Prémonition Réalisée

par Abie

 

 

 

 

 

 

 

    Il la trouva finalement. Sur le coup, il n’y crut pas. Elle était exactement au centre de la pièce, allongée dans une grande cuve transparente. Elle était plongée sans un liquide transparent porté à ébullition. Sans doute de l’eau bouillante… mais pourquoi ?

Elle était complètement nue et ses longs cheveux noirs volaient autour de son visage mince. Elle avait maigri, trop, il le discerna aisément. Il se précipita vers la cuve. La sortir de là. Il ne pensa à rien d’autre.

Les autres s’étaient figés aussi et mirent une seconde de plus que Wolverine à réagir. Pour s’arrêter de nouveau.

Logan avait mis les mains dans ce qu’il croyait être de l’eau bouillante. Il ne les laissa une demi seconde dedans de les retirer en retenant un cri. Il retira ses mains sous la douleur et les regarda. Evidemment,  elles cicatrisaient déjà mais…

L’eau l’avait rongé. Comme si… c’était de l’acide ou… l’eau était certes très chaude et l’avait brûlé…

- Logan, s’approcha Tornade.

Ils regardèrent le bassin avec suspicion. A cet instant, ils entendirent un rire qui les figea tous. Ils se tournèrent dans la direction d’où il provenait et un homme sortit de l’ombre, entouré de quatre personnes, sans doute des mutants chargés de sa protection. Il applaudit en riant, machiavélique.

- Vous devez être Logan… oui, sinon vous seriez déjà à vous tordre de douleur… hé bien, heureusement pour vous que c’est vous qui avez mis vos mains là-dedans.

- Iakov Ligor, murmura Charles.

Tornade fronça les sourcils.

- Qu’est-ce que vous lui avez fait ?

- A mademoiselle Deschannel ? Rooooh mais rien de bien méchant ! Elle est là-dedans depuis un moment maintenant et elle est encore vivante ! Je ne sais pas très bien comment d’ailleurs… elle a forgé mon admiration cette petite.

Logan se pencha au dessus du bassin et regarda Angélique. Elle était retenue par cinq sangles, une autour de chaque poignet et chaque cheville et une autour de sa taille pour la maintenir au centre du bassin, qu’elle ne remonte pas à la surface. Un tube était planté dans sa bouche, sans doute pour qu’elle puisse respirer. De la vapeur s’échappait du bassin, ce qui montrait bien la température très élevée du liquide en plus des bulles.

Magneto remarqua alors qu’il y avait une espèce de barrière de sécurité autour du bassin, de deux mètres autour de la jeune femme. Il ne savait pas si c’était par rapport à leur crainte d’elle ou de ce qu’il y avait dans le bassin avec elle. Parce que vu la tête de Logan, ce n’était pas de l’eau.

- Ce n’est pas de l’eau…

Tout le monde se tourna vers le professeur qui venait de lire dans l’esprit de Iakov Ligor qui, passé l’instant de surprise, sourit avec malveillance.

- Charles Xavier je suppose… oui. Eh bien voyez-vous, il fallait trouver un moyen de la neutraliser puisque grâce à vous, montra-t-il Wolverine, elle ne peut pas mourir… mais elle est résistante la petite ! Et je devais pouvoir la retenir pour lui faire des examens et expériences sans qu’elle ne se défende… parce qu’elle n’est pas très coopérative la petite et quel caractère ! Fit-il mine de s’étonner.

- Qu’est-ce que c’est alors ? Commença sérieusement à s’inquiéter Tornade.

- Ha ! Mais quelque chose que j’ai moi-même créé ! Ce sont de minuscules bestioles, telles des bactéries, qui rongent la chaire vivante. Elles adorent ça !

Tout le monde eut un mouvement de recul instinctif. Voilà pourquoi Angélique ne bougeait pas. Elle devait se régénérer en permanence. Logan plissa les yeux et vit qu’en effet la peau d’Angélique semblait être plus qu’à vif. Le Docteur rit.

- Ha oui et mes petites bêtes ne survivent qu’à une température supérieure à 95° C.

Logan ouvrit de grands yeux effarés et, malgré la douleur qu’il savait qu’il allait ressentir, il plongea les bras dans la cuve et poussa un grognement de souffrance en sentant les bestioles lui ronger la peau. Seigneur, elle devait souffrir mille morts ! Il rompit promptement les sangles qui la retenaient dans le bassin à grands coups de griffes et la sortit de l’eau.

- Recule Tornade ! Hurla-t-il à la jeune femme aux cheveux blancs tant à cause de la douleur que de l’urgence.

Un ricanement suivit le mouvement de Tornade qui se recula vivement.

- Hum… cela ne me plaît pas du tout. Intervint à nouveau le maître des lieux.

On se souvint alors qu’il était là et on se tourna vers lui. D’autres de ses partisans l’entouraient. Ils comprirent qu’ils étaient encerclés.

Angélique était complètement nue dans les bras de Logan qui la posa sur le sol, ne supportant plus la douleur. Du liquide couvrait toujours la jeune femme donc les espèces de bactéries continuaient de la ronger, insatiables. Le corps d’Angélique était à vif, elle se mit à rougir, à transpirer du sang à ce qu’il semblait, on voyait sa chaire à certain endroit et, même si elle ne saignait pas abondamment, elle était largement à vif. Comme il y avait beaucoup moins de bestioles et que d’autres mourraient, ses blessures se mirent à suinter de sang. Elle ne se soignait pas, ou très lentement. Certainement parce qu’elle était trop épuisée.

Et inconsciente.

Wolverine se souvient soudain du cauchemar d’Angélique plus de trois années auparavant. Quand il l’avait trouvée recroquevillée dans le couloir de leur chambre à l’école. Elle lui avait dit qu’elle allait se faire attraper et que l’eau la rongerait…

Elle avait déjà vu de nombreuses fois ce qui était en train de lui arriver !

Logan la posa sur le sol et chercha quelque chose autour de lui. Quelque chose qu’il ne trouva pas.

- Vous cherchez de l’eau peut-être ? S’amusa Iakov Ligor. Bon ça suffit, remettez-la dans le bassin avant qu’elle ne se réveille.

Répondant sans doute à un ordre implicite, les mutants d’Iakov se déployèrent et les menacèrent avec des armes à feu sorties d’on ne sait où.

- Personne ne la touchera ! Grogna-t-il en se mettant devant elle en position de combat en faisant sortir ses griffes.

- Vous êtes peut-être résistant aux balles et miss Deschannel aussi mais guère vos amis !

Toutes les armes se tournèrent vers les autres X-men et compagnie. Logan se redressa et grogna.

- Sauf, sourit Magneto, qu’il semble que vous ayez oublié un détail…

- Ha ? Sourit de plus bel le russe. Et quoi ?

- Vous avez oublié mon petit que nous sommes aussi des mutants !

Et il tendit la main fit voler toutes les armes des soldats de Wendacorp.

- Moui, fit Iakov dans sa barbe, il fallait bien qu’elle l’ait copié de quelqu’un son pouvoir… Puis il reprit plus fort : cela n’a aucune importance, attaquez-les !

Et la cinquantaine d’hommes présente se jeta sur eux.

Et ils avaient raison, ils étaient des mutants.

Après un dernier regard à Angélique, toujours nue et inconsciente sur le sol, Logan se jeta à son tour dans la bataille. Heureusement, après quelques minutes de combats, d’autres mutants alliés, dont Warren, Mike et Mage arrivèrent pour les aider. Iakov comprit que, pour la première fois de sa vie, il n’était pas le plus fort. Il lui fallait battre en retraite. Et rapidement. Il jeta un rapide coup d’œil à ses soldats et voulut retourner dans l’ombre. Fuir. Il sera toujours temps, plus tard, de se venger. Mais Logan lui en voulait beaucoup. Il se jeta sur lui avant qu’il ait eu le temps de faire un pas.

- Alors comme ça, on veut nous fausser compagnie ? Demanda Logan entre ses dents en le soulevant d’une main.

- Arg ! Fut tout ce qu’il put prononcer.

- Savez-vous ce que vous lui avez fait pauvre petit vermisseau ? Avez-vous la moindre idée de la douleur que vous lui avez faite ressentir ? Le questionna-t-il en l’approchant de la cuve qui bouillait toujours. Il remarqua les coups d’œil apeuré du Docteur et eut un sourire cynique : ho oui je vois que vous vous doutez que cela peut faire très mal. Dites adieu au monde !

Sans plus de cérémonie, il le jeta dans la cuve, éclaboussant des personnes qui se trouvaient autour, les partisans de Iakov Ligor car les amis de Logan avaient compris ce qu’il allait faire. Le Docteur ne cria pas longtemps. On vit sa main rapidement tomber dans l’eau et au bout d’une minute à peine le corps du russe était complètement dissout. Accepté ses poils, cheveux et vêtements qui se mirent à couler ou flotter (les bactéries ne se nourrissant que de cellules vivantes). Ceux qui furent éclaboussés crièrent plus longtemps mais seuls deux succombèrent car ils avaient reçu beaucoup de projection. Les autres se virent simplement amputé d’un membre ou une part de son anatomie fut mise à vif. Tout le monde se figea et les autres partisans de Iakov se rendirent, ne voulant pour rien au monde subir le même sort que leur ancien employeur.

Face à la rapide dissolution du Docteur, on se demanda comment Angélique avait pu résister aussi longtemps. Parce que d’après ce qu’ils avaient vu aussi, elle n’avait pas été nourrie. Comment son corps avait-il pu résister à tout cela ?

Logan se tourna vers le professeur qui acquiesça. C’était bon, qu’il s’occupe d’Angélique maintenant, tout était sous contrôle. Il ne manquait plus que l’arrivée de l’ONU et la rémission des derniers opposants.

- Bobby, l’appela Wolverine tout de même, refroidie-moi un peu ce truc, désigna-t-il le bassin, que ces maudites bestioles meurent !

Le jeune mutant ne se le fit pas dire deux fois et il n’attendit pas de geler l’eau, simplement qu’elle cesse de bouillir. Logan avait finalement trouver ce qu’il cherchait dans la vaste pièce : un jet d’eau qui servait à nettoyer les sols. Il aspergea généreusement Angélique avec l’eau froide pour la débarrasser des dernières bactéries récalcitrantes à mourir puis il se précipita pour la couvrir avec sa veste.

- Je t’en prie, réveille-toi, lui murmura-t-il en la serrant dans ses bras. Je suis désolé… pardonne-moi de t’avoir abandonnée mais ne me laisse pas ! Tu t’es battue jusqu’à maintenant, continue ! Melli a besoin de toi aussi… allez !

Mais la jeune femme demeurait très pâle et inconsciente dans ses bras. Elle était très maigre aussi et son cœur, même s’il l’entendait battre, souffrait à chaque pulsation qui semblait lui demander d’immenses efforts. Les dernières blessures de la belle française se refermaient difficilement et Logan vit même de nombreuses cicatrices sur son corps. Comme si son don ne la guérissait qu’au minimum pour conserver ses forces.

- Il faut que tu te battes !

Le monde aurait pu s’écrouler autour de lui, il serrait Angélique dans ses bras.