Les Noces

par Gally

Chapitre 11 : Les Noces

 

Hugo tournait en rond dans sa chambre comme un lion en cage. Dans quelques minutes, il prendrait pour femme celle qu’il avait choisie en tant que telle mais qui ne connaissait pas sa réelle identité.

Habillé de son costume de marié, Hugo se trouvait ridicule tout en blanc. Son masque de cérémonie avait été posé sur la table de chevet joliment décorée, et n’attendait qu’Hugo pour qu’il la dépose sur son visage et qu’il cache du regard de tous et spécialement de celle qu’il allait épouser les traits du futur Roi de ce royaume.

Le prince s’assit d’un geste bourru à son bureau, fatigué de l’appréhension que lui procurait l’évènement de la journée.

Comme il aurait aimé que sa mère soit là, elle aurait su quoi lui dire pour effacer la peur de son cœur et pour le rassurer sur tout ce qu’il adviendrait de lui plus tard.

Il avait passé toutes ses soirées d’enfants à écouter sa nurse lui parler de sa tendre mère qui l’avait attendu avec impatience.

Tous les jours, lui avait on dit, la reine priait pour qu’elle ai un fils fort et dont la vie serait pleine d’aventure et de bonheur.

Bien que ne l’ayant pas connu, Hugo aimait sa mère, et il se demandait si elle était fière de lui, de là où elle l’observait.

-         Monseigneur ?

L’interpellé se retourna et pu lire sur le visage de son serviteur une inquiétude croissante.

-         On m’a chargé de vous dire que la cérémonie ne devrait plus tarder à commencer. Il ne manque plus que vous.

Hugo, sans répondre tant l’anxiété était à son comble, mit son masque de marié et quitta la pièce, sans un regard pour Augustin.

Son ami comprendrait de lui-même, qu’Hugo n’était pas d’humeur à discuter ou à être encouragé. Tout ce qu’il voulait, c’était se marier et pouvoir serrer dans ses bras celle qui serait dorénavant sa reine et la mère de ses enfants.

 

Dans le miroir qui lui renvoyait son image, Lilianna trouva son teint un peu jaunie, puis bleu, puis vert, puis blanc !

Elle était passée par toutes les couleurs et pourtant, lui disait-on, elle était plus belle qu’aucune mariée n’avait jamais été.

On l’avait affublé de la plus belle robe qu’elle ai jamais vu. Des filaments  de diamants et de cristaux parsemaient sa robe blanche. Sa poitrine avait été mise en valeur par un large décolleté qu’un collier de perle mettait en valeur.

Ses cheveux avaient été relevés en un chignon très serré qui lui donnait un mal de tête affreux et qui était affublé de quelques tissus de dentelles blanches et de perles.

Lilianna dut avouer qu’elle ne s’était jamais trouvée aussi belle qu’en ce jour, mais sa mine sombre et ses yeux embués de chagrins laissaient apparaître son anxiété et sa peur.

Elle avait eu une discussion avec sa mère quelques minutes auparavant mais n’avait pas osé aborder le sujet pour lequel elle avait le plus peur.

Qu’allait-il se passer dans la chambre à coucher ce soi-là ? Jamais un homme ne l’avait tenu dans ses bras, à part son seigneur de père. Aucun homme n’avait posé ses lèvres sur les siennes.

Son devoir était de donner un héritier à son futur mari, mais elle était terriblement effrayée d’obéir à ce devoir car, comme toutes les petites filles, elle avait toujours pensé qu’elle épouserait quelqu’un qu’elle aimait.

Hors, ce mariage arrangé l’horrifiait plus que tout.

-         Madame, il est l’heure, on attend plus que vous.

C’était une de ses servantes qui avaient prononcé les paroles qui selleraient à jamais son destin.

Lilianna mit le masque blanc dessiné de fils dorés et l’on posa sur sa tête un voile blanc.

Elle était prête. En tout cas, c’est ce qu’elle laissait paraître.

Elle ferait honneur à ses parents, même si pour cela elle devait renier cette liberté qui lui était si chère.

 

L’Eglise était immense et jamais Lilianna n’avait vu autant de monde rassemblé dans un même endroit. Tous les seigneurs du royaume au complet étaient présents ainsi que d’autres rois et reines des pays voisins.

Tous regardaient Lilianna marcher droit vers son avenir et vers l’autel, rejoignant ainsi son fiancé qui se tenait debout fièrement.

Il était bâti comme un chevalier et était certainement beau garçon, pourtant, pendant la marche nuptiale, Lilianna ne put s’empêcher de penser au doux sourire de Philippe.

Jamais elle n’avait été attirée par un autre homme.

Philippe était serviteur au château du Roi et Lilianna le rencontrerait certainement. Pourtant, elle ne pourrait rien faire, pas même devenir amie avec lui, le protocole l’interdisait certainement.

Tout lui était inconnu, les rites et les coutumes des princesses ainsi que la vie d’une reine.

Ce fut plongée dans ses pensées que Lilianna arriva auprès de son fiancé qui lui tendit la main.

Lilianna y posa la sienne et tous deux se tournèrent vers le prêtre, ainsi que tous les autres invités.

Dés lors, ce ne furent que paroles incohérentes qui furent prononcées. Des larmes de tristesses coulèrent sur les joues de la jeune femme tandis qu’on la faisait femme du prince Hugo et en même temps, princesse du royaume.

 

La salle de danse avait été décorée de draps blancs en l’honneur du mariage et jamais on avait vu autant de monde depuis bien longtemps.

Chacun y allaient de ses remarques au sujet du prince et de sa femme.

-         Je n’ai pas vu son visage, mais sa robe en tout cas était splendide ! Si seulement j’avais pu avoir la même le jour où j’ai été faite femme…

-         Le prince semblait quelque peu tendu ne trouvez-vous pas ? Pourtant on dit qu’il a épousé la femme la plus belle du royaume !

-         Que dites-vous ? La plus belle c’est ma fille, c’est que vous ne l’avez pas rencontré pour dire une telle chose !

Hugo était entouré de ses camarades chevaliers qui lui souriait d’une manière équivoque.

-         Pourriez-vous arrêtez de me regarder ainsi ? Dit-il soudain à l’adresse de ses amis.

Ils rirent tous devant leur prince et burent tous en son honneur et à celui de sa femme.

-         Espérons que votre futur héritier soit conçu cette nuit !

Hugo souffla bruyamment et allait sortir prendre l’air quand son père le Roi l’intercepta.

-         Et bien, mon fils, êtes-vous heureux d’épouser la femme que vous désiriez ?

-         Oui, père.

-         J’ai parlé avec la princesse hier soir lors du souper, je ne peux que vous féliciter de votre choix. Elle me fait un peu penser à ma défunte reine…

Hugo observa l’ombre qui plana dans le regard sombre de son père se changer en bonheur.

-         Mais ne songeons pas à cela ce soir ! Mon fils, allez donc inviter votre femme à danser ! Je la sais un peu anxieuse…

Hugo reste figé tandis que son père partait ordonner une valse.

Il sentit soudain les frôlements des tissus d’une robe et trouva devant lui…

-         Lilianna !

Il se tue soudain, reprenant son sang froid.

Jamais il n’avait vu de femme plus belle, il devinait sous ce masque son joli visage plein de malice. Pourtant, ce n’était qu’un sourire figé qu’on pouvait lire en dessous la barrière qui l’empêchait de l’admirer en entier.

Puis, Les musiciens commencèrent la mélodie et Hugo posa sa main droite sur les hanches de sa belle pour prendre sa main dans la gauche.

 

La danse était entamée et tous les regards étaient tournés vers eux. Lilianna sentait contre elle la main de son mari sur ses hanches. Malgré les tissus, c’est comme si sa peau était nue.

Elle rougie à cette pensée et baissa la tête quelques instants pour se reprendre.

Il dansait bien. Il était beaucoup plus grand qu’elle.

Il avait une peau bronzée pour elle qui était si blanche.

Lilianna tourna son visage vers ses parents et les vit sourire. Le fait qu’il soit heureux remonta un peu le moral de la jeune femme fraîchement mariée.

Ce ne fut que lorsque la musique s’arrêta et que plusieurs servantes virent la chercher que Lilianna se rendit compte que le moment qu’elle redoutait ne tarderait pas à arriver.

 

Ce fut sous les acclamations que Lilianna sortit de la salle, tous les invités espérant pour le couple un futur héritier conçu le plus vite possible.

Lilianna jeta un dernier regard à son mari avant de sortir de la salle.