La littérature est-elle source de liberté?

par Vanessa0202

 La littérature est-elle source de liberté ?

 

 

 

 

 

 

« La chance de la littérature, c'est d'être associée aux destins de la liberté dans le monde : elle reste une forme fondamentale de contestation et de critique de l'existence. »

Mario Vargas Llosa

Artiste, écrivain, Essayiste, Romancier (1936 - )

 

 

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     Etant petite, mes parents me sollicitaient souvent à lire, afin d’enrichir mon vocabulaire et avoir l’esprit plus ouvert et l’imagination plus large. Par la suite en acquérant un brun de maturité et sagesse, la lecture est devenue pour moi une vraie passion et activité quasi-quotidienne, car j’étais désormais apte à entrevoir avec clairvoyance ce qu’elle pouvait réellement m’apporter. Ainsi la lecture a toujours fait partie intégrante de ma vie. Néanmoins une question ne cesse d’accaparer mon esprit depuis des lustres. La lecture est-elle source de liberté ?

 

     Dès que nous apprenons à lire, soit entre 7 et 8 ans, nos parents nous poussent – non ! pousser serait un euphémisme, nous contraignent plutôt à passer certains instants de notre enfance, où nous aurions préféré jouer avec ses amis, les mystifier, ou tout simplement s’amuser, à simuler la lecture d’une œuvre exclusivement sélectionné par nos parents, ce qui justifie donc l’ennui et la lassitude engendrés. Nous savons bien qu’ils ne faisaient pas cela par pure sadisme, mais plutôt car ils considéraient cela comme une activité enrichissante et lucrative. Je me souviens d’ailleurs du premier livre que j’eusses à lire seule, Les Malheurs de Sophie, de notre chère Comtesse de Ségur, et dont je ne compris aucun traitre mot de ce qui était écrit. A croire que je ne savais guère lire ! Ce fut pour moi d’un amusement mortel lorsque ma mère me sermonna. Pourtant, je ne suis point masochiste !

    

      Ensuite, outre les obligations parentales, nous avons également les lectures cursives ou scolaires, ou comme je me plais à les nommer « Les livres qui tuent ». Appellation assez singulière, car je suis la première à penser que les livres nous font au contraire vivre. Vous en saurez la raison un peu plus tard. Lorsque vous êtes confrontés aux Misérables, qui vous plonge dans une noirceur infâme, profonde et vile, ou aux Liaisons dangereuses, histoire de vengeance qui se termine dans un bain de sang, vous ne pouvez  à votre tour que sombrer dans la mort tels que les personnages. Ne dit on pas que les romans permettent au lecteur d’avoir plusieurs vies ?

    

      Ainsi la lecture est davantage une source d’enrichissement et d’apprentissage que de liberté et en cas d’obligation, il est normal de ne pas se sentir libre.

 

 

    

     Cependant certaines de mes pensées contrastent avec celles-ci et prouvent le contraire.

     Tout d’abord, la littérature nous permet de nous détacher de la réalité et de se laisser transporter dans un monde libre où tout est possible. Tels que les contes de fée, Blanche-Neige, Cendrillon, et La Belle au bois dormant, qui ont bercés notre enfance et notre imagination d’illusions, ou tout simplement la science-fiction et la fantaisie où nous retrouvons la saga de J.K Rowling, Harry Potter, œuvre la plus culte de notre époque, et qui a d’ailleurs sous peu célébrer ses dix ans, ou encore Le Seigneur des Anneaux, qui eux aussi nous font rêver de ce monde fabuleux, dont les héros vivent des aventures tout aussi extravagantes les unes que les autres.

    

     Ensuite, une œuvre littéraire peut avoir plusieurs messages à délivrer aux lecteurs, et ces derniers peuvent les interpréter de différentes manières, selon les conditions de vie, l’éducation, la culture et la perception de chacun. Si nous prenons l’exemple de Antigone, pièce de théâtre de Jean Anouilh écrite pendant la seconde guerre mondiale. Moi, avec ma vision assez moderne des choses et mon jeune âge, le comportement le plus juste pour moi est celui d’Antingone qui souhaite se sacrifier afin d’honorer son frère et de lui permettre le repos. C’est celui de cette jeune femme, qui n’a pas peur de mourir afin de défendre ses convictions qu’elle croit justes. L’adulte, lui, aurait une vision plus différente, et porterait un regard plus compatissant envers Créon, car celui-ci accepte son sort sans rechigner et honore son devoir de roi, même à la fin, lorsqu’il a le malheur de tout perdre, même sa famille.

    

     Enfin, la littérature ne peut jamais être anodine, et il se trouve que chaque œuvre nous permette de prendre conscience d’un aspect quelconque de la société et de ses travers. Elle est donc un moyen de faire évoluer les mentalités, et changer les conditions humaines. Un jour, je tombai comme par hasard sur un livre, qui, je ne me doutais pas, allait changer ma vision des choses. Le deuxième sexe est l’un des ouvrages les plus connus de l’écrivaine française Simone de Beauvoir, œuvre marquant le féminisme en France. Lorsque j’eus achevé sa lecture, mon âme en fus totalement ébranlée. Je n’avais jamais réalisé que la condition des femmes était aussi effroyable et que celles-ci jouissaient de si peu de libertés. Je compris d’ailleurs que « nous ne naissions pas femmes, mais que nous le devenions », comme le dit si bien Simone. Ce livre avait suscité de nombreux débats, mais avait illuminé les femmes françaises qui se sont alors révoltées, revendiquant leurs droits.

 

 

 

 

 

     Somme toute, la littérature peut très bien entraver notre liberté, mais je pense qu’elle en est surtout la source, car elle permet l’évasion, pousse à la réflexion et nous fait prendre conscience des aspects de la vie en nous aidant à comprendre le monde qui nous entoure.

 

 

 

S.