, lui expliqua les raisons de la guerre, la naissance des Dragonniers, comment il en était devenu un, l’histoire générale de l’Alagaësia. Il lui parla des elfes, des Knurlan, des Urgals, des merveilles de Farthen Dur et des autres villes naines ainsi que des actes de magie autonomes comme le cristal d’Eoam. Il lui raconta son enfance et lui dévoila son histoire de famille.

Ils discutèrent durant la matinée et empiétèrent un peu sur l’après-midi. Finalement, ils se rendirent aux cuisines afin de manger. Les Vardens s’étonnaient de la présence de la jeune femme inconnue auprès de leur Dragonnier, surtout qu’ils semblaient bien s’entendre.

Après le repas, il lui proposa un duel pour voir jusqu’où allaient ses capacités. Elle accepta volontiers et ils se rendirent au terrain d’entraînement. Ils se trouvèrent un endroit tranquille et Sarah retira sa cape, dévoilant une tunique rouge avec un pantalon noir léger et un gilet sans manche de cuir.

Ils se mirent en garde alors que les Vardens étaient de plus en plus nombreux à lever la tête pour les observer. Eragon remarqua Arya qui les observait de loin appuyée contre le poteau d’une tente. Il se secoua mentalement et se concentra sur Sarah. Sa garde était excellente, ne lassant aucun angle mort. Il s’avança et attaqua à la vitesse elfique qui était désormais la sienne. Elle esquiva sur le côté et porta un coup dans sa tête, il para et plaça un contre rageur vers le ventre de la jeune femme. Elle esquiva de nouveau et attaqua avec vivacité. Elle n’avait certes pas la même vitesse que lui, mais elle avait les yeux perçants et une excellente technique. Eragon sourit, il allait bien s’amuser.

Ils combattirent durant un quart d’heure, mais Sarah n’était pas de taille face à un demi-elfe. Elle perdit de l’énergie et Eragon prenait facilement le dessus. Il finit par la désarmé d’un mouvement du poignet et elle leva les mains pour dire qu’elle avait perdu. Une clameur s’éleva des Vardens qui observaient, c’était rare de tenir aussi longtemps face à Eragon lorsqu’on est humain, et le fait qu’elle soit une fille ne leur donnait que plus de respect pour elle.

Elle rangea son épée et récupéra sa cape dont elle rabattit encore la capuche. Eragon quant à lui jeta un regard dans la direction où se trouvait Arya au début du duel mais elle avait disparu. Il la chercha des yeux mais ne la trouva nulle part. Sarah l’observa et remarqua un scintillement non loin  de lui, plus en arrière dans la foule. Elle se concentra dessus pendant qu’Eragon avait la tête ailleurs.

Un poignard vola alors dans la direction du jeune Dragonnier, Sarah réagit instinctivement et le contrôla mentalement. Il dévia de sa route et se planta dans l’une des cibles sur lesquelles on s’entraînait au tir à l’arc. Le silence se fit sur le terrain, Eragon avait vu le poignard trop tard pour réagir et personne n’avait entendu de formule magique. Le jeune homme se tourna vers elle et elle eut un léger mouvement de la tête, confirmant son doute.

Il s’éloigna du terrain, suivit de sa garde et de Sarah. Les Vardens discutèrent encore un moment avant de se disperser. Eragon emmena Sarah dans sa tente et demanda dès qu’ils furent seuls :

 

-          C’est toi qui as dévié le poignard ?

-          Oui, je te l’ai dit, c’est instinctif, je suis capable de déplacer des objets selon ma volonté.

-          Mais il n’y a pas de risque que tu te déconcentre ?

-          Jusque maintenant, il n’y a jamais eu de problème quelconque.

 

Eragon hocha la tête et poussa un soupir en s’asseyant sur son lit. Il dit :

 

-          Je dois aller parler avec Nasuada, je peux te laisser seule ou pas ?

-          Vas-y, c’est bon. Je sais me débrouiller.

 

Eragon hocha la tête avant de se lever et de sortir. Il se rendit à la tente rouge en croisant plusieurs Vardens en route. Il voulait parler avec elle de son droit de voyage. Lorsqu’il arriva, il eut la surprise de voir qu’Arya était aussi présente. Elle répondit à sa question muette :

 

-          Je suis concernée par ce voyage. Et puis, vu comment tu argumente, il vaut mieux que je vienne avec toi pour la convaincre.

-          Tu as raison. Mais je n’argumente pas si mal que ça.

 

Arya eut un sourire de celle qui sait et Eragon leva les yeux au ciel. Il n’y avait pas que Saphira qui parvenait à l’exaspérer. Ils entrèrent dans la tente et discutèrent durant un long moment avant que Nasuada ne cède. Eragon allait la remercier lorsqu’elle précisa :

 

-          Mais je veux que vous emmeniez Sarah avec vous. Tu sembles bien t’entendre avec elle Eragon. Je veux qu’elle soit sous surveillance durant un moment.

-          D’accord, se résigna le jeune homme.

« Moi qui voulais être seul avec Arya. »

« Justement, Sarah sera là pour te modérer, je trouve que c’est mieux comme ça. »

 

Eragon ne répliqua pas et s’inclina devant Nasuada. Saphira avait raison. Il sortit de la tente et retourna  la sienne, un Vardens vint le voir en chemin pour le prévenir qu’une tente avait été montée pour Sarah à côté de la sienne. Il retrouva la jeune femme sous sa tente, elle était en train de lire son livre. Il lui dit en s’asseyant :

 

-          On t’a mis une tente à côté de la mienne.

-          Merci.

 

Elle se leva, prit son livre et son sac et mit sa cape avant de sortir. Eragon la suivit et lui montra sa tente. Elle y entra et il retourna chez lui. Il fallait qu’il prépare ses affaires.

Alors qu’il finissait de boucler son sac, quelqu’un frappa à la porte. Il se redressa et espéra une visite d’Arya. Il dit :

 

-          Entrez.

 

Effectivement, c’était elle. Il lui sourit un quart de seconde avant de demander :

 

-          Que me vaut ta visite ?

-          Je voulais juste te prévenir que nous partions à l’aube. Rendez-vous à la porte Nord.

-          D’accord, tu préviens Sarah ou je m’en charge ?

-          Je te laisse faire.

 

Il hocha la tête et demanda :

 

-          Tu voulais autre chose ?

-          Non. J’y vais. À demain.

 

Il sourit et elle sortit. Il attendit quelques minutes avant de sortir à son tour. Il frappa au poteau à l’entrée de la tente de Sarah et elle lui demanda d’attendre deux minutes. Elle apparut bientôt dans l’entrée et demanda :

 

-          Qu’est-ce qui se passe ?

-          Je venais simplement te dire que nous partions demain à l’aube, on se retrouve à la porte Nord. Tu viens avec nous, c’est Nasuada qui nous a demandé de t’emmener.

-          Très bien, à demain alors.

 

Il se retourna et partit dans sa tente, Sarah fit de même. Elle prépara ses affaires, ce qui était vite fait et se coucha. Le lendemain, elle allait monter pour la première fois sur le dos d’un dragon, elle était un peu anxieuse à cette idée. Elle finit par s’endormir tard dans la nuit.