chapitre 5

par nao_asakura

Titre : A bout de nerfs

(Titre original : Wit’s End)

Auteur : Greywolf Lupous
Traducteur : SuperMiss (aka Nao-asakura)

 

-5-

           

            « Peut-être que tu manques juste d’entrainement. »

            Rodney lança la tablette à la tête de John, sans se soucier de la surprise ou du choc que l’on pouvait lire sur le visage de l’autre homme. John eut à peine le temps d’attraper l’ordinateur volant avant de se le prendre dans le front. Qu’importe. Dans mille dix secondes, la tablette serait revenue dans les mains de Rodney, sans une éraflure. 

            « Bon dieu, Rodney !

            – Toi, va au diable ! » Gronda-t-il, plongeant pour fouiller dans son sac.

            – Fallait pas le prendre comme ça… »

            Des objets volaient par-dessus son épaule tandis qu’il farfouillait dans le sac, cherchant ce dont il avait besoin. Sa main se referma sur les chewing-gums que Teyla voulait toujours quand ils partaient pour une mission de 24 heures (mais qu’elle oubliait à chaque fois de mettre dans son propre sac) et il les mit de côté. Il balança une ration de nourriture derrière lui tout en cherchant frénétiquement le tournevis.

            La ration heurta quelque chose de dur. « Aie, fais gaffe ! »

            Oh, le voilà. Il le mit également de côté, n’ayant plus besoin que d’une seule chose.

            « Ecoute, je suis désolé. »

            Quand la main se posa sur son épaule, un frisson furieux parcourut Rodney. « Ne me touche pas ! »

            La main disparut et Rodney grogna d’énervement. Où diable se trouvait le détecteur de signes de vie ? Il était certain de l’avoir emporté, il l’emportait toujours. Cela n’avait aucune importance qu’il fut incapable de se souvenir de quoi que ce soit au-delà de “cet après-midi” ; il savait que cet appareil l’accompagnait toujours en mission.

            « Qu’est-ce qui va pas chez toi ? »

            Là. Là ! Il était seulement caché sous le caméscope. Pourquoi est-ce qu’il apportait un caméscope et pas des gants en caoutchouc, bon sang ? Quel con, quel con, mais quel con ! Il sortit le petit appareil ancien, l’observant d’un œil critique.

            Oui, ça ferait l’affaire.

            Et puis, tournevis en main, il entreprit sans aucune retenue de démanteler l’appareil vieux de dix milliards d’années. Il ignora les protestations et les demandes d’explication, tout en souhaitant être capable de travailler plus vite. Peut-être qu’il le pourrait si ses mains voulaient bien arrêter de trembler.

            Mais tout allait bien, parce que le temps n’avait pas vraiment d’importance. Il ne faisait que se répéter à l’infini. Toutes les dix sept minutes précisément.

            Il enleva la dernière couche protectrice du détecteur de signes de vie et en retira plusieurs petits cristaux qui constituaient le circuit interne de la machine.

            La douleur n’avait pas d’importance. Les blessures ne pouvaient pas faire mal si elles ne s’étaient jamais produites.

            Ensuite venait sa radio. Il empêcha ses mains de trembler pour détacher avec minutie les fils électriques des transistors. Ils cédèrent facilement et il en saisit les extrémités, les entortillant ensemble jusqu’à ce que l’ensemble de l’assemblage fasse à peu près la longueur qu’il lui fallait.

            Les gens n’avaient pas d’importance. Ils ne faisaient que mourir.

            Enfin, il se tourna vers la machine, utilisant le tournevis pour détacher les panneaux dont il aurait besoin pour atteindre le cristal grillé.

            Et plus que tout, la mort n’avait pas d’importance – parce qu’elle n’était pas permanente.

            « Bon sang, Rodney, qu’est-ce qui se passe ? » Fit John dans un souffle.

            Et peut-être qu’il n’avait pas cessé de marmonner tout du long, mais ça n’avait pas d’importance non plus. Rien, ni lui ni personne, n’avait la moindre importance, parce que dans dix sept minutes rien ne se serait produit. Cela voulait probablement dire qu’il ne devrait même pas être en train de faire ça, mais quoi ? Il ne perdrait rien à essayer.

            Deux mains agrippèrent le devant de sa veste, le secouant violemment. « Arrête ça !

            – Laisse-moi tranquille ! » Il essaya de s’arracher à la prise qui le retenait. « Je n’ai pas le temps pour toi !

            – Je croyais que tu venais de dire que le temps n’avait pas d’importance, » gronda John en retour.

            – Lâche-moi !

            – Pas avant que tu n’arrêtes de délirer comme un fou et que tu ne me dises ce qui se passe dans ta fichue tête. »

            Bien sûr qu’il était dingue. Bien sûr qu’il était fou. Il ne pouvait pas ne pas l’être à ce stade. « Est-ce que tu sais combien de fois j’ai déjà dû t’expliquer ?

            – M’expliquer quoi ?

            – Les boucles temporelles, P4X-639, les psychopathes meurtriers, les embuscades et cette putain de machine de merde !

            – Je ne comprends pas.

            – Tu ne comprends jamais. » Rodney parvint à se libérer, attrapant les cristaux, les fils, le tournevis et les panneaux. « Et j’avoue que là j’en ai plus rien à faire !

            – Rodney...

            – Devine tout seul, Monsieur “j’aurais pu entrer à MENSA” ! » Il disparut sous la console, emportant son arsenal avec lui. « Toi et ce Danvers, vous n’avez qu’à aller au diable !

            – Danvers ?

            – Oui, Danvers, » ricana Rodney en piégeant le câble qui faisait des étincelles, le poussant sur le côté afin de pouvoir attraper le cristal défectueux. « Qui que ce puisse être, apparemment il est assez important pour être ta dernière volonté ! »

            Une main s’abattit sur sa cheville et Rodney lui donna un coup de pied, entendant John crier quand le coup l’atteignit. Bien. Il fallait juste qu’il s’en aille, parce que Rodney avait une lourde tâche à accomplir.

            « Je ne vais nulle part ! »

            Il fallait aussi que Rodney cesse de marmonner. Ça n’aidait certainement pas.

            « Je peux attendre là dehors aussi longtemps que toi.

            – Ça j’en doute ! » Il se tourna à grand peine, le manque d’espace sous la console l’empêchant de vraiment bouger, et il se saisit du matériel qu’il avait pris dans son sac. « Je te donne environ dix minutes avant de refaire le même satané commentaire comme quoi je manque d’entraînement. »

            Il se saisit des câbles par un bout pour avoir plusieurs fils en main et entreprit avec soin de les enrouler autour de la partie métallique du tournevis.

            « Calme-toi et…

            – Je te le demande, pour quelle raison est-ce que j’ai besoin d’entraînement ? » Il attrapa un chewing-gum et le jeta dans sa bouche d’un geste vif sans s’arrêter de parler. « Est-ce que c’était drôle au moins, la première fois que tu as sorti ça ?

            – Rodney … »

            Il cracha le chewing-gum, à présent une boulette collante qu’il coupa en deux. Il prit un morceau et le coinça entre les deux cristaux qui provenaient du détecteur de signes de vie ; l’autre morceau, il le colla au bout de l’un de ses doigts. « Ne crie pas mon nom comme ça. Je l’ai entendu tant de fois depuis le début de cette satanée boucle temporelle qu’il a perdu tout son sens.

            – Une boucle temporelle ? » John jura. « Attends… P4X-639 ?

            – T’es encore plus lent que Turner ! » Jura Rodney, tout effilochant manuellement les petits fils de cuivre au bout du câble dénudé. Quand ce fut terminé, il les colla avec précaution au sommet des deux cristaux collés entre eux et utilisa ce qu’il restait du chewing-gum pour les faire tenir contre la paroi.

            « Turner ? » fit John d’une voix étranglée. « Mais qu’est-ce que… ? »

            Et tout en prenant soin de ne pas s’électrocuter, parce que ça aurait été vraiment embêtant d’avoir à attendre que les picotements s’estompent pour faire une nouvelle tentative, Rodney enfonça le tournevis ainsi harnaché à la place du cristal grillé.

            John avait enfin compris le message et ne parlait plus, ce qui convenait tout à fait à Rodney. Il observa la console s’éclairer d’une lumière bleue quand elle se connecta grâce à son travail de rafistolage et il admira son œuvre. Avec un peu de chance, le tout serait en mesure de réguler le courant assez longtemps pour lui permettre de faire les manipulations nécessaires avec la tablette afin programmer la machine.

            Il se tortilla pour ressortir de sous la console, triomphant. Tout ce dont il avait besoin à présent c’était…

            Turner.

            Rodney le fixa d’un air bête tandis que Turner pressait le canon du neuf millimètres volé à John contre la tempe du colonel. Un de ses sbires tenait un fusil enfoncé entre les épaules de John et plus loin derrière Teyla et Ronon était dans la même situation. Et ce n’était pas normal, parce qu’il n’avait pas entendu les coups de feu qui conduisaient normalement à la capture de son équipe.

            Ou peut-être qu’il les avait bel et bien entendus, sans y prêter attention. La facilité avec laquelle il parvenait à occulter volontairement certaines choses commençait à devenir inquiétante. Quand on a entendu ça une fois, on l’a entendu cent cinquante fois. S’il se montrait totalement honnête envers lui-même, la seule chose dont il était vraiment certain c’était ce qu’il était en train de faire l’instant d’avant et le compte à rebours égrenant chaque seconde dans un coin de sa tête.

            « Je pense que vous comprenez ce que je veux, Dr McClef. Pensez-vous que vous allez accepter de m’aider à réparer ma machine ? » Turner arma la détente du pistolet.

            Disons qu’il y avait deux choses dont il était certain.

            Parce que Rodney savait sans le moindre doute que s’il n’acceptait pas, alors le film silencieux d’une poitrine qui s’immobilise sous ses mains et d’yeux noisette qui se voilent, figés dans une expression permanente de choc se déroulerait de nouveau devant ses yeux avec des couleurs éclatantes et un son panoramique…

            … à cause de ça, Rodney ne put qu’hocher la tête sans un mot.

            « Je ne vous entends pas.

            – Oui, » il retrouva sa voix, « je vais vous aider à réparer votre machine.

            – Bien. » Il abaissa le pistolet et se rapprocha de Rodney avec de grandes enjambées. « N’essayez pas de me rouler.

            – Laissez-moi juste tranquille.

            – C’est moi qui donne les ordres ici.

            – Oui, bien sûr. »

            Le visage de John se contracta en une expression furieuse en entendant son ton résigné, mais Rodney l’ignora. Du moment qu’il ne faisait rien de stupide comme se jeter à nouveau devant une arme à feu, il n’en avait rien à faire.

            « Maintenant, montrez-moi ce qu’il faut que je fasse. »

            Rodney fit un pas pour prendre la tablette, mais en voyant le regard noir et méchant que Turner lui lança, il s’arrêta et se contenta de l’indiquer de la main. « Il faut que vous utilisiez ça pour mettre la machine en route. »

            Turner ramassa la tablette et scruta l’écran d’un œil curieux. « Et maintenant ? »

            Rodney commença à lui donner des instructions afin qu’il entre la séquence qui permettait d’accéder au sous-programme qui contrôlait la sortie d’énergie, les yeux fixés sur l’affichage de la tablette. Dans un coin de sa tête, l’horloge continuer d’égrener les secondes, se rapprochant dangereusement du moment où tout repartirait à zéro, tandis que Turner naviguait dans le programme d’interface avec une lenteur insupportable.

            « Et là… mais qu’est-ce que vous faites ?

            – Je crois que je peux trouver la suite tout seul à partir de là, » dit Turner d’un ton hautain. « Maintenant si je… »

            Au lieu de cliquer sur la ligne de commande qui disperserait le trop plein d’énergie comme le lui avait indiqué Rodney, le doigt de Turner plana au-dessus de la ligne de commande qui forcerait la machine à utiliser encore plus d’énergie. Avec l’instabilité du système, si Turner appuyait là-dessus…

            « Non ! » Rodney plongea pour prendre la tablette, essayant de repousser la main de Turner tout en cherchant à atteindre la bonne commande.

            L’autre homme gronda, essayant de lui arracher la tablette des mains. « Vous m’avez menti ! 

            – Espèce d’idiot, vous allez… »

            Leurs mains s’entrelacèrent pour prendre le contrôle dans une étrange guerre de pouces alors qu’ils essayaient tous les deux de repousser les doigts de l’autre loin de l’écran. C’était une bataille épique, le génie contre l’abruti – pouce contre index – le vainqueur remporte tout.

            « Abattez-les ! Abattez-les tous ! » Cria Turner par-dessus son épaule.

            – Non ! »

            Des coups de feu éclatèrent derrière lui, mais Rodney était trop occupé à essayer d’empêcher une surcharge catastrophique pour voir ce qui se passait. Il avait l’estomac au bord des lèvres alors que le chaos envahissait la plateforme. Il ne distinguait plus les sons les uns des autres et il n’avait aucun moyen de savoir comment allait son équipe.

            Grâce à une habile et douloureuse torsion du poignet, Rodney parvint à coincer son index sur une partie de l’écran. Malheureusement au même instant le pouce de Turner s’abattait sur l’autre côté de l’écran, ce qui ordonna simultanément au système de réaliser les deux tâches.

            L’air était saturé d’électricité statique et des arcs électriques blancs jaillirent d’un des côtés de la console pour s’abattre sur l’autre. La machine allait faire une surcharge, réalisa Rodney, relâchant immédiatement sa prise sur la tablette. Turner poussa un cri horrifié quand la clef de son “accession au pouvoir” commença à laisser échapper des étincelles et à siffler.

            « Vous l’avez foutue en l’air ! »

            C’est aussi à cet instant que Rodney réalisa que Turner avait abandonné le neuf millimètres de John à quelques mètres de la console. Turner suivit son regard et parvint à la même conclusion que lui. Ils plongèrent tous les deux pour attraper l’arme au moment où un éclair brillant, brûlant engloutit la console et illumina le ciel d’une lumière blanche insoutenable.

            Encore et toujours la même vieille rengaine, la deux cent trente-deuxième version, absolument identique à la toute première... La même satanée lumière, la même plateforme et le même silence qui le hantait de la fin d’une boucle au début de la suivante. Le pire dans tout ça c’est que c’était vrai, sans conteste, que rien de ce que Rodney faisait n’avait la moindre importance. Il était bel et bien coincé pour toujours. Même s’il faisait tout ce qu’il fallait, il reviendrait toujours à son point de départ et tous les efforts du monde ne serviraient absolument à rien.

            « McKay. »

            L’objet qu’il tenait en main était trop lourd pour qu’il s’agisse de la tablette et il ne pouvait pas bien tenir cette dernière à deux mains, au contraire d’une arme. Il avait sûrement eu une absence pendant les cinq premières minutes. Ce n’était plus John qui le regardait, mais Turner, qui avait les yeux écarquillés et remplis d’angoisse, fixés sur le canon de l’arme qui était appuyée contre son front. Le décompte dans un coin de sa tête contredisait cette avance rapide. D’après celui-ci, il lui restait seize minutes. Et Rodney ne se souvenait pas d’une quelconque variante qui ressemblât à cela. Alors peut-être que c’était son imagination qui, à sa grande horreur en tant que scientifique, avait gagné en précision au cours de ces dix-sept dernière minutes.

            Ou bien est-ce que ça n’en faisait plus qu’une maintenant, puisque techniquement il lui en restait seize ?

            Là, c’était bel et bien une énigme. Peut-être qu’il en ferait part à John au début de la prochaine boucle. Il appréciait toujours une bonne énigme mathématique – enfin c’était le cas quand il n’était pas occupé à sauter devant des balles destinées à quelqu’un d’autre.

            « Rodney. »

            Il entendait toujours l’écho des trois détonations successives, ce qui n’était pas vraiment normal parce qu’elles se produisaient d’habitude aux alentours de la quinzième ou seizième minute. Et il n’en était qu’à la cent dix-neuvième seconde. Alors il était fort probable qu’il soit également en train de les imaginer.

            L’arme entre ses mains était lourde, assez pour être vraiment réelle et la respiration paniquée de la personne responsable de tout ça était plutôt convaincante. Peut-être que l’horloge interne de Rodney s’était déréglée et que c’était ça qui clochait.

            Ou peut-être que c’était le fait que le métal lisse de la détente fût plutôt rassurant, ou le fait qu’il pût enfin faire subir à Turner ce que lui-même lui avait fait subir. Là, ça semblait une bonne idée. Il lui avait promis qu’il remettrait les pendules à l’heure, pas vrai ?

            « Tu as réussi. C’est fini. »

            Ça n’en finissait jamais. Jamais terminé. C’était le problème avec l’infini, on n’en voyait jamais la fin – on pouvait seulement chercher à atteindre quelque chose qui ne cessait de se dérober. S’il appuyait sur la détente cela ne signifierait rien du tout, parce que d’ici huit cent quarante secondes à peine, tout recommencerait. Dans un monde exempt de conséquences, Rodney pouvait appliquer la loi du Talion et il n’aurait jamais à faire face à la culpabilité.

            « Donne-moi cette arme, Rodney. S’il te plait. »

            Et si John pouvait la fermer quelques minutes, ça serait spectaculaire. Car bien qu’il restât encore huit cent vingt-neuf secondes, il n’était pas encore mort, mais il cherchait probablement des yeux ce champ de mines proverbial en se disant que le traverser serait une balade au parc.

            « Je ne suis pas suicidaire, McKay. » Il y avait cette main familière, essayant de le faire remonter à la surface alors qu’il coulait au fond de l’abîme. « Donne-moi juste ce foutu flingue. »

            Ça serait super si les mots étaient réels, si la main n’était pas imaginaire et si la voix disait la vérité. Mais c’était impossible, parce qu’il restait encore huit cent trente secondes au compteur.

            « Je te jure que je ne mens pas. »

            Et il marmonnait toujours tout à voix haute, pas vrai ?

            « Rodney, » John répéta son nom, son ton aussi impatient qu’une journée de dix-sept minutes était longue, « est-ce que tu me fais confiance ? »

            Et c’était une question stupide. Stupide parce qu’il n’y avait qu’une seule réponse, stupide parce qu’il n’y avait pas besoin de la poser, stupide parce qu’ils le savaient tous les deux. Et cela faisait terriblement peur à Rodney que d’une certaine manière quelque chose d’aussi stupide, dénué de réflexion et parfaitement ridicule ait autant d’impact sur lui.

            Il ne put s’empêcher d’acquiescer, parce que ce geste lui était aussi naturel que de respirer, et ce n’était pas normal. La logique lui dictait de réfléchir à tout ça. La logique lui dictait d’examiner toutes ses options avant de faire quoi que ce soit. Mais il n’était pas certain que la logique ait la moindre place dans un monde où il n’y avait que mille vingt secondes, où les morts ressortaient de leur tombe avec un sourire et un éclat de rire et où tout ce qui se produisait ne se produisait pas.

            Alors, en toute logique, il n’y avait qu’une seule chose à faire.

            Il relâcha sa prise sur le pistolet et laissa la main d’une illusion le lui prendre des mains.

            Et c’était probablement encore son imagination quand il entendit John gronder à l’adresse de Turner, toujours à genoux : « Tu t’approches encore de lui ou de l’un d’entre nous… et je te promets que je finirai ce qu’il a commencé. »

            C’était une théorie assez intéressante. Mais dans sept cent cinquante trois secondes elle n’aurait probablement plus la moindre importance.

            « Viens, Rodney, on rentre. »

            John ne lui mentirait pas, mais Rodney eut tout de même du mal à croire ces mots.

 

NdA : Je ne serais pas assez cruelle pour m’arrêter ici, pas vrai ?

… nan. Encore un tout dernier chapitre !

 

NdT : A ceux qui ont commenté ma traduction, je vous en suis infiniment reconnaissante et vos mots d’encouragement me vont droit au cœur.
A ceux qui se poseraient des questions sur ma santé mentale au vu d’une telle entreprise, je dirai juste que le résultat en vaut la peine et qu’une passion c’est fait pour être partagé… Lire cette fic en anglais m’avait fait frémir, j’attendais les mises à jour avec ferveur, aussi j’ai voulu que des Français puissent ressentir la même chose. J’espère avoir réussi en ce sens.
C’est à l’heure actuelle la traduction dont je suis la plus fière – et beaucoup d’autres suivront, j’en suis sûre.

 

A demain pour un ultime chapitre.