Histoire de fantômes

par Captain Antheus

Après cette semaine de cours à Neuvartault et un weekend passionnant, le calme matinal est d’autant plus appréciable. Les rayons du soleil viennent se refléter dans la Tour Prismatique, comme chaque matin de beau temps. Augustine profite de ce moment paisible comme à son habitude, accompagné cette fois par ses nouveaux compagnons ; Grenousse et Cabriolaine semblent apprécier cet instant autant que lui.

La porte-fenêtre s’ouvre sur un Lysandre qui vient tout juste de se réveiller, il se défait de la couverture jetée sur ses épaules et s’étire sous les premières lueurs du jour. Les deux hommes se saluent, et le garçon roux caresse à la fois les deux Pokémons de son ami. Feunnec se joint à eux et s’étire lui aussi, son dresseur lui donne une brindille dont il raffole. « Je pense que personne ne verra d’inconvénient à ce qu’on leur fasse visiter un peu la ville.

Augustine s’immobilise, les yeux grands ouverts, il cache sa surprise derrière sa main. Lysandre hausse un sourcil et lui demande :

Augustine se redresse et arbore soudainement une mine très sérieuse. Un visage que son ami ne lui connaissait pas.


Les deux hommes font la promesse silencieuse de protéger leur amie, ils échangent un commun accord, acquiesçant silencieusement. Ils vont s’entraîner dur, car dans l’éventualité qu’ils doivent affronter un ennemi, il leur faudra être au niveau.

Cabriolaine se relève et vient se frotter contre son dresseur, il sent sa tension et ses peurs. Lysandre lâche un soupir satisfait. « C’est vrai que tu ferais presque peur avec cette mine aussi sérieuse », souffle-t-il en donnant une nouvelle brindille à Feunnec. Lui aussi sent que quelque chose ne va pas.


Ils rentrent lorsque Eerider est réveillée, afin de partager le petit-déjeuner. La mère d’Augustine a préparé une fournée de croissants, du thé, du jus de fruit, mais aussi des Pofiteroles pour les Pokémons. Les deux hommes s’emparent d’une des friandises en douce et la mangent sous le regard amusé de leur amie. Lorsque le rouge leur monte aux joues, ils grimacent et se jettent soudainement sur la carafe de jus de fruit. « Allons les garçons, ceux-là ne sont pas pour vous.

Les deux femmes sont prises d’un fou rire, leur bonne humeur est cependant contagieuse.


Le petit groupe profite de la matinée pour se reposer et jouer avec les Pokémons, ces derniers s’entendent très bien avec les nouveaux compagnons des trois amis. Le midi, ils mangent beaucoup, en prétextant avoir besoin de forces pour se promener, ce qui n’est pas pour déplaire les parents d’Augustine, au contraire, ils sont même plutôt contents de les voir si énergiques. « C’est bon pour votre croissance ! » avait clamé le paternel en resservant une double ration à chacun.

Apprêtés comme des athlètes sur le point de départ, les trois amis s’empressent de gagner le pallier de l’immeuble. Avant qu’ils ne descendent, le couple leur apporte de quoi se protéger du soleil ainsi que des gourdes remplies d’une eau rafraîchie par une poignée de glaçons. Le paternel glisse quelques Pokéballs et potions dans les poches de chacun. « Vous êtes prêts pour l’aventure ! » les saluèrent-ils avec un grand sourire.


Eerider se saisit d’une de ses Pokéballs et la regarde avec avidité. Une idée lui vient à l’esprit, après tout, c’est une dresseuse, elle a besoin d’une équipe pour l’aider dans ses aventures. Elle s’empresse de courir dehors. Lorsque ses amis la rejoignent, elle leur fait face et tend les bras. « Regardez ce monde qui nous entoure ! Il est plein de Pokémons qui n’attendent qu’une chose : qu’on les attrape et qu’on devienne amis avec eux ! La ville communique avec différentes routes, et même le Château de Combat ! Je vous propose un concours de celui qui aura la meilleure équipe !

Lysandre et Augustine échangent un regard perplexe.

Lysandre se retient à nouveau de rire, mais il se ravise quand la jeune fille lui adresse un regard moqueur.


Les voilà partis par la Route 14, Laie Romant-sous-Bois. Les lieux ne sont pas des plus rassurants ; une végétation particulièrement dense, les chemins endommagés et des marécages les accueillent froidement. « Eri, tu es sûre de toi ? Cet endroit n’a pas l’air très sûr…

Lysandre hoche la tête et intervient :


Ils avancent tranquillement et commencent ainsi leur chasse. Au nord, ils remarquent une maison. Eerider s’empresse de s’y rendre tout en expliquant : « Les légendes urbaines racontent que cette maison est hantée ! Je suis sûre qu’il y a plein de Pokémons Spectres là-dedans ! Venez ! »


Pourtant, tout ce qu’ils trouvent dans cette maison n’est qu’un vieil homme en train de boire le thé. Il se retourne et leur sourit, puis pose sa tasse et se lève. « Ah ! Bonjour les enfants.

Les trois dresseurs se figent à l’unisson, même Eerider ne peut réprimer une peur soudaine. L’homme reprend :

Alors qu’ils font demi-tour, la porte claque violemment. L’homme s’approche et leur sourit de plus belle. Il les regarde avec une mine particulièrement effrayante. « Allons les enfants, vous n’allez pas faire de la peine à un vieillard ? Je veux juste vous raconter une histoire, ensuite je vous laisse tranquille.


Le petit groupe obéit sans un mot et tous trois s’asseyent. L’homme leur sert du thé encore fumant dans les trois tasses posées devant eux. Ni Eerider, ni Augustine, ni Lysandre ne trouvent la force de dire quoique ce soit.

L’homme s’assied à son tour et commence à raconter son histoire.

Tout a commencé quand il s’est perdu en pleine nuit dans ces marécages. Avec la pluie et le froid, il a préféré s’abriter dans cette maison. À l’intérieur, tout semblait désert, et l’électricité semblait coupée depuis longtemps. Piqué de curiosité, il a donc commencé à explorer les lieux, éclairé à la faible flamme de son briquet. Il était épuisé, et cherchait donc un endroit où dormir, mais à la place, il est arrivé à la cuisine. Sa curiosité grandissante, il a examiné la pièce. C’est là qu’il a vu un homme dans le coin, protégé dans l’ombre de la nuit. Il était assis à même le plancher. En s’approchant de lui pour lui expliquer qu’il était perdu et qu’il souhaitait passer la nuit chez lui, il s’est fait crier dessus. « Reculez ! » Cela l’avait stoppé net et inquiété. L’homme sur le sol a donc expliqué : « Ce n’est pas à vous que je parle.

À ces mots, la flamme du briquet fut soufflée dans un puissant courant d’air qui l’a terrifié.


Lysandre, Augustine et Eerider s’écrient en même temps, coupant l’homme dans son histoire. Il rit doucement et glisse de l’index une photo sur la table. « Pour vous remercier de m’avoir écouté. Pardonnez-moi si je vous ai terrorisé, ce n’était pas mon attention. À vrai dire, ce sont toutes ces histoires d’esprits qui ont fait la réputation de cette maison que l’on dit hantée. Il ne s’agit de là que des petites farces de Pokémons : Fantominus, Spectrum et Ectoplasma. Oh, et il y en avait un quatrième mais j’ai oublié son nom. Quoiqu’il en soit, rentrez bien chez vous ! »


Une fois sortis, les trois dresseurs se regardent. Eerider observe la photo et remarque que l’enfant dessus ressemble beaucoup à leur mystérieux hôte. « On peut dire que cet homme est le champion en termes d’histoires flippantes ! Il m’a bien fait peur avec cette histoire d’Hommes sans visages.

Lysandre secoue la tête pour rejoindre leur avis. Il se retourne encore une fois vers la maison et regarde en direction de la fenêtre. Il est à peu près certain que ce fantôme continue de raconter des histoires pour se souvenir de la sienne afin de ne pas quitter cette maison, probablement à cause de ses compagnons. En revanche, il se demande si ces « Hommes sans visage » étaient une farce de plus ou quelque chose de bien plus terrifiant encore.