Chapitre 11 : Le départ.

par TWICK

Chapitre 11 : Le départ.

Pendant ces deux jours, de nombreuses discussions mouvementées entre Alexander et Magaly éclatent. Chacun trouvant une raison valable pour défendre ces dires. À la fin, comme l’avait si bien annoncé le maître des lieux, Magaly accepte la présence du vampire dans son voyage. Ce qu’elle ne savait pas avant d’accepter, c’est que Nicolas serai du voyage pour protéger mais aussi nourrir son maître, car en territoire ennemi, il est interdit de chasser.

Nicolas aide la jeune femme à finir les derniers préparatifs avant le départ. Pendant qu’elle graisse une fois encore ces armes à feu, ce dernier fait un sac de soin avec de nombreuses bandes, compresses et désinfectant, au cas où que les négociations finissent au bain de sang.

- Au fait, tu sais où le trouver, ce Dimitri ?, interroge le loup-garou.

- Pas du tout, je sais juste qu’il est dans un temple, de l’autre côté de la frontière en terre allemande.

- En gros, on va chercher une aiguille dans une botte de foin.

- Pas si sûr. Même si l’Allemagne n’est pas mon territoire de chasse, explique-t-elle en rangeant ces armes dans leurs étuis. J’ai quelques alliées là bas.

- Qui par exemple ?

- Un chasseur comme moi, du nom d’Armand. Je lui ai sauvé la vie lors d’une chasse.

- Tu en as d’autre joker comme ça dans ton jeu ?, ironise le lycanthrope.

- Peu être qui sais, lâche-t-elle en emportant son paquetage au 4x4.

Arrivée à la voiture, elle s’arrête pour regarder le soleil décliner derrière les montagnes. La nuit va bientôt prendre place au jour.

- Je vais aller voir Alexander, déclare-t-elle avec un regard malicieux.

- Il n’est pas dans sa chambre. Il est descendu dans le souterrain.

- Que fais-t-il en bas ?, l’interroge-t-elle malgré le fait qu’elle sait très bien que c’est dans les catacombes qu’on retrouve les cercueils des vampires ainsi que les futurs buveurs de sang.

- Il doit donner les dernières instructions avant de partir, avoue Nicolas pour la rassurer car il sent son mal aise.

Magaly retourne dans le manoir. Puis à contre cœur, elle rentre dans le lieu humide et sombre du sous-sol. Aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle n’aime pas ces endroits. Quelque chose au fond d’elle lui dit à chaque fois que ce n’est pas bien d’être dans de tels lieux. Au moins, ça permet au vampire du manoir d’être tranquilles, elle ne vient pas les embêter.

D’un coup, elle sent une vague d’énergie déferler vers elle. Elle se maudit alors d’être descendu sans arme à l’heure du repas des jeunes vampires.

- Qui est là ?, questionne-t-elle une fois ressaisit. Alexander ?

Mais ce n’est pas son vampire qui apparaît au détour du couloir.

- Séraphine ! Je suis contente de te revoir.

- Tu es folle d’être là à cette heure, tu veux mourir, demande sur le champ la vampire sans la saluer.

- Folle, ce n’est pas nouveau. Mourir n’est pas sur ma liste de chose à faire, rigole Magaly.

- Tu n’es pas possible. Franchement que fais-tu ici ?

- Je viens chercher Alexender, car on est près pour partir, explique-t-elle rapidement et calmement.

- Tu aurais dû envoyer Nicolas, car même si tu es la Mort, tu restes une humaine.

- Humaine, laisses moi rire, réplique-t-elle sans le vouloir.

- Je vais chercher le maître, restes là bien sagement, annonce Séraphine en essayant de comprendre les dires de la jeune femme.

Sachant qu’il faut dix bonnes minutes pour rejoindre le lieu de repos, Magaly s’installe dans une niche creuser dans la paroi froide et humide.

Ça devait faire cinq minutes que Séraphine était partie, quand elle se retrouve nez à nez avec un jeune vampire qui avait toutes les apparences d’un humain.

- Salut, t’es nouveau dans le coin, lance-t-elle pour se donner du courage face à cet inconnu.

Mais ce dernier ne répond pas, il préfère regarder autour de lui.

- C’est plutôt morbide comme coin, tu ne trouves pas ?

- J’ai faim, lâche-t-il pour réponse en la regardant avec envie.

- Est-ce que j’ai mon mot à dire dans cette histoire, ironise la nécromancienne.

Mais le vampire ne semble pas l’entendre ainsi, car il se jette sur elle, toutes canines dehors. Elle a juste le temps de sortir de son siège de fortune, pour l’éviter.

-Je n’aime pas les nouveau-nés. C’est toujours des têtes de mules.

Elle porte la main à sa ceinture, sauf que rapidement, elle se souvient de son oubli.

- Merde, murmure-t-elle.

-J’ai faim, redit le vampire et retentant une attaque.

- Merci j‘avais compris. Bon, grand problème, gros remède.

Un vent glacial plein d’énergie se fait ressentir, le collier rouge sang, qu’elle porte toujours au cou, tombe sur le sol ferreux. Magaly jette son pouvoir sur le vampire, souhaitant de tout cœur que ça fonctionne.

L’inconnu s’arrête net dans sa course, ses yeux bleu si vivant auparavant se vident de toute vie. Elle s’approche alors de lui et passe plusieurs fois rapidement sa main devant ces yeux d’un mouvement de va et vient.

- Putain, j’ai réussit.

Des pas rapides se font entendre. Quand, Magaly se retrouve, elle voit Séraphine accompagnée d’Alexander. Ce dernier se jette sur elle et la prend dans ces bras avant de s’emparer de ces lèvres.

- Tu es folle d’être venu ici, il y a de nombreux nouveau-né.

- Merci, je le sais. J’en ai rencontré un. Il était plutôt affamé, faudrait lui donner à manger, explique-t-elle en montrant le vampire en question.

- Que lui as-tu fais ?, s’empresse de demander Séraphine. Il semble mort.

- Je crois qu’en voulant me protéger, je l’ai transformé en zombie.

Alexander ramasse sur le sol, le talisman de la nécromancienne, qu’il essuie ensuite sur sa chemise noire.

- Que dois-tu faire pour lui rendre sa liberté, mon ange ?, demande le maître des lieux calmement en lui rendant son pendentif.

- J’en sais strictement rien. La dernière fois que c’est arrivé, le vampire était à la fin de sa phase de repos et je devais le tuer. Donc je n’ai pas cherché de remède.

- Voici, une des raisons pour laquelle je ne veux pas que tu descendes ici seule.

- Non, c’est que tu as peur que je te pique tes gens.

- Débrouilles toi, comme tu veux, mais rends le moi, déclare avec autorité Alexander.

- Il s’appelle comment ?

- À quoi ça peut te servir de le savoir ?

- Je t’en pose des questions idiotes moi. Réponds, c’est tout ce que je veux, rétorque-t-elle fusillant du regard le maître.

- Raphaël, lâche Séraphine pour que l’atmosphère pesante diminue.

- Qui l’a relevé ?

- Moi-même, répond Alexander.

- Merci. Par hasard, vous n’auriez pas sous la main, un couteau ou un truc qui coupe, ajoute-t-elle timidement.

- Attends, tu descends ici s’en protection, tu veux mourir.

- C’est bon crocs blancs, Séraphine m’a déjà fait la leçon. Et comme je lui ai dit, mourir n’est pas dans ma liste de chose à faire.

- On en reparlera tout à l’heure, ajoute ce dernier en lui tendant un couteau au manche culte avec soin.

- Tu comptes faire quoi ?, demande la jeune vampire.

- Faire comme avec les zombies mais en plus je vais prier pour que son âme à lui revienne.

Magaly d’un mouvement rapide et franc s’entaille le poignet. Elle étale son sang sur la lame avant de la mettre sous le nez du nouveau-né.

Un vent glacial rempli d’énergie se forme dans le petit passage. La jeune nécromancienne force son pouvoir à passer du couteau au vampire. Une fois que tout le sang a disparu, elle appelle le vampire.

- Raphaël, je t’ordonne de revenir à ton état originel et d’obéir à ton seul maître, Alexander.

Le voile qui vidait les yeux du vampire s’évapore pour lui rendre un semblant de vie.

Alexander se rapproche de la jeune femme et il lui tend un mouchoir de soir blanc pour sa coupure.

- Tu as réussit, mon ange.

- J’espère juste que ça va durer dans le temps. Qu’après sa prochaine phase de repos, il se réveillera.

- Séraphine, ramènes le auprès des autres et surveilles le de près jusqu’à notre retour.

- Oui, maître !

La vampire attrape le bras du nouveau-né, et disparaît avec lui au détour d’un couloir.

- Viens mon, ange, il faut y aller maintenant.

Mais elle le regarde au lieu avancer.

- Qu’est ce que tu as ?, lui demande-t-il en posant une main fraîche sur son bras.

- C’est quoi ce bordel, lâche-t-elle ne le fixant.

- Calmes toi un peu et expliques toi.

- Je viens de relever un mort vivant hors de sa phase de repos. Normalement je ne peux pas….. C’est impossible de faire ça.

- On en parlera dans la voiture, on aura tout le temps.

- Tu m’énerves à réagir comme ça, à rester aussi calme.

Elle se dirige furieuse vers la sortie.

Une fois hors des catacombes, elle croise Nicolas, elle passe devant lui sans rien dire, elle fonce juste vers la voiture pour s‘y installer.

Les deux hommes viennent la rejoindre rapidement. Nicolas s’installe derrière le volant, alors qu’Alexander se place à l’arrière vu que la place passager à l’avant est déjà occupée.

Ils se mettent enfin en route avec un peu de retard sur l’heure prévue.

- Où veux-tu aller exactement ?, demande le lycanthrope pour que le lourd silence s’arrête.

- Va déjà jusqu’à la frontière allemande, je te dirai tout à ce moment là !

- Puis-je savoir pourquoi tu es aussi froide dans ta réponse ?

- Demandes à ton maître !, déclare-t-elle en mettant la musique à fond dans ces oreilles.

- Maître ?

- Dans le repère, elle a relevé un nouveau-né, explique le vampire. Sauf que ce dernier n’était pas en phase de repos.

- Ça ne vous inquiète pas cette soudaine augmentation de pouvoir ?

- Je ne crois pas que son pouvoir augmente vraiment. Je pense juste qu’elle arrête de le bloquer, sa vraie force est en train d’apparaître.

- Et elle a peur de l’admettre, conclue le loup-garou en regardant Magaly qui admire le paysage.

Après une bonne heure de route, ils se trouvent en pays allemand dans une ville paumée en pleine montagne.

Quand elle remarque le panneau indiquant l’entrée de la ville, Magaly coupe son mp3 et le range dans son sac.

- Tournes à droite et gares toi sur le parking ! Annonce-t-elle.

La jeune femme descend du 4x4 avec son sac à dos pour aller dans un petit bâtiment qui sert de toilette. Elle en ressort rapidement habillé de sa tenue de combat.

- Où va-t-on maintenant ?, interroge Nicolas.

- Reviens sur la route, puis tu tournes à gauche au feu.

Au bout de cinq minutes de route, Magaly lui ordonne de se garer de nouveau devant un bar.

- « Die Jagd », jolie comme nom, déclare Alexander avec ironie.

- C’est un endroit très réputé dans le coin. Vous m’attendez ici, je reviens vite.

- Hors de question, je viens avec toi, informe le vampire.

- Et après c’est moi que tu traites de suicidaire. Je te signale que c’est un bar de chasseur. Il ne s’appelle pas « la chasse » pour rien.

- Je ne suis pas un rebelle, ils ne peuvent rien me faire.

Magaly se trouve rapidement vers lui en rigolant.

- On n’est pas en France, ici pas besoin de contrat pour tuer. Il suffit d’un mouvement de travers mal interprété et on tue, déclare-t-elle calmement pour lui faire comprendre la graviter du cas. Devines pourquoi, il n’y a pas beaucoup de chasseur en France. Faut dire merci à la Déclaration des droits de L’homme et du citoyen.

- Tu ne peux y aller seul quand même, ajoute Nicolas.

- Si vous venez, vous prenez le risque de mourir et ça je ne suis pas d’accord. En plus, ils ne me donneront pas mes informations. Si j’y vais seul, je reviens rapidement avec ce que je veux.

- Tu as une demi heure, après je viens te chercher, conclue le vampire.

- Si ça vous amuse. Mais ne venez pas vous plaindre après, annonce-t-elle en sortant de la voiture.

Alexander ouvre aussi la porte et sort pour la retenir cinq secondes.

- Ne prends pas trop de risque, mon ange.

- le seul risque est que vous veniez avec moi, rétorque-t-elle avant de l’embrasser.

Alexander la regarde rentrer dans le bar puis il vient prendre place dans la voiture à côté de Nicolas.