Love love love

par iria_hime

Le sang chaud de Jenny coule à flots sur ma main, tandis que ses yeux me fixent avec surprise. Elle ne s’attendait sûrement pas à ce que je la poignarde aussi brutalement. Moi non plus je n’aurais pas cru ça de moi, il y a encore quelques semaines. Mais depuis la fuite de la prison, depuis que j’ai perdu ce qu’il me restait de famille et d’amis, je ne veux plus rester passive. J’ai fait beaucoup de chemin pour devenir plus forte et maintenant je tiens à la vie plus que jamais. Je ne laisserai personne me prendre ce que j’ai.

Je retire mon couteau de son corps. Ses yeux perdent petit à petit leur lueur. La vie quitte son corps. Jenny ne méritait pas de vivre. Seule sa propre survie l’intéressait et elle était prête à sacrifier tout le monde pour ça. Mais cette fois, elle s’est attaquée à la mauvaise personne.
Une petite voix en moi me dit que ce n’est pas à moi de faire ma propre justice, mais je décide de la faire taire.
Je lève les yeux vers Daryl. Il me regarde avec une intensité palpable. Que voit-il ? Une sanguinaire folle furieuse ? Non. Il me regarde avec admiration et passion.

Sans me quitter du regard, il plante un couteau dans le crâne de Jenny et laisse retomber son cadavre sur le côté. Il se jette presque sur moi et prend possession de ma bouche. Je laisse tomber mon couteau poisseux de sang et m’accroche à lui avec ardeur. Une ivresse, une fièvre passionnelle semble avoir pris le contrôle de nos corps. Nos langues s'entremêlent et nos mains fouillent furieusement l’autre.
Daryl me soulève et me plaque contre un mur avec fougue. Je laisse échapper un gémissement tandis qu’il m’embrasse et me lèche le cou. Ce n’est pas une douce chaleur qui s'immisce dans mon bas-ventre, mais une tempête de feu. Je me sens bouillir de l’intérieur. J’ai une folle envie de lui.
Il me retire mon t-shirt et me caresse avec plus de tendresse. Je me noie dans ses yeux. Je chavire entre ses mains. Je l’attire avec violence contre moi. Je veux le sentir partout sur ma peau. Je veux qu’il me possède entièrement.
Un instant mes yeux se posent sur le cadavre de Jenny. C’est comme un électrochoc pour moi.

“Non, Daryl. Arrête.”
“Quoi ?” Je le vois étonné et frustré.
“C’est juste que… Pas comme ça. Pas ici. Pas avec ce sang sur mes mains.”
On reprend tous les deux notre souffle, comme si on avait couru le marathon. J’espère qu’il ne m’en veut pas trop d’avoir cassé ce moment.
“J’suis désolée, Daryl…”
Il regarde autour de nous et m’embrasse sur le front.
“T’excuse-pas. J’comprends. J’aurais pas dû commencer ça. Tu viens juste de tuer cette nana, après que… Elle t’avait fait quoi exactement, d’ailleurs ?”
“Elle m’avait enfermée dans une pièce avec des mordeurs.”
“Putain de merde ! Combien de mordeurs ?”
“Trois.”
“Quelle pétasse ! Et… t’as rien ?”
“Non. J’suis une grande fille, maintenant.”
“Ok elle était barge et vous ne vous appréciiez pas trop, mais de là à vouloir ta mort… C’est dingue !”
“Elle l’a fait pour rester avec toi. Toute seule.”
“Sérieux ?” Il était loin du compte franchement.
“C’était sa manière de fonctionner. Elle se servait des hommes pour sa protection. Regarde le mec qui s’est fait mordre pendant qu’elle fuyait le soir où on l’a rencontrée. Elle se fichait complètement de lui. Pour elle, il n’était qu’un outil, ou plutôt une arme. Et tout à l’heure… elle riait en m’imaginant me faire bouffer. Elle m’a dit qu’elle serait là pour te consoler. Elle avait besoin de toi pour la protéger, et moi… j’étais une gêne. Franchement, une personne comme ça… ça ne devrait pas exister.”
“T’as raison. Si tu ne l’avais pas butée, j’m’en serais chargé.”

Il sourit et m’embrasse profondément, sa main sur ma nuque.
“On arrête là, M. Dixon !”
“Je sais !”
Il me laisse et va ramasser son couteau resté planté dans la tête de Jenny. Je remets mon t-shirt en place, vais également récupérer mon couteau et nettoie le sang dessus. Puis, nous commençons à trier les affaires intéressantes et chargeons la voiture avant de reprendre la route.
Sur le trajet du retour, je repense à celle que j’étais à la prison. Je trouvais que j’étais devenue plus forte parce que j’avais arrêté de pleurer. Ce n’était rien comparé à celle que je suis aujourd’hui. Se peut-il que ce soit Daryl qui m’ait transformée ? Il y a encore quelques jours, je lui reprochais d’avoir tué ce mec alors qu’il l’avait maîtrisé. Seulement, je viens de faire exactement la même chose. Pourquoi ?

Et pourquoi est-ce que ça a été aussi… facile ? La dernière fois, la menace pesait sur moi uniquement. Cette fois, Jenny voulait me tuer pour se servir de Daryl et elle a aussi essayé de le poignarder dans le dos. Je crois que c’est ça la différence. Elle a voulu toucher à l’homme que j’aime, me le prendre. Rien que d’y repenser, la colère monte à nouveau en moi. Suis-je devenue une mauvaise personne ?
Au fond de moi je sais que non, mais ce sont pourtant nos actes qui nous définissent. Et le fait de tuer une personne devenue inoffensive est forcément une mauvaise chose. J’imagine ce qu’en penserait mon père. Il savait toujours ce qui était juste et je suis sûre qu’il n’aurait pas toléré ce que j’ai fait. Ça me déprime encore plus.

On arrive au funérarium et y rangeons nos provisions.
“Aller Greene, lâche le morceau.”
“Quoi ?”
“T’es trop silencieuse pour que ce soit normal. Qu’est-ce qui va pas ?”
Je réfléchis un moment à la réponse que je vais lui donner.
“Je me demande… si je ne suis pas devenue une mauvaise personne.”
“Toi ? Si toi, t’es une mauvaise personne, alors on est tous les plus grosses pourritures qui soient !”
Je souris timidement, mais ça ne me console pas. Après une petite hésitation, Daryl vient vers moi et prend doucement mon visage dans ses mains.
“Ecoute, Beth. Tu sais que j’vais pas être celui qui va mal te juger. C’est entre toi et ta conscience. Mais j’vais te dire une bonne chose. On est que tous les deux, maintenant. Il n’y a plus de communauté avec nous, plus personne pour nous dicter ce qu’on a le droit de faire. C’est nos règles, notre façon de mener les choses et peu importe ce que d’autres pourraient en penser. Et on a décidé d’éliminer tous risques pour nous, pour assurer notre survie présente et future. T’as juste poursuivi ça.”
“Tu as raison, Daryl. Mais ce qui me gêne c’est que… J’ai peur de l’avoir tuée… par vengeance.”

J’ai enfin mis un mot sur ce qui me dérangeait depuis tout à l’heure.
“Quand j’ai réalisé qu’elle se servait des gens pour sa propre survie. Et que c’est ce qu’elle voulait faire de toi… J’ai estimé… qu’elle ne méritait pas de vivre. Putain, on dirait que j’me prends pour Dieu ! Mon père en serait malade.”

Daryl raffermit ses mains sur moi et me force à le regarder.
“Beth… Hé Beth… Regarde-moi, ma puce. Tu ne t’es pas prise pour Dieu. C’est juste que… qu’on vit dans un putain de monde impitoyable maintenant. Les personnes trop gentilles meurent en un claquement de doigts, alors que les salopards comme Jenny s’en sortent toujours. Toi, tu es quelqu’un de bien et tu ne supportes pas cette injustice. Les supprimer, c’est aider quelqu’un de bien à s’en sortir. Regarde… sans elle, Steve aurait pu s’en tirer. Elle s’est servie de lui et il en est mort. Si on l’avait laissé vivre, elle aurait pu recommencer avec un autre.”

J’ai l’impression que c’est un peu facile de dire ça pour justifier nos actes. Néanmoins, je ne trouve rien à y redire. Son discours a comme une résonance en moi.
“Beth, tu es vraiment la meilleure personne que j’ai connu de ma vie. Tu seras toujours là pour aider les gens bien, j’en suis sûr. Alors, te prends pas la tête pour les ordures. Tu es un ange, Beth. Je t’interdis d’en douter.”
Je me sens rougir. Il a trouvé les mots qu’il faut. Je n’aurais pas cru ça possible de la part du rude Daryl Dixon. Je me blottis dans ses bras et plonge mes doigts dans ses cheveux.
“Tu sais que je t’aime, Daryl Dixon ?”
“J’l’ai entendu dire, ouais.” Son sourire ravageur me fait fondre. “Je t’aime aussi, Beth.” Je souris encore plus intensément. Il n’a pas dit ‘je crois’ cette fois.

En me lavant ce soir-là, je me suis encore une fois sentie chanceuse d’avoir Daryl. Son regard sur moi est si doux et puissant à la fois. Il me donne de la force. J’ai l’impression de pouvoir tout affronter. J’ai l’impression que j’arriverai à survivre.
Je me souviens de la soirée passée à la cabane de chasse. Je lui avais dit que j’allais mourir dans ce monde pourri et je le pensais. Mais depuis je me suis endurcie et je m’entraîne assidument pour apprendre à me battre et me défendre. Et puis, on est ensemble et j’ai l’impression qu’on peut traverser tous les obstacles.
Je souris à mon reflet dans le miroir. Mes yeux pétillent d’excitation. Je défais ma queue de cheval et ma tresse pour me brosser longuement les cheveux. J’essaye de me faire jolie, pour lui.

En retournant au salon, le regard de Daryl s’accroche à moi et suit chacun de mes mouvements. Il ne dit pas un mot et ne bouge pas d’un pouce. Ses yeux me dévorent littéralement à travers ses mèches de cheveux. Moi, je le trouve incroyablement sexy avec son gilet sans manche en cuir.
Je m’assois à côté de lui sur le canapé. On se regarde longuement sans parler. Ça ne me met pas mal à l’aise, au contraire. J’ai l’impression de le connaître depuis toujours maintenant. J’ai l’impression qu’il fait partie de moi.
Il lève sa main pour me caresser doucement la joue. La chaleur de sa peau me procure de délicieux frissons.
“Tu es si belle, Beth.”

Je sens le rouge me monter aux joues et souris bêtement. Je prends sa main dans la mienne et l’embrasse sans défaire mon regard du sien. Puis, je caresse ses doigts avec mes lèvres et commence à les mordiller plus sensuellement. Il sourit à son tour.
“Attention, ma p’tite, si tu joues à ça, je ne réponds plus de rien.”

Sans le quitter des yeux, je continue avec la paume de sa main et jusqu’à son poignet. Il ne fait pas un geste mais je le vois expirer longuement entre ses mâchoires crispées. Je remonte à nouveau jusqu’au bout de ses doigts en l’embrassant et le titillant avec gourmandise. Il ferme les yeux un instant comme pour rassembler ses esprits.
“Tu l’auras cherché.” Murmure-t-il avant de me sauter dessus.

Il me renverse contre les coussins du canapé et s’attaque directement à mon cou, comme au magasin tout à l’heure. L’excitation commence à envahir mon corps à mesure que ses caresses se précisent. J’ai l’impression d’être une poupée de chiffon dans ses bras. Je me laisse guider par lui. A certains moments, son corps se plaque contre le mien, jusqu’à presque m’écraser. A d’autres moments, il me soulève du canapé pour m’attirer à lui comme si je ne pesais rien.
Il ne me laisse aucun répit. Ses lèvres s’emparent de ma bouche pour la délaisser le temps de s’intéresser à mon cou ou mon lobe d’oreille. Ses mains parcourent mon corps. De mes cuisses, elles remontent jusqu’à mes fesses et s’engouffrent sous mon t-shirt pour me masser le dos.
J’ai chaud. Je bous de l’intérieur. Je crois que je vais défaillir, mais je m’accroche. Pas question de n’être que la spectatrice de cet instant magique. Je le serre aussi de toutes mes forces. Mes doigts cherchent frénétiquement la chaleur de sa peau. Même mes cuisses trahissent mon désir en s’accrochant à sa taille. J’ai envie de lui plus que tout au monde.

Je commence à défaire son gilet de cuir.
“Tu trembles, Beth. Tu as peur ?”
Je fais ‘non’ de la tête. C’est vrai que j’ai un peu peur, mais je veux aller jusqu’au bout. Je me répète que c’est normal d’avoir peur pour sa première fois, mais j’ai bien plus peur de mourir sans avoir vécu ça. Et j’ai tellement de chance d’avoir trouvé Daryl et de pouvoir le faire avec lui. Je suis submergée par mes émotions.

Son gilet tombe par terre et je peux profiter un instant d’admirer la musculature de son torse. Je me mords la lèvre d’envie. Doucement, il commence à soulever mon t-shirt et je me relève pour lui faciliter la tâche.
Avant de me le retirer complètement il me demande : “tu es sûre, Beth ?” Je lui souris en hochant la tête. Je me sens incapable de prononcer un mot.

Je me retrouve à nouveau uniquement en soutien-gorge devant lui. Mais j’ai l’impression que c’est la première fois, car là, il prend le temps de me regarder. Mon cœur bat la chamade.

Ses lèvres se posent sur mon buste. Ses baisers sont brûlants sur ma peau. L’image d’un papillon de nuit qui se brule les ailes sur une ampoule incandescente m’apparaît. Mais je plonge avec avidité dans ce doux tourment. Il est si tendre et passionné avec moi, je n’aurais jamais pu rêver mieux. Je m’accroche désespérément à lui et mes mains tentent d’apprendre par cœur chaque courbe de son corps.

Il passe une main sous mes fesses et guide mes mouvements de bassin. Je sens son sexe frotter contre le mien à travers nos vêtements. Ça m’excite furieusement. Je me transforme en animal affamé de lui. Je lui mordille sa lèvre et son cou. Je lèche et aspire son lobe d’oreille.

Sa main s’insère délicatement sous mon jeans et commence à me caresser l’entre-jambe. Jamais personne ne m’avait touchée là. Le stress monte en moi, mais je me force à me calmer. Il hésite un instant et me regarde à nouveau d’un air interrogateur. Pour toute réponse, je commence à déboutonner mon jeans et le baisser pour lui laisser le champ libre.

Ses doigts contournent ma culotte et commencent à découvrir mon intimité ruisselante. Très vite, ses caresses sexuelles se précisent et je sens un doigt rentrer en moi et prendre un doux mouvement de va et vient. La sensation est nouvelle, elle aussi, et c’est très agréable. Ça me rassure pour la suite des événements. Je n’essaye plus de réprimer mes gémissements et m’abandonne au plaisir qu’il me procure. De plus, le fait de savoir que c’est Daryl qui me pénètre m’excite infiniment.
Mes mains délaissent son corps pour finir de retirer mon jeans. Après, je décide d’aller moi aussi explorer sous son pantalon.

Pour la première fois, mes doigts touchent un sexe d’homme dressé d’excitation. Je suis surprise par la douceur de sa peau à cet endroit-là. Je ne sais pas très bien comment m’y prendre. Mes doigts se resserrent autour de sa verge et je commence moi aussi un mouvement de va et vient. Sa main quitte mon intimité et vient se poser contre la mienne pour me guider dans mes efforts. Une petite grimace sur son visage m’indique que je ne m’y étais pas très bien pris. Mon manque d’expérience est flagrant, mais je m’applique à combler mes lacunes. Il me sourit à nouveau et je m’empresse de l’embrasser langoureusement.

Une fois ma technique améliorée, il termine de se déshabiller complètement et revient vers moi pour me retirer mes sous-vêtements, seuls habits qu’il me reste. Etre entièrement nue devant lui ne me paraît pas aussi bizarre que je l’aurais cru. Mais je suis dans un tel état d’excitation que je n’ai pas le sentiment d’être encore la même personne. Néanmoins, j’ai du mal à regarder franchement son sexe sans rougir ou détourner mes yeux dans la seconde.

Il s’allonge à nouveau sur moi et place mes jambes de part et d’autre de son corps. Ses yeux me scrutent avec intensité, j’en ai presque les larmes aux yeux. Son visage est si doux et si beau… j’en suis bouleversée.
Il m’embrasse à nouveau le cou et descend jusqu’à mon buste. Ses mains me caressent doucement la poitrine. Je sens son sexe frotter librement contre le mien à présent.

Puis il interrompt nos baisers passionnés et me regarde avec une grande attention tandis qu’il s’apprête à prendre définitivement ma virginité. J’ai peur, mais je veux la lui donner, à lui et personne d’autre. Il entre avec précaution, mais je sens une douleur à mesure qu’il avance.
“Ça va, Beth ? Je te fais mal ?”
“Continue Daryl. Je t’aime.”
Il ressort et entre doucement une fois encore. Il m’embrasse tendrement comme pour m’apaiser. Ses va et vient me font encore un peu mal, mais moins qu’au début. Je décide de me laisser submerger par mon amour pour lui pour oublier cette douleur. Je l’embrasse avec passion et le serre fort contre moi. Mes doigts caressent ses cheveux et sa peau avec ferveur.

Daryl va de plus en plus loin en moi et la douleur se transforme en plaisir. Mon bassin accompagne ses mouvements. Son souffle est chaud contre ma joue, sa respiration se fait plus rauque.
Il accélère le rythme, c’est un pur délice. Le sentir glisser en moi me rend folle. Je me laisse aller à ses assauts. J’ai l’impression de lui appartenir entièrement ce qui m’emplit de bonheur.

Mes émotions sont indescriptibles. Aucun mot n’est assez fort pour exprimer ce qui se passe en moi. Je ne vois que Daryl. Je ne sens que lui. Je vois son amour pour moi dans tous ses gestes et surtout dans son regard. Il me pénètre à présent avec force et ardeur. Je crois que je vais défaillir. Mes sens sont en ébullition. Je sens quelque chose monter rapidement en moi et exploser avec une puissance inouïe. Je crie sans pouvoir me contenir.
Daryl se retire précipitamment de moi et je comprends qu’il s’est retenu jusqu’à l’extrême limite avant que la jouissance ne l’emporte à son tour, répandant un liquide chaud sur mon ventre. Il s’effondre entre le dossier du canapé et mon corps transpirant.

Je peine à retrouver mon souffle. C’était si intense que j’ai du mal à croire que c’est vraiment arrivé. Mais de quoi avais-je peur au fait ? Je sais que la première fois est différente pour toutes les filles, mais il me semble que c’est surtout très douloureux pour la plupart. Maintenant, je suis convaincue que pour que cet événement se passe au mieux, il faut le faire avec quelqu’un qu’on aime et qui nous aime en retour. Qu’il soit doux, tendre et à l’écoute. J’ai tellement de chance d’avoir trouvé, dans ce monde apocalyptique, cet homme.

“Tu n’as pas eu trop mal ?”
“Non, pas trop. C’était… extraordinaire.”
Il sourit et m’embrasse tendrement. Puis il se lève et va chercher un chiffon ou autre afin que je puisse nettoyer mon ventre.
Daryl remet son boxer et s’assoit sur le canapé à côté de moi. Ses yeux glissent partout sur mon corps. Ça me fait rougir, j’avais oublié que j’étais entièrement nue. Je me lève et remets mes sous-vêtements et mon t-shirt. Je ne ressens pas le besoin de remettre mon jeans.

Mon ventre gargouille. Oui, il est vrai que j’ai utilisé beaucoup d’énergie et j’ai une faim de loup. Avec toutes les bonnes choses qu’on a ramené on décide de faire chauffer de l’eau avec un réchaud tout neuf pour se préparer une soupe chinoise instantanée.
Nos yeux se rencontrent tout le temps et je devine ses pensées aux sourires qu’il m’offre.

Après le réconfort, un peu d’effort ! On se remet à l’entraînement. Cette fois, je prends la 2ème arbalète, celle qu’on avait ramenée de l’armurerie. Daryl installe des cibles et continue mon apprentissage. Elle est un peu différente de la sienne, mais il me dit qu’elle reste assez précise. La plus grosse difficulté, c’est de viser alors qu’il y a du vent. Aujourd’hui, il y en a pas mal, alors ça me permet de m’entrainer sur une grosse difficulté.
Dès que j’ai l’impression de stagner et de ne pas réussir à passer une étape malgré mes efforts, je change de discipline. Je repasse donc au maniement du couteau avec les deux mains. Je me sens de plus en plus à l’aise avec. Je crois que j’ai gagné en rapidité.
“Pas mal, Beth ! Tu progresses vite.”
Son compliment m’emplie de fierté.

Le soir, une fois au lit, nous avons encore fait l’amour. Comme tout à l’heure, j’ai eu mal au début. Je pense qu’il aurait fallu attendre un peu, mais on en avait envie tous les deux. Et finalement, le plaisir a été au rendez-vous. J’ai l’impression d’être sur un petit nuage. J’ai oublié tous mes soucis.

Plusieurs jours s’écoulent sur le même mode. On s’entraîne du matin au soir entrecoupé de pauses récréatives. Pas d’incidents notables. On est retourné chercher de l’eau au puits sans croiser de mordeurs. J’ai le sentiment que l’enfer s’est changé en paradis, même si je sais que ça ne durera pas.
Daryl m’apprend même à me défendre au corps à corps. Ça, c’est très difficile pour moi, car ça me donne plus envie de lui retirer ses vêtements que de le frapper. Néanmoins, je connais maintenant les points faibles du corps humains et je sais me libérer de certaines prises.

“Que tu sois une fille plutôt jeune, douce et fragile, du moins en apparence, il faut le transformer en point fort. Tes futurs adversaires penseront que tu es une faible petite fille et te sous-estimeront. Tu trouveras donc de quoi leur faire regretter ce mauvais jugement.”

On ne pourra pas toujours compter sur des réapprovisionnements dans les magasins, alors Daryl m’apprend aussi à chasser. Ça m’entraîne à l’arbalète. Il me montre également comment fabriquer des petits pièges et où les poser. Je trouve ça assez passionnant. Et le fait qu’il me considère comme son égale et non comme une fille qu’on doit protéger me donne plus de confiance en moi.

Un jour, alors qu’on chassait en forêt, on entend des cris humains. On se regarde et je lui fais signe qu’on devrait aller voir. On se dirige vers l’origine des hurlements à pas feutrés. Arrivés à la lisière du bois, on arrive sur des voies de chemin de fer. Là, un groupe est en train de se faire attaquer par une horde de mordeurs.

J’évalue que nous pouvons les aider sans que ce soit suicidaire pour nous et fait un signe à Daryl. Il me fait ‘non’ de la tête.
“Daryl, on peut les aider.” Je lui chuchote.
“Non, c’est trop dangereux. On ne les connaît pas.”
“On est capable de les aider. On doit le faire.”
Il hésite un instant. Je regarde une femme tenter de frapper un mordeur, tandis que deux autres s’approchent d’elle.

Ni une, ni deux, je surgis de notre cachette, après un dernier regard à Daryl. Je l’entends qui me suit juste derrière. Je m’approche au maximum de la femme qui se fait attaquer et ajuste mon arbalète.

Premier tir pas terrible. J’arrive à atteindre le mordeur le plus proche à la tête, mais ça tient plus du miracle. Je me recule le temps de charger une nouvelle flèche. J’en vois un qui vient sur moi et lui transperce également la tête. Ce tir est plus réussi. Pas le temps de recharger mon arme pour le troisième, je le frappe à la tête avec la crosse de mon arbalète. Mon coup est trop léger et ne le ralenti pas vraiment. D’un coup de pied au niveau du ventre, je l’envoie valdinguer de l’autre côté des voies.

Je jette un coup d’œil à Daryl qui a l’air de bien s’en sortir aussi. Il gère deux mordeurs à la fois tout en me surveillant subrepticement. Je recharge vite mon arbalète et vise un autre mordeur s’approchant dangereusement de la femme, qui ne l’a pas vu arriver. Ma flèche manque sa cible, je n’ai pas le temps de recharger. Je sors mon couteau et le lui plante dans l’œil juste avant qu’il ne lui déchire la nuque.

Il ne reste plus que trois mordeurs encore debout, en plus de celui que j’avais repoussé et qui revient à la charge. Je le frappe encore avec mon arbalète ce qui le déséquilibre. Je laisse tomber mon arme à terre, lui empoigne la tête et plante mon couteau dans son front. Daryl et un autre homme s’occupent des mordeurs restants.

Une fois l’action terminée, je récupère mon arbalète, mes flèches et je nettoie mon couteau. Je vois la femme qui me regarde bizarrement. L’idée me vient qu’elle n’imaginait sûrement pas être secourue par une fille comme moi, ce qui flatte mon égo.

“Merci beaucoup… à tous les deux.” Nous dit l’homme qui a aidé Daryl sur la fin. Leur groupe est composé de quatre personnes : une femme, deux hommes et un garçon un peu plus jeune que moi. Ils ont l’air terrorisé et je me demande comment ils ont fait pour survivre jusqu’ici.

“Vous allez aussi au Terminus ?”
Je regarde Daryl, mais ni lui ni moi ne comprenons de quoi il parle.
“Vous n’avez pas vu les panneaux ? Il y a un refuge là-bas. On va tenter notre chance.”
“Ils disent que c’est un sanctuaire et que ceux qui arrivent là-bas peuvent survivent.” Ajoute la femme.
“On ne les a pas vu.” Je lui réponds.
“Vous pouvez venir avec nous. On a un peu de nourriture. On peut partager.”
A nouveau mon regard croise celui de Daryl. Je vois qu’il pense comme moi. Ces gens veulent qu’on soit leurs gardes du corps, mais on n’en a pas envie.

“Ça pue le piège ce… sanctuaire.” Rétorque Daryl.
“Ça vaut le coup d’essayer. On veut garder espoir. Et puis, on n’est pas les seuls ! On a vu qu’une femme a laissé plusieurs messages pour son compagnon, pour qu’il la rejoigne là-bas. Ils ont dû être séparés. Elle s’est servie du sang de mordeurs tués pour lui laisser ces messages.”
Mon cœur se met à battre la chamade. Se pourrait-il…
“Est-ce qu’il y avait des noms ? Les noms de ces personnes ?”
“Euh oui. La femme s’appelle Maggie et elle écrivait à Glenn.”

Je suis sous le choc. Ma sœur est en vie ! Ma vue se brouille à mesure que les larmes jaillissent. Je regarde Daryl sans parvenir à prononcer un mot. Mes mains tremblent. J’avais perdu tout espoir de la retrouver. Je pensais qu’elle était morte. Je sanglote sans pudeur.

“Vous les connaissez ?”
“C’est… c’est ma sœur !”
“Oh ! Alors, vous voulez venir avec nous ?”
“Non.” Répond Daryl catégoriquement. Je le regarde avec surprise.
“Daryl ! On doit y aller !”

Il me prend à part pour une conversation privée.
“Tu ne veux pas y aller ? C’est ma sœur ! Comment peux-tu…”
“Calme-toi Beth, c’est pas ce que j’ai dit. Déjà j’veux voir ces messages de mes yeux. Ensuite, on ne fonce pas dans ce traquenard tête baissée. On doit décider d’une stratégie calmement.”
“Ok ok.” Puis je demande au groupe : “où est-ce qu’on peut voir le dernier message que vous avez vu ?”
“C’est pas très loin en arrière. On peut vous y conduire.”

Moins de dix minutes plus tard, on découvre un plan des voies ferrées. Une étoile a été dessinée au croisement de celles-ci et porte la mention “TERMINUS”. A côté on peut lire :
“Un sanctuaire pour tous. Une communauté pour tous. Ceux qui y arrivent survivent.”
A côté, sur le mur, apparaît en grosses lettres de sang les mots suivants :
“Glenn va à terminus – Maggie.”

Maggie se trouve à Terminus, c’est certain. Elle est passée exactement par ici. Elle a suivi ce même chemin.
“On doit aller à Terminus, Daryl.”
“Je sais.”