Chapitre 2

par Brunhild

 

 

 

Chapitre 2

 

 

 

Fang s’étira comme un chat et bâilla bruyamment. Sans un mot, elle se leva pour se préparer du café et pendant que la cafetière chauffait, elle roula une cigarette. La chasseresse ouvrit la fenêtre, actionna son briquet et inhala une première bouffée.

Lorsque le café fut prêt, Fang alla se verser du café dans une tasse avant de revenir à la fenêtre, cigarette toujours en main, et trempa ses lèvres dans le liquide brûlant.

Lorsqu’ils avaient vaincu le dieu Bunhivelze, Fang s’était retrouvée au milieu de nulle part. Elle avait dû marcher jusqu’au village situé non loin pour rejoindre la ville la plus proche, Néo Bodhum. Dans ce nouveau monde, rien de Cocoon ou Gran Pulse n’avait subsisté. Les constructions étaient en pierre, les moyens de transports étaient moins avancés que ceux d’avant : motos, voitures, métro, vélo.

La chasseresse avait voulu retrouver ses amis et compagnons d’aventures, mais impossible de les localiser, exceptée Vanille. Cette dernière était dans la même ville et avait réussi à trouver du travail dans une société de production. Prenant son mal en patience quant au reste du groupe, Fang avait donc loué une chambre d’hôtel avec ses maigres moyens, et avait acheté un téléphone portable. Elle savait qu’elle finirait par tous les retrouver.

 

♦♦♦

 

Une main s’agita devant ses yeux et la jeune femme entendit des doigts claquer :

‒ Hé oh, Fang, tu m’entends ?

‒ Hein ? Oh, euh, désolée Vanille.

Fang eut la politesse de paraître gênée devant la moue boudeuse de Vanille.

‒ Tu pourrais au moins écouter quand je te parle !

‒ Ouais, désolée, je pensais à autre chose.

‒ À quelqu’un d’autre surtout !

La Pulsienne ne répondit rien, et Vanille ne s’y trompa pas. Avec un sourire, elle s’assit sur le dossier du canapé :

‒ Tu sais, elle habite à quelques rues d’ici…

‒ C’est vrai ? demanda Fang, tentant de masquer l’enthousiasme dans sa voix.

‒ Bien sûr que c’est vrai, puisque je te le dis !

‒ Et c’est maintenant que tu me le dis ?

Fang croisa les bras, vexée.

‒ Je te signale que tu passes ton temps enfermée, soupira Vanille. Et je te signale que Serah a gentiment accepté de m’héberger chez elle, je la vois donc tous les jours et c’est elle qui m’a dit que Light habitait pas loin.

‒ Il faut que j’aille la voir.

 

♦♦♦

 

Fang observa les alentours. Elle se trouvait dans ce qui semblait être un quartier résidentiel. Les maisons étaient neuves, à en juger par la blancheur éclatante des murs et la propreté des toits. Elle avança afin de regarder les boîtes aux lettres, et s’arrêta lorsqu’elle trouva ce qu’elle cherchait : Mlle Farron Claire.

‒ Claire ?

La jeune femme se doutait que Lightning n’était pas le véritable prénom de son amie, mais elle n’avait pas imaginé une seule seconde ce qu’il pouvait en être, encore moins qu’elle s’appelait en vérité Claire.

Le jour commençait à décliner, aussi la chasseresse se dit que Lightning devait être rentrée du travail. Vanille lui avait dit que l’ancienne Libératrice avait repris son poste de sergent à la Garde Civile. Aussi la chasseresse sonna.

Pas de réponse.

Elle remarqua des volets à demi fermés et s’introduit sur la propriété. Elle s’avança et constata que la raison de cette demi-fermeture était l’ouverture des fenêtres. Le rebord était suffisamment bas pour qu’elle puisse s’y introduire sans problème. Avec un sourire, elle glissa son bras dans l’interstice afin de déverrouiller les volets, et quand cela fut fait, elle se hissa sur le rebord de la fenêtre avant de se laisser tomber sans un bruit à l’intérieur. Satisfaite, elle referma les volets derrière elle et s’aventura dans la pièce, qui se révéla être la cuisine. Les meubles étaient rouge foncé, et le plan de travail, gris anthracite. Le tout était design et moderne, simple et fonctionnel. Il y avait une partie bar, et de l’autre côté, deux chaises à la hauteur adéquate. La cuisine donnait sur la salle, où se trouvait un canapé d’angle au centre, face à la télévision, laquelle était contre le mur, à gauche de la porte d’entrée, du point de vue de Fang.

Entre la salle et la cuisine, il y avait des escaliers, enfin, essentiellement des marches lisses et impeccables. Fang y alla et monta à l’étage, passant chaque recoin au crible, observant tout avec intérêt. En arrivant, elle fut accueillie par la salle de bain, dont la porte était fermée. En silence, Fang ouvrit, curieuse de ce qu’elle y découvrirait.

Il y avait une douche à l’italienne, spacieuse et carrelée d’un camaïeu de violet. Violet également présent sur le carrelage surplombant le lavabo. Sur le bord de celui-ci, une brosse à dents blanche dans un gobelet avec le dentifrice, du savon à mains, un rasoir soutenu par une ventouse au miroir, ainsi qu’un peigne, une brosse, et une trousse de maquillage. Fang sourit. Malgré sa grande masculinité de caractère, Lightning semblait posséder nombre de produits purement féminins dans cette trousse aux saveurs de caverne d’Ali Baba.

Sortant de la salle de bain, Fang referma derrière elle et ouvrit une porte qui donna sur ce qui s’apparentait à une chambre d’amis. La chasseresse observa la pièce, puis ferma avant de se diriger vers la porte d’en face.

Elle fut accueillie par une fragrance douce et fruitée. L’odeur était à n’en pas douter celle de Lightning. Il y avait dans l’angle au fond à droite deux mannequins sur lesquels se trouvaient ses deux armures, que Fang reconnut pour être celles de la chevalière d’Etro et de la Libératrice. Il y avait également un placard où la jeune femme pensait que son amie rangeait ses vêtements. Le lit double était sur la gauche, entouré de deux tables de chevets ‒ avait-elle quelqu’un dans sa vie ? ‒ et la couette était lisse de tout pli.

L’attention de Fang fut attiré par un cadre posé sur la table de nuit la plus proche d’elle. La jeune femme s’en approcha et le prit dans ses mains. Attendrie, elle observa la photo où ils étaient tous là, hormis Serah ‒ un second cadre, plus petit, décorait la table de chevet. Snow avec un sourire à toute épreuve, sur la gauche, avec Hope dans le creux de son coude, Sazh, les bras croisés, son fils Dajh juché sur les épaules de son père, le mini chocobo dans la coupe afro de ce dernier. Noel aussi était là, aux côtés de Snow. Les trois femmes du groupe étaient légèrement devant, Fang ayant passé un bras sur les épaules de Vanille, et enfin, affichant un air impassible, Lightning était sur la gauche de Fang, les bras croisés.

Un raclement de gorge sortit la jeune femme de son observation.

Elle était là.

Lightning Farron.