Enfers

par Kurai-Shiiro

Enfers



Une funeste soirée te mène à l’échafaud.
Tes membres engourdis crient de toute leur âme !
Mais déjà celle qui t’habite a quitté son réceptacle.
Damnée pour l’éternité, la voilà qui s’éclipse.
Le feu, flambant, brûlant, le feu face aux yeux !
Comment la douleur peut-elle encore mordre le corps en l’absence de l’esprit ?
Souffrance indescriptible, châtiment sinistre.
L’expiation de ton crime inconnu finalement te mène…
Devant les gigantesques portes qui à jamais t’enferment.

Abandonne tout espoir, toi qui entres ici,
Car nulle échappatoire ne peut t’être fournie.

La première vision qui t’assaille est celle d’une scène d’apocalypse.
C’est pourtant là que sont enterrées les racines de ce nouveau monde.
La fin pourrait-elle donc y être la raison du commencement ?
Tout paraît acceptable quand on a goûté à la souffrance,
Mais il est insoutenable de n’avoir aucun sens !
Là se trouve la faiblesse humaine, qui seule te maintient vivant.
Et c’est alors que rampant sur le sol craquelé,
À nouveau t’obstine cette question sans réponse, qui te révélerait…
Pour quel crime enfin Damoclès t’a tranché de sa lame.

Abandonne tout espoir, toi qui entres ici,
Ton destin était écrit dès les portes franchies.

Démence, folie frénétique, et comportement aliéné !
Tu deviendras comme ces créatures difformes que tu vois hurler.
Autrefois mortelles, le désespoir a volé leurs existences.
Elles sont autant de petits diables criants et gesticulants.
Comment ne pas être happé par une telle intensité horrifique ?
Tu penses alors tout connaître, lorsque Hadès apparaît parmi les flammes,
Dévorant tes certitudes, ricanant de ton impuissance !
Il t’emprisonne entre ses doigts de braise, et stoppe le temps…
Ce court instant de sérénité n’est rien d’autre qu’une lueur d’espérance…
Cruellement brisée par la révélation offerte à ta conscience…
Ta sentence est d’être maudit pour avoir été un homme.

Abandonne tout espoir, toi qui entres ici,
Sois même heureux d’y voir et la mort et la vie.