Le début d'un long apprentissage

par Captain Antheus

  Le jour se lève sur la ville d’Illumis, la rosée matinale et la ville qui s’éveille peu à peu. Un tout jeune garçon observe en silence le paysage, appuyé sur le balcon de l’appartement où il vit avec ses parents. Lorsque les premiers rayons du soleil viennent se refléter sur la Tour Prismatique, le garçon s’étire et regarde à sa montre, il compte mentalement le nombre de secondes avant que ses parents ne viennent le réveiller. Il rentre dans le salon lorsque sa mère s’apprêtait à l’appeler. Elle vient le serrer dans ses bras et le féliciter, son père les rejoint peu après. « Tu vas devenir un grand dresseur, je ne doute pas de toi fiston ! clame la jeune femme.

   C’est le fruit de ton travail ça ! rajoute son père.

  Le garçon ne peut réprimer sa gêne, il baisse les yeux et se gratte la nuque. Il réplique :

   Merci, mais ce n’était pas très compliqué. Je ne peux pas en dire autant de ce qui m’attend à l’école.

   Pense à prendre des photos ! La ville de Neuvartault est sans doute très jolie. Le style provincial a son charme aussi.

   D’accord, j’y penserai.

  Un Zigzaton vient trouver le garçon qui le prend aussitôt dans ses bras.

   Tu as toujours eu une familiarité facile avec les Pokémons, tu ne peux que réussir, mon fiston. »

 

  Ils prennent un petit-déjeuner copieux puis le garçon s’en va, content de voyager et de commencer ses études. Sur le chemin pour aller à la gare, il croise celui de son voisin, un garçon roux aux yeux bleus et brûlants de détermination. Sa tenue est distinguée, trahissant des origines nobles quelque part dans son éducation. Ils échangent un bref regard avant de rejoindre la gare. Une jeune fille attend le train et tourne les talons lorsqu’elle voit les deux garçons arriver, ces derniers devinent qu’il s’agit d’une future camarade de classe.

 

  Sur le chemin de Neuvartault, les trois compères commencent tout juste à sympathiser. « Cette école va me permettre d’être infirmière Pokémon, c’est mon rêve ! Et les vôtres, c’est quoi ? demande la jeune fille.

   Je verrai ce qui s’offre à moi, répond le garçon roux.

   Pour ma part… Hum… Je rêve de faire de grandes découvertes par rapport aux Pokémons, mais aussi à nous. Il existe peut-être de nouveaux mondes à découvrir ! répond son nouvel ami.

   Un peu comme des multitudes d’univers ? Ça a l’air fascinant ! Je veux bien t’accompagner dans cette quête. Tes Pokémons pourront compter sur moi pour en prendre soin en cas de besoin.

  Ils pénètrent dans l’école et, avant de prendre place à une table, la jeune fille s’exclame :

   Au fait, je m’appelle Eerider Verwin, vous pouvez me surnommer Eeri. Et vous ?

   Je m’appelle Lysandre.

   Moi c’est Augustine Platane. »

 

  Des rires se font soudainement entendre dans leur dos. Un petit groupe de trois adolescents, ils ne cachent pas leur fou rire en adressant un regard narquois à leurs camarades. Agacé par leur accès d’euphorie soudaine, Lysandre se dresse face à eux, qui ne semblent pas pour autant troublés par sa présence. « Augustine… ce prénom est celui d’une fille ! Et puis qui porte encore ce genre de prénom de nos jours ? pouffe une jeune fille aux cheveux roux foncé.

   Et puis il n’a pas les pré-requis pour réussir. Enfin, si. Il réussira parce qu’il est d’une famille aisée ! rajoute son amie aux cheveux verts.

  Elles se calment sous l’insistance de Lysandre qui refroidit cette ambiance. La situation inconfortable gêne Eerider et Augustine qui se regardent et s’assoient en silence.

   Vous êtes bruyantes ! tonne Lysandre en frappant la table de ses mains, ayant pour effet de faire reculer les trois jeunes gens. Et puis moi je le trouve très bien son prénom ! Il est noble et signifie « vénérable », les gens nobles qui portaient ce nom étaient l’égal des dieux !

   Oulah ! Faut pas l’énerver cette petite tête d’Hélionceau ! se défend la jeune fille aux cheveux verts. Pardon monsieur le noble !

   On verra si sur le terrain il est aussi puissant que les dieux, pffahahaha ! »

 

  Le claquement sec d’une règle sur un bureau les stoppe tous. L’enseignant fait signe que chacun se mette à sa place et calme ses ardeurs avant de commencer son premier cours. La première heure est consacrée aux présentations ainsi qu’aux bases à connaître pour tout dresseur. Enfin, vient le moment où chacun vient choisir son premier Pokémon. Lysandre choisit un Feunnec aussi calme que solide. Eerider choisit Marisson, fier et résistant. Augustine choisit Grenousse, d’abord il lui présente une main amicale que le Pokémon examine d’un œil curieux, puis se jette sur son nouveau dresseur qui l’accueille chaleureusement. La jeune fille rousse qui s’était moquée de lui un peu plus tôt soupire, puisque c’est ainsi, elle choisit Marisson.

  La dernière heure se clôture par un petit tournoi amical entre chaque élève pour faire plus ample connaissance et évaluer leur niveau. Il n’est donc pas question de perdants ni de vainqueurs, ce qui n’empêche pas certains de repousser toutes les limites. Augustine fait face au garçon qui accompagne les deux jeunes filles impétueuses, et qui s’est présenté sous le nom de Xanthin. Ce dernier a également choisi un Grenousse, et il semble plus intéressé par le combat que mène Lysandre face à Eerider, laissant une chance à son adversaire, mais au dernier moment, il contre-attaque, profitant de la garde baissée du Grenousse adverse. Il remarque qu’Augustine griffonne sur les pages d’un carnet qu’il remet dans la poche de son pantalon. « Merci Xanthin, j’ai beaucoup appris grâce à toi. La prochaine fois, tu ne m’auras pas aussi facilement ! »

Lorsqu’il lui tend la main, Xanthin ne lui accorde qu’un bref salut avant de s’en aller.

 

  Eerider surprend son nouvel ami et suit son regard. « Alors petit génie, tu nous fais quoi là ? Celui-là traîne avec ces deux pimbêches, Brasénie et Ancolie.

   Il a du potentiel, et je pense qu’il les modère mais qu’il n’éprouve pas plus de sympathie.

   Ton cœur est bon, tâche de faire attention, il est très facile de briser quelqu’un d’aussi bon.

  Augustine se retourne vivement.

   De quoi tu parles ?

   Mon père… était quelqu’un de bon, malheureusement, il a basculé dans une organisation mauvaise. Nous nous sommes échappées avec ma mère, c’est comme ça que je suis arrivée dans la région de Kalos.

   Oh… désolé. »

  Eerider secoue la tête et lui répond d’un sourire qui se veut rassurant.

Ils sont rapidement rejoints par Lysandre qui leur propose de prendre un goûter dans le café du coin.

 

  « Fuah ! Cette première journée de cours était longue ! Cela dit, je suis plutôt contente, en plus notre enseignant est sympa », soupire Eerider en s’étendant sur la table du café. « Je crois que Marisson m’aime déjà beaucoup, c’est le plus important ! En revanche, ça n’est pas au point d’Augustine et Grenousse, tu as une véritable familiarité avec les Pokémons !

   J’ai grandi bien entouré. Les Pokémons sont vraiment des entités charmantes qui nous aident au quotidien et qui nous permettent de vivre des aventures incroyables.

   Lysandre aussi s’entend très bien avec son Feunnec. Vous allez bien ensemble, il est calme et fait preuve d’une grande combativité. Il peut se montrer très vif, comme toi quand tu as remis les pimbêches à leur place.

   J’ai aussi grandi bien entouré, mon père a un Sépiatop avec lequel j’adore jouer, répond Lysandre en haussant les épaules.

   Je suis la seule qui n’a pas eu vraiment cette chance, notre Psystigri est tombée gravement malade, et Monorpale reste à ses côtés. Ma mère s’en occupe beaucoup mais ce n’est pas très beau à voir.

   C’est pour ça que tu veux devenir infirmière Pokémon ? demande Lysandre, intrigué par cette histoire.

   Oui, j’aimerais être capable de soigner cette petite, mais nous ne savons même pas ce qu’elle a. Sauf que, le temps que j’y parvienne… »

 

  Eerider froisse son short et baisse la tête. Ses deux amis viennent la prendre mutuellement par les épaules pour la réconforter. Augustine laisse son regard se perdre dans le lointain, il se doute que ce sont là les répercutions de sa fuite avec sa mère, et probablement des actes de son père, mais il préfère ne rien dire. Remuer le couteau dans la plaie n’est pas une bonne idée. Il regarde Eerider et lui dit, tout sourire : « Ne t’en fais pas, tu y arriveras. Tu as l’air de beaucoup les aimer, ce puissant lien donnera la force à Psystigri et Monorpale de t’attendre et recevoir tes soins. »

Lysandre acquiesce ces paroles avec un sourire agréable et déterminé, rassurant Eerider qui retrouve le sourire.