Amour...

par osyris3

Amour…

 

Est-ce l’amour ? Ce que je ressens pour elle, ce qui fait battre la chamade à mon cœur, ce qui fait chavirer mon palpitant, ce qui rend ma respiration saccadée, ce qui répand cette chaleur au fond de mon âme, ce qui éclaire ma journée, est-ce l’amour ?

 

Elle est belle, sous tous les angles. Que je la regarde, d’une façon ou d’une autre, je ne peux que la contempler. Qu’elle respire, et je respire, qu’elle souffre, et je souffre, qu’elle bondisse de joie, et mon cœur fait de même.

 

C’est à elle que je pense le matin en me levant, c’est à elle que va ma dernière pensée à l’heure du coucher. C’est pour elle que mon cœur s’embrase lorsque les dernières lueurs rosées du jour s’éteignent à l’horizon.

 

Elle est ma raison de vivre, mon idéal, une idylle, un rêve personnifié, un avatar de perfection. Elle est la femme que j’aime. Sous sa lumière, je m’épanouis. Sous ses yeux, je brille. Elle est l’objet de mes pensées, de mes rêves, de mes fantasmes. Je l’aime et je me fiche du reste.

 

Je l’aime et je me fiche qu’on dise qu’il n’y a que biologie là-dessous. Je me fous éperdument qu’il y ait émission et réception de phéromones, qu’il y ait ADN compatible. Ces hormones qui me travaillent m’indiffèrent. Elles m’indiffèrent comme ceux qui me disent naïf.

 

Si croire en la magie dans un monde qui n’est que trop réel, c’est être naïf, alors je suis naïf. Si croire en l’Amour foutant une baffe monumentale à la biologie, c’est être naïf, alors je suis naïf. Si croire en l’existence de l’âme et de sa sœur perdue, c’est être naïf, alors je suis naïf

 

En fait, au final, tout se résume à cette âme soeur. Qu’importe si l’on aime une femme ou un homme, quelqu’un de plus âgé ou de plus jeune, quelqu’un d’opposé ou de semblable. Ce qui compte, c’est que cette personne puisse combler ce manque que nous avons en chacun de nous.

 

Ce manque qui persiste depuis que nous avons été arraché à la première personne qui nous ait aimé, notre mère. Depuis que ce fameux cordon a été rompu, nous cherchons quelqu’un à qui se relier pour partager notre essence, nos peines, nos joies et nos besoins. Cette personne, nous l’aimerons car il est celui qui nous donnera la vie une deuxième fois.

 

Amour ou amour ? Aucune importance. Que notre amour dure un mois, un an ou toute la vie, cela n’a pas d’importance. Je dois l’aimer pour l’aimer. Je veux me consacrer à elle en oubliant le monde autour de moi. Une seconde en présence de la personne aimée est une seconde qu’on chérit comme le plus précieux des joyaux. Alors, à quoi pourrait-on comparer la valeur d’un mois ?

 

Amour est paradoxal car égoïste. L’amour, c’est oublier le monde et les autres. C’est se focaliser sur son bonheur pour l’offrir à l’autre. Etre amoureux, c’est être égoïste pour un autre. C’est se consacrer à l’autre pour son propre bonheur, en oubliant tout le reste.

 

L’amour, un prétexte ? Il y aura toujours quelqu’un pour le prétendre. Pour prétendre que ce n’est qu’un artifice de la nature destiné à nous donner bonne conscience quand nous avons envie de sexe, à nous empêcher de faire la guerre et préférer faire l’amour.

 

L’amour est une passion. Elle n’est pas un prétexte ou un phénomène scientifique. L’amour est passion et on ne peut le cerner. Enfermer l’amour, l’analyser, le décortiquer, c’est le tuer. Oui, l’amour est une passion car une passion peut durer une vie comme elle peut durer un mois. Une passion peut-être calme comme l’eau qui dort ou brûlante comme les flammes les plus voraces. Une passion, comme une flamme et comme l’amour, peut s’éteindre au moindre souffle de vent tout comme elle peut en tirer une force.

 

Erato est un nom parmi d’autres qu’on peut donner à l’amour. Erato, muse de l’élégie, de la poésie passionnée, dont le nom porte en lui le verbe aimer. Mais l’amour peut aussi être Clio, l’épopée ou Melpomène, la tragédie. L’amour peut se faire colère, calme, joie, bonheur, chagrin, malheur. L’amour peut donner naissance à la jalousie, à la passion, à la rancœur, à l’inspiration, au rêve. L’amour est source d’émotions, un point c’est tout.

 

Un chaos d’émotions que l’on harmonise avec l’aide d’un autre. Une tempête qu’on ne peut calmer seul. Une danse qu’on ne peut effectuer en solitaire. Un chant qu’on ne peut pousser qu’en duo.

 

Le cœur se trouve dans la cage thoracique. Une cage, en effet. Une cage dans lequel il est enfermé. Une cage dont il faudra le sortir pour le donner à la personne qu’on aime. Aimer, c’est faire confiance. C’est prendre ce qui t’est le plus précieux, le plus indispensable, et le sortir à l’air libre pour le donner à quelqu’un qui risque de le briser au moindre faux mouvement.

 

L’amour est aussi un art. Il faut apprendre à aimer l’autre et cultiver cet amour. Comme une plante verte, il lui faut beaucoup d’eau et d’attention pour qu’il survive.

 

Il ne suffit pas de tomber amoureux, il faut aussi savoir sa réceptionner après la chute, sinon, ton corps et ton cœur se briseront. Oui, l’amour est aussi une chute. Ce n’est pas par hasard qu’on dit « tomber » amoureux. C’est bref, c’est intense, c’est impromptu, ce n’est pas désiré. Vous êtes sous l’emprise d’une force supérieure. Vous ne voyez plus les détails, seulement les couleurs. Vous avez mal au cœur mais vous vous sentez léger. Attention de ne pas oublier le monde car il faut savoir que le sol se rapproche, aussi haute que soit la falaise. Pour ce saut, il n’existe pas d’élastique, pas de parachute.

 

L’Amour est une passion, une flamme, une plante, une poésie, une épopée, une tragédie, une source d’émotions, un art et enfin, une chute. Je m’arrête ici et je n’irai pas plus loin car l’amour, à défaut de pouvoir être décrit, doit être ressenti.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Remarque de l’auteur : vous l’aurez remarqué, c’est de l’Amour et non de l’amour dont je parle. Je tiens à signaler que je ne suis pas aussi naïf que le narrateur même si je suis un grand romantique de nature.