Day of sun

par Mecanic heart







Il paraîtrait qu'en ce jour comblé de mélodies lointaine, le soleil soit le dernier à s'endormir. L'on prétend qu'il est au milieu de la foule, en train de danser près des fontaines antiques. Quelle douce cacophonie que ces instruments rapidement accordés qui résonnent dans l'air du soir.
Une agréable fraîcheur s'est emparée des ombres et elles aussi se meuvent à présent sur ces sons désordonnés. Puisse ce jour être éternel, clament les badauds inconscients du sens véritable de leur souhait. Ils ont tous revêtu le masque souriant du bonheur et déambulent dans les ruelles suintantes du rire des oiseaux.
L'astre lumineux ne finira sa course céleste qu'à l'heure où les étoiles s'éveillent en silence, savourant encore un peu les délices des festivités. On se détourne un instant, jetant un regard en coin au crépuscule qui doit décliner des centaines de teintes inoubliables. Parmi ceux qui ont érigé la joie et la musique, demeure une illusionniste assise seule sur les barrières rouillées qui encadrent ce monde préservé. Elle arbore un rictus factice lorsqu'on lui parle, le laisse retomber quand ils s'en vont et sourit avec tristesse quand elle t'aperçoit. En effet, le soleil est bien tombé sur ces terres, elle en est certaine puisqu'il étincelle devant elle avec son regard ardent et ses lèvres sans doute brûlantes.
Mais l'éclat splendide n'a guère affaire de l'étoile déchue qui préférerait mourir que de supporter les chants grotesques entonnés par ses compagnons impatients. Agacée, elle se lève et s'étire avec paresse, sa longue robe blanche gonflant dans la brise à l'instar des voiles d'un navire en partance pour une autre galaxie. Elle traverse la foule, abandonnant la figure qui la dissimulait, ses pieds nus frappant le sol sans aucun bruit autre que les froissement délicats du tissu nivéen. Le soleil prend conscience de l'étoile qui s'apprête à entrer en collision avec lui. Pourtant, telle une comète de plumes, elle le percute avec délicatesse, le forçant à la retenir pour soutenir ses yeux miroitants. Sans demander la permission, la sombre lueur dépose un baiser éthéré sur la bouche éphémère. Elle recule d'un bond gracile et s'enfuit jusqu'aux ténèbres des venelles où elle s'estompe dans l'obscurité. Le soleil incrédule en reste immobile, hypnotisé par la fille volatile qu'il vient probablement de perdre avant de l'avoir seulement trouvée.
Mais ce jour est le plus long de l'année, brûle soleil, consume-toi jusqu'aux cendres sur le rythme délacé de sonates rompues. Je donnerai ton nom à la plus belle.
Solstice.